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Le blog philosophique de francois CHARLES

europe

E. MACRON isolé dans l'UE dans sa communication et sa considération avec V. Poutine

16 Mai 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

En désirant - sans doute à raison pour écouter les doléances, les menaces et autres besoins psychologiques sans forcément s'en émouvoir - ménager la Russie et V. Poutine, E. Macron se met en marge de la communauté européenne qui souhaite majoritairement plutôt le repousser hors des frontières de l'Ukraine et même lui faire payer les réparations, comme dans les anciens traités de paix que d'ailleurs la France a vécu ou fait peser sur l'Allemagne en son temps, avec une histoire bien différente vécue par les autres pays, dont il a encore été questions lors de l'intégration de la Grèce dans l'euro avant l'ancienne dette allemande. Sans oublier la position des pays de Visegrad mais avec une Hongrie qui semble finalement se rapprocher de l'Est par réaction du paternalismpe de la Commission européenne. Rappelons aussi que l'Ukraine ne fait même pas partie de l'UE et que les pays occidentaux ne sont même pas en guerre contre la Russie. 

Cette position d'équilibre correspond aussi aux relations historiques et particulières entre la Russie et la France, reconnues aussi par la Chine... NOtos aussi que la communauté des anciens pays soviétiques vient de dire que l'intégration de la Finlande et de la Suède à l'OTAN ne constitue pas une menace en soit... se détachant presque de V. Poutine sauf si bien entendu il s'agit d'une communication pour ne pas perdre la face. 

Rappelons aussi que le fait de créer une dynamique industrielle et de recherche sur la Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD comme disent les grands savants et sachants), iitiée d'ailleurs par JC Junker et contresigné par A. Merkel,  ne signifie pas une dynamique de "politique" de défense. 

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Une communauté européenne hors UE ? Mais cela existe déjà !

16 Mai 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Lors de la cloture des consultations sur l'avenir de l'Europe, le Président Macron a sorti de son chapeau une proposition qui vise à intégrer d'une certaine façon certains pays qui ne peuvent ou ne veulent intégrer l'UE sine die.

Il aurait pu rappeler, comme bien d'autres propositions faites, que cette organisation existe quasiment déjà avec l'AELE (ou EFTA) voir le lien Wikipedia ci après -  avec des pays qui ont rejoint ensuite l'UE. Sauf que la décision d'intégration ou on ne lui convient peut-etre pas. Nous poserons la question à la Turquie. 

Un grand groupe de pays s'y est aussitôt opposé. Le risque existe aussi de sortir de l'UE pour revenir dans un système à la Norvégienne en y étant sans y être. Il peut-etre intéressant pour le Royaume-Uni avec des cmposantes comme l'Ecosse désireuse de rester dans l'UE. 

Nul besoin de changer les traités pour cela, comme l'a rappelé Ursula von der Leyen, pour la première fois véritable chef dans ses expressions en réaction à la présence plus paternaliste qu'adulte du Président français comme animateur de l'UE et on pas de 3président" de l'UE sauf si hihe entendu son ami Charles Michels s'efface mais comme il semble le faire beaucoup moins désormais

S'il parlait des questions de défense, tout le mponde a bien compris que pour l'instant au moins, les réalités consolident l'OTAN, qui s'est réveillée de sa pseudo-hibernation grâce à la crise en Ukraine. 

Peut-etre parlaitil d'un système comme quand Russie était associée aux travaux de l'OTAN jusqu'en 2014 tout en restant à Bruxelles, en face du nouveau siège 

FC

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Le Dombass (partiel) ou la nouvelle “mesore” de Poutine …et des autres ?

23 Février 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

J’aurais pu continuer d’écrire mes notes humoristiques remerciant V. Poutine pour ses quasi concessions et son invitation à St Péterbourg, après 3h de discussions au téléphone avant sa décision, et ses remerciements reçus pour la caisse de Vosne-Romanée à destination de Xi Jinping pour avoir agi trop en avance. L’heure est néanmoins sérieuse avec de nouveaux morts en Ukraine mais avec une nouvelle meilleure solution de rechange (mesore) de V. Poutine, après celle déjà espérée pour la Crimée, avec des Occidentaux soutenant ce pays et condamnant l’agression sans pour autant avoir envie de mourir pour lui ni déclencher un conflit mondial, mettant en place une nouvelle ligne rouge.

Par François CHARLES

Economiste, expert en stratégie, management, relations européennes et internationales, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Je ne reviendrai pas sur l’origine à charge et à décharge de la création de cette situation à l’Est de l’Ukraine, largement exprimées dans les précédents articles, sauf peut-être pour souligner néanmoins les avertissements de blacklistage ukrainien si nous effectuions une visite au Dombass et rappeler que chacun pouvait mettre ses propres lunettes s’agissant du respect des accords de Minsk de 2014.

Même si condamnée de façon large, notamment par la Turquie et sans doute pour des raisons particulières, l’action décidée par V. Poutine et validée par son assemblée avec une psychose d’invasion imaginaire par l’ouest, a surtout le mérite de clarifier et cristalliser une situation qui perdurait sans évolution ni issue depuis 2014 empêchant certaines dynamiques.

Profitant de cet état de fait, sans annonces raisonnables d’interventions militaires pour reconquérir le terrain et considérant que les livraisons d’armes sont défensives, l’Ukraine peut donc désormais rentrer légitimement dans l’OTAN, entraînant de facto tous les autres pays derrière elle en cas de nouvelle d’agression qui certainement n’aura pas lieu. Elle peut aussi toujours rester en dehors comme la Suède, la Finlande, l’Autriche ou la Suisse avec des accords particuliers. Le pays peut aussi intégrer officiellement l’UE qui attendait l’intégrité du pays sauf à en conclure qu’elle ne le souhaite finalement pas même si elle y investit, comme d’ailleurs toujours en Turquie.

Notons que si V. Poutine tient des discours nationalistes remettant en question la création de l’Ukraine ou le cadeau de la Crimée, il semble s’engager à limiter son action aux républiques séparatistes de Lougansk et de Donetsk et non à tout le Donbass comme le réclamaient les russophones soi-disant secourus, rappelant aussi l’histoire et notamment de la Géorgie. Il n’est bien entendu pas question pour le moment d’envahir toute l’Ukraine sauf à envoyer cette fois un camion de Romanée Conti à Xi.

Aujourd’hui, l’UE unie dans la diversité ainsi que les Etats-Unis relancent le même type de sanctions surtout envers des personnalités russes en dehors de son Président et de son pays, qui semble bien s’y être adapté même avec un PIB officiel de celui de l’Espagne. Les sanctions inverses seront peut-être comprises puis rejetées par les écosystèmes économiques occidentaux ne comprenant pas les enjeux de géopolitique ou qui sauront encore les contourner. Notons aussi l’arrêt de l’autorisation de la mise en service du gazoduc Nord Stream II comme le souhaitaient les Etats-Unis même avec l’affirmation forte d’une certaine volonté allemande.

On imaginera bien que V. Poutine et son entourage n’ont pas été surpris par ces sanctions économiques et que toutes les dispositions avaient été prises auparavant, sans aller jusqu’à imaginer des réunions secrètes entre VP, J. Biden, mais également B. Johnson avec l’autre armée européenne et d’autres pour que tout le monde sauve la face et s’en sorte de façon plus ou moins gagnante, quoique…

 

 

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Mais où va donc la gouvernance européenne ?

15 Février 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

A l’heure de la dynamique de la présidence française du Conseil de l’UE, force est de constater que certaines réalités sur le fonctionnement des institutions semblent adaptables d’autant plus facilement qu’elles ne sont pas connues de la population qui a besoin de pédagogie. Les institutions devraient changer pour plus de confiance et transparence et mériteraient un bon exercice de Théorie des organisations avec ses types de leaders, sa structure, ses membres, sa stratégie, ses environnements interne et externe et ses règles du jeu.

Par François CHARLES

Economiste, politologue, expert en stratégie, management, relations européennes et internationales, ancien responsable d’affaires industrielles de défense, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Tout d’abord les Conseils : comment s’y retrouver pour un non initié entre le Conseil européen, le Conseil de l’UE, le Conseil de l’Europe. Les deux premiers devraient être rebaptisés Conseil des chefs d’état et de gouvernement et le Conseil des Ministres. Les mélanger est une marque de prise de pouvoir et de non-respect des organisations sauf à en changer, mais qui montre aussi les différences de gouvernance au sein des autres Etats. Le président Macron se fait appeler Président de l’UE alors que depuis quelques années il en existe déjà un avec un certain pouvoir de politique générale. C’est lui qui devrait rencontrer les autres chefs d’Etat au nom de l’UE comme Vladimir Poutine sauf à penser qu’il est aux ordres ou n’a pas assez de force et de charisme notamment face à ses homologues polonais et hongrois que JC Juncker n’hésitait pas à taper sur la tête, ou qu’il n’est qu’un animateur ? E. Macron, n’est que le premier ministre temporaire, sauf que la Présidente de la Commission européenne l’est finalement aussi avec ses directions générales, quasi ministères avec au-dessus ses commissaires Vice-présidents et ordinaires… EM a donc rencontré VP en tant que Président Français, comme l’a fait ensuite Olaf Scholz en tant que chancelier qui a le véritable pouvoir en Allemagne, comme dans les autres pays avec Président sans trop de pouvoirs ou avec des monarchies toujours existantes et très présentes. N Sarkozy était quant à lui président de l’UE. Fallait-il créer ce poste permanent ? Quid du haut représentant que l’on n’entend plus du tout, effacé, anesthésié par le couple franco-allemand. Que dire de la Présidence du Parlement européen choisie en équilibre et en fonction de la tendance de la commission et non par le vote démocratique ?

