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Le blog philosophique de francois CHARLES

defense

V. Poutine va-t-il sacrifier son peuple - et le nôtre - par impuissance ?

17 Avril 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

La guerre éclair n’a pas eu lieu et la maîtrise de l’Ukraine semble difficile. V. Poutine (VP) dirigeant ses armées, comme d’autres grands leaders avant lui, se retranche dans le Dombass comme meilleure solution de rechange mais sans garantie de succès et voit ses grands navires coulés comme son territoire attaqué, avec le risque désormais d’une extension des alliances d’intervention. En ce jour de Pâques de libération du peuple juif puis de résurrection, la plus grande inconnue reste de savoir quelles seront les limites de VP en cas de nouvelle défaite et d’humiliation au-delà des fléaux connus ou à venir.

Par François CHARLES

Economiste, expert relations européennes et internationales, ancien responsable d’affaires industrielles de défense, et président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Au début du siècle, une jeune bergère apprit à écrire pour retranscrire ce que lui avait dit la Sainte Vierge qui lui était apparue. Les confidences sortent peu à peu du Vatican avec déjà deux prédictions accomplies dont notamment le retour de l’église auprès du pouvoir en Russie. La troisième annonce hélas une dévastation nucléaire avec des zones bien identifiées et avec une jonction des Russes et des Chinois en Méditerranée sans dire apparemment qui dominera finalement l’Europe.

Si Staline était fort, Poutine est un 6 introverti qui vit sur ses peurs et qui sait les transmettre à sa population, avec un deuil initial non fait de la perte de l’Allemagne de l’Est et désormais un discours de manipulation de l’occident empêchant toute gouvernance d’autocratie à sa façon, comme notamment de l’UE qui finance des actions de restructuration de l’administration pour notamment si possible éliminer la corruption, et qui apparait comme un intégrateur face à la Russie comme elle l’a déjà fait avec les pays du centre Europe. Il sait se transformer en 3 battant pour tout mettre en œuvre voire en 9 modérateur surtout finalement pour manipuler.

S’il active son arme ultime nucléaire, il confirmera ainsi son image inversée de faible au fort avec grande dévastation telle qu’hélas prévue. V. Poutine apparait comme investi par cette mission au risque de provoquer le processus et sombrer tel un baroud d’honneur à la tête de son navire, emportant par là même et sacrifiant de fait son peuple derrière lui qui le soutient largement, mais également en réaction attendue, ceux des pays soi-disant agresseurs qui ont accompagné le complot et avec le peuple russophone qui ne l’accueille pas.

Les épisodes de « serviteur du peuple », qui ont fait connaitre et élire le président ukrainien, montrent que les intentions de Poutine sur tout le pays étaient bien connues avant la guerre, déclenchée en conséquence d’une volonté de changement, d’indépendance, voire de non application des accords de Minsk, avec des réalités en fait bien différentes que celles que l’on croyait. En punition d’un départ désormais également écrit, VP semble désormais vouloir détruire les usines d’Ukraine qu’il ne pourra finalement pas exploiter, comme les centrales nucléaires. Il ne pourra peut-être plus non plus envahir la Moldavie ou d’autres pays devenus indépendants après la chute de l’URSS.

Nous l’avons vu, les mots ne servent plus à rien car même VP n’accepte plus les concessions demandées et finalement acceptées par le président ukrainien, comme autrefois celles de l’Autriche avec la Serbie en 1914, mais qui déclenchèrent tout de même la guerre, attendue par d’autres. Seule une occupation du terrain par les alliés sans chercher à affronter l’ennemi, comme en Géorgie, fera peut-être arrêter la guerre, au moins un temps. La Chine, vaincue autrefois par le Vietnam qui avait des canons contre des dragons de papier, et qui construit désormais en trois ans l’équivalent de la marine française, serait-elle finalement prête ? Et quel rôle clé occupera la Turquie dans cet enjeu régional ? En cas d’attaque et de riposte nucléaire l’Afrique serait finalement le nouveau territoire d’accueil, déjà largement investi par les Chinois. Il s’agit donc de retarder cette échéance et profiter de la vie pour ceux qui l’ont encore, notamment en Ukraine. Espérons que le 9 mai ne sera pas une date fatidique.

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Parler à V. Poutine, certes mais avec méthode

4 Mars 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

En pleine crise, alors que les réactions germent, il en est par contre qui n’avancent pas : celles de attitudes de dialogue et de négociation pourtant en vigueur dans les prises d’otages ou en entreprise mais que les dirigeants politiques, qui n’ont peut-être jamais connu de problème de voisinage, ne veulent pas, imaginant régler le conflit par leurs paroles ou leurs votes alors qu’il faut aussi de la méthode.

Par François CHARLES

Conseil en stratégie, management, affaires européennes et internationales, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Les grands élus dirigeants savent-ils que les négociations ou plutôt les médiations, en cas de forte crise entre organisations et surtout entre leurs dirigeants, se règlent à 80% par des considérations psychologiques sans parfois même ouvrir les dossiers et ne donnent pas forcément la victoire au plus fort ? Savent-ils que si écouter est une chose, montrer que l’on assimile et partage les faits en reconnaissant peut être des torts partagés en est une autre ? Tout cela mérite aussi un effort d’adaptation pour celui ou celle capable de le faire pour être doux sur les personnes tout en restant dur sur les faits.

