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Le blog philosophique de francois CHARLES

economie

DE L'ETHIQUE FINANCIERE EN SITUATIONS DE CRISE

30 Mai 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #philosophie, #économie

L'éthique financière des situations dites ou pouvant être considérées comme normales, peut déjà poser questions dans certains domaines d’activité. Celle des situations de crise, voire de guerre latente, ouverte ou assimilée dans de nombreuses situations, nous en pose d’autres, notamment relatives au pouvoir, à l’empathie, à la solidarité et elle peut aussi aider à faire évoluer la normalité.

 

 

Par François CHARLES, économiste, conseil en stratégie, management, affaires européennes et internationales

 

La crise sanitaire actuelle nous ouvre les yeux sur les différences de perception, en équité ou égalité de traitement, surtout financier. Elle a été considérée comme une guerre par le Président de la République française, assez isolé en Europe sur ces mots, mais cherchant sans doute aussi le moyen de montrer son rôle voulu de leader responsable, voire opérationnel de la défense de l’Europe.

 

Parfois des crises sont appelées des guerres, notamment pour mieux faire passer certaines mesures d’état d’urgence en plus de sensibiliser les populations. Parfois des guerres sont appelées crises pour les minimiser tant qu’elles ne sont pas totalement des guerres. Enfin, des guerres vues par certains ne seront que des crises pour d’autres.

 

La finance est le nerf de la crise, comme de la guerre. Les impacts financiers et économiques seront plus ou moins forts entre les hauts ou bas revenus, avec ou sans risques de salaires. Il existera sans doute des différences de survie, voire de jalousie, en plus des réalités normales de concurrence entre d’une part, les start up ou organismes bénéficiant de financements publiques pour la recherche et les entreprises liée aux marchés de l’Etat, sauf si ce dernier change finalement d’avis par répartition du financement, et d’autre part, les entreprises liées au marché privé qui voient leur carnet de commande à zéro et obligées d’offrir des prestations pour maintenir le lien alors que d’autres  augmentent le leur du fait de cette situation.

 

Y aura-t-il solidarité entre les chaînes de télévision privées pourtant si riches en temps normal grâce à la publicité, par rapport aux chaînes publiques disposant surtout d’un revenu fixe convoité en temps de crise. Y a-t-il également solidarité entre constructeurs et mainteneurs indépendants dans le domaine des transports notamment aéronautiques ? Les acteurs n’ayant pas agi contre le COVID seront-ils montrés du doigt et voués à l’exil, quasi impossible étant donné que toute la planète a été touchée ? Les rachats, fusion-acquisitions générées par la crise, où les victimes ne sont généralement pas sauvées mais persécutées puis évacuées pour ne conserver que la substantifique moelle, ne seront-elles pas plutôt des crises surtout familiales plus que des sauvetages ? Les comptes auront-ils été maquillés pour mieux les faire passer comme pour la Grèce, même avec un auditeur reconnu et indépendant des actionnaires ? Le rachat d’une entreprise par un fonds de capital- risque, parfois réels acteurs de politique industrielle, est-il réel sauvetage ? Doit-on fermer le dossier ou a-t-on compris que cette pépite, souvent stratégique, sera à nouveau sur le marché à terme ?

 

Qu’en est-il du délai de traitement et du droit des réservataires en cas de faillite d’entreprise, petite ou grande, ou stratégiquement protégée ? S’agissant de certaines crises financières personnelles, après avoir touché une somme d’argent faut-il mieux rembourser ses créanciers ou en conserver une partie pour payer une pension alimentaire et éviter toute poursuite pénale et se laisser un matelas de sécurité pour continuer à vivre normalement et continuer d’amorcer la pompe sociale ?

 

Les accords de partenariat, quand ils ne sont en fait plutôt parfois d’ailleurs que des accords d’achat, seront-ils maintenus ou revus alors que des aides financières ont été accordées par les Etats ?

 

Les mots magiques comme solidarité, sens, résilience apparaissent pour donner bonne conscience. Mais on pourra se poser la question des demandes d’aides réellement  justifiées, des octrois de déplacement ou de financement trop facilités ou refusés, en face de réels besoins, pour aider les plus démunis ou ceux qui ont un écart de revenu plus élevé ? On pourra se poser la question des choix d’actions immédiats vers le peuple, les élites, les institutions, l’économie, la défense, ou l’écologie, ces deux dernières étant souvent considérées comme variables d’ajustement.

 

Et qu’en est-il finalement de l’éthique, ensemble des principes et fondements moraux de conduite, sur la base de règles de comportement jugées bonnes ou mauvaises, et souvent par discernement intelligent. Elle sera généralement liée à l’homme et sa faculter de penser et séparer le bon grain de l’ivraie, avec ses propres lunettes et en pleine conscience de certaines réalités, notamment du pouvoir et des dogmes. Galilée, condamné par l’inquisition, vient seulement d’être réhabilité.

 

Quelle éthique financière appliquer en matière de peine civile ou pénale entre les parties, notamment envers l’Etat ?  Quelle vengeance privée utilisera le droit pénal pour compenser une compensation financière civile impossible ? Quelle sera l’éthique et le discernement du juge dit « de bonne foi » ou quelle médiation ou conciliation pourront-elles être proposées et acceptées ? Qui en profitera en toute puissance pour charger et tuer sans aucune meilleure solution de rechange ou pour effacer le litige de bonne grâce ?

 

Ethique et solidarité ne signifient-elles pas payer ses factures et ses mensualités de prêt, plutôt que conserver la trésorerie par sécurité sans partage de risque ni d’empathie dans une logique du chacun pour soi ? Parlerons-nous d’éthique ou de choix stratégiques et surtout politiques pour l’octroi de financements, a priori garantis par l’Etat ou les Institutions, qui ne pourront généralement ensuite pas être remboursés ? Parlerons-nous d’éthique ou d’empathie pour l’effacement de dette par mesures keynésiennes de circonstance plutôt que l’afficher avec courage dès le départ ? S’agira-t-il de financer ou d’assurer sans réel contrôle de solvabilité dans l’urgence et ensuite exiger un remboursement sans aménagements ? Bien entendu tout le monde pensera in fine, et sans doute à raison, que ce sont les banques, qui prêtent même aux Etats qui ne peuvent les contrôler, ou qui vous blâme de ne pas avoir réparé votre toit en été faute de financement, qui gagnent à tous les coups. Les pauvres, eux, connaissent la valeur d’une goutte d’eau, d’un paquet de farine et d’une ampoule électrique comme quand on sort d’un rationnement respecté ou non, en temps de guerre ou de famine, qui ne devraient plus être d’actualité notamment grâce aux cultures élevées dans les sous-sols à la lumière artificielle protégés des aléas terrestres. Les anciens pauvres sauront aussi parfois le rester et gérer leurs biens avec soin et sans excès, comme la Norvège, autrefois bien moins riche et désormais courtisée avec son fonds convoité.

