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Le blog philosophique de francois CHARLES

europe

Euro dollar, l’autre guerre sous-jacente liée à l’Ukraine ?

2 Octobre 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Si la guerre en ukraine reveille une certaine solidarité, sans doute parfois intéressée, certaines valeurs et certaines réalités, elle bouscule également les monnaies avec leurs jeux d’engrenage. L’euro qui protège est désormais à parité face au dollar qui se valorise aussi envers quasi toutes les autres monnaies. Les Européens savent heureusement se rassembler pour prendre des mesures fortes. La solidarité devrait aussi s’opérer entre banques centrales occidentales en oubliant certaines rancoeurs sous-jacentes.

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE).

Quand l’euro est fort, certains sont mécontents car cela limite l’export, sauf quand les productions sont externalisées, en oubliant le pouvoir pour les achats professionnels et surtout privés avec des taux faibles. Quand l’euro est plus faible, le vent souffle pour montrer ses risques face au dollar en redoutant la remontée des taux dont celui d’usure, alors que dans les années 1990, ils étaient de plus de 10% en France. Certains avancent que la faiblesse d’identité de l’euro à l’international est liée à la politique et la défense mais sans forcément vouloir chercher à indexer les achats d’énergie en euro avant que la crise actuelle, a priori impossible, n’arrive. Les dirigeants russes doivent apprécier, alors que les Européens ne voulaient pas payer leurs fouritures en roubles.

L’euro, poussée par la France envers l’Allemagne avec le soutien du Royaume-Uni qui a eu le droit de ne pas y passer, protege toujours face aux nombreuses crises connues depuis sa création. Elle vient encore de le faire en interne pour protéger ses consommateurs face aux augmentations énergétiques tarifaires. Le problème sera peut etre l’élasticité des règles de déficit de 60 et 3%, largement dépassée par certains pays et l’hypothétique remboursement de la dette, qui devait l’etre par les marchés…

Si l’euro, tellement fort, voire trop fort avant, pour ne pas empecher de dormir nos amis allemands, semble désormais plus faible, ainsi que les autres monnaies européennes principales face au dollar, il n’est pas forcément affichable que la zone euro soit faibles. Face au dollar, l’essentiel n’est-il pas  une certaine parité, même si la BCE n’affiche pas de volonté de taux de change avec néanmions une veille sur le panier de biens.

On emprunte désormais en zone euro pour placer en zone dollar suite aux impacts de la guerre en Ukraine, qui devient l’alibi général à la mode, certes avec des Etats-Unis désormais autosuffisants en énergie, mais aussi par crainte de gestions nationales hasardeuses avec d’énormes déficits budgétaires alors que celui des US est abyssal. Mais peut-être considère-t-on aux Etats-Unis qu’il s’agit d’investissements pour aider l’Ukraine et ensuite bien entendu recevoir les dividendes avec la reconstruction du pays, ce qui diffère souvent des valeurs européennes. Alors que l’objectif est de gagner la guerre ou sinon enrayer l’épidémie, personne ne cherche d’ailleurs à savoir si les Etats-Unis, qui achetent pour leur compte pour fournir l’Ukraine, revendent ils finalement et à quel terme en prêtant aussi de l’argent ? Nul doute que l’Ukraine sera fourni ensuite en avions étasunien plutôt qu’européens.

Les Etats-Unis protectioinnistes en profitent aussi pour demander à leurs fournisseurs européens d’analyser désormais des productions locales soit disant pour éviter les ruptures de production liée à l’énergies et en profitent pour demander de baisse de prix. Peut-être devraient-ils aussi nous montrer un possible effort de parité et de solidarité en oubliant les anciens choix énergétiques naturels européens plutôt orientés vers la Russie.

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Fumée blanche sur l'accord européen de protection tarifaire sur l'énergie - similitudes avec l'euro

1 Octobre 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #économie, #europe

Animé par la présidence tchèque, les ministres des finances des 27 sont convenus certaines mesures pour réguler les factures des consommateurs face à l'envollée des coûts de l'énergie en prévoyant notamment une taxation des super profits. Encore l'effet de levier de la crise a fonctionné.

l'UE va désormais au delà d'une simple facilitation et agit comme régulateur fort à partir de ses pays membres sur un domaine clé et stratégique et partagé, comme la défense et la santé, qui ne sont pourtant pas des domaines réservés ni meme partagés de la Commission, avec des prérogatives utilisant une nouvelle fois les stabilités du marché intérieur et économiques au delà d'une simple régulation que constituait l'Union de l'Energie à son démarrage.

Permettons nous un parralèle. On se souviendra aussi que si l'euro a provoqué une certaine inflation lors de sa mise en place, certes non reconnue par certains décideurs d'à lors, le socle qu'il représente est désormais une véritable barrière face aux crises que n'auraient pu gérer seuls certains pays.  

F. CHARLES

 

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La France va devoir découvrir la coalition comme dans d’autres pays et au Parlement européen

20 Juin 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique, #europe

Avec des élections très originales sans scrutin proportionnel, le Président de la République française, qui avait fait le hold-up du Parlement et avait créé une coalition au sein même de son mouvement, est cette fois pris à son jeu et va devoir apprendre entre présider et gouverner avec des accords logiques ou improbables a priori plutôt à droite. Il va peut-être évoluer comprenant enfin certaines autres réalités en Europe, laissant néanmoins à l’Allemagne le rôle de moteur global et qui attendait pourtant  beaucoup du leadership français, sans doute encore pour servir de lièvre afin de mieux réagir ensuite au profit de la communauté. Mais comme dans toute fragmentation, tout reste possible.

Par François CHARLES

Economiste, politologue, conseil en stratégie, management et affaires européennes, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE).

Si LREM reste la première force à l’Assemblée nationale, le Rassemblement National est désormais en France le premier parti d’opposition et récupérera théoriquement la commission des finances, sauf si la NUPES présente un groupe uni, ce qui ne semble pas être le cas, même si ce mouvement créé pour les élection a peut-être sauvé la gauche hors LREM. Quant aux ministères, rien n’oblige E. Macron d’en attribuer en dehors de son parti et même comme Premier ministre, mais l’a-t-il pas déjà fait auparavant tout en gardant surtout la défense même si chef des armées, les affaires étrangères et l’économie, voire quelques ministères sans réel impact européen sur les domaines non réservés ou non partagés.