Dire de V. Poutine utilise les failles de la force et de l’injustice serait plus vrai que dire qu’il ne comprend que la force quand on sait qu’il pratique plutôt certains jeux rusés dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles avec un fort rire du pendu, ainsi que le judo qui est plutôt une technique de réaction que d’attaque en utilisant la force de l’adversaire. Certes E. Macron, plutôt perçu quant à lui avec un profil psychologique sous stress d’attaquant, cherche à rester en contact mais ses appels font apparemment un effet inverse que souhaité pour la paix.

Même si les actions de l’armée russe sont absolument condamnables, dire que V. Poutine doit sortir la tête haute est sans doute intelligent mais encore faudrait-il prendre conscience de ses besoins psychologiques sans forcément de parler d’alibis et qu’un dialogue gagnant-gagnant ne l’est pas forcément à 50%. Nous avons tous les outils à disposition de la morphologie, à l’écoute et au fonctionnement que l’on peut placer sur une matrice multi-outils analysant notamment les tendances sous stress, d’initiative ou de retrait pour comprendre que V. Poutine a des choses à nous dire et qu’il ira « jusqu’à ce que », avec soi-disant raison et projection en sois-parfait enfant voire devenu parent avec convictions et plutôt adapté rebelle qu’enfant libre, sauvé de la rue qu’il a été, ne voyant pas le danger, presque un peu d’une certaine façon comme Hitler et certain d’être désormais plus le successeur de Pierre le Grand que de Staline.

Doit-on le qualifier de fou et vouloir l’exclure, comme quand certains voulaient voir le départ de Bachar, qui est certes la solution pour cesser le jeu mais qu’il n’est pas vraiment possible d’imaginer sauf à utiliser ses méthodes. Lui-même fait de la projection en voulant exclure le président ukrainien qualifié de nazzi, peut-être pour rappeler certains drapeaux vus sur le front, mais aussi se souvenant qu’Hitler a continué la guerre « jusqu’à ce que » avec un profil de besoin de reconnaissance et de justice.

Pour aborder néanmoins le dossier, il ira sans doute « jusqu’à ce que » l’on reconnaisse que les accords de Minsk n’ont pas été respectés, qu’il ne soit plus possible que l’Ukraine rentre dans l’OTAN ou l’UE, que les deuils de ne pas avoir envahi le pays en 2014 quand l’Ukraine était faible et que ceux d’avoir perdu l’Allemagne de l’est et d’autres pays soient faits, que son peuple avec ses élites soit entièrement acquis à sa cause plutôt qu’être européen comme en 2014 avec un soi-disant complot des autres nations derrière l’Ukraine finalement non souveraine, comme tant d’autres considérations. Comme un enfant et un petit soldat, avec aussi la larme à l’œil, il joue avec le nucléaire pour en avoir plus que les autres alors que quelques ogives suffisent et veut récupérer les centrales ukrainiennes après avoir récupéré l’armement en espérant être compris.

C’est après avoir essayé de comprendre cela et d’agir correctement en conséquence pour tenter d’arrêter le feu ou créer un coupe-feu, que nous pouvons ensuite employer la force, parfois ultime recours comme dans toute crise, atténuant la tension définitivement ou momentanément.

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Le Dombass (partiel) ou la nouvelle “mesore” de Poutine …et des autres ?

23 Février 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

J’aurais pu continuer d’écrire mes notes humoristiques remerciant V. Poutine pour ses quasi concessions et son invitation à St Péterbourg, après 3h de discussions au téléphone avant sa décision, et ses remerciements reçus pour la caisse de Vosne-Romanée à destination de Xi Jinping pour avoir agi trop en avance. L’heure est néanmoins sérieuse avec de nouveaux morts en Ukraine mais avec une nouvelle meilleure solution de rechange (mesore) de V. Poutine, après celle déjà espérée pour la Crimée, avec des Occidentaux soutenant ce pays et condamnant l’agression sans pour autant avoir envie de mourir pour lui ni déclencher un conflit mondial, mettant en place une nouvelle ligne rouge.

Par François CHARLES

Economiste, expert en stratégie, management, relations européennes et internationales, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Je ne reviendrai pas sur l’origine à charge et à décharge de la création de cette situation à l’Est de l’Ukraine, largement exprimées dans les précédents articles, sauf peut-être pour souligner néanmoins les avertissements de blacklistage ukrainien si nous effectuions une visite au Dombass et rappeler que chacun pouvait mettre ses propres lunettes s’agissant du respect des accords de Minsk de 2014.

Même si condamnée de façon large, notamment par la Turquie et sans doute pour des raisons particulières, l’action décidée par V. Poutine et validée par son assemblée avec une psychose d’invasion imaginaire par l’ouest, a surtout le mérite de clarifier et cristalliser une situation qui perdurait sans évolution ni issue depuis 2014 empêchant certaines dynamiques.

Profitant de cet état de fait, sans annonces raisonnables d’interventions militaires pour reconquérir le terrain et considérant que les livraisons d’armes sont défensives, l’Ukraine peut donc désormais rentrer légitimement dans l’OTAN, entraînant de facto tous les autres pays derrière elle en cas de nouvelle d’agression qui certainement n’aura pas lieu. Elle peut aussi toujours rester en dehors comme la Suède, la Finlande, l’Autriche ou la Suisse avec des accords particuliers. Le pays peut aussi intégrer officiellement l’UE qui attendait l’intégrité du pays sauf à en conclure qu’elle ne le souhaite finalement pas même si elle y investit, comme d’ailleurs toujours en Turquie.