 

L’éthique financière du non-profit, qui devrait exister en temps de crise sanitaire, et comme donc théoriquement aussi en tant de guerre, ne sera pas ressentie par tous de la même façon. Certains débloqueront des fonds pour prendre soin presque par altruisme et par couvage ou portage. D’autres en profiteront pour créer de dépendances, racheter les autres ou profiter des efforts de recherche pour simplement fonctionner, voire faire des profits avec les résultats de recherche financée, en remerciant même le phénomène sans pour autant l’avoir déclenché. D’autres enfin, tenteront simplement de valoriser de vieilles recettes et d’anciennes formules à moindre coût avec ou sans recherche de profit. Les laboratoires doivent-ils réclamer un retour sur investissement sur la recherche, et notamment sur les applications à effet rapide, ou mettre les solutions au profit de tous, comme le fait le CERN et désormais l’UE sur la recherche fondamentale ?

 

Qu’en est-il de l’éthique financière des primes versées aux personnels hospitaliers qui font leur travail avec passion mais ou oubliant de s’alimenter et de dormir. Sur quelle base doivent-elles être évaluées, de façon aléatoire pour tout le monde pour calmer une crise ou alors pour couvrir des charges calculées et réelles fixes ou variables ou pour compenser à long terme les dépenses liées aux conséquences de l’activité, ou des suites de maladies directes et indirectes ou de risques liés au métier.

 

Qu’en est-il de l’éthique financière des RTT désormais accordés même aux militaires pourtant corvéable théoriquement 24 h / 24 et qui touchent des indemnités de services en campagne alors qu’il s’agit plutôt d’une généralité pour la France plutôt impliquée à l’étranger. Peut-être est-ce pour éviter de prendre le butin sur le terrain comme autrefois ? Le soldat devient-il un mercenaire de l’indemnité ? Enfin, quelle éthique et solidarité engager pour les anciens combattants traumatisés et pour combien de temps ? Une médaille, également geste politique mais dont on est fier de porter et faite pour cela, et qui n’aide pas forcément à faire bouillir la marmite, ne suffirait-elle pas ? Nul besoin de choisir qui la mérite ou non quand les médailles de la défense nationale sont décernées en masse. Qu’en est-il  de la solde du soldat qui est aussi là pour être utilisée afin d’acheter un matériel en urgence sans même être en guerre sous prétexte qu’il a une solde.

 

Les mesures en situation de crise ne doivent pas être la normalité mais peuvent l’orienter pour limiter la prochaine crise. Les solutions sortent des chapeaux mais sans forcément voir le risque à payer plus cher en cas de crise, considérant qu’il s’agit de préserver des intérêts vitaux, qu’il faut détenir coûte que coûte, lorsqu’on parvient à les définir et sauf à mieux regarder d’autres solutions ailleurs. La gouvernance de temps de crise impose des décisions exceptionnelles qui peuvent ensuite rester usuelles. Mais les gouvernances de temps de paix ou de normalité engendrent aussi des règles qu’il faut consolider.

 

S’agissant de l’éthique financière de la monnaie, l’euro, qui n’est pas forcément né d’une crise même si poussé par la France qui en redoutait une. Mais il provoqua ensuite une forte inflation non dite pendant sa mise en place suite au rejet des centimes à son apparition. l’Allemagne, gardienne économique de l’euro qu’elle ne voulait pas, sait se rappeler ses vieux fantômes qui l’empêchent de dormir, voire les oublier quand il s’agit de faire rentrer la dette grecque. Notons que les Etats-Unis avaient créé le D. Mark, comme avaient aussi prévu de recréer une monnaie française en 1945, pensant le pays incapable de se relever après cette crise ou désirant peut être désormais mieux le contrôler suite aux déceptions engendrées par une défaite a priori impossible et une perte de confiance dans ce pays qui les avaient à nouveau poussé à intervenir en Europe.

 

L’euro a ensuite sauvé bien des crises financières par mutualisation et uniformisation, avec ses avantages et ses contraintes, tout en laissant aux Etats qui ne souhaitaient pas perdre pour autant leur âme, une certaine diversité et identité symbolique, sur chaque pièce et billet.  Charlemagne l’avait déjà compris avec la première monnaie européenne. Les mesures de souplesse pour le dépassement des 3% et des 60%  en cas de crise doivent être généralisables mais doivent aussi finalement laisser, en période normale, une certaine ouverture fiscale pour que chaque état puisse  atteindre seul ses objectifs ou disposer d’une certaine marge de manœuvre et autonomie pour ses besoins propres. On peut d’ailleurs se poser la question de la notion de financement de la dette de certains pays sauf si bien entendu il s’agit de solidarité toute chose égale et tout risque égal par ailleurs. Ou alors est-il peut-être temps de créer des sous-groupes d’économies sans discrimination mais avec des mesures adaptées pour éviter tout risque de propagation de la crise entre eux et toute rupture de membrane externe.

 

En matière d’éthique de solidarité financière interne européenne, il est bon de se rappeler que les Etats libres d’Allemagne, ou Länders, l’organisent entre eux depuis longtemps, avec ou sans demande de juste retour en équité ou égalité de contribution, ce que les Etats centralisés comme la France ne connaissent pas. Pourquoi l’Allemagne ne parlerait-elle par pour l’UE en bonne mère de famille européenne pour l’économie, comme la France essaie de le faire au niveau diplomatique et militaire ? Que penser du récent plan de relance européen plutôt politique que réaliste, même si les Institutions, qui savent d’ailleurs créer des fonds de secours, tentent aussi d’expliquer clairement d’où viendra a priori l’argent ? Par ailleurs, ne faudrait-il pas finalement miser sur des obligations convertibles en or, valeur refuge en temps de crise et de guerre ?

 

Qu’en est-il de l’éthique financière d’intégration européenne en temps de crise ? Les pays du centre européen ne sont-ils pas trop vite rentrés dans l’UE, certes après leur sortie du bloc de l’Est alors qu’ils étaient exsangues. Mais ils étaient aussi en crise et en quête de retrouver leur identité en apportant également leur propre vision de l’Europe en déplaçant aussi son centre de gravité. La réunification de l’Allemagne n’a-t-elle pas été finalement uniquement financée par elle-même sans grande solidarité sauf interne au sein du pays ? Attendait-elle un soutien ou l’a-t-elle peut-être en fait refusé par orgueil comme les Etats-Unis l’ont fait en rejet de l’art 5 de l’OTAN le 11 septembre 2001 sauf ensuite pour finalement aller guerroyer en Irak en mutualisant les frais entre coalisés pour se faire bien voir de l’ONU alors qu’ils n’ont en fait besoin de personne, contrairement à la France qui voudrait faire seule mais ne le peut financièrement plus.