Le fait d’avoir conservé le calendrier en pleine présidence nationale n’a pas d’impact en France quand on sait que les administrations ne changeront pas et que les orientations ont été définies il y a longtemps dans ce qu’il y a de bon pour l’Europe, la politique générale se faisant quant à elle au niveau des chefs d’état.

Par ailleurs les institutionnels considèrent qu’un sénat européen, réclamé par certains pays mais pas le sénat français (…) n’aurait pas sa place car déjà représenté par le « Conseil ». Quant au Conseil de l’Europe, conservant les valeurs de l’Europe dont chacun a ses propres lunettes, sachons-nous qu’il est ouvert aux non européens qui donc décident des valeurs de l’Europe ou plutôt… de l’UE puisqu’elles font partie de critères d’adhésion ?

Quant aux répartitions fédérales dont ce mot n’a rien de commun entre un Français, qui souhaite « une Europe pour tout le monde pareil » et un Allemand, les personnes les plus éduquées ne savent même pas quelles sont les répartitions de compétence entre les institutions et les états, parlant de subsidiarité accrue alors que les domaines les plus importants sont partagés et que les domaines exclusifs n’ont rien à voir avec les fédérations traditionnelles comme aussi les Etats-Unis ou même la Chine.

Nous n’aborderons pas ici les institutions bancaires, judiciaires et autres organismes et agences annexes ni celles dont qui ne dépendent pas de l’UE alors que tout le monde le pense. Certains diront que ces détails ne sont pas importants mais ils le sont pour éviter notamment un nouveau Brexit.

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Géopolitique et PME

31 Janvier 2022 , Rédigé par francoischarles Publié dans #industrie, #europe

Sous prétexte de fonctionner au jour le jour et d’entretenir une certaine (inter)dépendance de sauvegarde avec  les donneurs d’ordres ainsi que les pouvoirs publics et consulaires, mais alors qu’elles doivent d’autant plus travailler par anticipation et scénarii pour maintenir et optimiser leur fonctionnement, leur développement et leur pérennité, il est souvent dommageable de constater que les dirigeants ou commerciaux de PME, qui ne prendront d’ailleurs pas le temps de lire cette page et négligeront certains événements même en ligne, ne s’intéressent pas aux réalités géopolitiques et leurs risques liés en terme de coût, délai et performance. Reste à savoir quelle est vraiment la cible à sensibiliser et si cette possible responsabilisation pourrait-elle remettre en question certains écosystèmes.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie et management, relations européennes et internationales, ancien responsable offsets, Europe et Asie au Service Central des Affaires industrielles de la DGA.

Une des définitions de la géopolitique du grec γη « terre » et πολιτική « politique » pourrait être l'interdépendance entre le positionnement géographique d'un Etat, de son groupe d'appartenance, de ses voisins, de son continent et prochainement de l'espace avec  ses conséquences économiques, industrielles, climatiques, relationnelles, politiques, militaires, environnementales, sociales, humaines ...

Les réalités sont différentes si l'on possède de l'eau, du pétrole, des terres riches ou pauvres, des sources d'énergie, un accès ou non à la mer, si l'on est plutôt peuple des plaines ou des montagnes, si l'on possède un ou 10 voisins, si ce ou ces derniers sont de petits ou de grands pays. La géopolitique concerne aussi bien les moyens de transports et de communications que la monnaie, le luxe,  tourisme en passant bien entendu par l’industrie, la recherche, l’énergie et la défense dont l’armement. Si les décisions sont prises par certains, les troubles de géopolitique touchent en cascade de nombreux secteurs de l’économie, devant de facto souvent agir par solidarité.

Si les grands groupes sont les principaux donneurs d’ordre, les PME sont majoritaires en terme d’emplois et apparaissent comme des vecteurs de partenariats (coopération, collaboration, alliance) intra ou extra européennes. On peut se poser la question si la solidarité entre l’Etat et le tissus industriel, déjà hasardeuse en temps normal, peut être effective en temps de crise militaire ou économique à travers le monde. Les petites structures, qui certes ne semblent vivre en microéconomie dans un rayon géographique limité et sous bienveillance de leur sacro-sainte chambre de commerce, ne devraient-elles pas se poser elles-mêmes la question de l’impact de certaines décisions controlables ou non, sur leurs ventes, leurs achats les délais d’approvisionnement sans attendre la nouvelle aide providentielle. Sans pour autant faire de politique néfaste aux affaires, ne devraient-elles pas décider de leur avenir plutôt que subir des coups de théatre commerciaux sans en avoir imaginé les liens évidents avec des réalités non économiques ? Les PME doivent-elles laisser la « géo »politique aux grands groupes qui paradoxalement ne les éduquent pas, parfois bien désarmés eux-mêmes ou pensant avoir tout compris mais répétant de sempiternelles erreurs, et savent encore remplacer leurs sous-traitants d’un coup de crayon en cas de besoins de contreparties, contraires aux règles internationales, mais décidées par certains Etats acheteurs, au risque de les voir disparaitre ou de changer de client privilégié.

Comprennent-elles pourquoi et quand les grands industriels savent s’élever contre les sanctions économiques prises, non pas vers des pays mais des dirigeants et quelques produits spécifiques, par leur administration de tutelle qui leur facilitent et autorisent pourtant aussi leurs contrats à l’export dans les domaines sensibles et très technologiques ? Comprennent-elles les scénarii qui risquent d’arriver à nouveau avec la Russie avec leurs causes et conséquences ? Quels sont les risques liés à la Turquie? Pourquoi Dassault peut décider ou non de poser une offre en Europe ? Pourquoi les pays européens achètent des F-35 au détriment de certains produits technologiques ou protègent leurs sources d’approvisionnement au-delà de simples considérations de prix et de technique ? Pourquoi les contrats australiens mirobolants ont d’un coup été annulés ? Pourquoi les Chinois développent une réelle stratégie sur certains achats quand les Européens fonctionnement encore souvent comme un club d’affaires ? Pourquoi les importations de Lituanie sont interdites avec la Chine suite à l’installation d’une représentation de Taïwan ? Pourquoi ces mêmes Chinois sont soutenus par l’OMC face aux hausses douanières étasuniennes et non celles européennes sans doute moins élevées ? Pourquoi les solutions européennes paraissent de facto construites avec des solutions « alliées » étasuniennes ? Pourquoi les normalisations nationales et européennes sont à la fois des protections et des armes commerciales ?

Certaines entreprises se détachent parfois avec courage comme Sagem en son temps, se musclent pour devenir ETI ou se regroupent en cluster pour chasser en meutes, voire en escadre à leur façon avec des compétences complémentaires mais de même taille. Misons pour qu’il existe en leur sein une dynamique de politique générale adaptée avec des corrélations entre stratégie, identité, structure et prise de décision incluant une réflexion permanente de géopolitique. Le salut viendra peut-être aussi des salariés qui choisiront eux-mêmes des formations de sensibilisation adaptées.

Les start-up, beaucoup plus souples et réactives, souvent gavées de millions d’euros sans avoir même lancé de production, avec des dirigeants souvent plus formés et ouverts, comprenant souvent mieux certains signes et sachant se transférer dans d’autres pays avec d’autres couveurs et financeurs bienveillants, oubliant vite leurs parrains initiaux, sont sans doute elles-mêmes une composante de géopolitique particulière.

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Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

18 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

Dans une délicate interdépendance avec les Etats-Unis et dans une difficile définition de son Cloud souverain, l’Union européenne semble encore jongler également en interne sur la gestion de ses données entre d’une part, un(e) Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) de conception française, certes bonne pour l’Europe mais qui en a eu besoin pour s’installer en France comme l’a dit son Président de la République devant le Parlement européen, et d’autre part la demande de quasi tous les autres pays, comme dans la défense et dans un grand nombre de domaines, de pouvoir également et ensuite monnayer les données, une sorte de label européen entre ceux qui voient un but et d’autres un stade mais qui doivent marcher ensemble sur leurs deux pieds avec des mots qui ont toute leur importance.

Reprenant sans doute certaines de nos propositions, réalités globales et orientations exprimées en juin 2019 à l‘ancienne commissaire européenne pour l’économie et la société digitale, transmises depuis à la Vice présidente et au commissaire en charge du numérique http://www.irce-oing.eu/2019/08/pour-un-fonds-europeen-sur-la-cybersecurite.html, ainsi qu’à travers une tribune sur la solidarité et la segmentation européenne http://www.irce-oing.eu/2020/06/intelligence-segmentation-imbrication-a-la-recherche-d-une-solidarite-et-d-une-certaine-autonomie-industrielle-et-economique-europee, et enfin en réponse au Cloud Act étasunien, non toujours bien compris, l’élaboration du Digital Service Act, comme du Digital Market Act, promis pour 2023 se doivent d’être à la fois contraignant et ouvert avec un cadre législatif et des mesures de sanction effectives à la façon d’un Buy European Act raisonné, affichant que tout le monde est le bienvenu avec ses savoirs et savoir faire, voire savoir être dans le respect des règles européennes, encore parfois à définir, afin d’offrir aux citoyens européens l'environnement le plus sûr et le plus compétitif du monde dans un respect, voire une concurrence intelligente comme rappelé par la récente escarmouche entre le Commissaire Breton et le dirigeant de Google.

Même si une certaine déception se fait ressentir chez certains acteurs qui se sont investis en comparaison d’efforts consentis, il est à constater certaines actions plus ou moins coordonnées mais qui, assemblées et bâties sur une approche globale de réalités même disruptives, peuvent montrer une certaine intelligence réactive au son du canon pour des objectifs spécifiques, mesurables, réalistes, réalisables, déterminées dans le temps.

