economie
ALSTOM
bravo au trio de gouvernance et à l'intervention de l'Etat. s'agissant de la cohérence européenne, n'oublions pas qu'Airbus vole avec des CFM56 de coopération franco-étasunienne ! Profitons en pour remettre à plat notre système d'intelligence économique national et européen avec des entreprises stratégiques auditées et assurées par des cabinets à consonance étasunienne et n'oublions pas que dans le moteur franco-allemand, il y a une partie chaude et une partie froide..
Le modèle économique « social et solidaire » des vide-greniers
Après avoir fait quelques vide-greniers pour vider ma maison, j’en parcours désormais régulièrement pour la regarnir de produits utiles ou de coups de cœur chargés d’histoire à des prix défiant toute concurrence au grand désarrois de certains créateurs, artistes ou commerçants. Mais plus qu’une opportunité d’achat lors d’une balade dominicale, ces événements sont souvent devenus économiquement et socialement nécessaires.
Par François CHARLES
Economiste, coach, conseil, formateur, auteur en stratégie et management
Autorisés et réglementés par l’Etat de façon bienveillante et donc non souterraine, fondée sur le refus du profit puisque vente bradée garantissant ainsi échange et niveau de vie et veillant à ce que l’ensemble de la société en soit pas soumise à la logique du marché et du profit , les vide greniers, brocantes, braderies ou autres appellations rassemblent à la fois particuliers s’installant sur le trottoir ou le stade de leur village une fois par an, d’autres profitant d’autres occasions pour le faire plus souvent et enfin certains professionnels qui se regroupent souvent pour éviter la concurrence imparfaite des particuliers qui cassent les prix puisqu’ils ne cherchent pas le profit.
On trouve de tout et pour tous besoins et toutes destination : du particulier de toute nationalité avec leurs enfants pour l’argent de poche, à celui qui cherche à améliorer l’ordinaire ou même à survivre, au professionnel cherchant à gagner sa vie, faisant souvent un autre métier en complément. Ils sont organisées par des associations qui tiennent buvettes et font payer un mètre linéaire, voire, rares, qui font payer les visiteurs affichant peut être aussi un certain positionnement des vendeurs présents. Chaque village et petite ville essaie d’avoir le sien entre avril et octobre en espérant qu’il fasse beau ce jour là, sur quelques centaines de mètres voire de kilomètres pour l’extrême braderie de Lille.
On y déballe très tôt, on s’y fait dévaliser à la lampe torche aussitôt arrivé par les professionnels et collectionneurs, on y déjeune souvent de façon conviviale, on n’affiche pas les prix pour vendre à la tète du client, on y offre parfois un verre aux bons clients, certains marchandent automatiquement quand d’autres achètent sans broncher sur un coup de cœur ou sachant souvent combien ils revendront ensuite en ville ou à des clients ayant fait une demande particulière.
Les prix sont beaucoup moins cher qu’en magasin, que sur Ebay ou le bon coin ou autres sites spécialisés et parfois divisés par 10 pour du quasi neuf sachant aussi que dès que vous mettez le pied dans votre voiture neuve, elle perd déjà plus de 10%... Vous trouvez par exemple un disque pour 50 cts, un cadre ou un outil pour 1 euro, une malle pour 2, une litho ancienne pour 5, un costume ou un jean pour 10, un service à café pour 20, un carillon pour 40, un miroir à 50, une vieille horloge à mercure ou un robot ménager de luxe pour 100, une machine industrielle pour 150 et certains articles bien au-delà. Les produits sont rutilants ou non nettoyés, rangés ou en vrac. On y accepte surtout les espèces mais aussi les chèques et le troc. On peut se prendre au jeu et dépenser des sommes folles ou faire comme au casino, partir avec un billet de 20 euros et s’y tenir tout en aillant le carnet de chèques à portée au cas où…
En tant que doctrine économique, l’économie sociale a pour finalité de rendre des services à la collectivité et/ou leurs membres et non de faire du profit. Le modèle des vide-grenier est une sorte d’économie sociale et solidaire dans le sens où il permet, de façon limitée, à des particuliers de débarrasser leur maison mais aussi d’améliorer leur situation économique. L’économie solidaire, non marchande repose sur les relations de réciprocité et de proximité nécessaire à la cohésion sociale. Les politiques s’en servent aussi au même titre que sur les marchés pour rencontrer leurs électeurs et parler de leurs problèmes et de leurs rêves. Cette économie répond généralement à une demande non fournie ou fournie trop chère par les productions locales. L’achat de produits neufs peu chers réalisés en Asie ou autre pays exotique correspond notamment à ce marché et permet à certains ménages de pouvoir vivre correctement. Certains vendeurs écoulent d’ailleurs ces produits sur les vides greniers en vendant tout à un euro.