 

S’agissant de la crise climatique, existe-t-il une éthique de financement du pacte vert sous couvert d’un dogme impossible à attaquer sous peine d’être jugé et autrefois brûlé ? Le réchauffement climatique est-il finalement une crise ou une normalité, voire une guerre avec une éthique liée à la santé et notamment celle de la planète ? Le pacte saura-t-il résister au fait que le Corona Virus a fait gagner un répit de 15 ans pour 1,5°C. Et en parlant de virus, qu’en sera-t-il si une prochaine catastrophe Nucléaire, Radiologique, Biologique et Chimique (NRBC) survient ? L’Europe ne devrait-elle pas posséder ses centres d’excellence, même avec le risque lié à ce terme a priori intouchable, comme certains hôpitaux dans chaque grande région européenne, et surveillés par des unités armées de type Frontex qui dispose désormais d’un budget propre ?

 

L’art n’est pas exclu de cette liste non exhaustive. On le met volontiers à l’abri en temps de crise, non pas de peur qu’il soit détruit ou même acquis de droit, qui change souvent en temps de guerre, mais de peur d’être pris pour compenser des dettes, voire même volé pour profiter à d’autres ou être réparti entre d’autres qui n’en voient que la valeur marchande et alimentaire.

 

Contrairement à la guerre, la crise  ne casse pas tout, même si des frontières peuvent réapparaître et si les décisions prises imposent finalement de casser. Le système financier n’était pas cassé et est vite reparti en 1929 aux Etats-Unis dès que la décision sur les 6000 banques a été prise, qui a comme quand on rase des immeubles atteints par la guerre ou délabrés par la crise. Il en a été de même avec les supprimes mais sans doute n’était-ce pas là une guerre impactant la santé des citoyens ?

 

Mais qu’en est-il de l’éthique financière des reconstructions ? La crise liée à l’incendie de Notre Dame bâtie avant 1905, nous rappelle que si l’Etat est son propre assureur, il peut donc décider de reconstruire ou non, dont également ses établissements publics dont industriels qui lui restent. Cela ne lui empêche pas non plus de prendre une assurance ou de l’analyser pour rendre ses personnels encore plus attentifs aux mesures de sécurité. Notre Dame était même assurable grâce à la connaissance potentielle des sommes engageables car bien des cathédrales ont été reconstruites au siècle passé. Serait-ce aussi le cas du château de Versailles jugé non assurable ? Rappelons-nous par ailleurs que la crise du 11 septembre fut un exemple d’éthique et de solidarité financière entre assureurs, qui ont pris chacun leur part sans renvoyer la faute sur l’autre sur cette crise particulière qui ensuite engendra une réelle situation de guerre ? Que doit-il en être des catastrophes naturelles telles tremblements de terre, éruptions, ouragans, inondations causées par la terre qui n’arrête pas de vivre ni de tourner même au 21° siècle avec parfois de difficiles indemnisations ? Revenant sur le dérèglement climatique, prenons aussi en compte qu’il transforme les catastrophes naturelles en événements réguliers et assurables avec leur primes liées.

 

La gestion de la crise peut éviter la guerre sauf quand des pays, organismes, assemblées  ou des personnes cherchent à l’alimenter. La crise peut s’éteindre ou engendrer la guerre, même pour le COVID où la Chine se trouve accusée d’avoir ouvert la boite de pandore du virus. Certains rappelleront que « qui veut la paix prépare la guerre ». Mais tant que la guerre n’est pas déclarée, il s’agit d’une crise sauf quand l’adversaire ne le comprend pas, comme en 1914 entre l’Allemagne et la Russie, quand cette dernière amassa ses troupes dans l’attente, interprété par la première comme une déclaration de guerre. L’état d’urgence est peut être aussi une autre subtilité du droit entre la crise et la guerre pour faire reculer la guerre ou mieux la préparer, avec des dispositions législatives et financières propres et autonomes. Si la crise devient guerre officielle ou non, à qui va profiter le droit du sang versé au combat pour participer en tout ou partie à la reconstruction d’un pays dévasté ou le plan Marshall décidé?

 

Que penser de l’éthique financière de l’effort de défense d’un pays en crise, pour réarmer ou appeler à la mobilisation, lié à sa politique et souvent proportionnel à sa taille, sa puissance financière et ses alliances militaires et capacitaires. Les courses aux armements en guerre froide, qui n’est d’autre qu’une crise, peuvent détruire des empires par essoufflement en provoquant parfois certaines guerres de baroud d’honneur. Bientôt connaitrons-nous heureusement les conflits par jeux vidéo sans victimes ni dégâts ou entre robots tueurs même si déjà condamnés par certaines assemblées. Certains pays achètent aussi des armes simplement par dissuasion pour ne pas s’en servir car n’en ayant en fait pas les moyens ou s’achètent même des leurres. D’autres en profitent pour constituer une industrie de défense notamment en lien avec la souveraineté nationale et surtout en profitant de contreparties octroyées par les vendeurs dérogeant toutes les règles du commerce international.

 

Qu’en est-il de l’éthique financière du contrat de d’armement en période de crise et ensuite en temps de guerre, quand il faut « mettre le paquet ». Qu’en est-il des règles de coûts objectifs, livres ouverts, partage des risques, bonus et malus, qui ne sont que trop peu  appliquées en temps de paix ? Les règles commerciales et de droit changent-elles en temps de guerre et avec quelles sanctions différentes, comme pour la non-exécution d’un ordre reçu ? Pourquoi avons-nous l’impression que les entreprises d’armement, pourtant contrôlées par des structures d’enquête de coûts, et qui devraient plutôt produire au juste prix et avec marges réduites pour les contrats nationaux, semblent profiter de la crise certes sur des produits qui se vendent épisodiquement ? Ne devraient-elles pas toutes se diversifier dans le civil, sauf à entretenir une tutelle de sauvegarde cloisonnée et spécifique sous couvert de souveraineté nationale qui devrait être désormais européenne ? A contrario, il est vrai que les industriels majeurs savent proposer de différer les paiements attendus de l’Etat, avec ou sans contreparties lors des périodes de défaut de paiement de l’Etat, même sans être en guerre. Ils savent aussi convenir d’arrangements de dépendance avec leurs sous-traitants, quand il ne s’agit pas de risque de cavalerie d’investissement avec une solidarité et une prise de risque souvent vite oubliées. Mais n’est-ce pas un privilège de participer à un domaine stratégique ? Enfin, si la production est une chose, la maintenance en est une autre, encore plus importante en terme de coûts, et vendue à prix d’or sous prétexte d’une fausse envolée des coûts, désormais par des contrats à long terme incluant les opérations extérieures. Et que dire de l’éthique financière des programmes en coopération de défense qui sont encore plus chers que réalisés sans et qui vivent du fait des états participants même s’ils peuvent néanmoins se dédire ? Enfin, pouvons-nous lutter éthiquement contre les Etats-Unis qui vendent à prix coutant, prêtent du matériel et même de l’argent ? Pourquoi ne pas continuer à bâtir des contrats commerciaux comme l’A400M ?