Notons que si V. Poutine tient des discours nationalistes remettant en question la création de l’Ukraine ou le cadeau de la Crimée, il semble s’engager à limiter son action aux républiques séparatistes de Lougansk et de Donetsk et non à tout le Donbass comme le réclamaient les russophones soi-disant secourus, rappelant aussi l’histoire et notamment de la Géorgie. Il n’est bien entendu pas question pour le moment d’envahir toute l’Ukraine sauf à envoyer cette fois un camion de Romanée Conti à Xi.

Aujourd’hui, l’UE unie dans la diversité ainsi que les Etats-Unis relancent le même type de sanctions surtout envers des personnalités russes en dehors de son Président et de son pays, qui semble bien s’y être adapté même avec un PIB officiel de celui de l’Espagne. Les sanctions inverses seront peut-être comprises puis rejetées par les écosystèmes économiques occidentaux ne comprenant pas les enjeux de géopolitique ou qui sauront encore les contourner. Notons aussi l’arrêt de l’autorisation de la mise en service du gazoduc Nord Stream II comme le souhaitaient les Etats-Unis même avec l’affirmation forte d’une certaine volonté allemande.

On imaginera bien que V. Poutine et son entourage n’ont pas été surpris par ces sanctions économiques et que toutes les dispositions avaient été prises auparavant, sans aller jusqu’à imaginer des réunions secrètes entre VP, J. Biden, mais également B. Johnson avec l’autre armée européenne et d’autres pour que tout le monde sauve la face et s’en sorte de façon plus ou moins gagnante, quoique…

 

 

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Vers une nouvelle votation Suisse pour son avion de chasse?

18 Août 2021 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

Alors qu’Armasuisse, l’Office fédéral de l’armement, n’a pas encore donné de réponse sur une éventuelle nouvelle votation concernant le nouveau processus d’acquisition des avions de chasse, nombre de Suisses rencontrés toutes classes et activités confondues, ne comprennent pas pourquoi leur pays ne choisit pas une solution voisine géographiquement et réclament une nouvelle consultation sur ce choix qui leur parait incohérent. Qu’en est-il des réalités apparentes et sous-jacentes depuis déjà l’ancien choix de l’avion suédois Gripen rejeté ?

 

Par François CHARLES

Economiste, expert relations européennes et internationales, ancien responsable d’affaires industrielles de défense, dont de maintenance aéronautique et politique de contreparties, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

 

Sans révéler trop de de secrets de réunions et d’échanges, certaines décisions poussent tout de même à s’interroger sur leurs réalités.

 

Un précédent article à charge et à décharge sur les réalités du F-35, avion marketing étasunien pour l’Europe, avait souligné les intérêts belges, même discutables, nous souvenant aussi que les avions français occupent beaucoup de place dans le musée de l’espace de Bruxelles. Il en va cette fois de la Suisse, certes non partie prenante de l’UE, mais qui peut participer potentiellement à la défense européenne. Rappelons que le pays est partenaire pour la paix avec l'OTAN sur un strapontin avec une indépendance vis-à-vis de l'OTAN, comme avec l'UE. Elle peut participer à un engagement européen dans toutes les missions même sans être dans l'UE sans toutefois en accepter certaines règles de fonctionnement. Le pays promeut la paix mais est très armé et affiche son esprit de résistance et l'obligation de prévoir un coût d'envahissement. Un ancien diplomate affirmait qu’elle avait besoin d’une aviation efficace détenue ou assurée par ses voisins, dont la France, non seulement pour les missions de police mais pour protéger l’arsenal sur son sol et notamment ses trois brigades blindées, avec plus de chars en service que la France, sans toutefois le besoin de maintenance des OPEX.

 

Selon certaines sources, les dépenses de défense devraient s’accroitre d’environ 1,4% dont des dépenses d’armement de 16 milliards de francs suisses entre 2023 et 2032, se rajoutant au budget annuel de 5 milliards de francs.

 

La Suisse vole actuellement avec des appareils étasuniens et a donc bien le droit de continuer.  Mais il convient de noter qu’il s’agit ici d’un changement de constructeur donc d’un choix non plus logique mais plutôt sans doute diplomatique en dehors de toute cohérence opérationnelle ou stratégique dissuasive, étant donné qu’il ne s’agit pas de mettre de bombe nucléaire sous les ailes. Elle détient également des hélicoptères français anciennement assemblés ou fabriqués localement.

 

Si le Rafale français et l’Eurofighter européen (Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Espagne) se sont vus remercier pour le remplacement des F-5 Tiger, plus proches des Gripen, qui n’avaient finalement pas été achetés suite à un refus populaire à 53%, dont 74% en suisse romande et dans le canton du Jura, ils le sont cette fois face au F-35 de Lockeed Martin pour le remplacement des F-18 de Boeing et finalement des F-5 restant en service.

 

Même si peut-être moins reconnu comme vecteur numérique que le F-35, le Rafale a été à chaque fois le mieux noté sur le volet opérationnel. Pour autant, il ne compte que pour 55% de la note finale, le reste réparti entre l’assistance, la coopération et les compensations, en dehors du prix d’achat et d’entretien. Avec le désormais rapprochement franco-suédois et des avionneurs Airbus et Dassault-aviation sur le projet SCAF, on aurait pu imaginer une Concurrence intelligente entre le Rafale, le Gripen et l’Eurofighter pour au moins tenter de remporter le marché.