L’Etat pourrait aussi créer ces produits en France en employant à conditions particulières pour des prix particuliers plutôt qu’en donnant des indemnités, dans des entreprises à capitaux étatiques ensuite revendues une fois rentables, voire en favorisant ces structures.
travail dominical
juste une remarque sur travail dominical et la réaction émotive du gouvernement : étant donné qu'une pénalité financière est mise en place, pourquoi le gouvernement s'offusque t il du moment où les entreprises la paie ? ou alors à quoi bon mettre en place une pénalité ??
Le difficile « tâtonnement walrasien » français de compétitivité
Même si des efforts sont faits, les objectifs d’endettement de la France vis-à-vis des critères de l’Union européenne ne seront bien entendu pas atteints, comme l’Allemagne d’ailleurs. Mais la France a une bonne excuse, celle de sa protection sociale et des avantages traditionnellement acquis qui empêchent les entreprises de pouvoir rivaliser ou à travailler en coopération de par leur couts de revient élevés et un plancher a priori non modulable, sauf si les Français en décident autrement avant ou après l’électrochoc comme ils aiment le faire.
Par François CHARLES
Economiste, coach, conseil, formateur et auteur en stratégie et management, président de l’IRCE
Est-il possible de dire que l’on est européen quand cela nous arrange et de reprocher à la Commission européenne son rôle de régulateur ? L’Union européenne initie depuis longtemps des mesures ensuite prises dans les Etats. JM Barroso croit en la France, partie du moteur de l’Europe et doit se montrer à la fois ferme et bienveillant sur ses demandes de compétitivité pour atteindre les objectifs fixés, sans bien entendu apporter la solution, par soucis de subsidiarité. Le fait qu’il insiste sur le problème des charges patronales fait douce violence, rappelant qu’il est institué que l’emploi d’étrangers européens en France nécessite le paiement des charges salariales françaises mais des charges patronales du pays d’origine, faussant de facto certaines concurrences dans le transport, vite oubliées par les donneurs d’ordre français qui y trouvent leur compte !
Cette compétitivité peut être atteinte soit par une différenciation technologique ou de qualité, comme nous le connaissons dans le luxe où le prix n’est pas l’élément déclencheur de l’achat, soit par un ajustement des coûts et des prix, pour les autres biens, en fonction de la demande. Le prix d’équilibre en concurrence pure et parfaite de L. WALRAS, qui est en fait le souhait de la Commission européenne pour lutter contre les situations de monopole et des aides faussées des Etats, se ferait alors par tâtonnement, comme dans une salle de marchés. On comprend aussi qu’une réflexion sur une segmentation européenne de l’offre soit difficile à comprendre dans cette recherche de concurrence interne, souvent saine.
L’Allemagne a réussi sa réunification, n’a pas de SMIC, dispose d’un consensus syndical et n’impose pas d’obligations sociales pour ses entreprises qui sont donc plus compétitives que leurs voisines françaises mais qui, une fois leur taille importante, accordent aussi des avantages sociaux. L’exemple britannique d’une protection sociale à la carte sans socle mutualiste n’est pas forcément satisfaisant pour la condition humaine mais évite les abus. Et que dire du nouveau contrat de travail à zéro heure ...
Une solution consisterait à baisser les cotisations et donc les prestations sauf que les patrons, les salariés et les gouvernements n’ont pas la même vision de l’effort. Enfin, il serait également possible de considérer une assiette de rémunération globale fluctuante en fonction de l’âge et des besoins financiers avec une part non chargée consacrée à la prévoyance mais surtout à la retraite et la dépendance, qui se heurte ici à la discrimination liée à l’âge que le gouvernement utilise néanmoins dans les contrats de génération.