 

Les ventes d’armes sont tirées par les crises dans le monde, sans oublier le théâtre européen. Elles font vivre des centaines de milliers de personnes de façon directe et indirecte, tirant souvent l’économie et la recherche, dans des entreprises  désormais de droit privé en France, sauf un dernier bastion dans le secteur de la maintenance aéronautique protégé coûte que coûte par un principe de sécurité, qui devrait être moins cher car garanti alors qu’il s’avère plus cher car nécessaire. En temps de paix, les ventes d’armes par les industriels français sont « interdits sauf autorisation » très contrôlée à partir de la situation risquée de chaque client et peuvent être gelés comme avec l’épisode russe, qui soulevé certaines réactions sans considération des conditions initiales. Les ventes à l’export ne sont pas seulement des succès technologiques et même financiers pour faire baisser les coûts unitaires nationaux, mais bien des actions,  décisions et choix politiques. Les personnes condamnant ces activités sous le couvert de l’éthique seront souvent les mêmes qui manifesteront en cas de licenciements.

 

Avec quelle lunettes la France doit-elle décrypter et accepter l’éthique allemande, qui ne fait pas la guerre mais la soutient industriellement et logistiquement en solidarité et qui, en matière de vente,  affiche une réserve stricte sur les atteintes aux droits de l’homme inscrite dans sa constitution et non à la carte en fonction de l’intérêt stratégique ? L’harmonisation européenne en la matière est encore à consolider mais peut-être devrait elle s’abriter sous un label uni dans la diversité, avec une éthique de base et un socle commun le plus élevé soit-il, laissant néanmoins de possibles spécificités, afin de vivre et de construire en intelligence et équilibre ? Pour revenir à la santé, ne doit-il pas en être de même pour les produits chimiques dans une certaine éthique, comme pour d’ailleurs l’innovation, dont l’éthique de financement, en parfaite connaissance des risques, devrait prendre davantage de place.

 

 

 

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LA CHINE AU SECOURS DE L'EUROPE (?) (3)

22 Mars 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

A la suite des deux premiers articles sur la Chine au secours de l’Europe (?) il aura fallu cette une épidémie en provenance de Chine pour réveiller certaines réalités de crise et déclencher certaines actions au niveau européen et des Nations, notamment en terme de solidarité. L’heure devra aussi être à la capitalisation et au courage du retour d’expérience pour aller au-delà de mesures ponctuelles. L’occasion sera aussi de faire le point sur l’état des lieux de l’autonomie européenne sur certains sujets stratégiques.

 

Par François CHARLES

Economiste, Expert stratégie, management, affaires européennes et internationales, Président de l’I.R.C.E.

 

Il s’agit de la première épidémie de ce genre avec mise en quarantaine dans une Europe moderne unie dans la diversité qui doit montrer sa capacité d’agir sur les flammes et gérer le coupe-feu par des mesures innovantes mais aussi se rappeler des anciennes dispositions lors de la peste mais aussi Ebola en Afrique, qui semble bien loin de l’Europe mais qui peut aussi apprendre des autres. Et en terme de risque latent, n’oublions pas que personne n’est plus vacciné contre la variole.

 

Les réactions ne se sont pas faites attendre dans l’opinion publique, souvent non ou peu informée, ne reprenant que les slogans d’inertie et blâmant les relations bilatérales de certains pays avec la Chine. Devions-nous fermer toute correspondance et refuser l’aide chinoise ? Les avions ont-ils bien été décontaminés ?

 

Nous aimons réagir en situation de crise avérée pour éviter d’être blâmé en cas d’erreur. La France, dont les études montrent le lien d’origine de contamination en Europe, est passée ensuite rapidement d’un état d’urgence économique à un état de guerre en employant les même solutions que l’Espagne et l’Italie qui ne semblent pas avoir employé ce terme comme, pour l’épisode de Charlie. Des mesures opérationnelles ont été prises mais peut-être tardivement quand il a fallu trois mois en Chine pour enrayer et stabiliser la situation avec des mesures drastiques avec notamment la construction d’hôpitaux.

 

La fermeture concertée de l’espace Schengen va permettre l’isolement en évitant notamment le risque systémique du Royaume-Uni qui n’a pas encore pris de mesures strictes réclamées par la population, comme si elle se sentait désormais protégée de l’Europe. On peut aussi de demander si les renforts envoyés par certains pays à la frontière Grecque pour les migrants ne seraient pas  finalement liés au virus.

 

Reconnaissons les actions rapides de déblocage de fonds prises au niveau européen pour des mesures adaptées ainsi que les décisions de protection prises par le Conseil s’agissant des domaines souverains. Nous sommes conscient des réalités de prises de décision et de solidarité dans cette Europe unie dans la diversité qui nécessite des approches communes et spécifiques dans les domaines d’intervention réservés, partagés ou instruits par subsidiarité pouvant réduire l’efficacité connue en Chine. Montesquieu aurait pu analyser quel était le système le plus adapté en situation de crise entre une Démocratie, une République ou une dictature selon l’esprit des Lois. Certaines autres questions restent en suspens.

 

Quelles mesures opérationnelles auraient pu être prises plus tôt ? Grâce à l’aide européenne, quelles actions précises, communes ou spécifiques, ont-elles été ou seront envisagées dans chaque pays « sur les flammes et le coupe-feu » et pour quels résultats attendus ? Des zones de risque systémiques avec risques acceptables et inacceptables ont-elles été identifiées, sur quels critères et avec quelle recommandations et actions adaptées ou généralisables ? Quels risques sous-jacents non sanitaires ont pu être identifiés ? Est-il prévu de réaliser et de capitaliser un retour d’expérience et l’avez-vous fait sur d’autres expériences passées ?

 

Est-ce normal que la durée d’alerte et de confinement soit différente entre les pays ? La France s’est déclarée en état d’urgence économique puis en état de guerre avec la réunion de son conseil de défense et peut-être utilisation de l’art 16 de sa constitution. Qu’en est-il pour les autres nations et avec quels impacts différents sur la gestion de crise ? N’est-il pas opportun de créer dans des délais brefs, des hôpitaux spécialisés dans chaque grande région NUTS ? Quelles actions semblent plus réalisables dans certains pays que dans d’autres ?

 

Peut-être est-ce l’occasion à l’UE de montrer sa place de  gestionnaire de crises en complément de l’OTAN que nous avions appelé à s’occuper également des frontières pour la crise des migrants ? N’est-ce pas opportun d’aborder la notion de défense civile et économique européenne ? Le droit européen peut-il évoluer comme en temps de guerre pour des prises de décision et les droits avec révision des domaines réservés, partagée et de subsidiarité ?

Existe-t-il une solidarité du risque et sinon quelles mesures pourraient faire évoluer les prises de décision, si possible avec discernement, qui ne vont pas forcément dans le sens voulu si l’on se rappelle, dans un autre sujet de pollution, qu’un viticulteur jugé à risque par ses voisins, car il n’avait pas traité son terrain, avait été relaxé en appel…

 

Au niveau scientifique, une capitalisation des anciennes recettes qui ont ou non fonctionné auparavant est-elle prévue afin de gagner du temps et de l’argent ? Les solutions disruptives pourront aussi être utilisée pour congeler le permafrost avec l’énergie de petites centrales nucléaires afin d’éviter la réapparition d’anciens virus ?