Si le parti du Président présentait des députés venus du monde de l’entreprise, on note aussi cette fois certains élus issus des classes populaires mais sachant parler avec des expériences différentes et une vraie proximité, comme nous l’avions déjà connu auparavant même au niveau européen, qui savait demander et qui n'avait pas la science infuse.

Il sera intéressant, voire amusant, d’observer les attitudes et réactions des uns envers les autres notamment entre un RN désormais très acceptable et une France, ou plutôt Gauche, insoumise et enfant libre avec un patron se moquant bien des traités et brulant il n’y a pas si longtemps le drapeau européen comme s’il avait un deuil à faire. Tout sera moins facile mais encore possible au coup par coup en fonction des points communs et des divergences comme dans de nombreux autres pays comme par exemple en Allemagne, Belgique ou Danemark que les Français connaissent peut-être le mieux.

Rappelons que sur les 245 sièges Le groupe présidentiel est composé de 170 pour LREM mais 76 pour le modem qui reste tout de même l’aiguillon du juste centre et 26 pour le groupe de droite Horizons, sans oublier les 3 du parti radical. NUPES réunit 133 sièges mais seulement 72 pour la France insoumise, 26 pour le Parti socialiste, 23 pour les écologistes et 12 pour le Parti communiste français. RN avec 89 sièges devient le premier parti d’opposition sans coalition et LR-UDI avec 64 le perd. Restent 46 sièges qui naviguent de façon indépendante et donc sans forcément de règles avec divers gauche 20 ; divers centre 4 ; divers droite 10, souverainiste 1, régionalistes 10 et divers 1, sans oublier que les désormais grands partis RN et LFI peuvent toujours fonctionner directement dans cloisonnement entre eux, et sans passer par la case du centre, comme au temps du national socialisme, la principale force étant l’abstention.

La France va peut-être enfin découvrir que l’alliance des partis au niveau national n’est pas forcément le même au niveau européen ainsi que la gouvernance européenne avec la problématique des gouvernements, en désaccord avec les traités et les institutions européennes, obligés de composer avec les décisions de leurs prédécesseurs sauf à influer au Conseil des ministres ou des chefs d’Etat, ce qu’a bien compris JL Mélenchon, autrefois député européen avec un pouvoir finalement limité.

Mais nous n’en sommes pas non plus à la révolution où les Européens s’étaient mobilisés contre la France qui pourtant avait fini par l’emporter. E. Macron peut aussi s’arrêter de travailler et laisser faire  ou alors changer sauf s’il décide bien entendu de dissoudre l’an prochain l’Assemblée nationale avec cette fois ci peut-être une révolution…

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Candidature de l’Ukraine dans l’UE : pas qu’un simple processus

17 Juin 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Après l’achat d’armes dans un domaine pourtant en dehors de ses compétences, comme pour les médicaments, la Présidente de la Commission européenne et quelques chefs d’états et de gouvernement en visite à Kiev semblent aller, en réaction et avec dérogation, au secours du soldat Ukraine pour l’intégration d’un pays en guerre pourtant considéré il y a peu comme non intégrable tant que les frontières ne seraient pas rétablies. Quelles sont, à charge et à décharge, les réalités, les avantages et les risques d’une telle annonce de décision et quasi offre en équilibre entre pensée logique et émotion sauf s’il s’agit uniquement de montrer une position forte européenne à V. Poutine dans le jeu du « battez-vous » ?

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

 

Tout le monde se souviendra de l’intégration en urgence des anciens PECO dans l’UE, dès qu’il leur en a été possible, en passant outre certains critères d’intégration dont ceux sur les minorités, repris par la Turquie disant qu’elle pourrait également intégrer et que l’on verrait ensuite. Tout le monde se souviendra aussi de l’effort des fonds structurels consacrés au détriment des pays plus occidentaux, sauf l’Espagne, avec tout de même certains litiges de versement apparemment désormais consensuellement résolus sur des aspects de gouvernance et non de bonne gestion. On se souviendra aussi du sentiment d’indigestion pourtant avec des pays généralement à culture industrielle, qui ont assez vite profité de l’effet de levier de l’UE et réalisé peu à peu, à des rythmes différents, leur intégration dans une économie de marché. Tout le monde reconnait aussi le courage ainsi que le savoir-faire des Ukrainiens pour résister à l’envahisseur et autrefois propriétaire russe qui aurait pu disposer d’autres méthodes de revendication et de réactions que faire parler les armes usant de l’alibi que les accords de Minsk n’étaient pas respectés.

L’acceptation du dépôt de la candidature de l'Ukraine, que nous découvrons très européenne, n’entraine pas automatiquement acceptation et acceptation ne veut pas dire intégration. Les pays des Balkans le savent bien. Il n’existe pas non plus de précédent car il s’agit d’un pays désormais "en guerre" ouverte contre un pays voisin affiché, contrairement à 2014. Tous les pays de l’UE en consensus s’accordaient à dire il n’y a encore pas si longtemps, que l’intégration n’aurait pas lieu tant que les frontières ne seraient pas rétablies. Les réalités ont évolué et cette condition d’intégrité, peu réalisable depuis l’annexion de la Crimée et la désormais guerre désormais focalisée dans le Donbass, comme peut-être meilleure solution de rechange, espérons temporaire, mais bien entendu inacceptable pour les Ukrainiens, n’apparait plus ou n’est même plus sous-jacente ni un préalable. Si cela est le cas, il conviendra alors de considérer et d’intégrer en même temps la Géorgie qui vit les mêmes problèmes, ainsi que la Moldavie par crainte de ne plus pouvoir le faire une fois sous le possible giron russe. Certains diront qu’il s’agit d’une quasi lutte territoriale mais sous le couvert de valeurs, dont de liberté sociale, défendues par le Conseil de l’Europe, avec la Russie comme membre.

Les institutions européennes, parfois difficiles à comprendre pour le non initié, aident déjà l’Ukraine depuis longtemps à travers sa politique de voisinage pour la restructuration de l’administration, la décentralisation, la lutte contre la corruption, très bien décrite dans « serviteur du peuple », mais aussi à l’écartement des voies de chemins de fer, argument repris par le Président ukrainien en fuite en Russie après les événements de Maidan. L’OCDE apporte également son concours.

Au-delà de l’émotion, ce processus d’intégration de cet immense pays qu’est l’Ukraine rendra plus forte l’UE sur le papier notamment avec un nouveau grenier à blé et une certaine capacité industrielle mais l’engagera dans un nouveau risque économique et sera un vrai défi de solidarité. Reste à mieux comprendre les apports des autres pays cités. Si le jeu en vaut sans doute la chandelle, il s’agira peut-être de créer un fonds spécial en dehors des aides de voisinage et des fonds structurels traditionnels pour isoler et gérer cette aide et cette dette spéciale.