 

On sait parfaitement que le coût du Rafale est désormais maitrisé, d’autant plus réalisé en mono constructeur, la coopération s’avérant plus chère dans le militaire que dans le civil, par rapport à l’Eurofighter réalisé en coopération et surtout au F-35 qui est finalement aussi un programme en coopération avec certains sous-traitants européens, présentant ses avantages et ses inconvénients. Le Rafale et son concurrent européen sont désormais éprouvés en Europe et à l’export par leur technicité mais également facilité par leur positionnement géopolitique, en alternative aux Etats-Unis.

 

Le problème viendrait-il de l’offre de Dassault Aviation qui sait ne pas vendre à perte en réponse des contreparties demandées et parfois évite d’optimiser l’offre de maintenance qui représente des montants cachés et supérieurs à ceux de l’acquisition et qui peut aussi apporter des solutions de facilité de vente et de bonne gestion au-delà des stocks initiaux ? On se rappelle peut-être moins en France du scandale de 1964 de la demande du Conseil fédéral de rallonge de crédit et la première commission parlementaire de l’histoire de la Suisse, réclamant de fait la réduction du nombre de Mirage 3 commandés, et fabriqués chez désormais Ruag à Emmen. Cela risque sans doute d’arriver pour un F-35 non encore mâture et dont l’offre initiale de Lockheed Martin rentrerait davantage dans l’enveloppe autorisée par la population. Les Suisses auraient-ils finalement mieux apprécié les offres étasuniennes qui peuvent aussi faire jurisprudence en Europe ?

 

On connait les pratiques des avionneurs étasuniens préférant faire un chèque que remplir leurs engagements d’offset, souvent au détriment des sous-traitants, en conservant de plus leur technologie et les données mais qui peuvent vendre aux conditions étatiques de leur pays, qui parfois aussi peut accorder des prêts, mais sans objet pour la Suisse. Celles des européens tentent des coopérations plus larges, certes avec coefficients de valorisation, mais réduisant aussi les risques de pertes de compétences.

 

L’argument de la proximité avec la France, comme avec l’Allemagne et l’Italie, pourquoi pas dans une stratégie alpine, est mis en avant notamment pour l’entretien et la formation. Le gouvernement répondra sans doute, comme les Polonais déjà lors de l’achat des F-16, que ces avions volent partout en Europe et achetés par la Belgique. Même s’il s’agit de faire fonctionner les industriels suisses de fait des demandes de contreparties, des impacts industriels locaux auraient néanmoins pu être créés entre sous-traitants suisses et français, notamment la région Bourgogne Franche-Comté avec une filière aéronautique de 210 entreprises directes et 340 sous-traitantes soit 6 300 emplois directs et 14500 indirects. La Suisse s’était autrefois déclarée intéressée par notre nouveau projet de symposium d’achats industriels croisés.

 

Un élément clé qui n’est pas toujours mis en avant est le rôle potentiel du Service Industriel de l’aéronautique, dont un établissement à Ambérieux, entité étatique dépendant du ministère des armées, pouvant statutairement également agir à l’export avec une garantie de qualité, surtout chez ses voisins.

 

On connait aussi les pratiques étatiques étasuniennes de pression pour casser les dynamiques européennes, et surtout pour ne pas partager le ciel. Mais après tout, la Suisse est indépendante et ne fait pas partie de l’UE. Notons bien que la Direction Générale pour l’Armement (DGA), assez agressive vis à vis de la Belgique suite aux achats quasi obligés de F-35, n’a pas cette fois fermé les portes après l’annonce de l’achat des F-35, et a acheté de nouveaux Pilatus pour le compte des forces françaises, attendant peut-être aussi une nouvelle décision. S’agissant des attitudes diplomatiques suisses, notons parfois la non-reconnaissance de certaines positions protectrices, qui est pourtant un véritable laboratoire pour l’Europe, mais donc aussi en Interdépendance avec les Etats-Unis comme quasiment tous ses membres, unis dans la diversité.

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Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen

22 Juin 2021 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

lendemain de l’annonce de l’achat de frégates FREMM italiennes par l’Indonésie, construites par Fincantieri, on lit que la DGA et le gouvernement français se seraient émus sans trop de réaction de NavalGroup qui misait beaucoup sur les pays émergents. Reste à savoir de quel coup de théâtre il s’agit. C’est oublier l’achat précédent d’avions Rafale par ce même pays, une certaine attitude de chevalier blanc pour l’Europe, les réalités du programme FREMM avec l’OCCAR, celles de la JV Naviris, du contrat export et de deux anciens contrats brésilien et belge dans une moindre mesure. Mais heureusement, certaines réactions constructives existent pour aller de l’avant.

Par François CHARLES

Ancien responsable d’affaires industrielles à la DGA, économiste, conseil en stratégie et management, intelligence économique, affaires européennes et internationales.

Cette grimace française est-elle bien européenne ? Le pays se définissant le plus actif doit-il décider de tout dans cette Europe unie dans la diversité surtout dans l’armement et la haute technologie, même avec les essais d’intégration du Fonds Européen (de R&D de défense), ou ne faut-il pas plutôt se réjouir du chant du coq cette italien, qui chante d’ailleurs apparemment comme le Français, et pour certain opérer à un « refresh » salvateur.