 

Au niveau économique, d’où vient l’argent débloqué ? les mesures économiques ne sont-elles que du ressort des Etats en cas de crise ? Les dépenses nationales spécifiques seront-elles déduites de la comptabilité des déficits ? Quelle est la part réservée aux PME dans les dispositifs économiques promis et avec quel plan de continuité à court ou moyen terme ? Les données enregistrées sur les flux extra-européens seront-elles exploitées afin de faire le point sur l’état des lieux de l’autonomie européenne sur certains sujets stratégiques ? Les supermarchés resteront a priori  approvisionnés, avec risque de contamination entre clients, mais qu’en sera-t-il des transports transfrontaliers d’approvisionnement du marché unique utilisés pour assurer l’alimentation des Européens comme avec la PAC après-guerre, si les frontières sont fermées, ce qui devrait profiter aux économies de proximité et aux initiatives privées.

 

En matière d’éducation et de numérique, il s’agira de faire également un point d’assainissement et d’optimisation des vraies solutions.

 

Il s’agira aussi d’en profiter pour enregistrer les effets de la baisse d’activité sur le réchauffement climatique autant que pour la santé par réduction de la pollution.

 

Et peut-être remercierons-nous également la Chine pour la relance de natalité engendrée par le confinement ?

 

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La dimension européenne dijonnaise

22 Mars 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

Dijon, capitale de la Côte d’Or et de la Bourgogne, désormais partagée avec Besançon la Franc-comtoise, mérite mieux que rester une petite ville périphérique de Paris et peut profiter de la dynamique européenne au-delà des fêtes folkloriques et des partenariats de hasard, pour rayonner si elle le souhaite. Mais pour cela, il faut aussi continuer à travailler sur son identité.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, marketing et intelligence économique, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

 

Je ne reviendrai pas sur les mots d’une animatrice d’une radio française qui avait récemment qualifié Dijon de Ville de la mort après y avoir passé une soirée…

 

Comme Montbard, anomalie marketing à une heure de Paris qui ne cherche pas finalement à se développer, en restant dans le confort mais aussi le risque de la vache à lait de groupes industriels pouvant disparaitre du jour au lendemain, Dijon peut réfléchir de façon intelligente et trouver une réelle dimension européenne et internationale pour être une destination plutôt qu’une étape, trouver une meilleure attractivité, notamment professionnelle et touristique, avec une hôtellerie qui n’est pas à son maximum, mais en équilibre de répercussion avec ses habitants qui peuvent aussi ne pas le souhaiter.

 

Dijon est bien connue pour ses ducs qui n’y ont finalement pas tous vécu, pour l’art l’architecture, ses Jacquemarts venus de Belgique, ses musées municipaux gratuits, pour son cassis, sa moutarde, son pain d’épice, autrefois et peut-être bientôt à nouveau son vin, respire désormais avec son tram comme sa voisine et concurrente Besançon notamment pour ses universités, cherche à faire valoir sa gastronomie, certes plutôt lyonnaise quand on côtoie les salons professionnels et l’accueil incomparable entre les régions.

 

A 1h30 de Paris par TGV à cause des tunnels, mais désormais reliée à Strasbourg, proche de la Suisse, du grand-est, et de Lyon, au centre de grands corridors qu’elle pourrait encore développer par les canaux, elle peut accueillir des sièges d’entreprises, services ou industrie, en concentrant son aéroport sur les vols d’affaires et sanitaires et réserver à Dole, toute proche par l’autoroute, la part des charters et vols commerciaux.

 

Elle peut renforcer son identité par des liens resserrés et une interdépendance avec les autres capitales départementales pour être fortes et fidèles ensemble, éviter qu’Auxerre ne regarde trop vers l’Ile de France, Nevers vers Bourges, ancienne capitale de France et Macon vers Lyon.

 

Une nouvelle identité serait aussi de créer une vraie métropole industrie et viticulture plutôt avec Beaune, éternelle rivale côte d’orienne, et non se cantonner au grand Dijon, avec une signature à Nuits St Georges comme en 2012 pour la Saint Vincent Tournante réunissant les trois villes pour la bonne cause de la reconnaissance des climats de Bourgogne à l’UNESCO, et une grande force motrice agroalimentaire avec Besançon grâce à son pôle de compétitivité et ses laboratoires, producteurs et industriels qui hélas fonctionnement souvent de façon cloisonnée.

 

Dijon pourrait tirer ou s’inscrire dans une dynamique durable entre capitales régionales européennes unies dans la diversité sur des thématiques particulières comme environnementales, sécuritaires, numériques, énergétiques, transports, en espérant que la région BFC pourra enfin l’accompagner notamment avec une valorisation des fonds européens

 

Enfin, elle pourrait laisser un meilleur souvenir aux touristes par des musées peut être payants disposant de pièces plus remarquables en dehors de celui des Beaux Arts et F. Rude et surtout par un centre-ville reverdi non pas uniquement avec les voies de tram ni pour avoir enfin le label européen mais pour notamment redonner vie aux commerces, comme les abeilles revenant butiner, et gommer par exemple de décalage entre le caractère impersonnel de la rue de la liberté et le charme de cette ville qui le vaut bien.

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Ferroviaire : Quelles questions face à la stratégie chinoise en Europe ?

22 Mars 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

Peu de temps après la cassure de l’accord entre Siemens et Alstom pour question de concurrence interne, il s’agit désormais d’observer la décision de la Commission européenne vis-à-vis du rachat de l’activité de production de locomotives du groupe allemand Vossloh par le chinois CRRC Zhuzhou Locomotive, filiale de China Railway Rolling Stock Corporation avec un CA 4 fois supérieur à celui d’Alstom mais certes réalisé à 90% en Chine et de se poser certaines autres bonnes questions. (art de sept 2019)

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes et internationales

Qui s’en soucie de l’in(ter)dépendance quand les états et les banques accueillent d’autant plus les projets chinois à bras ouverts quand les Européens ne proposent rien ? Faut-il ou non s’inquiéter sur le pillage des terres françaises et européennes par les Chinois, par des montages spéciaux, attirés et facilités par des responsables territoriaux, comme c’est également le cas en Afrique, en contournant certaines protections et se moquant bien que les aides ne soient pas attribuées à des propriétaires non européens. Que dire quand un organisme du ministère de l’intérieur vente les mérites de « capteurs » chinois, donc véritables sources de connaissance, notamment installables dans les trains, les avions ou autres centrales nucléaires ? Faut-il comparer les Chinois avec les Japonais avec leurs rachats ou d’implantation d’usines pour franchir les barrières commerciales en Europe ou aux Etats-Unis ?

Qu’en pense le gouvernement allemand qui semble très méfiant mais également discret depuis la reprise du robotiste Kuka ? Quand la France définit un certain nombre d’activités et secteurs stratégiques, qu’en est-il des autres pays européens ? La Commission européenne  et le Conseil des Ministres pourrait-ils en faire de même à travers des compétences propres et partagées et opposer cela à la stratégie écrite chinoise qui est facile à comprendre quand on la voit faire son marché. Après certains arguments du dossier Siemens-Alsthom, comment réagira la nouvelle ancienne Commissaire à la concurrence, sauf à juger le secteur désormais de préférence stratégique, voire géopolitique, avec pourquoi pas un minimum de retour industriel pour sauvegarder des emplois ?