Les actions et facilitations  institutionnelles, étatiques et territoriales :

Après la Cloud Initiative, les institutions doivent désormais également apparaitre plus structurantes que facilitatrices, sans décourager les bonnes volonté, dans une foison d’initiatives et de prises de position plus ou moins liées des états médiateurs, régulateurs, utilisateurs comme des entreprises, en évitant toute forme de cristallisations nationales, au profit d’une dynamique réellement européenne, certes unie dans la diversité avec un constat montrant que l’on retrouve encore une fois les Français, les Allemands et les autres, souvent avec ces derniers. Mais certains savent aussi faire valoir une certaine dynamique comme l’Estonie qui pourrait valoriser sa simplification administrative dans une dimension régionale mais aussi le Luxembourg avec sa volonté d’identité de nation numérique, dont cloud et PNR. Notons enfin une région Bretagne pilotant un projet Interreg avec plus d’une dizaine d’autres régions impliquées à travers l’Europe sur la sécurité.

Misons que ces imbrications puissent estomper la fragmentation constatée en agissant en segmentation comme pour Airbus, en confiance et répartition de capacité spécifiques, au-delà d’éléments nécessaires communs, dans une Europe unie en solidarité entre la politique de chaque état, pour lui-même ou pour le bienfait des autres, sans s’accrocher sur par exemple le « e » final de Concorde qui aurait aussi pu être mis entre parenthèses à la fin du mot pour mieux montrer ce label de coopération franco-britannique. La cybersécurité et le cloud peuvent aussi montrer l’exemple pour enfin comprendre le rôle des histogrammes montrant que chaque pays européen, pris individuellement, perdra peu à peu sa place dans le G8 à part peut-être l’Allemagne.

Mentionnons les efforts de la Commission européenne depuis la dernière législature et encore plus fortement depuis la nouvelle présidence avec uns vice-présidente et un commissaire chargés de l’ère digitale, ce dernier plus particulièrement des aspects industriels, jonglant entre  règlements et directives, avec une direction générale orientant son agence chargée de la sécurité des réseaux et de l'information (ENISA),  moins connue en France qu’EU-LISA, qui n’hésite pas à faire intervenir des agences gouvernementales étasuniennes, sans doute comme approche comparative lors de ses conférences ; sans oublier la très ancienne politique industrielle réalisée par la recherche européenne notamment avec le PCRD, puis H2020 et prochainement par Horizon Europe sur le thème de la sécurité avec parfois un décloisonnement entre points de contacts nationaux.

Mentionnons tous les groupes de travail nationaux dont interministériels, les agences nationales telles l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) en France et l’Office fédéral de la sécurité des technologies de l'information (BSI) en Allemagne avec chacune leur modèle et leur objectif de certification.

Les structurations industrielles :

Après l’impulsion des institutions par la constitution de consortia tels Cyber4Europe, Sparta, Echo, Concordia réunissant grands groupes, universités, organismes étatiques, laboratoires et PME http://www.irce-oing.eu/2020/03/cyber4europe-sparta-echo-concordia-les-grandes-plate-forme-cyber-europeennes.html,  après les travaux à l’intérieur du projet l’Important Project of Commun European Interest (IPCEI) avec notamment la participation du CEA, voici apparaître la création du cluster industriel GAIA-X, soutenu par les gouvernement français et allemand, avec une communication un peu plus européenne côté allemand, se définissant comme étant le Cloud européen, sorte de marquage CE demandant le respect de certains critères, surtout techniques sur le sol européen, pour soi-disant concurrencer les GAFA(M), dont il faut bien rajouter le M, en interdépendance interne avec des voix discordantes comme énoncées plus après.

Notons que GAIA-X invite également à travailler en interdépendance externe en invitant des entreprises non européennes, dont apparemment comme Google, du moment qu’elles partageant des objectifs de souveraineté et de disponibilité, comme pour la recherche européenne, sachant que la souveraineté numérique n’est pas encore officiellement affirmée par la Commission, ni par son agence exécutive dans ce domaine qui affiche ne pas pouvoir prendre position sur l’origine et la qualification des outils relationnels numériques largement utilisés désormais avec les restrictions de voyage liées à la crise sanitaire.

Peut-être s’agira-t-il aussi de définir si les GAFA(M) sont finalement apatrides ou s’ils sont liés aux Etats-Unis qui de toute façon n’apparaissent pas comme un ennemi ni même un concurrent déjà pour l’Allemagne, leader économique européen, ni pour l’Union européenne dans un lien transatlantique renforcé.

Peut-être faudra–il constater que le numérique et la cybersécurité ne sont pas des domaines stratégiques européens ou alors étasuno-européen pour faire face à la Chine, voire l’Inde, en passant par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ses compétences que seule la France semble aussi vouloir ignorer. 

La coopération annoncée d’OVH avec Google, saluée par le secrétaire d’état français, désireux d’attirer sur le territoire français, et s’alignant avec l’Allemagne sur ce lien privilégié transatlantique n’est donc pas une surprise. Le ministre allemand initiateur du projet rappela néanmoins qu’il ne s’agira pas de concurrencer les super-espaces de stockage américains d'Amazon ou Microsoft tout en donnant un souhait d'offrir aux entreprises européennes une alternative aux fournisseurs de Cloud américains AWS, Google Cloud et Microsoft Azure, qui dominent très largement le marché du Cloud public, et de donner plus de visibilité aux offres européennes, rappelant les initiatives Juncker sur le Fond (de recherche industrielle) de Défense ne voulant surtout pas s'opposer à l'OTAN..

Mais peut-être faut-il constater que ces GAFA(M), plus forts de certains états, possèdent déjà une technologie trop en avance dont il faut profiter en interdépendance, comme le fait le moteur de recherche Qwant issu de l’open internet project dont le fondateur utilisait déjà la mémoire d’utilisation, luttant contre Google puis travaillant finalement avec pour éviter les luttes juridiques, certifié par les administrations françaises, repris par la Caisse des dépôts et Microsoft, se déclarant outil européen alors qu’il n’est que français pour l’Europe.

Par ailleurs, il est fait état de façon très fréquente du terme « fédéré » alors qu'un français et un allemand ne le comprennent pas de la même façon. Il en est de même avec le terme « souverain », sans doute connotation trop française et qui devrait être remplacé même s’il s’avance comme un bouclier national ou européen, voire plus large encore, ou une lance plus ou moins sacrée.

Au-delà de collaboration sur le même métier, GAIA-X vient de faire germer un partenariat entre le français OVHCLOUD a priori déclaré leader européen du cloud installé en France, dont le patron n’est d’ailleurs pas d’origine française, et l’allemand T-Systems pour proposer une offre cloud public ouvert et de confiance, dès 2021 en Allemagne et espérons en France offrant, aux clients de T-S de profiter de centre de données avec le réseau Deutsch Telekom, T-Syst fournissant son système de refroidissement par eau. Cette complémentarité est à saluer car d’une part elle aborde l’apport essentiel de l’énergie, sans la traiter entièrement avec un besoin également de source d’énergie pour éviter les pertes de données avec pourquoi pas Siemens ou Roll-Royce certes britannique, et d’autre part elle permet une possible connaissance mutuelle par segmentation, comme lors de la constitution de l’équipe d’Europe dans le programme ACCS de l’OTAN, en regardant les autres compétences nécessaires autres qu’électroniques pour les senseurs pour être complémentaires et plus forts ensemble. OVH doit par ailleurs consolider sa toile avec des participations européennes et non être un outil français pour l’Europe, comme nous le préconisions pour à Qwant avant d’être recapitalisé par la Caisse des dépôts et Microsoft.

S’agissant de la taxation financière des GAFA(M), qui ont multiplié leur chiffre d’affaires avec la crise, qui fonctionnent sans marges mais sur leur trésorerie comme les grands distributeurs alimentaires, qui divisent aussi les états européens avec toujours le même clivage, qui font aussi travailler de très nombreux libraires par des envois à coût réduit, la solution réside peut-être dans plus grande une incitation de solidarité financière même défiscalisée ou dans la recherche cyber, digitale et numérique sur le coup d’avance pour posséder immédiatement des remèdes aux attaques soudaines, d’autant plus avec l’euro numérique prochain.

Enfin, une réelle stratégie cyber et numérique pourrait faciliter et maintenir les relations entre entreprises et autres organisations. Ces structurations industrielles doivent enfin intégrer le couvage de projet comme le couvage de start up puis de PME par les groupes, et développer à la fois une approche de chasse en meute et de chasse en escadre. Les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), doivent pouvoir adapter leur modèle et leur politique générale stratégique, structurelle, identitaire et décisionnelle, et seront la pierre angulaire entre les modèles français et allemand qui ne doivent pas forcément se copier mais s’imbriquer avec des dispositions communes entre les deux pays.

Misons enfin désormais pour des présences européennes renforcées dans les salons ou événements français comme déjà en partie au salon FIC de Lille ou peut-être enfin avec le pôle cyber de Bretagne.

Labels et certifications

Les labels, d’initiative volontaire, ainsi que les certifications, représentent des avantages pour structurer, en qualité et confiance, en tamisant le bon grain de l’ivraie opportuniste, avec des processus d’attribution et de vérification, permettant souvent de façon sous-jacente d’aider également les entreprises et autres organismes à découvrir une vraie relation client et fournisseur.

Les inconvénients existent aussi pour des mêmes causes d’audit ou de processus détourné de leur bon sens ainsi que pour des labels souvent politiques et territoriaux dit d’excellence pouvant cacher certaines réalités négatives d’imposition plus qu’adhésion et donc souvent d’incompétence ou d’incohérence comme nous l’avons vu dans les pôles de compétitivité.

De même n’oublions pas que les marchés publics ne doivent pas discriminer les entreprises n’ayant pas choisi de certification, comme par exemple ISO 9001 ou 14001, qui elles-mêmes souvent sont allées au-delà des normes demandées qui mobilisent temps et argent, et qui doivent pouvoir faire valoir une possible équivalence. Dans ce domaine, les projets relatifs au digital et la cyber sécurité doivent s’inspirer des exemples dans les autres domaines plus anciens et peuvent aussi les faire avancer.