Faut-il un Airbus naval, comme le réclame H. Guillou, peut-être désormais à nouveau possible avec cette fois la douce violence de politique industrielle de la Commission européenne, qui rappelle parfois qu’elle applique la volonté des Etats qui avaient créé Airbus. Cette anomalie juridique sans concurrence intra-européenne avait certes été créée essentiellement pour construire un champion d’avions civils, où l’on fait néanmoins la guerre tous les jours, certes commerciale, et où les coûts et les prix sont normalement plus bas en coopération, ce qui est encore loin d’être le cas dans la défense, avec une certaine valorisation immatérielle de la notion de souveraineté.

Il y a quelques années, je publiais un article saluant la vente d’avions « européens » Gripen au Brésil, réussissant ensuite à faire assimiler la notion de concurrence intelligente et relancer les coopérations entre la France et la Suède, soupçonnée de faire un double jeu, en oubliant parfois le sien comme avec les Etats-Unis. Après les achats diversifiés de la Belgique, nous avons hélas bien vu aussi le côté frustré et fermé du ministère français des armées lors de deux articles et conférences sur le sujet, souvent d’ailleurs en divergence de vue avec le MAE. Les réactions doivent-elles être identiques dans le domaine naval entre la France et l’Italie, qui mérite une écoute active de chaque instant pour ne pas relancer la délicate roue de l’interdépendance à chaque problématique ? Peut-être faut-il mieux s’assurer de la prise en compte de certaines réalités et la réalisation de certains deuils mieux faits pour éviter certaines émotions, croyances, voire généralités et en profiter pour faire une différence au sein des partenariats, entre alliances et coopérations à travers une vraie politique générale et ses quatre piliers de stratégie, d’identité, de structure et de prise de décision avec des grilles de lecture de pilotage et de rentabilité des investissements.

Le programme FREMM de frégates multi-rôles pour la France et l’Italie, a été confié à l’OCCAR, qui défend un management fort et se revendique comme étant une organisation à vocation internationale, dans son développement, la production et la maintenance initiale mais hélas pas sur le cycle de vie de maintenance globale, pourtant vecteur d’optimisation conséquent, même si revu lors de possibles modernisations. Il a été prévu 2 versions anti sous-marine et anti-aérienne, selon le choix de ses partenaires clients, comme pour le Tigre franco-allemand, avec ses avantages de complémentarité mais ses risques en matière de gestion de configuration, comme pour le Transall et de frustration si un client externe choisi une certaine version, ce qui vient donc d’arriver avec l’Indonésie.

NavalGroup, d’une part, surtout positionné dans le militaire, comme Nexter dans le terrestre, et Fincantieri d’autre part, à la fois civil et militaire comme Rheinmetal dans le terrestre, voire avec Arquus positionné défense mais avec la puissance du groupe Volvo), apprennent à se connaître depuis 20 ans sans expliquer ouvertement quelles sont les forces et faiblesses complémentaires et sans apparemment pouvoir résoudre les points durs. Les différents commentaires suite aux autres événements entre les deux groupes ne vont pas sans rappeler les ressentis différents de chaque côté du Rhin, après le rapprochement beaucoup plus structurel entre Nexter et KMW, de type PSA pour l’automobile, mais misant aussi sur les synergies de recherche, comme quand il faut une revanche après une soit-disant défaite et perte d’identité.

Le projet Poseïdon, devenu la Joint Venture Naviris, a été créé pour partager les bonnes pratiques, mener des projets des recherche et développement « sélectionnés », notamment avec l’OCCAR sur le programme FREMM ainsi que le rétrofit à mi-vie des frégates Horizons françaises, et préparer conjointement des offres pour des programmes binationaux et les marchés à l’export. Reste à savoir si les deux industriels avaient choisi de chasser en meute ou en escadre. On peut donc imaginer que NavalGroup savait, sans imaginer que son partenaire puisse lui avoir caché la copie, sauf à penser que le contrat de mariage ou de cohabitation était réduit aux acquêts uniquement communs.

S’agissant du contrat, sans trop dévoiler d’informations, imaginons tout de même que les deux constructeurs aient discuté ensemble en prenant en considération le choix du client et qu’ils pourront sans doute progresser avec les synergies de R&D « European by design », sans forcément encore imaginer un vrai rapprochement, qui n’est pas forcément utile, mais qui serait sans doute plus bénéfique à NavalGroup pour les compétences civiles apportée par Fincantieri. Imaginons que le client aura peut-être aussi choisi une maintenance associée entre les deux partenaires sauf pour les pièces initiales, avec des concepts optimisés notamment sur la 3D et les nouveaux processus continus en fil des pannes. Imaginons que les offsets, ou contreparties industrielles, toujours autorisées pour l’export et vecteurs de coopération sous-jacente sans remplacer, si possible, les sous-traitants, ont été négociés de façon commune avec éléments issus des deux partenaires, ce qui pourrait faire date en terme de bourse commune, surtout au niveau européen et pour faciliter de façon indirecte les structurations industrielles, comme l’ancien essai incompris de synergie sur les offsets en France entre tous les syndicats professionnels et les PME de défense, les dynamiques des uns pouvant aider à celles des autres.