Pourquoi vendre aux Chinois ? Un fonds de capital risque n’aurait-il pas pu racheter l’activité pour une période définie, sauf à finalement ne pas la trouver rentable ? Mais n’oublions pas que les Chinois savent bien compter même pour une activité jugée chez eux comme stratégique pour s’installer sur le marché européen et on imagine mal la Chine, qui doit aussi apparemment donner son accord, casser cette future transaction.

Les Chinois savent déjà faire des trains après avoir acheté un exemplaire français, allemand, japonais et coréen. Il en est de même pour les voitures depuis qu’ils ont racheté la branche automobile de Volvo. Les Chinois peuvent vendre en Europe, comme avec leur essai manqué en République tchèque et finalement le non rachat de l’usine de locomotive Skoda, tout en respectant certaines règles d’homologation et de normalisation, notamment sur la signalisation, sur lesquels ils n’étaient pas prêts. Mais en cas d’achat de trains chinois, pouvons-nous poser la question de savoir si le produit européen existe, s’il est trop cher ou est-ce de la géopolitique ? Pouvons-nous acheter au mieux disant plutôt qu’au moins disant ?

Oui, comme le dit B. Le Maire, les Etats européens doivent se regrouper. Mais la France gaulliste, indépendante et fière, bien considérée par la Chine quand elle est en froid avec l’Oncle Sam, doit comprendre aussi qu’elle y parviendra de façon plus démocratique et plus bienveillante, en comprenant la théorie des organisations, sans doute en relisant aussi l’art de la négociation raisonnée, Sun Tzu et l’art de la guerre, voire le testament de Pierre le Grand et pas toujours les campagnes de Napoléon dont le maréchal FOCH avait, comme le disait-il, beaucoup moins d’estime depuis qu’il avait commandé une coalition.

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DIALOGUE EURO MACRON MERKEL

19 Avril 2018 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie, #politique

Les discussions France Allemagne patinent sur la zone euro, imposée à l'Allemagne par Mitterrand en contrepartie de la réunification

Si E. Macron avance que des décisions seront prises avant juin, A. Merkel déclare que la zone euro n'est pas assez protégée

Faisant partie de nos propositions sur l'économie, nous rappelons qu'une des solutions pour optimiser et protéger la zone n'est pas de créer un budget ni une structure mais d'identifier des groupes de pays à économie voisine et d'y mettre des objectifs spécifiques pour chaque groupe afin d'éviter les risques de contagion de crise d'un groupe sur un autre en espérant le risque d'osmose vers le haut.

FC

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Oui l'euro a été une bonne chose mais il faut désormais une gouvernance par groupes de cohérence économique

16 Février 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe, #économie

Le prix Nobel Robert Stiglitz relayé par BFMTV, média d'aussi grande qualité que le Bien Public, déclare que l'euro n'a pas été une bonne chose.

non non et non ! Comme je l'ai dit au Conseil d'Etat la semaine dernière, l'Euro a été une bonne chose, regardons donc les taux d'intérêt proches de zéro. C'est la PASSAGE à l'euro qui a dérapé nous mettant deux inflations d'un coup avec surement bcp qui s'en sont mis dans les poches et sans oublier certains pays qui se sont crus bien plus riches en découvrant la carte de crédit et en s'écroulant ensuite, bien aidée par l'UE. Et c'est pour cela qu'il faut une gouvernance de groupes de cohérences à l'intérieur même de la zone euro.

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First Class Airline : la First au Prix de la First

14 Juillet 2014 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

A l’heure où Air France inaugure en grandes pompes ses quelques places superfirst dans ses A380 en direction de la Chine il était opportun de rappeler un projet imaginé en 2007 sous les regards attentifs, notamment de la communauté aéronautique, qui semble avoir initié de nombreuses idées et qui reste d’actualité car réaliste et réalisable, étudié et élaboré de façon innovante avec une équipe pluridisciplinaire.

 

Par François CHARLES

Conseil en stratégie et management et concepteur du projet FCA.

 

Il s’agit de « redécouvrir le plaisir de prendre l’avion » par une différenciation marketing sur la qualité avec un prix réaliste.

 

Les réalités du transport aérien sont inchangées : meilleure résistance et meilleure croissance des vols internationaux, évolution positive de l’aviation d’affaires, niche durable sur le luxe haut de gamme si la prestation est adaptée, redécouverte opportune des avions commerciaux en temps de crise face aux avions privés avec des prestations identiques, et enfin scoring permanent sur le service, le rapporte qualité prix et la sécurité.

 

Le concept repose sur une « mono classe » uniquement « first », appelée encore « super first », sur des vols commerciaux réguliers moyens et longs courriers avec possibilité de voyages « corporate ». Il s’agit notamment de récupérer l’ancienne clientèle Concorde et « business plus » ainsi que les possesseurs ou loueurs de jets ayant besoin ou envie de découvrir autre chose tout en restant dans un cadre spécifique et dans une certaine mesure contraignant de par les horaires.

 

La segmentation que nous avons retenue est une compagnie différentiée sur le créneau des voyages haut de gamme « non risqué » « au dessus des nuages » offrant des services « première classe » de type « orient-express » ne s’appuyant pas uniquement sur l’argument et la différenciation des « prix » mais plutôt orienté service, fiabilité, esthétique, conditionnement, avantage technique, réseau de desserte, SAV, image de marque, système de réservation optimal et accompagnement global du voyageur optimisé avant et après le vol (service personnalisé au pied de chez vous jusqu’au pied de l’avion via un espace VIP dans l’aéroport). Il est toutefois intéressant de conserver l’argument prix pour attirer les clients voyageant en jets privés.

 

La concurrence n’existe toujours pas aujourd’hui sur ce segment. Opensky, l’ancien « avion », racheté après avoir fait ses preuves, qui pratique du « business au prix de l’éco » est une réussite et consolide le modèle monoclasse. EOS a chuté par un middle positionnement trop risqué en jouant sur les prix. Les compagnies traditionnelles maintiennent ou relancent la première classe au sein d’appareils mixtes pour une certaine identité haut de gamme et récompensent le client fidèle. Les compagnies asiatiques et australes savent vendre la première classe commerciale dont Gulf Air, Etihad (33%), Qatar Airways, Emirates, Singapore Airlines, Qantas contrairement aux compagnies occidentales dont Air France KLM (3%), british Airways, Lufthansa, Swiss, United Airlines, US Airways, et Tam. Certaines maintiennent une superclasse affaires comme Vietnam Airlines et certaines une classe premium « economy » telles Scandinavian Airlines, British Airways (Opensky), Virgin Atlantic, Japan Airlines, ANA, Qantas, Singapore Airlines et United Airlines.