Enfin, la possible fluctuation des salaires, problématique face aux emprunts, nécessiterait également l’implication, la souplesse et la prise de risque des banques et désormais des Etats (Bpifrance) sachant que les organismes financiers se récupèrent sur les premières années. Au même titre que la PAC compense nos agriculteurs, des aides européennes pourraient compenser les différences sociales, influant sur la concurrence, afin que ce ne soit pas un pays mais l’Europe entière qui devienne collaborative et compétitive.
le 4 juillet, jour d'interdépendance franco-américain
Le 4 juillet 1776, la déclaration d'indépendance, essentiellement rédigée par Thomas Jefferson (que l'on retrouve sur les billets de 2 dollars) des colonies américaines était signée par 56 délégués réunis à l'Independance Hall à Philadelphie (Pennesylvanie).
Elle va alimenter les tensions avec les Anglais et conduire à de vrais affrontements militaires soutenus par les Français, ennemi héréditaire, jusqu'à la bataille décisive de Yorktown, la défaite anglaise et la signature du traité de Versailles en 1783.
Ce que l'on sait moins est l'influence qu'on eut ensuite les Américains venus en France pour continuer à faire souffler ce vent révoutionnaire avec les événements que l'on sait. Louis XVI l'aura-t-il regretté ?
L'intervention américaine fut ensuite décisive sur nos terres en 1918 puis en 1944. Nos destins sont liés. Ces souvenirs nous rappellent cette interdépendance. Depuis, Américains, Français et Britanniques ont su recréer des liens pour essayer de travailler ensemble... mais bien entendu... la confiance n'exclut pas le controle (par la NSA...) qui ne nous surprend pas nous autres professionnels du renseignemnt et de l'intelligence économique
Corée : le dispositif de soutien public et de financement des PME en Corée du Sud
Ancien expert d'affaires industrielles à la DGA pour l'Asie entre 1992 et 1997 avec de nombreuses publications, je me permets de reprendre intégralement une excellente note du Poste d'Expansion Economique de Corée du Sud de janvier 2012 © DG Trésor qui confirme et agrémente les constats que nous avions faits sur les dispositions prises et qui nous a amené à en créer certaines en France
Corée : le dispositif de soutien public et de financement des PME
en Corée du Sud
Trois millions de PME sont recensées en Corée ; elles assurent 48% de la valeur ajoutée industrielle et 33% des
exportations coréennes en 2010, mais ne représentent en revanche que 14% des dépenses de R&D et leur
compétitivité serait trois moins élevée que de celles des grands groupes. Leur concentration dans le secteur des
services, très protégés en Corée et la priorité donnée aux grands conglomérats par la politique de soutien aux
exportations expliquent en grande partie leur faible productivité, alors qu’elles sont à l’origine de 88% des
emplois en Corée (11,8 millions d’emploi sur 13,4 millions). Les PME coréennes n’abordent l’export que dans le
sillage des grands groupes dont elles sont les sous-traitantes, tandis qu’elles contribuent largement à la
construction de leur compétitivité sur le marché domestique par les conditions commerciales que leur imposent
ces groupes dominants. L’internationalisation accélérée des grands groupes coréens depuis la crise asiatique et la
dépendance croissante de leurs sous-traitants et fournisseurs ont révélé les fragilités du tissu industriel de PME
face à la concurrence mondiale. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont entrepris, depuis la crise de 2008, de
renforcer la structure des petites et moyennes entreprises coréennes, de répondre à leurs besoins de financement,
et de les soutenir à l’export ; des plans de soutien à l’innovation ont également été développés avec cependant un
succès mitigé à ce jour. Le soutien aux PME constitue désormais l’une des priorités identifiées par les autorités
pour renforcer la compétitivité industrielle de la Corée, et un enjeu politique croissant face au poids toujours
dominant des grands groupes. Le président Lee a appelé à une meilleure répartition de la croissance, fin 2011,
invitant les grands groupes à partager les fruits de la croissance avec les PME et ce thème sera au centre de la
campagne présidentielle de 2012, mais les carences structurelles demeurent.