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E. MACRON isolé dans l'UE dans sa communication et sa considération avec V. Poutine

16 Mai 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

En désirant - sans doute à raison pour écouter les doléances, les menaces et autres besoins psychologiques sans forcément s'en émouvoir - ménager la Russie et V. Poutine, E. Macron se met en marge de la communauté européenne qui souhaite majoritairement plutôt le repousser hors des frontières de l'Ukraine et même lui faire payer les réparations, comme dans les anciens traités de paix que d'ailleurs la France a vécu ou fait peser sur l'Allemagne en son temps, avec une histoire bien différente vécue par les autres pays, dont il a encore été questions lors de l'intégration de la Grèce dans l'euro avant l'ancienne dette allemande. Sans oublier la position des pays de Visegrad mais avec une Hongrie qui semble finalement se rapprocher de l'Est par réaction du paternalismpe de la Commission européenne. Rappelons aussi que l'Ukraine ne fait même pas partie de l'UE et que les pays occidentaux ne sont même pas en guerre contre la Russie. 

Cette position d'équilibre correspond aussi aux relations historiques et particulières entre la Russie et la France, reconnues aussi par la Chine... NOtos aussi que la communauté des anciens pays soviétiques vient de dire que l'intégration de la Finlande et de la Suède à l'OTAN ne constitue pas une menace en soit... se détachant presque de V. Poutine sauf si bien entendu il s'agit d'une communication pour ne pas perdre la face. 

Rappelons aussi que le fait de créer une dynamique industrielle et de recherche sur la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD comme disent les grands savants et sachants), iitiée d'ailleurs par JC Junker et contresigné par A. Merkel,  ne signifie pas une dynamique de "politique" de défense. 

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Une communauté européenne hors UE ? Mais cela existe déjà !

16 Mai 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Lors de la cloture des consultations sur l'avenir de l'Europe, le Président Macron a sorti de son chapeau une proposition qui vise à intégrer d'une certaine façon certains pays qui ne peuvent ou ne veulent intégrer l'UE sine die.

Il aurait pu rappeler, comme bien d'autres propositions faites, que cette organisation existe quasiment déjà avec l'AELE (ou EFTA) voir le lien Wikipedia ci après -  avec des pays qui ont rejoint ensuite l'UE. Sauf que la décision d'intégration ou on ne lui convient peut-etre pas. Nous poserons la question à la Turquie. 

Un grand groupe de pays s'y est aussitôt opposé. Le risque existe aussi de sortir de l'UE pour revenir dans un système à la Norvégienne en y étant sans y être. Il peut-etre intéressant pour le Royaume-Uni avec des cmposantes comme l'Ecosse désireuse de rester dans l'UE. 

Nul besoin de changer les traités pour cela, comme l'a rappelé Ursula von der Leyen, pour la première fois véritable chef dans ses expressions en réaction à la présence plus paternaliste qu'adulte du Président français comme animateur de l'UE et on pas de 3président" de l'UE sauf si hihe entendu son ami Charles Michels s'efface mais comme il semble le faire beaucoup moins désormais

S'il parlait des questions de défense, tout le mponde a bien compris que pour l'instant au moins, les réalités consolident l'OTAN, qui s'est réveillée de sa pseudo-hibernation grâce à la crise en Ukraine. 

Peut-etre parlaitil d'un système comme quand Russie était associée aux travaux de l'OTAN jusqu'en 2014 tout en restant à Bruxelles, en face du nouveau siège 

FC

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Le Dombass (partiel) ou la nouvelle “mesore” de Poutine …et des autres ?

23 Février 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

J’aurais pu continuer d’écrire mes notes humoristiques remerciant V. Poutine pour ses quasi concessions et son invitation à St Péterbourg, après 3h de discussions au téléphone avant sa décision, et ses remerciements reçus pour la caisse de Vosne-Romanée à destination de Xi Jinping pour avoir agi trop en avance. L’heure est néanmoins sérieuse avec de nouveaux morts en Ukraine mais avec une nouvelle meilleure solution de rechange (mesore) de V. Poutine, après celle déjà espérée pour la Crimée, avec des Occidentaux soutenant ce pays et condamnant l’agression sans pour autant avoir envie de mourir pour lui ni déclencher un conflit mondial, mettant en place une nouvelle ligne rouge.

Par François CHARLES

Economiste, expert en stratégie, management, relations européennes et internationales, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Je ne reviendrai pas sur l’origine à charge et à décharge de la création de cette situation à l’Est de l’Ukraine, largement exprimées dans les précédents articles, sauf peut-être pour souligner néanmoins les avertissements de blacklistage ukrainien si nous effectuions une visite au Dombass et rappeler que chacun pouvait mettre ses propres lunettes s’agissant du respect des accords de Minsk de 2014.

Même si condamnée de façon large, notamment par la Turquie et sans doute pour des raisons particulières, l’action décidée par V. Poutine et validée par son assemblée avec une psychose d’invasion imaginaire par l’ouest, a surtout le mérite de clarifier et cristalliser une situation qui perdurait sans évolution ni issue depuis 2014 empêchant certaines dynamiques.

Profitant de cet état de fait, sans annonces raisonnables d’interventions militaires pour reconquérir le terrain et considérant que les livraisons d’armes sont défensives, l’Ukraine peut donc désormais rentrer légitimement dans l’OTAN, entraînant de facto tous les autres pays derrière elle en cas de nouvelle d’agression qui certainement n’aura pas lieu. Elle peut aussi toujours rester en dehors comme la Suède, la Finlande, l’Autriche ou la Suisse avec des accords particuliers. Le pays peut aussi intégrer officiellement l’UE qui attendait l’intégrité du pays sauf à en conclure qu’elle ne le souhaite finalement pas même si elle y investit, comme d’ailleurs toujours en Turquie.

Notons que si V. Poutine tient des discours nationalistes remettant en question la création de l’Ukraine ou le cadeau de la Crimée, il semble s’engager à limiter son action aux républiques séparatistes de Lougansk et de Donetsk et non à tout le Donbass comme le réclamaient les russophones soi-disant secourus, rappelant aussi l’histoire et notamment de la Géorgie. Il n’est bien entendu pas question pour le moment d’envahir toute l’Ukraine sauf à envoyer cette fois un camion de Romanée Conti à Xi.