Enfin, et pour revenir au contrat des Rafales, et même s’il ne s’agit pas de porte avion, imaginons, par un coup de baguette magique, mais réaliste et réalisable, une valorisation des liens entre Dassault Aviation et la marine en tentant enfin d’avancer sur « un seul écran » avec une opportunité de label export pouvant aussi servir au marché européen pour se développer.

 

Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen
Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen
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Réapprenons les 8 et 9 mai

9 Mai 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

En ces 8 et 9 mai, même si certains semblent dire qu’il ne faut pas rester immobilisés par l’histoire, et d’autres écrivent qu’il faut sauver leur vision de l’Europe, il est important de nous rappeler qu’une bonne fée était arrivée sur les relations militaires franco-allemandes, cette fois pour penser le changement plutôt que changer le pensement. Mais cette guerre était mondiale.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie et management, affaires européennes et internationales

 
Si les cicatrices peuvent rester, comme les trous sur la planche à clous, il convient d’en faire une construction sur l’avenir.

 

Réapprenons la vraie fête de la capitulation avec signature française dans la nuit du 8 au 9 mai 1945 mais aussi et surtout fête de l’Europe le 9 mai en 1950, date trouvée sans doute non par hasard, avec la déclaration de Robert Schuman préparée par Jean Monnet sur une future organisation européenne, dans l’espoir de relations pacifiques lies sur le commerce, sous une certaine bienveillance, voire douce violence, étasunienne.

 

Vainqueurs ou vaincus durent ou doivent toujours faire certains deuils négatifs ou positifs avec ses causes et ses conséquences, comme dans toute analyse de risque, mais surtout ses phases de coups de théâtre plus ou moins prévus et annoncés, de dénis, de colères, de recherche de compréhension et de reconstruction, si possible avec un coup de tamis salutaire et une meilleure solution de rechange. Mais de quels deuils parlons-nous ?

 

Deuil de la malheureuse vraie étincelle initiale de la perte des territoires par la France en 1870, pourtant sauvés par le traité de Vienne, qui les a retrouvés au moins géographiquement (…) en 18 avec un traité jugé irréaliste et irréalisable envers l’Allemagne, finalement non respecté, et qui a nourrit la revanche allemande contre la France, vrai et unique objectif d’Hitler, qui a au moins gagné dans la perte d’identité française.

 

Deuil militaire allemand de n’avoir su rester sur le continent et contrôler l’Europe, allié à Staline à l’est, connecté au Japon et à la Turquie au Sud avant de pousser les Etats-Unis à rentrer en guerre avec une place décisive comme en 1917. Deuil mental allemand d’avoir cru et soutenu un leader élu, ayant relancé l’économie, été déclaré homme de l’année par le Times, avant de jurer qu’il ne l’avait jamais voulu.

 

Deuil de la France d’avoir perdu un temps son identité, certes reconquise avec du matériel étasunien pour retrouver son honneur et sa vraie valeur si possible sa place dans le concert des nations d’influence militaire et donc stratégique qu’elle défend plus que jamais sans mettre d’autres lunettes. Deuil personnel de De Gaulle de n’avoir pas été considéré par les alliés qui ne croyait plus en la France qui avait pourtant la plus grande armée au monde et qui avaient du revenir en Europe pour ne plus cette fois en repartir.

 

Deuil des anglo-étasuniens d’avoir voulu oublier que leur allié russe de circonstance, à qui ils avaient livré des armes et aidé à reconstruire ses usines, et qui avait commencé à se partager le monde avec Hitler, était redevenu belliqueux en toute puissance.

 

Deuil de Staline et des Russes d’avoir été trahi par Hitler et les Allemands et de réclamer la plus grande part du gâteau au vu des dévastations en oubliant sa position opportuniste d’origine

 

Deuil des Etats-Unis de n’avoir pu s’imposer durablement en France comme en Allemagne avec notamment création de l’administration et de la monnaie, d’avoir du accepter la France et De Gaulle soutenu par la Russie et de n’avoir pu installer le plan Marshall, considéré aussi comme profitant essentiellement aux Etats-Unis, à tous les pays du centre Europe.

 

Deuil de certains pays ayant perdu leur âme en quête d’une nouvelle identité qu’ils tenteront de retrouver ensuite et encore actuellement.

 

Mais deuil aussi et surtout des familles des millions de morts militaires et civils dans chaque camp, sans revendiquer qui est le plus mort pour qui, victimes des combats, bombardements, famines, déportations, exactions et exterminations qui imposeront la mémoire.

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La Politique d'armement en France et en Europe - I.R.C.E. Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - www.irce-oing.eu

14 Avril 2018 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

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L'autre lettre du Général de VILLIERS

20 Juillet 2017 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

C 'est fait, le Chef d'Etat Major des Armées françaises a posé sa démission qui a été acceptée sans émotion, vite remplacé par un « héro et vrai chef de guerre » comme si l'ancien ne l'était pas. En plus de son rappel à l'ordre en public, le président jupitérien chef des Armées n'a vraiment pas apprécié que son subordonné s'exprime dans une tribune puis confirme ses positions comme un lanceur d'alerte. Mais qu'aurait-il pu également écrire ?