1. Le renforcement des politiques publiques d’aide aux PME a pris son essor à la suite
de la crise asiatique de 1997
Un cadre légal avait été constitué dans les années 60 pour permettre la promotion des PME avec deux lois
fondatrices : le « Small and medium enterprise cooperative Act » voté en 1961 puis le « Framework act on Small
and medium enterprises » voté en 1966. La priorité ayant été donnée au développement des grands groupes, ce
n’est cependant que dans les années 80 que la nécessité d’un soutien public aux PME est prise en compte par le
gouvernement. Pendant les années 70 et 80, les PME se développent comme fournisseurs de l’industrie lourde
coréenne et les autorités mettent en place des politiques incitatives pour favoriser leur accès aux achats des
grands groupes avec deux dispositifs : le «SME exclusive industry system » en 1979, supprimé en 1994, et le «
Stable supply to large company system » adopté en 1980. Le système de financement des PME (cf. infra) a été
mis en place avec la création d’un fond de garantie géré par la SBC, créé en 1979 et d’un fonds de garantie
technologique (1989). Au début des années 90, des mesures concrètes sont prises et renforcées après la crise
financière de 1997 : la priorité est donnée à la restructuration du tissu des PME afin de préparer l’adhésion de la
Corée à l’OMC en 1995, et une agence publique en charge de la politique et de la promotion des PME est créée
en 1996 (Small Medium Business Administration). La crise financière de 1997 a provoqué une série de faillites
parmi les grandes entreprises qui s’est répercutée sur les PME, sous-traitants et fournisseurs, elles-mêmes
affectées par le « crédit crunch » qui a résulté de l’effondrement de l’économie régionale. Plus de 50 000 PME
sud coréennes ont ainsi disparu entre 1996 et 1998. Parmi les mesures prises pour les soutenir figuraient
l’ouverture de la bourse aux PME avec la création du KOSDAQ, l’adoption d’une loi privilégiant l’accès des PME
aux commandes publiques et la promotion des fonds de capital-risque dans les PME.
En février 2009, afin de répondre à l’urgence du besoin de liquidités des PME face à la crise, un plan majeur de
soutien des PME par les agences de garanties a été mis en place. Piloté par l’autorité de régulation financière
coréenne, (la Financial Services Commission), le Korea Credit Guarantee Fund (KODIT) en est le principal acteur.
En partenariat avec le Fonds de garantie technologique (KOTEC-KIBO), l’objectif était de soutenir davantage les
principales industries d’exportation, les industries « vertes », les technologies innovantes, ainsi que les
nouveaux entrepreneurs. Les prises en garantie publiques assurées par KODIT, KOTEC et 16 agences régionales
représentent un plafond d’encours de 59 Mds USD en 2011, auquel il convient d’ajouter 3 Mds USD pour les
prêts gérés par SBC. L’accès aux financements pour les PME a été facilité en assouplissant les critères de
sélection, et les limites de garanties sur les lettres de crédit destinées à l’exportation ont été supprimées pour
les nouvelles demandes. Par ailleurs, les garanties accordées proportionnellement aux ventes réalisées ont été
augmentées : KIBO s’est engagé à couvrir jusqu’à 150% des fonds nécessaires aux prévisions de ventes des PME.
De plus les budgets alloués à la R&D par les ministères pour les PME ont augmenté de 11% à 11 Mds USD en
2010. En 2011, le soutien public total aux PME s’élève à plus de 8 Mds USD. La Small and Medium Business
Administration (SMBA) est la première source publique de soutien aux PME avec plus de 5 Mds USD de crédits
mis à disposition, suivie du ministère de l’industrie (1,6 Mds USD). Ce soutien se concentre pour 55% dans le
financement des PME, garanties et prêts, soit 4,7 Mds USD en 2011 Pour l’année 2012, le plan de soutien aux
PME de la SMBA vise à soutenir 3000 PME d’ici 2015.