 

Ce concept est ouvert à plus de 30% aux chefs d’entreprises, 10% aux autres cadres supérieurs et à 45% aux particuliers fortunés venant à 10% du Concorde, 30% des la First, 20% du corporate et 40% d’utilisateurs « business ».

 

La différentiation « du luxe au prix du luxe » est justifiée de par la valeur de l’offre différente avec une amélioration par le haut et un accroissement du couple « valeur-prix » par rapport à l’offre de référence. Elle autorise des marges unitaires plus élevées avec des volumes et des parts de marchés plus réduits et est attractive par tout ou partie du marché.

 

Cette spécialisation sur le segment particulier du luxe commercial est adaptée pour une clientèle haut de gamme désirant voyager rapidement, être confortablement et spacieusement installée, profiter de services haut de gamme mais à des prix non extravagants, être entourée d’une clientèle homogène et être frais et prêt à travailler dès l’arrivée. Cette différentiation crée un ou plusieurs avantages perçu comme uniques par les acheteurs à savoir l’accession au bien être et à l’approche personnalisée à un certain niveau de clientèle jusqu’à lors installée en business class.

 

Comme pour Air France, il est prévu un Hub à Roissy et non Orly ou Londres ou ses environs. Deux avions voleront en lancement sur trois destinations vers New York (6 vols A/R par semaine), Moscou (5 vols) et Dubai (2) (nouveau hub international) soit un vol par jour. Les prestations passeront à six destinations finales deux ans après dont Canton, Rio et l’Afrique du Sud. Des liaisons connexes sponsorisées pourront être étudiées (ex Las Vegas). Il est prévu une formule commerciale régulière avec correspondances commerciales et avions jet ainsi qu’une formule corporate à la demande. Un environnement global haut de gamme est étudié avec une harmonie respectée à la fois dans l’hôtellerie et les transports annexes sélectionnés.

 

Les avions choisis font l’approbation générale : il s’agit d’A330-200, long courrier idéal pour des destinations lointaines en vol direct, incluant des destinations courts (Moscou) et celles nécessitant de passer au-delà de l’A320 (New York), offrant la cellule la plus vaste pour l’aménagement, comportant une bonne capacité de fret dans les soutes avant et arrière (23 conteneurs), pouvant être pilotés à deux (+2 potentiels) qualifiés ETOPS et 10 PNC. Une option peut désormais être analysée vers l’A350 ou B787 mais une conservation des A330 avec remotorisation semble être la plus économique.

 

La cabine first, dessinée par une compagnie française, est d’un modèle du genre. 40 sièges (au lieu de 253 à 406) cocons ou open au choix et mini suites avec espaces privatisables, par rangées de 4, espace club réservé aux membres partenaires, espace baby, entré par la porte 2 centrale dans l’espace lounge, 2 douches (qui produisent une problématique d’équilibrage des avions), espace business, espace soins, vestiaire et espace fumeur et surtout deux vraies cuisines (galleys) disposées à l’avant et l’arrière. Une attention particulière est apportée pour les personnes à mobilité réduite. L’espace est aménagé par de grandes marques de luxe avec lumière et parfums d’ambiance. L’environnement IFE choisi est de type I5000 avec vidéo, télévision écrans 17 pouces, musique, internet avec réception d’emails, émission et réception d’appels dans la zone lounge pour la tranquilité des voyageurs, fax et prises pour ordinateurs

 

L’environnement sécurisé, adapté à une clientèle particulière, comporte des caméras d’environnement (vision atterrissage, décollage, proximité) ainsi qu’un pod de leurrage que l’on trouve sur les avions de transport militaires.

 

La restauration haut de gamme se veut originale et raffinée innovante imaginée par un grand nom de la restauration, avec des vins adaptés aux conditions de pressurisation conseillé et parfois servi par un sommelier international. Les repas seront servis à la place dans une vaisselle de qualité accompagnés des chefs par rotation sur les lignes.

 

Un modèle global de partenariat luxe est prévu avec promotion des produits (parfum, bijoux, presse, vins, spiritueux…) sur toute la chaîne de valeur empruntée par les clients à savoir, comme pour Air France, un service potentiel à domicile, une prise en charge personnalisée dans le hall à l’aéroport avec formalités d’accès facilitées et accompagnement au pied de l’avion. Les halls d’accueil seront homogènes en qualité sur chaque destination. Les partenaires seront impliqués dans la décoration intérieure des avions (sièges, rideaux, vaisselle, salle de bain…) mais également des limousines. Les salons d’aéroport recevront des noms de marque par rotation.

 

Le personnel de bord, composé d’1 CCP, de 2 chefs de cabine et 7 hôtesses ou stewards, se veut en adéquation, habillé de façon personnalisée formé en partie par une grande compagnie et par les grands noms du luxe et de l’hôtellerie. Il sera également formé pour intervenir en maintenance simple vers les passagers. Une assistance video sera un auxiliaire essentiel. Une hôtesse « super nanny » sera à bord sur chaque avion pour intervenir vers les enfants. Un personnel de sécurité sera inclus dans les PNC ou dans les passagers de façon aléatoire ou supplémentaire. Un baromètre social sera établi, consulté et analysé régulièrement. Au démarrage, 4 équipes seront disposées par avion. Le personnel sera formé de façon permanente dans un souci de qualité totale, et sera soumis à des simulations permanentes d’incidents et de gestion de crise. Une triple notation « satisfaction client » est prévue avec suivis personnalisés sur les clients récurrents.

 

Les réservations seront identifiables à partir des agences partenaires sur chaque destination, des chaînes hôtelières partenaires et des appels téléphoniques. Le recueil des souhaits de restauration et de détente sera pris en compte dès la réservation avec un suivi personnalisé clientèle.

 

Les autres « plus » concernent l’approche environnementale avec 10 arbres plantés pour un billet acheté, un programme de fidélisation avec droits d’entrée et droits de vols comme dans les clubs de golf et attribution de sièges à l’année. Une revue mensuelle personnalisée rédigée en anglais et français, numérotée, sera éditée en recherchant le luxe « autrement » sur des thèmes variés tels les arts, la gastronomie, le sport, la décoration, la haute technologie.

 

La maintenance est envisagée avec les deux grandes compagnies européennes rayonnant dans le monde que sont Lufthansa Technik et Air France KLM pour une garantie optimale.

 

S’agissant des tarifs, considérant la différenciation annoncée, un vol Paris - New York ou Paris – Dubaï sera d’environ 10 000 €, Paris – Moscou environ 7000 €. Le tarif est un peu supérieur à la concurrence mais justifié sans être exagéré pour un taux de remplissage de 70 % attendu.

 

La non disponibilité d’avions d’occasions à réaménager est désormais résolue pour les phases de lancement.

 

Ce projet, dont les avions ont déjà été dessinés, reste aujourd’hui été très bien noté par les banques qui considèrent le dossier avec bienveillance de par sa qualité mais l’estiment trop risqué sans le support d’une compagnie majeure. Cela n’a pu être réalisé avec Air France qui a vu ce projet comme un risque pour ses places premières plutôt qu’une force motrice. Par ailleurs, au même titre que Transavia, FCA aurait pu être une filiale business Unit et une structure de coûts indépendante. D’autres partenariats sont désormais ouverts.