Aujourd’hui, l’UE unie dans la diversité ainsi que les Etats-Unis relancent le même type de sanctions surtout envers des personnalités russes en dehors de son Président et de son pays, qui semble bien s’y être adapté même avec un PIB officiel de celui de l’Espagne. Les sanctions inverses seront peut-être comprises puis rejetées par les écosystèmes économiques occidentaux ne comprenant pas les enjeux de géopolitique ou qui sauront encore les contourner. Notons aussi l’arrêt de l’autorisation de la mise en service du gazoduc Nord Stream II comme le souhaitaient les Etats-Unis même avec l’affirmation forte d’une certaine volonté allemande.

On imaginera bien que V. Poutine et son entourage n’ont pas été surpris par ces sanctions économiques et que toutes les dispositions avaient été prises auparavant, sans aller jusqu’à imaginer des réunions secrètes entre VP, J. Biden, mais également B. Johnson avec l’autre armée européenne et d’autres pour que tout le monde sauve la face et s’en sorte de façon plus ou moins gagnante, quoique…

 

 

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Mais où va donc la gouvernance européenne ?

15 Février 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

A l’heure de la dynamique de la présidence française du Conseil de l’UE, force est de constater que certaines réalités sur le fonctionnement des institutions semblent adaptables d’autant plus facilement qu’elles ne sont pas connues de la population qui a besoin de pédagogie. Les institutions devraient changer pour plus de confiance et transparence et mériteraient un bon exercice de Théorie des organisations avec ses types de leaders, sa structure, ses membres, sa stratégie, ses environnements interne et externe et ses règles du jeu.

Par François CHARLES

Economiste, politologue, expert en stratégie, management, relations européennes et internationales, ancien responsable d’affaires industrielles de défense, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Tout d’abord les Conseils : comment s’y retrouver pour un non initié entre le Conseil européen, le Conseil de l’UE, le Conseil de l’Europe. Les deux premiers devraient être rebaptisés Conseil des chefs d’état et de gouvernement et le Conseil des Ministres. Les mélanger est une marque de prise de pouvoir et de non-respect des organisations sauf à en changer, mais qui montre aussi les différences de gouvernance au sein des autres Etats. Le président Macron se fait appeler Président de l’UE alors que depuis quelques années il en existe déjà un avec un certain pouvoir de politique générale. C’est lui qui devrait rencontrer les autres chefs d’Etat au nom de l’UE comme Vladimir Poutine sauf à penser qu’il est aux ordres ou n’a pas assez de force et de charisme notamment face à ses homologues polonais et hongrois que JC Juncker n’hésitait pas à taper sur la tête, ou qu’il n’est qu’un animateur ? E. Macron, n’est que le premier ministre temporaire, sauf que la Présidente de la Commission européenne l’est finalement aussi avec ses directions générales, quasi ministères avec au-dessus ses commissaires Vice-présidents et ordinaires… EM a donc rencontré VP en tant que Président Français, comme l’a fait ensuite Olaf Scholz en tant que chancelier qui a le véritable pouvoir en Allemagne, comme dans les autres pays avec Président sans trop de pouvoirs ou avec des monarchies toujours existantes et très présentes. N Sarkozy était quant à lui président de l’UE. Fallait-il créer ce poste permanent ? Quid du haut représentant que l’on n’entend plus du tout, effacé, anesthésié par le couple franco-allemand. Que dire de la Présidence du Parlement européen choisie en équilibre et en fonction de la tendance de la commission et non par le vote démocratique ?

Le fait d’avoir conservé le calendrier en pleine présidence nationale n’a pas d’impact en France quand on sait que les administrations ne changeront pas et que les orientations ont été définies il y a longtemps dans ce qu’il y a de bon pour l’Europe, la politique générale se faisant quant à elle au niveau des chefs d’état.

Par ailleurs les institutionnels considèrent qu’un sénat européen, réclamé par certains pays mais pas le sénat français (…) n’aurait pas sa place car déjà représenté par le « Conseil ». Quant au Conseil de l’Europe, conservant les valeurs de l’Europe dont chacun a ses propres lunettes, sachons-nous qu’il est ouvert aux non européens qui donc décident des valeurs de l’Europe ou plutôt… de l’UE puisqu’elles font partie de critères d’adhésion ?

Quant aux répartitions fédérales dont ce mot n’a rien de commun entre un Français, qui souhaite « une Europe pour tout le monde pareil » et un Allemand, les personnes les plus éduquées ne savent même pas quelles sont les répartitions de compétence entre les institutions et les états, parlant de subsidiarité accrue alors que les domaines les plus importants sont partagés et que les domaines exclusifs n’ont rien à voir avec les fédérations traditionnelles comme aussi les Etats-Unis ou même la Chine.

Nous n’aborderons pas ici les institutions bancaires, judiciaires et autres organismes et agences annexes ni celles dont qui ne dépendent pas de l’UE alors que tout le monde le pense. Certains diront que ces détails ne sont pas importants mais ils le sont pour éviter notamment un nouveau Brexit.

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Géopolitique et PME

31 Janvier 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #industrie, #europe

Sous prétexte de fonctionner au jour le jour et d’entretenir une certaine (inter)dépendance de sauvegarde avec  les donneurs d’ordres ainsi que les pouvoirs publics et consulaires, mais alors qu’elles doivent d’autant plus travailler par anticipation et scénarii pour maintenir et optimiser leur fonctionnement, leur développement et leur pérennité, il est souvent dommageable de constater que les dirigeants ou commerciaux de PME, qui ne prendront d’ailleurs pas le temps de lire cette page et négligeront certains événements même en ligne, ne s’intéressent pas aux réalités géopolitiques et leurs risques liés en terme de coût, délai et performance. Reste à savoir quelle est vraiment la cible à sensibiliser et si cette possible responsabilisation pourrait-elle remettre en question certains écosystèmes.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie et management, relations européennes et internationales, ancien responsable offsets, Europe et Asie au Service Central des Affaires industrielles de la DGA.

Une des définitions de la géopolitique du grec γη « terre » et πολιτική « politique » pourrait être l'interdépendance entre le positionnement géographique d'un Etat, de son groupe d'appartenance, de ses voisins, de son continent et prochainement de l'espace avec  ses conséquences économiques, industrielles, climatiques, relationnelles, politiques, militaires, environnementales, sociales, humaines ...