SMBA (Small and Medium Business Administration) créée en 1996, est l’organisme central pour le soutien aux
PME. C’est le plus important contributeur du budget public pour les PME avec un budget total de 5,2 Mds USD
en 2011. L’agence joue un rôle de coordination des différents acteurs publics qui interviennent dans le soutien
aux PME. La SMBA s’est fixée pour objectif de créer un environnement « équitable » pour les PME face aux
grandes entreprises, de créer des emplois et soutenir la création de nouvelles entreprises, de développer des
fonds d’aide en collaboration avec le privé et d’augmenter le montant des encours de garanties de crédit. Son
organisation repose sur seize bureaux régionaux et douze centres d’aide à l’exportation. Elle fournit des
informations sur les agréments nécessaires aux produits exportés et développe des coopérations avec plus de
40 institutions étrangères dans 27 pays différents. En 2009, 1 700 PME ont bénéficié de l’aide de cette agence
avec en moyenne 12 000 USD de soutien par entreprise. En 2011, le soutien s’est dirigé en priorité vers les PME
des industries « vertes » et des nouveaux moteurs de croissance définis en 2008. La SMBA disposait d’un
budget de soutien à la R&D de 544 M USD (+12%) pour l’année 2011 dont 60% destinés à huit technologies
prioritaires (nanotechnologies, industries vertes, technologies avancées, biotechnologies, etc.).
SBC (Small & medium Business Corporation), créée en 1979, a été placée sous tutelle de la SMBA en 1996, dont
elle est le bras armé. Elle gère le fonds dédié aux PME, doté de 2,9 Mds USD en 2011, destiné en priorité au
financement des start-up (42%), aux PME qui exercent une activité dans le secteur des nouveaux moteurs de
croissance (26%), aux PME en difficulté financière (7%) ou à l’aide à la reconversion des PME (4%). La SBC offre
des prêts et soutiens financiers aux entreprises de petite taille (1,5 Mds USD en 2011) développant des
nouvelles technologies dans les domaines sélectionnés comme les « nouveaux moteurs de croissance ». Le total
d’encours de ces prêts s’élève à 17 Mds USD en 2011. La SBC offre également des services de consulting et de
marketing (recherche de débouchés), d’aides à l’exportation et de formation. En 2009, SBC affichait un bilan de
181 M USD de soutien financier à l’exportation, au profit de 478 PME ayant participé à des missions
commerciales, salons, rencontres d’acheteurs organisés par l’opérateur public en charge de la promotion des
exportations coréennes (KOTRA). Par ailleurs l’encours des prêts apportés par SBC aux PME en difficulté s´élève
à 19 M USD en 2011, pour 63 bénéficiaires.
Des organismes sous tutelle du ministère de l’industrie tels que le Korea Institute for Advancement of
Technology (KIAT) et Korea Evaluation Institute of Industrial Technology (KEIT) soutiennent par ailleurs la R&D
dans les PME. Le KEIT développe des programmes R&D nationaux en coordination avec le KIAT qui dispose d’un
budget de 2 Mds USD. Les PME peuvent bénéficier d’un soutien R&D d’un montant maximum de 100 000 USD
pour une durée d’un an.
2. Le système de financement des PMEPEP C o r é e– a v r i l 2 0 1 1 © DG Trésor
Dans un schéma très classique, le couple - agences publiques de garantie / banques privées - constitue le
moteur du financement des PME en Corée. Bien souvent les emprunteurs ne disposent pas de collatéral
suffisant pour se voir accorder un financement par des banques ou institutions financières. Le but est donc de
contourner cet obstacle en faisant garantir la solvabilité de la PME par une agence publique de garantie. Si la
garantie est accordée, l’agence se porte garante du financement que l’entreprise sollicite auprès du secteur
bancaire. Cette garantie est adressée à l’institution financière qui fournira le prêt à l’entreprise. En cas
d’impayés de la PME, l’institution financière exercera sa garantie pour se rembourser auprès de l’agence. A
l’instar des situations rencontrées dans la plupart des pays de l’OCDE, les collectivités locales contribuent à
l’effort public par le financement des agences régionales et locales de garantie.
On recense trois acteurs clés dans le financement des PME coréennes :
-Le Korea Credit Guarantee Fund (KODIT) est un organisme public qui fournit des garanties de crédits gratuites
ou facturées, selon la nature du risque couvert et la taille de la PME, et des garanties d’investissement dans les
biens publics comme les autoroutes. L’activité de garantie gratuite est de loin la plus importante (34 Mds USD
contre 5,2 Mds USD pour les garanties rémunérées en 2010). Les garanties de crédit, vont en priorité aux startup (9 Mds USD d’encours), aux entreprises exportatrices (6 Mds USD d’encours), aux PME créatrices d’emploi (4
Mds d’encours), au secteur des services (4 Mds USD d’encours) et à l’industrie verte (3 Mds USD d’encours).