 

Les forces du dossier sont le service haut de gamme, le confort optimal, le calme et la sérénité, la modularité de l’avion, la facilité de réservation, le temps d’attente réduit au minimum par prise en charge personnalisée. Les faiblesses résident dans les coûts assez élevés dus à la différenciation et la cible très sélective.

 

Les opportunités de l’environnement sont un marché international porteur, l’image luxe de la compagnie française, une absence de concurrence sur cette différenciation commerciale, une clientèle demandeuse de par les sondages effectués dans les hôtels de luxe, une expansion de l’aviation d’affaires et de luxe, des risques aériens minimisés.

 

Les menaces sont une situation économique encore incertaine bien que peu impactante sur ce créneau et une possible concurrence réactive sur l’Asie. Le top ten des risques réside dans la gestion des retards, la gestion des pannes et des révisions pour ce type d’avion aménagé et non remplaçable, la gestion de la fermeture d’une destination, les retards potentiels dans l’aménagement, les disponibilités d’aéronefs pour garnir la flotte, la gestion et la pénurie de gens compétents, la fiabilité des sous-traitants pour maintenir le haut de gamme, une cible plus exposée aux attentas et aux détournements, une homologation des caractéristiques particulières.

 

 

Enfin, la gouvernance recherchée vise à être variée et impliquer des actionnaires sur chaque destination pour le remplissage des avions.

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ALSTOM

24 Juin 2014 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

bravo au trio de gouvernance et à l'intervention de l'Etat. s'agissant de la cohérence européenne, n'oublions pas qu'Airbus vole avec des CFM56 de coopération franco-étasunienne ! Profitons en pour remettre à plat notre système d'intelligence économique national et européen avec des entreprises stratégiques auditées et assurées par des cabinets à consonance étasunienne et n'oublions pas que dans le moteur franco-allemand, il y a une partie chaude et une partie froide..

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Le modèle économique « social et solidaire » des vide-greniers

13 Octobre 2013 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

Après avoir fait quelques vide-greniers pour vider ma maison, j’en parcours désormais régulièrement pour la regarnir de produits utiles ou de coups de cœur chargés d’histoire à des prix défiant toute concurrence au grand désarrois de certains créateurs, artistes ou commerçants. Mais plus qu’une opportunité d’achat lors d’une balade dominicale, ces événements sont souvent devenus économiquement et socialement nécessaires.

 

Par François CHARLES

Economiste, coach, conseil, formateur, auteur en stratégie et management

 

Autorisés et réglementés par l’Etat de façon bienveillante et donc non souterraine, fondée sur le refus du profit puisque vente bradée garantissant ainsi échange et niveau de vie et veillant  à ce que l’ensemble de la société en soit pas soumise à la logique du marché et du profit , les vide greniers, brocantes, braderies ou autres appellations rassemblent à la fois particuliers s’installant sur le trottoir ou le stade de leur village une fois par an, d’autres profitant d’autres occasions pour le faire plus souvent et enfin certains professionnels qui se regroupent souvent pour éviter la concurrence imparfaite  des particuliers qui cassent les prix puisqu’ils ne cherchent pas le profit.

 

On trouve de tout et pour tous besoins et toutes destination : du particulier de toute nationalité avec leurs enfants pour l’argent de poche, à celui qui cherche à améliorer l’ordinaire ou même à survivre, au professionnel cherchant à gagner sa vie, faisant souvent un autre métier en complément. Ils sont organisées par des associations qui tiennent buvettes et font payer un mètre linéaire, voire, rares, qui font payer les visiteurs affichant peut être aussi un certain positionnement des vendeurs présents. Chaque village et petite ville essaie d’avoir le sien entre avril et octobre en espérant qu’il fasse beau ce jour là, sur quelques centaines de mètres voire de kilomètres pour l’extrême  braderie de Lille.

 

On y déballe très tôt, on s’y fait dévaliser à la lampe torche aussitôt arrivé par les professionnels et collectionneurs, on y déjeune souvent de façon conviviale, on n’affiche pas les prix pour vendre à la tète du client, on y offre parfois un verre aux bons clients, certains marchandent automatiquement quand d’autres achètent sans broncher sur un coup de cœur ou sachant souvent combien ils revendront ensuite en ville ou à des clients ayant fait une demande particulière.

 

Les prix sont beaucoup moins cher qu’en magasin, que sur Ebay ou le bon coin ou autres sites spécialisés et parfois divisés par 10 pour du quasi neuf sachant aussi que dès que vous mettez le pied dans votre voiture neuve, elle perd déjà plus de 10%... Vous trouvez  par exemple un disque pour 50 cts, un cadre ou un outil pour 1 euro, une malle pour 2, une litho ancienne pour 5, un costume ou un jean pour 10, un service à café pour 20, un carillon pour 40, un miroir à 50, une vieille horloge à mercure ou un robot ménager de luxe pour 100, une machine industrielle pour 150 et certains articles bien au-delà. Les produits sont rutilants ou non nettoyés, rangés ou en vrac. On y accepte surtout les espèces mais aussi les chèques et le troc. On peut se prendre au jeu et dépenser des sommes folles ou faire comme au casino,  partir avec un billet de 20 euros et s’y tenir tout en aillant le carnet de chèques à portée au cas où…

 

En tant que doctrine économique, l’économie sociale a pour finalité de rendre des services à la collectivité et/ou leurs membres et non de faire du profit. Le modèle des vide-grenier est une sorte d’économie sociale et solidaire dans le sens où il permet, de façon limitée, à des particuliers de débarrasser leur maison mais aussi d’améliorer leur situation économique. L’économie solidaire, non marchande repose sur les relations de réciprocité et de proximité nécessaire à la cohésion sociale. Les politiques s’en servent aussi au même titre que sur les marchés pour rencontrer leurs électeurs et parler de leurs problèmes et de leurs rêves. Cette économie répond généralement à une demande non fournie ou fournie trop chère par les productions locales. L’achat de  produits neufs peu chers réalisés en Asie ou autre pays exotique correspond notamment à ce marché et permet à certains ménages de pouvoir vivre correctement. Certains vendeurs écoulent d’ailleurs ces produits sur les vides greniers en vendant tout à un euro.

 

 

L’Etat pourrait aussi créer ces produits en France en employant à conditions particulières pour des prix particuliers plutôt qu’en donnant des indemnités, dans des entreprises à capitaux étatiques ensuite revendues une fois rentables, voire en favorisant ces structures.

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travail dominical

29 Septembre 2013 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie

juste une remarque sur travail dominical et la réaction émotive du gouvernement : étant donné qu'une pénalité financière est mise en place, pourquoi le gouvernement s'offusque t il du moment où les entreprises la paie ? ou alors à quoi bon mettre en place une pénalité ??

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