Par François CHARLES

Armée de terre puis affaires industrielles et maintenance à la DGA, conseil en politique générale, management et affaires européennes

Comme vous le dites, Monsieur le président, un CEMA n'est pas là pour défendre le budget de la défense mais plutôt des capacités et conduire des troupes ainsi que mener des opérations. Je reprendrai ce que l'on dit dans l'armée : un chef, une mission, des moyens.

Le chef je le suis, après avoir été nommé. Je suis reconnu par mes troupes. Par contre, en tant que leader responsable des forces armées, et leader opérationnel, voire de processus de la défense, j'avoue que tout n'est pas encore mis en place dans les missions que vous me confiez pour avancer de façon mature au delà du système « D ».

Je suis conscient qu'il s'agit d'une mission française et européenne à dimension également mondiale. Je suis conscient que vos devez montrer à nos partenaires le respect de certains engagements économiques. Mais vous devez être conscient qu'il s'agit de gérer à la fois un service normal et surtout des opérations extérieures qui masquent certaines réalités que vit pourtant le civil dans sa guerre économique quotidienne. Mais je vous demande de savoir dire parfois non à certains engagements, comme vous le faites pour des choix économiques au regard de choix de défense, si vous ne parvenez pas à convaincre nos partenaires européens de mieux nous aider à accomplir ces tâches, soit par les moyens logistiques ou en personnels qu'ils ont fourni par exemple au Mali, soit par des contributions financières mais non prévues dans le système actuel européen, concentré sur des dépenses d'investissements et non de fonctionnement. Ce constat budgétaire, reconnu pas les autres depuis longtemps, pourra peut-être mieux nous faire travailler ensemble dans une identité européenne au sein de l'OTAN. Mais là n'est pas de mon ressort.

J'accomplirai toujours mon devoir avec les moyens que vous me donnerez et je suis conscient que nous pouvons faire mieux avec autant. Je vous demande également d'intervenir avec autorité et avec notion de solidarité vis-à-vis de nos partenaires industriels, qui se sentent trop souvent intouchables, pour qu'ils sachent travailler à coût objectif, livre ouvert et partage de risques, surtout sur le maintien en condition opérationnel. Je dois moi-même poursuivre mes efforts envers mes subordonnés, souvent trop disciplinés, qui souvent cachent les processus qui ne peuvent ainsi être soignés, ainsi que dans mes propres structures industrielles encore très hermétiques considérant que l'Etat est son propre assureur et se réfugiant derrière une sécurité qui n'a pas de prix et où de toute façon les moyens seront mis.

Je sais que les réalités sont souvent les mêmes chez nos partenaires européens. Vous avez nommé une ministre des armées plutôt gestionnaire. Ensemble, avec la DGA qui doit continuer à optimiser son positionnement, peut-être pourrons-nous faire avancer les choses sur des capacités et la disponibilité des matériels.

Je saurai, en tant également, que leader psychologique, motiver mes troupes pour maintenir le goût de l'effort au combat, comme pour la vie courante, en vous aidant à défendre ces réductions budgétaires que j'espère passagères, sans doute nécessaires au respect de nos engagements mais à une prise de conscience collective.

Bien respectueusement.

L'autre lettre du Général de VILLIERS
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LE RAFALE ENFIN EN INDE : un succès français mais également européen à l’export

16 Octobre 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

Il aura fallu une certaine crise sécuritaire, notamment avec le regain de tensions avec le Pakistan, certaines prises de position diplomatiques, un euro moins fort et sans doute une douce violence de l'Etat envers l'avionneur dont les autorités indiennes se plaignaient depuis longtemps du manque de négociation, pour faire aboutir les négociations sur le Rafale avec l’Inde qui duraient depuis plus de 15 ans. La France doit se réjouir de la vente de cet avion polyvalent dont la valeur technique était reconnue depuis longtemps. N'oublions pas non plus qu'il s'agit aussi du succès d'un matériel européen qui fait partie d'un catalogue global pour être plus forts ensemble plutôt qu'éternels concurrents.

 

 

Par François CHARLES

Ancien responsable d’affaires industrielles internationales à la DGA, DESS Défense, Président de l’IRCE et de NOVIAL Consulting

 

Un succès français

L'Inde vient donc de signer l'achat de 36 avions Rafale pour quelques 8 milliards d'euros, venant compléter sa gamme d'appareils déjà en partie français avec les Mirages 2000. Les avions dédiés devraient être livrés dès 2019 en dehors de ceux livrés en avance de phase pour l'entraînement des équipages. D'un point de vue opérationnel les militaires voulaient cet avion performant, comme d'ailleurs les Suisses et les Brésiliens. Cette technicité française, chère mais nécessaire en période de crise avait d'ailleurs aussi conquis d'autres pays et se rajoute au succès de DCNS. C'est enfin une libération pour Dassault qui produit cet avion seul, comme pour le Gripen mais pas comme l'Eurofighter, avec les avantages en terme de management industriel et les inconvénients en terme de marché que cela représente. C’est l’exemple de l’EFA avec des achats sûrs en Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, qui savent aussi réduire les montants initiaux, et à l’export en Arabie Saoudite, Autriche et Oman. C'est aussi le succès d'un écosystème composé par Thales, Safran mais également MBDA, modèle d'intégration européenne, pour ses missiles.