Des initiatives voient le jour par l’intermédiaire d’autres organisations facilitatrices telles ECSO avec le label d’origine géographique « Cybersecurity made in Europe » pour l’instant plus IGP qu’AOP sans notion de certification sur les produits ou services. Ceci ne doit pas remplacer une nécessaire présence permanente et notamment industrielle française dans les séminaires bruxellois de l’ENISA. L’industrie française et ses PME ou start up reconnaissent trop se reposer sur l’ANSSI dont ce n’est pas le travail, mais peut-être aussi par directive. Les agences nationales française et allemande contrôlent et verrouillent l’agence européenne avec une certaine  rivalité et confiance relative entre l’ANSSI française qui certifie sur les habilitations et les personnes et le BSI allemand qui certifie plutôt sur le process, les outils et installations. Les deux approches mixtes de certification peuvent aussi être valorisées sous une approche de label d’éléments complémentaires, pourtant affiché, mais qui ne parvient pas à être mis en œuvre, et dont les responsables, avec également leurs personnalités, ne veulent pas venir parler, avec les mêmes réalités que d’autres agences européennes dont l’EASA. Ceci pourrait pourtant montrer l’exemple dans le cloud mais aussi ses applications dont les données de dossiers passagers (PNR) différents terre, air mer, et qui justement devraient par ailleurs être traités de façon globale pour avancer,  mais aussi dans beaucoup d’autres domaines dont la fiscalité où les visions diffèrent entre les états qui ne doivent pas rester divisés pour autant. Peut-être faut-il porter une fois de plus cela au niveau européen pour le voir enfin aboutir.

La finance structurante qui sera abordée plus après pourra également prévoir un label éthique pour l’origine des fonds mais également pour leur utilisation qui ne doit pas non plus empêcher l’innovation qui elle-même peut aussi utiliser un label qualité de prise de considération des projets antérieurs en terme d’optimisation de temps et d’argent.

En terme d’optimisation des approches, nous pourrions aussi imaginer l’exemple des labels cloud en lien avec la santé, la notion de Partenariat Public Privé, le dual civil-militaire et/ou public-privé mais également le portage et/ou de couvage entre groupe et PME, qui ne sont pas obligées de vivre par des prises de participation mais trouver le lien bénéfique pour tous comme sait le faire par exemple Dassault System. Peut aussi se poser l’opportunité des liens labellisés avec l’usine du futur ou 4.0, la transformation digitale, le Smart Data et l’Intelligence Artificielle avec des structures et des moyens adaptés aux tâches voulues, que certains analysaient comme étant la base de GAIA-X, avec aussi un risque de mélange selon certains spécialistes.

S’agissant de certification qui reste également volontaire, il n’existe pas encore au sein de l’UE, de notion de fiabilité sur les outils et aucun regard sur le portage d’origine, désireuse de ne pas mettre de frontières donc en cohérence avec GAIA-X ou la recherche. Notons le règlement (UE) 2019/881 qui prévoit que l'UE fournira des programmes de certification à l'échelle de l'UE sous la forme d'un ensemble complet de règles, d'exigences techniques, de normes et de procédures. De tels systèmes, une fois adoptés au niveau de l'UE, pour des produits, services ou processus spécifiques, seront valables et également reconnus dans tous les États membres de l'UE. Comme dans d’autres domaines, actuellement, le paysage de la certification de cybersécurité des produits et services TIC dans l'UE est toujours assez dispersé car il existe un certain nombre d'initiatives nationales et également internationales, telles que les soi-disant critères communs (CC) pour l'évaluation de la sécurité des technologies de l'information. Notons aussi l’accord de reconnaissance mutuelle (ARM) sur la sécurité des systèmes d'information (SOG-IS) avec un prochain premier schéma à être rédigé dans le cadre du cadre de certification de cybersécurité de l'UE.

Les systèmes européens de certification de cybersécurité pourraient permettre à la fois des auto-évaluations de la conformité comme pour le marquage CE et des certifications, l'évaluation étant effectuée par des organismes d'évaluation de la conformité tiers. Suite notamment à nos recommandations, une « smart » certification à trois niveaux d'assurance est prévue et chacun d'eux fournira une rigueur et une profondeur correspondantes de l'évaluation du produit TIC, du service TIC ou du processus TIC sans forcément différencier la taille ni les capacités de l’entreprise. Grâce à l'auto-évaluation de la conformité, seul le niveau d'assurance de base peut être atteint, tandis que pour les certifications, un niveau d'assurance de base, substantiel ou élevé peut être atteint. Le processus de certification, contrairement à l'auto-évaluation de la conformité, respecte les dispositions du règlement (CE) 765/2008 qui définit les exigences en matière d'accréditation et de surveillance du marché.

Comme pour le marquage CE, dans le cadre du règlement susmentionné, chaque État membre nommera un organisme national d'accréditation (NAB), qui délivrera des certificats d'accréditation aux organismes d'évaluation de la conformité (OEC). L'accréditation peut être délivrée aux organismes d'évaluation de la conformité pour un ou plusieurs programmes de certification de cybersécurité spécifiques, pour une durée maximale de cinq ans et peut être renouvelée par la suite. Pour chaque système européen de certification, les autorités nationales notifieront à la Commission européenne les organismes d'évaluation de la conformité qui ont été accrédités. Compte tenu de la validation à l'échelle de l'UE du cadre de certification de cybersécurité de l'UE et des certificats délivrés, un producteur ou fabricant d'un produit TIC, d'un service TIC ou d'un processus TIC peut demander un processus d'évaluation par tout organisme d'évaluation de la conformité accrédité dans l'UE.


Pour autant, comme pour le marquage CE avec certains retours d’expérience négatifs dans le domaine de la santé, il conviendra d’éviter les risques d’impacts industriel, les failles de processus avec préjudices potentiels ou réels de certaines décisions institutionnelles pour les entreprises. Les agences nationales devront s’engager à aider leurs industriels à être orientés vers d’autres organismes ou à obtenir un délai de mise aux normes, sans annulation de l’historique, s’il se trouvent en difficulté notamment avec un organisme notifié choisi en Europe ailleurs que dans leur pays. En cas de problème, il conviendra de pouvoir s’adresser à l’ENISA en cas de litige. Il est néanmoins rappelé que dans le marquage CE, les industriels ou fournisseurs de services peuvent eux-mêmes certifier s’ils s’en pensent en capacité et que le marquage ne peut être apposé que s’il existe une réglementation ou une contrainte européenne sur le sujet.

Contractualisation européenne

Une politique de préférence européenne raisonnée pourrait se compléter d’un « buy-cyber-act » européen avec néanmoins prise en compte des limites juridiques de la certification et des labels énoncés plus avant et avec la création d’une agence de style OCCAR dans l’armement pour la gestion des grands projets, en relation avec l’ENISA. Avec un management fort, elle pourrait notamment passer des appels d’offre en réclamant un budget attribué directement aux PME, dont un quota minimal issu de pays différents du maître d’oeuvre. Concernant le marché, il pourrait être intéressant d'inclure l'offre cyber européenne dans les échanges de compensation, essentiellement à l'étranger, car théoriquement interdites en Europe, peut-être avec un traitement spécial pour les GAFA(M) comme exposé plus avant.

Finance structurante

Enfin, la partie financière de haut de bilan, et sans doute la plus importante, doit également intégrer tous ces éléments, voire en être aussi un élément structurant de l’écosystème au-delà de la pure notion de profit ou de gestion de risque.

Est apparue récemment l’ »European cybersecurity investment platform » regroupant des fonds comme ACE Management (France),  Adara Ventures (Lux), ecapital entrepreneurial partners ag (Allemagne), KPN Ventures (Pays Bas), P101 (Italie), Primomoglio SGR (Italie), TIIN Capital B.V (Pays Bas) et Vendep Capital (Finlande) qui peuvent être appréciés comme étant de véritables acteurs de politique industrielle avec leurs objectifs et réalités, notamment calendaires, qu’il convient d’encourager pour soutenir le tissu industriel européen.

Ils doivent tenter d’agir dans une recherche de segmentation, de solidarité et de relative autonomie industrielle et économique intelligente.

Cette approche financière doit aussi répondre à la dynamique de gouvernance actuelle avec la constitution d’un vrai fonds de fonds européen garanti, voire abondé par les institutions, désormais capable d’une signature unique européenne pouvant accompagner en garantie mais aussi en capital, comme le Conseil européen de l’Innovation (EIC) le fait dans le recherche sur des entreprises « non bancable » allant jusqu’à plus de 25% si stratégiques, avec qu’avec un taux de rentabilité réclamé plus bas, comme a su le faire la Caisse des Dépôts et de consignation. Les fonds doivent également intégrer la volonté des groupes de prises de participation dans des PME européennes.

 

François CHARLES

Président de l’I.R.C.E. www.irce-oing.eu

Président de NOVIAL CONSULTING, Conseil en stratégie, management intelligence économique www.novialgroup.fr

 

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ARTICLES EUROPEENS

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Retrouvez mes articles européens sur les site de l'I.R.C.E. www.irce-oing.eu 

 

Les publications et réactions de l’I.R.C.E.