KODIT s’adresse essentiellement aux PME (avec plus de 230 000 comptes) mais détient également quelques
grands comptes. KODIT travaille avec le fonds de garantie technologique (KIBO), et les 16 agences régionales de
garanties de crédits. Ces acteurs ont mutualisé leur base de données afin d’éviter les chevauchements. KODIT
est le premier opérateur auprès des PME en termes de garantie (56%) suivie par le KOTEC (25%) et les 16
agences régionales (19%). Depuis 5 ans, les agences locales gagnent en importance aux dépens du KODIT (chute
de 65% de part de marché en 2006 à 56% en 2010).
-Le Korea Technology Finance Corporation (KIBO-KOTEC), fournit des aides aux PME qui exercent une activité
dans les technologies innovantes, uniquement sous forme de garanties de prêts pour l’investissement.
L’encours de garanties de prêt s’élève à 15 Mds USD. Les garanties de prêt sont accordées en fonction de
l’évaluation des technologies et du potentiel de croissance de chaque entreprise. Les cibles privilégiées sont les
start-up dans les technologiques innovantes comme la biotechnologie et les TIC (5,6 Mds USD d’encours de
garanties en 2010), les PME qui possèdent des technologies clés (5,3 Mds USD d’encours de garanties), les
entreprises exportatrices (1,9 Mds USD d’encours de garanties) et celles ayant une activité dans l’industrie verte
(1,6 Mds USD d’encours de garanties). Le fonds projette également d’émettre environ 260 M USD d’obligations
contractuelles primaires en 2011 dans le but d’accroître son soutien financier dans le développement des
technologies vertes. KIBO contribue également au soutien des PME dans la R&D depuis 2008 (427 M USD en
2010). L’organisme a signé en 2011 un protocole d’accord avec OSEO pour le soutien à l’innovation et à la
croissance des PME sous la forme de garantie d’investissement.
-La Korea Finance Corporation (KoFC), institution créée en 2009, est le bras armé de l’État dans le financement
de l’économie. KoFC détient 186 Mds USD d’actifs consolidés en 2010, dont 60% environ provenant des actifs de
la Korean Development Bank. Elle possède non seulement plus de 90% de Korea Development Bank Financial
Group (KDB), mais aussi des prises de participation importantes dans les grands groupes publics, dont
l’électricien KEPCO (8 Mds USD, soit 30% du capital), Korea Expressway Corporation (2 Md USD) et Korea Land
and Housing Coporation (2 Mds USD). Elle accorde des prêts à moyen terme aux banques ou institutions privées
qui vont à leur tour prêter aux grandes entreprises et les PME sous le système appelé « on-lending ». KoFC a
fourni environ 1,1 Md USD de prêts en 2011 à travers des banques privées pour soutenir les PME.
Par ailleurs la K-Sure et la Korea Eximbank interviennent dans les montages financiers de crédit à l’exportation
et garantissent entre 95 et 100% des crédits octroyés par les banques qui financent les projets exports des
entreprises coréennes. La Korea Eximbank (Kexim) est une banque publique sous tutelle du ministère des
finances, dédiée au financement du commerce extérieur de la Corée par les prêts à l’export et les garanties. Le
capital de Korea Eximbank était de 6,5 Mds USD fin 2010, l’État en détenant directement 74%, la banque
centrale 23% et la KoFC 3%. Le total des actifs de la Korea Eximbank est de 47 Mds USD, dont 40 Mds USD de
prêts. Son encours de prêts était de 35 Mds USD fin 2010 et son encours de garanties de 38 Mds USD. Elle
accorde des prêts, essentiellement des crédits exports (70% du total en 2010) aux PME : en 2010, l’encours de
prêts accordés aux PME s’élève à 12,8 M USD (+7% par rapport à 2009) ce qui représente 38% de l’encours total
des prêts par la banque. La banque a mis en place en 2009 un programme de financement dédié aux «
champions cachés » qui s’adresse aux PME réalisant plus de 100 M USD de CA à l’export et ayant des parts de
marché importantes dans leur secteur d’activité. 100 PME en ont bénéficié en 2010. En 2011, la banque a
accordé 3 Mds USD en financement à l’export à 186 PME. En 2012, 3,5 Mds USD sont alloués à ce programme
par la Kexim, soit une augmentation de 20% par rapport à 2011.