 

Cette vente doit être un succès européen pour reconnaître certaines zones d’influence française, en complément de celles d’autres pays européens, dans une logique de représentation commune appuyée par la Haute Représentante des institutions. Comme au Moyen Orient, cette vente répond à une nécessité de protection face à une menace de déstabilisation mais également à un besoin de double source d’approvisionnement et d’indépendance de certains pays de la zone face aux Etats-Unis ou la Russie qui avaient également fait certaines offres.

 

Elle doit être un succès européen sur le produit, sa maintenance et sa gouvernance de fabrication. Les choix de défense sont certes politiques mais se confortent d’éléments technologiques et économiques pour répondre à un besoin opérationnel et parfois uniquement de dissuasion. Le Rafale est un produit haut de gamme multirôles à la fois bombardier, chasseur, avion de reconnaissance, ce que ne sont pas, par exemple, le Gripen ni l’Eurofighter Typhoon (EFA). Cette caractéristique peut être importante dans certains cas pour satisfaire les attentes des clients, non forcément identiques, comme nous l’avons vu au Brésil et en Suisse qui n’avaient pas besoin d’un tel avion à tout faire au détriment cette fois-ci du Rafale. C’est bien la force potentielle de l’Europe de pouvoir proposer cette diversité de produits, de savoirs faire et de savoir être avec une spécialisation de ses pays et ses industriels unis pour des projets externes. Le Rafale parait cher mais l’équation globale semble gagnante tout en veillant avec soin aux coûts de maintenance et de leur facturation. Espérons que le Service Industriel de l’Aéronautique français rattaché encore à l’Etat sera mis à contribution pour ces compétences en maintenance même pour ce contrat export. Si le Gripen a quant à lui bénéficié d'une meilleure approche de maintenance par les Suédois, les Russes ont aussi perdu le marché indiens par les coûts de pièces de rechanges qu'ils faisaient supporter à l'Inde, de la même façon que Dassault a semble-t-il perdu son marché au Maroc.

 

Elle doit être enfin un succès européen sur les compensations réclamées. Les ventes d’avions de chasse, mais aussi de biens à haute valeur technologique sont particulières. En dehors, théoriquement, de l’Union qui tente de faire respecter la directive européenne de 2009 sur les marchés de défense et de sécurité dans une plus grande logique de transparence des marchés et de coopération, elles s’accompagnent quasi-systématiquement de compensations industrielles sur le produit considéré ou non, financières et/ou commerciales au-delà de la formation des pilotes, d’ailleurs souvent payée. Elles dérogent généralement aux règles du commerce international au profit du pays acheteur, de ses industriels et de son développement économique, avec un jeu de négociation portant sur les coefficients de valorisation des éléments de haute technologie. Même si poussées politiquement, elles peuvent rendre les ventes peu rentables et finalement non justifiées économiquement pour le vendeur ou son pays ne sachant pas les expliquer dans l’approche globale de la transaction, comme ce fut le cas pour la votation Suisse contre le Gripen. D’un aspect positif, elles peuvent par contre permettre de créer des liens nouveaux entre PME sous-traitantes des deux pays, comme l'ont bien compris les Britanniques, sauf quand elles sont hélas remplacées d’un coup de crayon par les maîtres d'oeuvre. S'agissant du contrat indien, rien n'est vraiment finalement figé en espérant une démarche gagnante.

 

Dans une logique d'approche européenne, avec hélas un partage de marché et de client peu reconnu par la Suède pourtant adepte de l'Union dans la diversité, le rêve serait d'imaginer que les autres pays européens et leurs industriels, plutôt habitués à travailler en coopération entre eux, puissent à aider la société Dassault Aviation et la France, si elles l’acceptent, à remplir ses engagements de façon décloisonnée comme nous avions essayé de l’instituer en France dans les années 90 à travers toute la communauté industrielle et étatique de défense.

LE RAFALE ENFIN EN INDE : un succès français mais également européen à l’export
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DOIT ON BLAMER LA TURQUIE POUR LA DESTRUCTION DU CHASSEUR BOMBARDIER RUSSE ET SES CONVOIS HUMANITAIRES..?

28 Novembre 2015 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #international

Alors que la France et les pays de l'OTAN se contentent de ramener les avions russes à la frontière des pays baltes mais aussi récemment en Bretagne, la Turquie n'a pas joué à "schlemiel", n'a fait qu'un avertissement puis a abattu un avion de chasse russe qui violait apparemment son espace aérien. Faut-il la blâmer d'avoir montré une certaine fermeté aux Russes, qui comme beaucoup le disent, ne comprennent que la force ?

La Turquie, qui ne souhaite pas la guerre mais qui fait partie de l'OTAN, peut entraîner toute l'organisation par l'article 5 si elle était agressée. Heureusement pour tout le monde, V. Poutine, qui n'est pas fort mais rusé, ne le souhaite pas et répond, comme les Européens, à un acte militaire par des mesures de rétorsion économiques

Mais ce bombardier était-il en train de suivre un convoi "pétrole contre médocs" entre Daech et la Turquie ? Si on ne peut pas blâmer la Turquie de soigner les combattants ennemis sur son terrain, cela ne semble pas être le cas. Le pays, qui prétend qu'il s'agissait de convois humanitaires, sans en préciser les bénéficiaires, comme quand V. Poutine le faisait en Ukraine, s'est sans doute fait prendre à son double jeu

Mais c'est cela aussi d'être un pont entre l'Europe et le monde arabe, qui sera un des prochains événements IRCE

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