 

Hors courriers de propositions et/ou commentaires et/ou questions aux Institutions et Etats

Hors communication et communiqués d’actualités, de comptes rendus d’événements I.R.C.E.

et autres nombreux événements extérieurs auxquels nous avons assisté à retrouver sur les news letter

Dans de nombreux domaines (gouvernance, défense, énergie, numérique, transports, etc…)

A retrouver sur notre site www.irce-oing.eu, dans les recueils « politiques européennes »

et dans certaines revues ou journaux dont lesEchos.fr

 

RECHERCHES PAR MOTS CLES - LIENS AUTOMATIQUES EN COURS D'ACTUALISATION

VOIR EGALEMENT LISTE EN PJ

 

segmentation, imbrication : à la recherche d'une solidarité et d'une certaine autonomie industrielle et économique européenne unie dans la diversité

L'EUROPE DE DEMAIN

Faut-il reprendre le termes d'airbus, de plan marshall et pourquoi pas ariane esa occar et psa en eruope ?

LES ENTREPRISES DEVRAIENT DAVANTAGE SE PREPARER A UN BREXIT DUR 

REAPPRENONS LES 8 et 9 MAI 1945

LA PLANCHE A CLOUS EUROPEENNE

CRITICITE DES RISQUES SUR LE PACTE VERT

RE-APPRENONS PENDANT CETTE CRISE SANITAIRE FORCEE

la courbe du deuil et le REFRESH europeen pour le coup d'apres la crise du covid-19

LES ENSEIGNEMENTS EUROPEENS DE LA CRISE SANITAIRE SUR LE COVID

(re)apprentissage de solidarite

europeen temps de crise et resilience

ce et gestion de crise

decloisonnement du label franco-allemand pour les services d’informatique en nuage de confiance

virus : capitalisation et valorisation de l'innovation duale et decloisonnee

gestion de crise de l'ue sur le coronavirus covid-19 et ses realites sous-jacentes

la turquie entrainera-t-elle l'otan et l'europe dans la guerre et contre qui ?

defense : la confiance francaise eu europe passera-t-elle par le nucleaire ?

absence d'accord sur le budget de l'ue : vers une logique de groupes de coherence ?

BREXIT : UNE SEPARATION PAR CONSENTEMENT MUTUEL ACQUISE EN ESPERANT UN PROCHAIN DIVORCE INTELLIGENT

FONCTIONNEMENT JURIDIQUE ET PROCESSUS DE DECISION EUROPEEN

BREXIT OU BRINO ? REPONSES POUR L'ECOSSE ET L'IRLANDE ?

ELEMENTS CACHES DE NORD STREAM II ET TURC STREAM POUR LA GEOPOLITIQUE EUROPEENNE

CARBONE 2050 "INTELLIGENTE" REPRENANT NOS PROPOSITIONS

EUROPEEN ET THEORIE DES ORGANISATIONS

CYCLE FRANCO-ALLEMAND DE L'I.R.C.E.

REEQUILIBRER LES AIDES STRUCTURELLES DE COHESION EUROPEENNES ?

F. PARLY REPREND ENFIN LES PROPOSITIONS DE L'I.R.C.E. SUR UN PILIER EUROPEEN AU SEIN DE L'OTAN REELLEMENT EN MORT CEREBRALE OU STRATEGIE PSYCHOLOGIQUE ?

ELEMENTS SOUS-JACENTS DES 30 ANS DE LA CHUTE DU MUR DE BERLIN

STREAM II : L'ACCEPTION DU DANEMARK REMET-ELLE EN QUESTION LE TRAITE DE L'OTAN ?

NOUVELLE DG "INDUSTRIE" DE DEFENSE et ESPACE

JEU DU TRIANGLE DE KARPMAN POUR L'UE

ROUE DE NASH DE LA NEGOCIATION EUROPEENNE BILATERALE ET MULTILATERALE

des jumeaux numériques territoriaux en matière d’énergie et d’environnement

QUEL RISQUE BREXIT ENTREPRISES DONT PME + ELEMENTS POSITIFS DE REBOND

L’interdépendance du F-35 en Europe

Ferroviaire : quelles questions face à la stratégie chinoise en Europe ?

Commentaires sur les élection de septembre en France et en Allemagne

Commentaires sur le discours d’E. Macon sur l’Europe

Les mots clé de la défense européenne

Pour une nouvelle négociation raisonnée sur le Brexit

LE MCO DU MOTEUR MTR 390 DE L'HELICOPTERE TIGRE : UN EXEMPLE FEDERATEUR

PARTICULARITES DE LA COUR DE JUSTICE DE L'UNION EUROPEENNE

FUTUR PARQUET EUROPEEN

LE BALCON DE L'EUROPE DE NEJRA SUR LA COSTA DEL SOL

POURQUOI LES PARLEMENTS NATIONAUX DOIVENT-ILS RATIFIER CERTAINES DECISIONS EUROPEENNES ?

COMMUNAUTE HANSEATIQUE AU SEIN DE L'EUROPE

DE MINES FRANCAIS POUR LA BELGIQUE ET LES PAYS-BAS

EMMANUEL MACRON, LE KENNEDY FRANCAIS ET EUROPEEN

EMMANUEL MACRONLE NOUVEAU KENNEDY SPATIAL FRANCAIS ET EUROPEEN

L’in(ter)dépendance France (Europe) Chine sur la défense

SAFETY ? SECURITY ? SECURITE ? SURETE ? ATTENTION AUX FAUX AMIS

TRAVAILLEURS DETACHES ET TRANSPORT ROUTIER

LES LIENS BELGES PAR L'HISTOIRE

LES COQS FRANCAIS ET WALLONS ET LES 5 PRESIDENCES EUROPEENNES

LA PHOTO "NORMALE" DU G20 DE 2019

EXEMPLES DE MODELS ALLEMANDS DE COOPERATIONLes réalités du SCAF

QUELS BLASONS D'IDENTITE EUROPENNE ?

VALORISATION ET CAPITALISATION TECHNOLOGIQUE DUALE

Couvage stratégique industriel européen

FONCTIONNEMENT DES INSTITUTIONS EUROPEENNES

DEUILS ET COUPS DE TAMIS EUROPEENS

ETUDE I.R.C.E. MCO DE DEFENSE EUROPEEN - MILITARY MRO EUROPEAN STUDY

BREXIT : LES ELEMENTS SOUS JACENTS

COMPRENDRE LES IDENTITES EUROPEENNES PAR LE FONCTIONNEMENT DE LA FORET

INFRASTRUCTURES SENSIBLES EN EUROPE

BREXIT SANS ACCORD MODE D'EMPLOI POUR LES ENTREPRISES

ALSTOM SIEMENS : REALITES A CHARGE ET A DECHARGE, CONCURRENCE OU GEOPOLITIQUE ?

ELECTIONS EN Autriche, République tchèque, Espagne, Royaume-Uni : quels points communs ?

LA Politique d'armement en France et en Europe - Intervention de F. CHARLES – devant Open Diplomacy Président de l'I.R.C.E.

LES ETATS-UNIS UNE NOUVELLE FOIS AU SECOURS DE l'EUROPE ?

L'HYMNE A LA JOIE - ORIGINE, HISTOIRE, PAROLES, SYMBOLISME et EVOLUTION

INTERDEPENDANCE TURQUIE - UE ? : INTENTION REPETEE DE MARIAGE MAIS FIANCAILLES TROP LONGUES

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JO D'HIVER 2018 D'HIVER DE LA PAIX OU DE LA MANIPULATION POSITIVE ? QUELLE APPLICATION EN EUROPE ?

Discours de la CEREMONIE DES VOEUX I.R.C.E. 2018

Dossier LES FINANCEMENTS DE L'UNION EUROPEENNE

ELECTIONS EN AUTRICHE, REPUBLIQUE TCHEQUE, ESPAGNE, ROYAUME-UNI : QUELS POINTS COMMUNS ?

L'EUROPE ET LES ENTREPRISES

A l'occasion des cérémonies du 11 nov, l'IRCE ravive la mémoire des morts de la guerre de 1870-71

SEPARATION DES BANQUES AUX OUBLIETTES SINE DIE EN EUROPE ?

Discours d'Emmanuel MACRON "Initiatives européennes" ET commentaires

PAQUET DEFENSE DE LA COMMISSION EUROPEENNE ET COMMENTAIRES

GOUVERNANCE DE LA ZONE EURO

Dossier FINANCEMENTS DIRECTS ET INDIRECTS DE L'UE POUR LES PME

REACTION TRUMP POUR LE CLIMAT : RISQUES ET OPPORTUNITES POUR L'EUROPE

BREXIT : LE ROYAUME UNI PROTEGE SES ZONES DE PECHE

SOLIDARITE EUROPEENNE FACE AUX CATASTROPHES DONT FEUX DE FORET

Discours des  VOEUX DU PRESIDENT L'I.R.C.E. 2017 - ROTONDE GABRIEL - ECOLE MILITAIRE

VERS LA MISE EN PLACE D'UN FONDS EUROPEEN DE DEFENSE "D'EQUIPEMENT"

LA CHINE TISSE SES ROUTES DE LA SOIE EN EUROPE

dossier FONCTIONNEMENT ET AVENIR ECONOMIQUE DE L'UE

NEXTER-KMW : le modèle PSA de l'armement terrestre européen

Questionnaire Management et partenariat industriel européen à l'occasion d'Eurosatory

Colloques zone euro : les réponses de l'I.R.C.E.

La diminution du nombre des régions en France, pour quoi faire ?

BREXIT : Les 4 points de David CAMERON et notre réponse

Dossier SMALL BUSINESS ACT, FINANCEMENTS DIRECTS ET INDIRECTS

discours des  voeux du président de l'IRCE pour 2015

l'Euro au plus bas depuis 14 mois : quelques réalités

Affaire ALSTOM - le courrier du président de l'IRCE à M. Montebourg

Les PME en Europe

L’avenir de la défense européenne à l’ère Trump

L’équipe d’Europe à 28 à travers le Team Management Système

Ukraine : les options de maintien ou de sortie de crise

Et pourquoi pas une intervention terrestre franco (russe) européenne en Syrie ?