Les réalités sont différentes si l'on possède de l'eau, du pétrole, des terres riches ou pauvres, des sources d'énergie, un accès ou non à la mer, si l'on est plutôt peuple des plaines ou des montagnes, si l'on possède un ou 10 voisins, si ce ou ces derniers sont de petits ou de grands pays. La géopolitique concerne aussi bien les moyens de transports et de communications que la monnaie, le luxe,  tourisme en passant bien entendu par l’industrie, la recherche, l’énergie et la défense dont l’armement. Si les décisions sont prises par certains, les troubles de géopolitique touchent en cascade de nombreux secteurs de l’économie, devant de facto souvent agir par solidarité.

Si les grands groupes sont les principaux donneurs d’ordre, les PME sont majoritaires en terme d’emplois et apparaissent comme des vecteurs de partenariats (coopération, collaboration, alliance) intra ou extra européennes. On peut se poser la question si la solidarité entre l’Etat et le tissus industriel, déjà hasardeuse en temps normal, peut être effective en temps de crise militaire ou économique à travers le monde. Les petites structures, qui certes ne semblent vivre en microéconomie dans un rayon géographique limité et sous bienveillance de leur sacro-sainte chambre de commerce, ne devraient-elles pas se poser elles-mêmes la question de l’impact de certaines décisions controlables ou non, sur leurs ventes, leurs achats les délais d’approvisionnement sans attendre la nouvelle aide providentielle. Sans pour autant faire de politique néfaste aux affaires, ne devraient-elles pas décider de leur avenir plutôt que subir des coups de théatre commerciaux sans en avoir imaginé les liens évidents avec des réalités non économiques ? Les PME doivent-elles laisser la « géo »politique aux grands groupes qui paradoxalement ne les éduquent pas, parfois bien désarmés eux-mêmes ou pensant avoir tout compris mais répétant de sempiternelles erreurs, et savent encore remplacer leurs sous-traitants d’un coup de crayon en cas de besoins de contreparties, contraires aux règles internationales, mais décidées par certains Etats acheteurs, au risque de les voir disparaitre ou de changer de client privilégié.

Comprennent-elles pourquoi et quand les grands industriels savent s’élever contre les sanctions économiques prises, non pas vers des pays mais des dirigeants et quelques produits spécifiques, par leur administration de tutelle qui leur facilitent et autorisent pourtant aussi leurs contrats à l’export dans les domaines sensibles et très technologiques ? Comprennent-elles les scénarii qui risquent d’arriver à nouveau avec la Russie avec leurs causes et conséquences ? Quels sont les risques liés à la Turquie? Pourquoi Dassault peut décider ou non de poser une offre en Europe ? Pourquoi les pays européens achètent des F-35 au détriment de certains produits technologiques ou protègent leurs sources d’approvisionnement au-delà de simples considérations de prix et de technique ? Pourquoi les contrats australiens mirobolants ont d’un coup été annulés ? Pourquoi les Chinois développent une réelle stratégie sur certains achats quand les Européens fonctionnement encore souvent comme un club d’affaires ? Pourquoi les importations de Lituanie sont interdites avec la Chine suite à l’installation d’une représentation de Taïwan ? Pourquoi ces mêmes Chinois sont soutenus par l’OMC face aux hausses douanières étasuniennes et non celles européennes sans doute moins élevées ? Pourquoi les solutions européennes paraissent de facto construites avec des solutions « alliées » étasuniennes ? Pourquoi les normalisations nationales et européennes sont à la fois des protections et des armes commerciales ?

Certaines entreprises se détachent parfois avec courage comme Sagem en son temps, se musclent pour devenir ETI ou se regroupent en cluster pour chasser en meutes, voire en escadre à leur façon avec des compétences complémentaires mais de même taille. Misons pour qu’il existe en leur sein une dynamique de politique générale adaptée avec des corrélations entre stratégie, identité, structure et prise de décision incluant une réflexion permanente de géopolitique. Le salut viendra peut-être aussi des salariés qui choisiront eux-mêmes des formations de sensibilisation adaptées.

Les start-up, beaucoup plus souples et réactives, souvent gavées de millions d’euros sans avoir même lancé de production, avec des dirigeants souvent plus formés et ouverts, comprenant souvent mieux certains signes et sachant se transférer dans d’autres pays avec d’autres couveurs et financeurs bienveillants, oubliant vite leurs parrains initiaux, sont sans doute elles-mêmes une composante de géopolitique particulière.

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Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

18 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

Dans une délicate interdépendance avec les Etats-Unis et dans une difficile définition de son Cloud souverain, l’Union européenne semble encore jongler également en interne sur la gestion de ses données entre d’une part, un(e) Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) de conception française, certes bonne pour l’Europe mais qui en a eu besoin pour s’installer en France comme l’a dit son Président de la République devant le Parlement européen, et d’autre part la demande de quasi tous les autres pays, comme dans la défense et dans un grand nombre de domaines, de pouvoir également et ensuite monnayer les données, une sorte de label européen entre ceux qui voient un but et d’autres un stade mais qui doivent marcher ensemble sur leurs deux pieds avec des mots qui ont toute leur importance.

Reprenant sans doute certaines de nos propositions, réalités globales et orientations exprimées en juin 2019 à l‘ancienne commissaire européenne pour l’économie et la société digitale, transmises depuis à la Vice présidente et au commissaire en charge du numérique http://www.irce-oing.eu/2019/08/pour-un-fonds-europeen-sur-la-cybersecurite.html, ainsi qu’à travers une tribune sur la solidarité et la segmentation européenne http://www.irce-oing.eu/2020/06/intelligence-segmentation-imbrication-a-la-recherche-d-une-solidarite-et-d-une-certaine-autonomie-industrielle-et-economique-europee, et enfin en réponse au Cloud Act étasunien, non toujours bien compris, l’élaboration du Digital Service Act, comme du Digital Market Act, promis pour 2023 se doivent d’être à la fois contraignant et ouvert avec un cadre législatif et des mesures de sanction effectives à la façon d’un Buy European Act raisonné, affichant que tout le monde est le bienvenu avec ses savoirs et savoir faire, voire savoir être dans le respect des règles européennes, encore parfois à définir, afin d’offrir aux citoyens européens l'environnement le plus sûr et le plus compétitif du monde dans un respect, voire une concurrence intelligente comme rappelé par la récente escarmouche entre le Commissaire Breton et le dirigeant de Google.

Même si une certaine déception se fait ressentir chez certains acteurs qui se sont investis en comparaison d’efforts consentis, il est à constater certaines actions plus ou moins coordonnées mais qui, assemblées et bâties sur une approche globale de réalités même disruptives, peuvent montrer une certaine intelligence réactive au son du canon pour des objectifs spécifiques, mesurables, réalistes, réalisables, déterminées dans le temps.

Les actions et facilitations  institutionnelles, étatiques et territoriales :

Après la Cloud Initiative, les institutions doivent désormais également apparaitre plus structurantes que facilitatrices, sans décourager les bonnes volonté, dans une foison d’initiatives et de prises de position plus ou moins liées des états médiateurs, régulateurs, utilisateurs comme des entreprises, en évitant toute forme de cristallisations nationales, au profit d’une dynamique réellement européenne, certes unie dans la diversité avec un constat montrant que l’on retrouve encore une fois les Français, les Allemands et les autres, souvent avec ces derniers. Mais certains savent aussi faire valoir une certaine dynamique comme l’Estonie qui pourrait valoriser sa simplification administrative dans une dimension régionale mais aussi le Luxembourg avec sa volonté d’identité de nation numérique, dont cloud et PNR. Notons enfin une région Bretagne pilotant un projet Interreg avec plus d’une dizaine d’autres régions impliquées à travers l’Europe sur la sécurité.

Misons que ces imbrications puissent estomper la fragmentation constatée en agissant en segmentation comme pour Airbus, en confiance et répartition de capacité spécifiques, au-delà d’éléments nécessaires communs, dans une Europe unie en solidarité entre la politique de chaque état, pour lui-même ou pour le bienfait des autres, sans s’accrocher sur par exemple le « e » final de Concorde qui aurait aussi pu être mis entre parenthèses à la fin du mot pour mieux montrer ce label de coopération franco-britannique. La cybersécurité et le cloud peuvent aussi montrer l’exemple pour enfin comprendre le rôle des histogrammes montrant que chaque pays européen, pris individuellement, perdra peu à peu sa place dans le G8 à part peut-être l’Allemagne.

Mentionnons les efforts de la Commission européenne depuis la dernière législature et encore plus fortement depuis la nouvelle présidence avec uns vice-présidente et un commissaire chargés de l’ère digitale, ce dernier plus particulièrement des aspects industriels, jonglant entre  règlements et directives, avec une direction générale orientant son agence chargée de la sécurité des réseaux et de l'information (ENISA),  moins connue en France qu’EU-LISA, qui n’hésite pas à faire intervenir des agences gouvernementales étasuniennes, sans doute comme approche comparative lors de ses conférences ; sans oublier la très ancienne politique industrielle réalisée par la recherche européenne notamment avec le PCRD, puis H2020 et prochainement par Horizon Europe sur le thème de la sécurité avec parfois un décloisonnement entre points de contacts nationaux.

Mentionnons tous les groupes de travail nationaux dont interministériels, les agences nationales telles l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) en France et l’Office fédéral de la sécurité des technologies de l'information (BSI) en Allemagne avec chacune leur modèle et leur objectif de certification.

Les structurations industrielles :

Après l’impulsion des institutions par la constitution de consortia tels Cyber4Europe, Sparta, Echo, Concordia réunissant grands groupes, universités, organismes étatiques, laboratoires et PME http://www.irce-oing.eu/2020/03/cyber4europe-sparta-echo-concordia-les-grandes-plate-forme-cyber-europeennes.html,  après les travaux à l’intérieur du projet l’Important Project of Commun European Interest (IPCEI) avec notamment la participation du CEA, voici apparaître la création du cluster industriel GAIA-X, soutenu par les gouvernement français et allemand, avec une communication un peu plus européenne côté allemand, se définissant comme étant le Cloud européen, sorte de marquage CE demandant le respect de certains critères, surtout techniques sur le sol européen, pour soi-disant concurrencer les GAFA(M), dont il faut bien rajouter le M, en interdépendance interne avec des voix discordantes comme énoncées plus après.

Notons que GAIA-X invite également à travailler en interdépendance externe en invitant des entreprises non européennes, dont apparemment comme Google, du moment qu’elles partageant des objectifs de souveraineté et de disponibilité, comme pour la recherche européenne, sachant que la souveraineté numérique n’est pas encore officiellement affirmée par la Commission, ni par son agence exécutive dans ce domaine qui affiche ne pas pouvoir prendre position sur l’origine et la qualification des outils relationnels numériques largement utilisés désormais avec les restrictions de voyage liées à la crise sanitaire.

Peut-être s’agira-t-il aussi de définir si les GAFA(M) sont finalement apatrides ou s’ils sont liés aux Etats-Unis qui de toute façon n’apparaissent pas comme un ennemi ni même un concurrent déjà pour l’Allemagne, leader économique européen, ni pour l’Union européenne dans un lien transatlantique renforcé.

Peut-être faudra–il constater que le numérique et la cybersécurité ne sont pas des domaines stratégiques européens ou alors étasuno-européen pour faire face à la Chine, voire l’Inde, en passant par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ses compétences que seule la France semble aussi vouloir ignorer. 

La coopération annoncée d’OVH avec Google, saluée par le secrétaire d’état français, désireux d’attirer sur le territoire français, et s’alignant avec l’Allemagne sur ce lien privilégié transatlantique n’est donc pas une surprise. Le ministre allemand initiateur du projet rappela néanmoins qu’il ne s’agira pas de concurrencer les super-espaces de stockage américains d'Amazon ou Microsoft tout en donnant un souhait d'offrir aux entreprises européennes une alternative aux fournisseurs de Cloud américains AWS, Google Cloud et Microsoft Azure, qui dominent très largement le marché du Cloud public, et de donner plus de visibilité aux offres européennes, rappelant les initiatives Juncker sur le Fond (de recherche industrielle) de Défense ne voulant surtout pas s'opposer à l'OTAN..

Mais peut-être faut-il constater que ces GAFA(M), plus forts de certains états, possèdent déjà une technologie trop en avance dont il faut profiter en interdépendance, comme le fait le moteur de recherche Qwant issu de l’open internet project dont le fondateur utilisait déjà la mémoire d’utilisation, luttant contre Google puis travaillant finalement avec pour éviter les luttes juridiques, certifié par les administrations françaises, repris par la Caisse des dépôts et Microsoft, se déclarant outil européen alors qu’il n’est que français pour l’Europe.

Par ailleurs, il est fait état de façon très fréquente du terme « fédéré » alors qu'un français et un allemand ne le comprennent pas de la même façon. Il en est de même avec le terme « souverain », sans doute connotation trop française et qui devrait être remplacé même s’il s’avance comme un bouclier national ou européen, voire plus large encore, ou une lance plus ou moins sacrée.