L’impossible livraison française et européenne des Mistral à la Russie

La Chine au secours de l’Europe ? (1) (2)

L’Ukraine ou le recommencement de l’histoire

Merci Charlie pour l’Europe

Crise ukrainienne : objectifs et réalités

La faillite de la politique de voisinage de l’UE

discours des Les voeux du président de l'IRCE pour 2014 - Best wishes from the President of the IRCE for 2014

la réaction de l'IRCE et infos Parlement suite à la crise des réfugiés

Le Rafale désormais un succès français mais également européen à l’export

Les questions sécuritaires des flux migratoires actuels et leurs aspects militaires (intervention Sabres OTAN)

Les plages du débarquement de l’humanité

La transition énergétique européenne : comprendre les enjeux pour consommer autrement

La BA  102 de DIJON : nouveau centre d’excellence aéronautique européen de l’OTAN ?

La Crimée ou la MESORE de V. Poutine

La France adoubée nouveau leader responsable du groupe européen de l’OTAN

Doit-on sauver le soldat européen Ukraine ?

Consolider la dynamique européenne par la mise en place de sous-groupes de cohérence

Le regroupement des régions s’insère-t-il dans une dynamique européenne ?

Les européens « unis dans la diversité » à travers nos langues et nos musiques

Logique de subsidiarité en attente d’une vraie politique européenne de défense

Réjouissons-nous, un avion de chasse européen dansera la Samba

Le difficile « tâtonnement walrasien » français de compétitivité

Comment réagirait l’Europe s’il s’agissait d’une attaque nucléaire ?

A quels jeux joue donc Bachar El Assad ?

Syrie : le passer outre de l’ONU cachera l’échec politique de l’Union européenne

Un livre blanc sur la défense de consolidation et de contradiction (1) (2) (3)

Vers quel modèle de défense européenne ? *

Pour une segmentation énergétique européenne

Urbi et Orbi : quels enseignements pour l’Europe et le monde

A la redécouverte des centimes d’euros

Corée du Nord : encore un loupé pour l’UE ?

la vache folle, un nouveau regard sur les viandes et sur l’Europe

Un budget « anglo-saxon » mais n’oublions pas la codécision

L’intervention « pour l’instant française » au Mali

Le grand vide du discours de Barack Obama pour l’Europe

Prix Nobel de la paix : une prise de conscience pour l’Union Européenne

Connaissance des nouveaux pays entrants (Administration, économie, géographie, culture)

A qui jouent la Grèce, la zone euro et les banques ?

un « Buy European Act » industriel de défense et de sécurité (1) (2)

mise en place d’un pare-feu de dissuasion mais gare aux dégâts collatéraux

Crise financière : mais qui veut donc la peau de l’euro ?

Quelles solutions de sortie de crise en Syrie ?

Et pourquoi pas une force d’intervention arabe en Syrie

Euro, fédéralisme et convertibilité or d’euros obligations (1), (2) et (3)

Jeux olympiques et affirmations internationales

La crise salvatrice de l’euro et de la Grèce

Le Rafale en Inde mais pourquoi pas toujours en Europe ?

L’OTAN vecteur d’intégration européenne

Mariage homosexuel : qu’en pense l’Europe chrétienne ? - Pour une règle d’or énergétique et nucléaire

Achevons l’édifice du fédéralisme européen (1, 2 et 3)

Fascicules : A retrouver également en vente en ligne

Les rêves européens de Sarko

78 propositions défense, sécurité et relations internationales

Regards sur la crise en Ukraine

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L’EUROPE DE DEMAIN

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

L’EUROPE DE DEMAIN

 

On me demande souvent ce qu’il adviendra de l’Europe comme si elle allait mal ou devait se casser indéniablement, arrivée à la fin d’un cycle, ou devait renaitre grâce notamment à cette récente guerre, selon certains, du COVID. Je reprendrai un condensé actualisé de mes discours de vœux avec certains mots clés ou bien entendu chacun aura ses lunettes et écoutera à sa façon, voire entre les lignes, car l’Europe c’est aussi et sans doute avant tout une problématique de mots.

 

En passionné d’histoire, je répondrai qu’il faut savoir regarder, analyser et capitaliser toutes les expériences de vie et les attentes réciproques pour aller de l’avant, avec pourquoi pas une grande solidarité continentale de l’Atlantique à l’Oural en interdépendance avec le reste du monde, notamment occidental, en ces moments de commémoration et de deuil renouvelé.

 

En philosophe, et en prenant ma traditionnelle baguette magique qui aide certains à construire une Europe pour tout le monde pareil, ce qui n’est pas forcément la solution, j’ai envie de rêver des bienfaits de la naïveté de l’enfant qui peut croire que tout est possible avec courage et bienveillance, mais les grands fondateurs ne l’ont-ils pas fait ?

 

En économiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes et internationales, je souhaite que l’Europe, où nous dirons ici que l’UE, réfléchisse en même temps sur les 4 piliers et principes de politique générale, à savoir la stratégie, la structure, l’identité et la prise de décision et qu’elle accepte qu’il est possible d’en changer en fonctions notamment des événements. Elle doit continuer à donner du rêve par des grandes annonces, comme le plan de relance qui n’a cette fois pas de nom, mais avec un pilotage responsable, efficace, réaliste, réalisable et déterminé dans le temps, avec également des moyens de sanctions comme dans toute forme d’organisation pérenne.

 

Je souhaite un certain courage aux nouvelles institutions qui vont sans doute devoir décider de changer certaines briques pour avancer, peut-être désormais avec une gouvernance tournée vers un nouveau chapeau de domaines d’exclusivité, sans reprendre forcément les mots de régalien ni fédéral non compris de la même façon par tout le monde, notamment en France et en Allemagne, et pourquoi pas dans la création d’une nouvelle instance de vote représentative des régions.

 

Elus et institutionnels doivent trouver le chemin de l'écoute et de la pédagogie avec une valorisation reconnue de ce qu'apporte l'Union européenne sans forcément la mettre à leur profit quand cela les arrange ou éviter de dire que l'Union est exigeante quand ce sont eux qui durcissent trop les réglementations, notamment dans l'agriculture, qui doit par ailleurs rester une force motrice comme elle l'a été au début de la construction européenne, même si elle doit désormais être adaptée à l’environnement et à la santé. Le pacte vert et son financement ne doivent pas être une variable d’ajustement même s’il faut savoir parfois faire des choix budgétaires, mais doit néanmoins montrer une certaine souplesse pour une meilleure atteinte des objectifs fixés. 

 

Je souhaite à la Commission, qui se veut désormais forte, responsable, agile, décloisonnante et géopolitique, pour reprendre les mots de sa Présidente, qu’elle sache travailler avec ambition mais œuvrer avec discernement et réalisme pour ses nouveaux objectifs annoncés et notamment dans une certaine idée de politique industrielle forte, bénéficiant de financements propres, comme développés actuellement en equity ou haut de bilan dans l’innovation pour bâtir des licornes et par des emprunts en son nom, en remplacement ou affirmation de certaines aides d’état, garanties par la monnaie, voire par des obligations. Le nouveau Parlement européen doit quant à lui continuer à afficher une certaine identité de démocratie en faisant respecter un travail constructif tripartite et désormais une future possibilité d’initiative ;

 

Je souhaite une valorisation de l’UE au niveau international, avec une parole affirmée à la fois forte et diplomatique, qui ne peut qu’être adossée à des capacités autonomes et stratégiques fortes et sécurisées, voire en parlant de souveraineté ou d’intérêts vitaux, si ces mots peuvent être rassembleurs;

 

Au-delà du chacun pour soi, je souhaite aux à l’UE et ses nations « unies dans la diversité », de trouver et comprendre les bienfaits d’éléments communs et de valorisation des différences, pour créer une certaine dépendance dans l’interdépendance dans de nombreux domaines économiques, notamment ceux stratégiques de l'énergie et de l'industrie en général afin de mieux travailler et être plus forts et efficaces ensemble, tout en conservant chaque point fort de leur identité au profit de la communauté pour notamment créer des modèles exportables. Nous ne devrions plus avoir besoin de la Chine, des Etats-Unis ou du Japon qui considèrent souvent l’Europe comme un terrain de jeu, pour comprendre nos atouts économiques. Alliés et partenaires doivent être choisis en transparence et courage pour une certaine protection de préférence européenne minimale et raisonnée, parfois même coûte que coûte, sans bien entendu fermer les frontières. Il convient d’avancer ensemble à la fois dans un certain équilibre créateur de richesses avec une composante sociale intégrée dans une concurrence intelligente et dans une cohérence d’actions à la fois bilatérale et multilatérales en continuant à veiller aux choix des citoyens mais avec de nouvelles initiatives. Les entreprises doivent comprendre que l'UE a misé sur elles depuis longtemps pour la création de richesses notamment avec la recherche et qu'elles s'inscrivent également dans une dynamique d'identité pour ce qui est bon pour l'Europe et non dans une logique purement financière et de profit.

 

Je souhaite que l'Europe reste forte, solidaire, face au risque de dilution et de fracture, notamment crée par les migrations légitimes ou cachées et face aux risques et menaces extérieures ; Je souhaite que la notion de solidarité soit renforcée entre grands et petits pays qui doivent être mieux considérés sans oublier l’histoire de certains, grands autrefois, voire entre groupes de pays et entre régions, avec un partage des préoccupations des quatre points cardinaux de nos frontières, sans forcément apporter la même réponse ou contribution. Les pays fondateurs doivent continuer à aider financièrement les pays nouvellement rentrés ou candidats afin de consolider leurs économies, mais ceci doit se faire avec mesure et respect de règles fondamentales sans inciter à certaines dépenses cofinancées qui peuvent mettre en péril des économies déjà fragilisées face aux investissements à réaliser dans certains domaines prioritaires. Ces mêmes pays doivent reconnaître cet effet de levier qui leur apporte souvent des technologies récentes et penser aussi en terme de retour d'investissement, voire en réattribution,  pour les pays fondateurs qui désormais en reçoivent moins mais émettent de nouveaux besoins notamment sur les infrastructures. Par ailleurs, certaines dynamiques doivent être mûries au sein de groupes de cohérence, notamment au sein même de la zone euro, afin d’éviter tout risque de contagion et il semble important qu’une fiscalité soit régulée tout en laissant une souplesse d'ajustement pour chaque pays ;

 

Je souhaite que la France et l’Allemagne, forces motrices majeures de l’Union, sachent trouver les bons mots et les bonnes solutions pour se parler sans forcément se jalouser, se copier,  s’imposer, ni surtout se blâmer et savoir considérer les autres en confiance, et pourquoi pas dans une notion de label où chacun est libre de proposer une solution. Je souhaite que nos amis Britanniques, qui semblent cette fois avoir décidé d’une certaine voie (voix), trouvent une forme de partenariat équitable et équilibrée pour que tout le monde puisse faire son deuil sans regret ni espoir de revanche afin d’œuvrer comme un couple séparé mais sachant continuer à travailler et se côtoyer de façon intelligente en conservant les éléments positifs du passé et en acceptant le fait de s’être trompé, peut-être par manque de maturité, comme nous pouvons le faire avec un autre grand pays candidat. Au-delà du travail de négociation, qui s’avère délicat et loin d’être terminé, il sera important de tirer les constats d’un tel épisode notamment pour l’UE.

 

Je souhaite que les citoyens s'intéressent aux institutions et à leurs actions de façon constructive, en se donnant la permission d'exprimer leurs idées, leurs  propositions, leurs commentaires mais également leur mécontentement constructif avec les outils et les structures, mis à leur disposition sans pour autant stopper certaines dynamiques pensant qu'elles ne les concernent pas ; Je souhaite que les idéalistes européens d'un seul moule comprennent la volonté d'identité et d'une certaine indépendance de chaque peuple qui apparaît souvent lors des élections, surtout venant de pays qui souhaitent enfin un peu exister avec aussi une certaine souveraineté sans forcément être des enfants libres ; mais je souhaite aussi que les idéalistes nationaux comprennent que ces peuples peuvent néanmoins aspirer à vivre ensemble dans un monde de paix mais surtout d'échanges pour les rendre plus forts. Je souhaite qu'Erasmus + continue à faire autant de bébés et qu'ils vivent en pleine santé dans un mix-énergétique cohérent, économique et sécurisé. Je souhaite que certaines valeurs, parfois adaptables et difficilement définissables de la même façon par tous, comme le sont les intérêts vitaux, soient le socle d’une identité propre pour que nous puissions dire que nous sommes fiers d'être Européens, unis dans la diversité en étant un modèle pour le monde sans forcément ouvrir nos frontières librement

 

Enfin, je souhaite qu'une défense européenne trouve ses marques et son identité en terme d'équipement en confiance de capacités et de fonctionnement de façon intelligente et optimisée avec une interdépendance, voire une gouvernance propre, au sein de l'OTAN, vecteur d'intégration européenne, tant qu'elle existe, ou même à l’extérieur avec une structure rebâtie mais autonome et européenne avec des relations toujours étroites avec ses alliés historiques militaires que sont les Britanniques et les Etats-Unis, mais avec un dialogue, voire une coopération envers la Russie et la Chine pour éviter toute fausse incompréhension d’identité. Reste à en trouver une méthode européenne d’intégration efficace pour donner envie sans imposer.

 

Pour terminer, je reprendrai ce poème que certains connaissent désormais. Comme le diamant issu des profondeurs de la terre, l'Europe ne se fera pas en un jour et son origine est ancrée au plus profond de notre histoire. Comme le diamant, l'Europe ne sera, pas non plus, façonnée ensuite en un jour et il convient d'y apporter une attention bienveillante à chaque instant. Comme le diamant, qui brille de mille facettes, qui en font ensemble sa rareté et son effet précieux, l'Europe est éclatante, attrayante, enviée et riche, par sa diversité et l'interdépendance de ses territoires, de ses peuples et de ses compétences. Elle peut avoir plusieurs apparences et briller différemment en fonction de son environnement. Comme le diamant, elle pourra avoir quelques imperfections, qui feront son caractère, mais qui pourront aussi être gommées pour la rendre plus belle. Comme le diamant qui ne se brise pas, l'Europe sait être la plus forte. Et comme le diamant, l'Europe est éternelle.

 

François CHARLES

Président de l’I.R.C.E.

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Suez (Engie) Veolia une affaire française mais également européenne

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Le dossier Suez-Veolia est particulier sur ses objectifs, réalités et options de solutions qui transformeraient cette opération en intelligence et prise de conscience européenne sur les domaines stratégiques de l’eau et de l’environnement, en plein pacte vert et accélération du recyclage et surtout d’indépendance de souveraineté nationale revenue. Il semble important de penser avec discernement, en profitant de valoriser les forces motrices françaises dans une politique industrielle voire de segmentation européenne où les états et institutions, parties prenantes des réalités de concurrence, peuvent et doivent être présentes pour définir le cadre d’intervention dans un certain intérêt général l’emportant sur des recherches de profits particuliers ou nationaux ainsi que sur de simples affaires de personnes.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes. Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

Suez et Veolia sont à peu près identiques sur leurs capacités eau et environnement et  rayonnent en leaders en Europe et dans le monde avec parfois des opportunités d’alliance. Elles ont été développées à partir du même décret napoléonien et possèdent des identités fortes avec des clients plutôt fidèles.

Il ne s’agit pas d’une problématique financière et d’une OPA liée au Covid car des rumeurs de volonté de rachats de Suez circulaient déjà en 2018, mais d’une opportunité liée à la volonté de désengagement d’Engie, actionnaire de Suez et en actuelle recherche de repositionnement et de consolidation. Veolia misera certainement sur l’effet de levier de reprise des parts d’Engie pour acquérir son concurrent historique, voire héréditaire, dont le conseil d’administration a refusé l’opération comprenant qu’une fusion est avant tout in fini une acquisition. Nul n’est pourtant tenu des rester en indivision avec la problématique de choix de l’acquéreur de ces parts.

Certains s’interrogeront aussi sur l’absence de rachat des parts d’Engie par Suez elle-même avec ou sans l’appui de partenaires. Notons l’absence de propositions du fonds suédois AQT qui a racheté Saur et l’apparition potentielle de Meridiam, fonds français en Europe, et non fonds européen, pour ce type d’opération. Il s’agirait pour lui de reprendre les activités, donc rentables sauf incitation particulière, de distribution et traitement de l’eau de Suez afin sans doute que la nouvelle Commission européenne puisse apprécier la notion de bonne concurrence pour les citoyens, dans le cadre de son domaine exclusif de compétence. Même en conservant un lien fort et historique de sous-traitance avec l’ancienne maison mère, subsistera le problème des marchés à identifier avec sans doute une offre différente peut être intéressante pour les usagers mais risquée comme cela est le cas dans l’électricité. Mais Etat et Commission devront aussi se souvenir que les fonds, qui se disent désormais durables et qui sont parfois de véritables acteurs de politique industrielle, revendront un jour leurs acquisitions et que le sujet n’est donc pas clos.

Notons que l’état dispose d’une juste minorité de blocage avec droits de vote théorique dans Engie, elle-même propriétaire de 32 % des parts de Suez et qu’il suggère de prendre son temps avec une certaine ou relative bienveillance de tutelle. Peut-être aura-t-il aussi promis ce rachat en toute puissance voire douce violence, comme pour certaines autres affaires dans d’autres secteurs stratégiques notamment dans la défense.

Pour autant certaines options et propositions restent ouvertes nécessitant à la fois une nouvelle pensée de gouvernance ainsi qu’une analyse fine de concurrence avec possible d’imbrication d’éléments communs et spécifiques.

D’autres acteurs ne pourraient-ils pas être intéressés notamment au niveau européen considérant le rayonnement de leadership en Europe et dans le monde sauf à penser que le dossier est devenu urgent, notamment pour Engie, et qu’il n’est pas utile d’y travailler pour créer facilement un champion et en finir avec cette concurrence sur ce sujet très politique touchant les territoires avec toutes leurs réalités ?

L’administration de tutelle française peut agir en donnant l’exemple en évitant une OPA hostile sans forcer les acteurs, dans la recherche d’un possible et unique champion européen, en les guidant vers une dynamique de sens, en travaillant en concertation avec l’Allemagne et les autres pays, voire en invitant d’autres acteurs tiers européens à s’y impliquer pour valider et renforcer ce positionnement structurel et de segmentation.

En plus de son rôle protecteur du consommateur sur le marché et l’accès à l’eau trop peu encore considéré à l’échelle européenne qui se considère à l’abri, et considérant ses actions de politique industrielle et la cohérence avec les divers plans de relance, la Commission européenne peut aussi analyser et faciliter ce projet sans exiger d’autre  concurrence interne tout en veillant à certaines orientations de politique générale sur la stratégie, la structure, l’identité et la prise de décision. Certes désormais plus attentive et ouverte aux dossiers lourds, cette dernière pourra apprécier l’avantage compétitif européen et pourra aussi se rappeler qu’Airbus n’a pas de concurrent en Europe tout comme imaginer certaines autres recommandations. De plus. Elle devra comprendre que la cession d’actif réduira de fait le poids du futur champion voire risquera de voir apparaitre d’autres acteurs non européens tant que certaines mesures ne sont pas actées. Il s’agirait aussi de profiter du pacte vert pour faciliter une offre réellement européenne, en Europe et pour l’Europe sur la base de forces motrices françaises. L’opportunité d’un vrai fonds européen sur l’eau et l’environnement avec gouvernance répartie est également à étudier. 