Au-delà de collaboration sur le même métier, GAIA-X vient de faire germer un partenariat entre le français OVHCLOUD a priori déclaré leader européen du cloud installé en France, dont le patron n’est d’ailleurs pas d’origine française, et l’allemand T-Systems pour proposer une offre cloud public ouvert et de confiance, dès 2021 en Allemagne et espérons en France offrant, aux clients de T-S de profiter de centre de données avec le réseau Deutsch Telekom, T-Syst fournissant son système de refroidissement par eau. Cette complémentarité est à saluer car d’une part elle aborde l’apport essentiel de l’énergie, sans la traiter entièrement avec un besoin également de source d’énergie pour éviter les pertes de données avec pourquoi pas Siemens ou Roll-Royce certes britannique, et d’autre part elle permet une possible connaissance mutuelle par segmentation, comme lors de la constitution de l’équipe d’Europe dans le programme ACCS de l’OTAN, en regardant les autres compétences nécessaires autres qu’électroniques pour les senseurs pour être complémentaires et plus forts ensemble. OVH doit par ailleurs consolider sa toile avec des participations européennes et non être un outil français pour l’Europe, comme nous le préconisions pour à Qwant avant d’être recapitalisé par la Caisse des dépôts et Microsoft.

S’agissant de la taxation financière des GAFA(M), qui ont multiplié leur chiffre d’affaires avec la crise, qui fonctionnent sans marges mais sur leur trésorerie comme les grands distributeurs alimentaires, qui divisent aussi les états européens avec toujours le même clivage, qui font aussi travailler de très nombreux libraires par des envois à coût réduit, la solution réside peut-être dans plus grande une incitation de solidarité financière même défiscalisée ou dans la recherche cyber, digitale et numérique sur le coup d’avance pour posséder immédiatement des remèdes aux attaques soudaines, d’autant plus avec l’euro numérique prochain.

Enfin, une réelle stratégie cyber et numérique pourrait faciliter et maintenir les relations entre entreprises et autres organisations. Ces structurations industrielles doivent enfin intégrer le couvage de projet comme le couvage de start up puis de PME par les groupes, et développer à la fois une approche de chasse en meute et de chasse en escadre. Les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), doivent pouvoir adapter leur modèle et leur politique générale stratégique, structurelle, identitaire et décisionnelle, et seront la pierre angulaire entre les modèles français et allemand qui ne doivent pas forcément se copier mais s’imbriquer avec des dispositions communes entre les deux pays.

Misons enfin désormais pour des présences européennes renforcées dans les salons ou événements français comme déjà en partie au salon FIC de Lille ou peut-être enfin avec le pôle cyber de Bretagne.

Labels et certifications

Les labels, d’initiative volontaire, ainsi que les certifications, représentent des avantages pour structurer, en qualité et confiance, en tamisant le bon grain de l’ivraie opportuniste, avec des processus d’attribution et de vérification, permettant souvent de façon sous-jacente d’aider également les entreprises et autres organismes à découvrir une vraie relation client et fournisseur.

Les inconvénients existent aussi pour des mêmes causes d’audit ou de processus détourné de leur bon sens ainsi que pour des labels souvent politiques et territoriaux dit d’excellence pouvant cacher certaines réalités négatives d’imposition plus qu’adhésion et donc souvent d’incompétence ou d’incohérence comme nous l’avons vu dans les pôles de compétitivité.

De même n’oublions pas que les marchés publics ne doivent pas discriminer les entreprises n’ayant pas choisi de certification, comme par exemple ISO 9001 ou 14001, qui elles-mêmes souvent sont allées au-delà des normes demandées qui mobilisent temps et argent, et qui doivent pouvoir faire valoir une possible équivalence. Dans ce domaine, les projets relatifs au digital et la cyber sécurité doivent s’inspirer des exemples dans les autres domaines plus anciens et peuvent aussi les faire avancer.

Des initiatives voient le jour par l’intermédiaire d’autres organisations facilitatrices telles ECSO avec le label d’origine géographique « Cybersecurity made in Europe » pour l’instant plus IGP qu’AOP sans notion de certification sur les produits ou services. Ceci ne doit pas remplacer une nécessaire présence permanente et notamment industrielle française dans les séminaires bruxellois de l’ENISA. L’industrie française et ses PME ou start up reconnaissent trop se reposer sur l’ANSSI dont ce n’est pas le travail, mais peut-être aussi par directive. Les agences nationales française et allemande contrôlent et verrouillent l’agence européenne avec une certaine  rivalité et confiance relative entre l’ANSSI française qui certifie sur les habilitations et les personnes et le BSI allemand qui certifie plutôt sur le process, les outils et installations. Les deux approches mixtes de certification peuvent aussi être valorisées sous une approche de label d’éléments complémentaires, pourtant affiché, mais qui ne parvient pas à être mis en œuvre, et dont les responsables, avec également leurs personnalités, ne veulent pas venir parler, avec les mêmes réalités que d’autres agences européennes dont l’EASA. Ceci pourrait pourtant montrer l’exemple dans le cloud mais aussi ses applications dont les données de dossiers passagers (PNR) différents terre, air mer, et qui justement devraient par ailleurs être traités de façon globale pour avancer,  mais aussi dans beaucoup d’autres domaines dont la fiscalité où les visions diffèrent entre les états qui ne doivent pas rester divisés pour autant. Peut-être faut-il porter une fois de plus cela au niveau européen pour le voir enfin aboutir.

La finance structurante qui sera abordée plus après pourra également prévoir un label éthique pour l’origine des fonds mais également pour leur utilisation qui ne doit pas non plus empêcher l’innovation qui elle-même peut aussi utiliser un label qualité de prise de considération des projets antérieurs en terme d’optimisation de temps et d’argent.

En terme d’optimisation des approches, nous pourrions aussi imaginer l’exemple des labels cloud en lien avec la santé, la notion de Partenariat Public Privé, le dual civil-militaire et/ou public-privé mais également le portage et/ou de couvage entre groupe et PME, qui ne sont pas obligées de vivre par des prises de participation mais trouver le lien bénéfique pour tous comme sait le faire par exemple Dassault System. Peut aussi se poser l’opportunité des liens labellisés avec l’usine du futur ou 4.0, la transformation digitale, le Smart Data et l’Intelligence Artificielle avec des structures et des moyens adaptés aux tâches voulues, que certains analysaient comme étant la base de GAIA-X, avec aussi un risque de mélange selon certains spécialistes.

S’agissant de certification qui reste également volontaire, il n’existe pas encore au sein de l’UE, de notion de fiabilité sur les outils et aucun regard sur le portage d’origine, désireuse de ne pas mettre de frontières donc en cohérence avec GAIA-X ou la recherche. Notons le règlement (UE) 2019/881 qui prévoit que l'UE fournira des programmes de certification à l'échelle de l'UE sous la forme d'un ensemble complet de règles, d'exigences techniques, de normes et de procédures. De tels systèmes, une fois adoptés au niveau de l'UE, pour des produits, services ou processus spécifiques, seront valables et également reconnus dans tous les États membres de l'UE. Comme dans d’autres domaines, actuellement, le paysage de la certification de cybersécurité des produits et services TIC dans l'UE est toujours assez dispersé car il existe un certain nombre d'initiatives nationales et également internationales, telles que les soi-disant critères communs (CC) pour l'évaluation de la sécurité des technologies de l'information. Notons aussi l’accord de reconnaissance mutuelle (ARM) sur la sécurité des systèmes d'information (SOG-IS) avec un prochain premier schéma à être rédigé dans le cadre du cadre de certification de cybersécurité de l'UE.

Les systèmes européens de certification de cybersécurité pourraient permettre à la fois des auto-évaluations de la conformité comme pour le marquage CE et des certifications, l'évaluation étant effectuée par des organismes d'évaluation de la conformité tiers. Suite notamment à nos recommandations, une « smart » certification à trois niveaux d'assurance est prévue et chacun d'eux fournira une rigueur et une profondeur correspondantes de l'évaluation du produit TIC, du service TIC ou du processus TIC sans forcément différencier la taille ni les capacités de l’entreprise. Grâce à l'auto-évaluation de la conformité, seul le niveau d'assurance de base peut être atteint, tandis que pour les certifications, un niveau d'assurance de base, substantiel ou élevé peut être atteint. Le processus de certification, contrairement à l'auto-évaluation de la conformité, respecte les dispositions du règlement (CE) 765/2008 qui définit les exigences en matière d'accréditation et de surveillance du marché.

Comme pour le marquage CE, dans le cadre du règlement susmentionné, chaque État membre nommera un organisme national d'accréditation (NAB), qui délivrera des certificats d'accréditation aux organismes d'évaluation de la conformité (OEC). L'accréditation peut être délivrée aux organismes d'évaluation de la conformité pour un ou plusieurs programmes de certification de cybersécurité spécifiques, pour une durée maximale de cinq ans et peut être renouvelée par la suite. Pour chaque système européen de certification, les autorités nationales notifieront à la Commission européenne les organismes d'évaluation de la conformité qui ont été accrédités. Compte tenu de la validation à l'échelle de l'UE du cadre de certification de cybersécurité de l'UE et des certificats délivrés, un producteur ou fabricant d'un produit TIC, d'un service TIC ou d'un processus TIC peut demander un processus d'évaluation par tout organisme d'évaluation de la conformité accrédité dans l'UE.


Pour autant, comme pour le marquage CE avec certains retours d’expérience négatifs dans le domaine de la santé, il conviendra d’éviter les risques d’impacts industriel, les failles de processus avec préjudices potentiels ou réels de certaines décisions institutionnelles pour les entreprises. Les agences nationales devront s’engager à aider leurs industriels à être orientés vers d’autres organismes ou à obtenir un délai de mise aux normes, sans annulation de l’historique, s’il se trouvent en difficulté notamment avec un organisme notifié choisi en Europe ailleurs que dans leur pays. En cas de problème, il conviendra de pouvoir s’adresser à l’ENISA en cas de litige. Il est néanmoins rappelé que dans le marquage CE, les industriels ou fournisseurs de services peuvent eux-mêmes certifier s’ils s’en pensent en capacité et que le marquage ne peut être apposé que s’il existe une réglementation ou une contrainte européenne sur le sujet.

Contractualisation européenne

Une politique de préférence européenne raisonnée pourrait se compléter d’un « buy-cyber-act » européen avec néanmoins prise en compte des limites juridiques de la certification et des labels énoncés plus avant et avec la création d’une agence de style OCCAR dans l’armement pour la gestion des grands projets, en relation avec l’ENISA. Avec un management fort, elle pourrait notamment passer des appels d’offre en réclamant un budget attribué directement aux PME, dont un quota minimal issu de pays différents du maître d’oeuvre. Concernant le marché, il pourrait être intéressant d'inclure l'offre cyber européenne dans les échanges de compensation, essentiellement à l'étranger, car théoriquement interdites en Europe, peut-être avec un traitement spécial pour les GAFA(M) comme exposé plus avant.

Finance structurante

Enfin, la partie financière de haut de bilan, et sans doute la plus importante, doit également intégrer tous ces éléments, voire en être aussi un élément structurant de l’écosystème au-delà de la pure notion de profit ou de gestion de risque.

Est apparue récemment l’ »European cybersecurity investment platform » regroupant des fonds comme ACE Management (France),  Adara Ventures (Lux), ecapital entrepreneurial partners ag (Allemagne), KPN Ventures (Pays Bas), P101 (Italie), Primomoglio SGR (Italie), TIIN Capital B.V (Pays Bas) et Vendep Capital (Finlande) qui peuvent être appréciés comme étant de véritables acteurs de politique industrielle avec leurs objectifs et réalités, notamment calendaires, qu’il convient d’encourager pour soutenir le tissu industriel européen.

Ils doivent tenter d’agir dans une recherche de segmentation, de solidarité et de relative autonomie industrielle et économique intelligente.

Cette approche financière doit aussi répondre à la dynamique de gouvernance actuelle avec la constitution d’un vrai fonds de fonds européen garanti, voire abondé par les institutions, désormais capable d’une signature unique européenne pouvant accompagner en garantie mais aussi en capital, comme le Conseil européen de l’Innovation (EIC) le fait dans le recherche sur des entreprises « non bancable » allant jusqu’à plus de 25% si stratégiques, avec qu’avec un taux de rentabilité réclamé plus bas, comme a su le faire la Caisse des Dépôts et de consignation. Les fonds doivent également intégrer la volonté des groupes de prises de participation dans des PME européennes.

 

François CHARLES

Président de l’I.R.C.E. www.irce-oing.eu

Président de NOVIAL CONSULTING, Conseil en stratégie, management intelligence économique www.novialgroup.fr

 

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