Ce champion européen peut aussi avoir une identité particulière pour réussir à fonctionner dans ses luttes internes. Suez comme Veolia ont déjà l’expérience de regroupement de marques et les fusions progressives existent dans beaucoup de domaines. Pour autant, cette concurrence salvatrice pourra aussi s’exercer de façon interne entre ces deux entités avec identités différentes comme l’exemple de Peugeot et Citroën ayant conservé leurs marques et leurs spécificités de produits. Il en découlerait un « système PSA de l’eau et de l’environnement » avec gestion des déchets et production d’énergie, misant sur les synergies et transformations communes ou différenciées à partir de l’innovation et de l’optimisation des processus avec désormais des équipes plus soudées. Il en est de même du modèle de KNDS entre le français Nexter et l’allemand KMW dans l’armement terrestre, et de celui de Safran avec la difficile et peu à peu constructive synergie entre Snecam et Sagem. Peut-être existeront d’autres futures initiatives dans l’aéronautique et le naval où les notions de moteur à deux parties complémentaires ou de label européen englobant à concepts différents doivent être conçus avec soin.

 

 

 

 

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Intelligence, segmentation, imbrication : à la recherche d'une solidarité et d'une certaine autonomie industrielle et économique européenne unie dans la diversité

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

 L'union Européenne et ses membres sont économiquement forts sur le papier mais doivent-ils continuer à uniquement le rester ? La crise du Covid ne doit pas être le seul alibi de la réaction. Dans l’élaboration de ses quatre piliers de politique générale évolutive que sont sa stratégie, son identité, sa structure et son processus de décision, et surtout à l’époque des plans de relance, il convient d’aller avec intelligence et courage, de façon disruptive, et optimisée vers des notions de segmentation, d’imbrication et de dépendance dans l’interdépendance de nos capacités économiques et industrielles internes ainsi qu’avec le reste du monde pour atteindre une certaine identité espérée notamment par action de solidarité.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management, Président de l’I.R.C.E. ancien responsable d’affaires industrielles européennes à la DGA

 

Dans les années 90, les Etats-Unis et le Japon avaient identifié des secteurs cibles en Europe pour faire leur marché d’équipements de doubles sources ou d’investissements dans des niches ou des secteurs stratégiques tout en se protégeant eux-mêmes.  Désormais le même exercice est réalisé par la Chine avec une stratégie adaptée aux évolutions, sans réactions fortes de l’UE, avec néanmoins certains sursauts a posteriori suite à certains rachats robotiques ou certaines tentatives dans le ferroviaire, trop habituée sans doute au libéralisme,  à l’individualisme et au coup par coup, laissant faire chaque Etat à la fois dans un bilatéralisme externe et dans un simulacre de multilatéralisme interne, faisant du continent le terrain de jeu de puissances extérieures.

 

Préserver la concurrence est un élément clé, même fondateur de l’Union dans la protection du consommateur pour lui garantir des choix notamment de qualité, des prix raisonnables ainsi qu’une certaine éthique. Mais l’UE peut aussi être protégée dans ce qu’elle sait imaginer, concevoir, développer, fabriquer et vendre en profitant des besoins de son marché intérieur, comme des opportunités externes, à l’instar de la Russie face aux sanctions mutuelles et non uniquement en se focalisant sur la croissance verte, comme quand il ne fallait pas parler de défense ni de sécurité à la création de la CEE, entrainant une cristallisation d’une gouvernance particulière. Elle peut réagir avec intelligence en gagnant du temps, en exploitant à son profit certains constats et profitant notamment de la façon dont les autres voient l’Europe pour mieux se connaître avec ses atouts et ses forces motrices identifiées dans chaque pays, unis dans la diversité, au-delà des seules réglementations. L’UE porteuse de sens peut surtout agir pour une concertation avisée avant que chaque pays ne fige d’abord sa vision stratégique en définissant un certain cadre dans une approche croisée industrielle et institutionnelle pour ne pas se faire blâmer. L’implication des régions et des acteurs territoriaux, qui oeuvrent généralement avec identité mais sans notion de souveraineté individuelle, peut être décisif dans une prise de conscience collective. Autant la recherche peut gagner du temps et de l’argent en capitalisant sur l’historique, autant les plans de relance annoncés peuvent également le faire par intelligence de solidarité en répartissant les efforts dans et au-delà d’un socle commun d’interopérabilité à renforcer, en répartissant les financements stratégiques, d’aide ou d’effet de levier, non  par opportunité et saupoudrage et sans non plus fragiliser les entreprises et les régions en partenariats financiers obligés.

 

Les outils allant de la stratégie à la psychologie ne manquent pas pour aider à y parvenir notamment celui du processus de définition des objectifs par le nécessaire filtre des réalités actuelles ou à mûrir et des possibles options avant toute action (GROW) spécifique, mesurable, réaliste, réalisable et déterminée dans le temps (SMART). Les choix européens peuvent être à la fois défensifs avec maintien de la situation actuelle, stagnation, concentration ou dégagement, mais également offensifs par expansion, développement contrôlé avec domination, différenciation et concentration. Un travail d’approche globale considérant les aspects politiques, socio-culturels, écologiques, économiques, technologiques et légaux (PESTEL) doit être fait avec identification des fournisseurs, entrants potentiels, substituts et clients ou distributeurs (PORTER) en intégrant en plus le rôle régulateur des institutions, des pays, voire des régions, comme les états libres que sont les Länders en Allemagne.

 

L’exercice de segmentation, avec lequel ont pu être réalisés Airbus et Ariane, est délicat. Il convient à chaque pays de s’insérer dans une politique industrielle européenne planifiée et reconnaître, comme l’a déjà fait la France, sans toutefois le dévoiler comme il en est de ses intérêts vitaux, son ou ses domaines d’activité stratégique de la façon la plus pertinente et réaliste possible par rapport aux choix  à effectuer et les luttes concurrentielles identifiées, avec une combinaison avérée de facteurs clés de succès, en confiance de capacités et sans objectif de comblement individuel à tous niveaux, comme nous le voyons trop souvent dans l’armement et la haute technologie. 

 

Cette segmentation peut être réalisée par découpage en divisant l’activité en groupes homogènes de mêmes critères tels la technologie, clientèle, marché, concurrents mais également en savoirs, savoir-faire et savoir être communs et spécifiques avec degré d’intégration verticale et spécialisation. Elle peut l’être aussi par regroupement selon des critères de substitution ou de partages de ressources. Tout en prenant conscience du surcoût potentiel d’une certaine autonomie recherchée et des risques acceptables ou non de dépendance externe passée dans le filtre d’un Buy European Act Raisonné, la cartographie trouvée permettra de combler les manques et pouvoir intégrer certaines interdépendances extérieures avec responsabilité et contrôle permanent sur des chaînes de valeur communes et ajoutées.

 

Ces domaines devront être consolidés au niveau des institutions dans une notion de patrimoine industriel et dans un plan à long terme et évolutif notamment pour répondre aux nouvelles initiatives de politique d’investissement en capital dans de futures licornes sur des projets à risque et stratégiques ainsi que sur les nouveaux emprunts en son nom. Il devra aller bien au-delà du moteur franco-allemand qui doit donner l’exemple avec ses parties chaudes et froides réparties en connaissance de cause des réalités de fabrication et de maintenance.

 

A partir de réalités larges, un travail gagnant-gagnant équitable, non forcément à 50-50 est réaliste et réalisable si les grands pays industriels acceptent de couper certaines branches, certes parfois avec deuil mais avec solution de rechange, pourquoi pas avec achats croisés, à partir de forces motrices des uns au profit des autres, en considération de rapprochements, possibles comblements, décloisonnement d’expériences, en confiance de capacités au profit de la communauté au sein d'alliances, de partenariats et de coopération, notamment sur de la R&D et notamment sur industrie du futur, de labels entre solutions complémentaires sur un même sujet.

 

Au-delà de développer une nécessaire ingénierie concourante de projets, les marchés publics, d’organismes internationaux, d’agences et de grands groupes peuvent faire figurer des clauses d’incitation, voire d’obligation de sous-traitance dans d’autres pays que celui du maître d’ouvrage et du maître d’œuvre. Au regard des fonds spécifiquement dédiés aux PME, ils pourront inclure les notions de livre ouvert, coût objectif, partages de risque en terme de coût, délais et performance ainsi que de bonus et malus. Cela peut aussi être le cas dans la défense et la sécurité et comme cela se pratique dans la recherche et l’innovation européenne. L’identification de champions et de compétences par pays ou groupes de pays  est également d’autant plus acceptable s’ils savent faire travailler leur écosystème et des filières de partenaires et sous-traitants de façon transverse en impliquant, accompagnant, protégeant notamment à  l'export avec un système de chasse en escadre plus que de meute et pourquoi avec l’appui et le soutien d’une agence d’Intelligence Economique européenne.

 

Pourquoi ne pas s’inspirer des modèles de couvage d’entreprises et de projets sans prise forcément de capital mais avec liens forts ensuite sur les licences. Il n’est pas question de revoir la libre circulation des marchandises et des capitaux à l’instar de la zone euro mais pourquoi ne pas imaginer également un cercle de solidarité industrielle pour les pays et leurs entreprises qui le souhaitent ? Pourquoi ne pas rapatrier certaines fabrications en Allemagne, où les charges sont moindres de 30% pour les PME, plutôt qu’en France mais avec recherche d’intérêts communs ?  Pourquoi ne pas créer des Centres d’excellence réellement européens financés en tout ou partie par les institutions ? L’UE peut aussi faire évoluer ses traités avec la notion de solidarité économique renforcée comme c’est le cas dans l’article 2 de l’OTAN, avant l’article 5 davantage militaire.

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