Korea Trade Insurance Corporation (K-Sure), est l’organisme d’assurance-crédit sous tutelle du ministère de
l’industrie. Le total de ses encours d’assurance toutes entreprises confondues s’élève à 187 Mds USD en 2010,
soit 40% de la valeur totale des exportations coréennes. La part des PME dans ses encours d’assurances s’élève
à 70 Mds USD en 2010 (+9% par rapport à 2009). Parmi les différents produits proposés aux PME, les
souscriptions de garantie de crédit export s’élèvent à 5,4 Mds USD (soit 91% du total des souscriptions de
garantie de crédit export toutes entreprises confondues en 2010). Les assurances contre le risque de change
accordées aux PME s’élèvent à 2 Mds USD soit 93% du total des souscriptions d’assurance contre le risque de
change.
Malgré la mobilisation croissante des pouvoirs publics coréens en faveur des PME depuis les années 90, via le
soutien à l’innovation, à la création d’entreprises et au financement export, le tissu industriel coréen se
caractérise par une puissance croissante de ses grands groupes, qui assurent l’essentiel des exportations
coréennes. La compétitivité de l’outil exportateur est grande partie obtenue par la situation de faiblesse des PME
coréennes à l’égard de ces grands groupes, qui leur imposent des prix bas, et les maintiennent dans un état de
dépendance technologique, limitant de fait leur capacité d’autonomisation soutenue par les pouvoirs publics.
L’OCDE estime que le niveau technologique des PME coréennes est inférieur à 75% de celui des PME des pays
avancés et que leur productivité n’atteint que 30% de celle des grandes entreprises coréennes. En outre, la
concentration des aides dans les secteurs de l’industrie verte et des nouveaux moteurs de croissance, crée des
distorsions entre les secteurs, provoque des effets d’aubaine et une duplication des aides dans les mêmes
secteurs. Les aides sont majoritairement concentrées sur la création d’entreprise (42% du fonds que gère SBC est
destiné au financement des start-ups) et pas suffisamment sur la pérennisation de l’activité. Les effets cliquets
sont par conséquent importants et la mortalité des PME est beaucoup plus importante en Corée que dans le
reste de l’OCDE. Le soutien de l’état au financement des PME est enfin insuffisant pour pallier la diminution
inéluctable du financement privé aux PME compte tenu du haut niveau de risque qu’elles représentent ; fin 2011,
le montant des encours des prêts octroyés par le secteur financier aux PME s’élevait à 400 Mds USD dont un tiers
pour les entrepreneurs indépendants et la KITA anticipe une restriction du financement bancaire en 2012.
l'exercice du blason de la France par la Chine
merci à nos amis Chinois pour leur vision de la France (que nous ne sommes pas capables de faire...- disons de trancher ) : en pointe dans le numérique, l'agriculture, la santé et l'aéronautique voilà c'est dit
A la redécouverte des centimes d'euros
L’euro a fêté ses 10 ans d’existence. Il nous a épargné des frais de change, facilité les échanges, préservé des crises, des tentatives de fragilisation de nos monnaies par spéculation, des taux d’intérêt record et des impacts néfastes des agences de notations qui essaient de nous faire peur.
Mais on voit aussi l’inflation que nous avons traversée plus ou moins bien digérée par certaines nations, due notamment à certaines habitudes internes que sont pas forcément liées avec la désormais nécessaire stabilité de change.
Par François CHARLES
Economiste, sociologue, conseil en stratégie et management, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE), ancien partenaire officiel euro de la banque de France
retrouvez cet article sur le blog de l'IRCE
Si le passage à l’euro a mieux été vécu dans le couple franco-allemand avec des taux d’intérêt qui ont baissé et restent bas, certains pays ne l’ont pas vécu de la même façon car pour certains, les taux ont augmenté et ils doivent faire davantage de sacrifices, comme je l’entends tous les jours en parcourant l’Europe, notamment à Paris.
Outre les nécessaires rattrapages de parité, une des causes de l’inflation est liée à « l’Euro aux hormones ». Habitués à fonctionner avec des unités de francs, la grande erreur fut de chercher à fonctionner trop rapidement avec l’unité d’euro plus qu’avec les centimes, pièces bizarres pour nous (mais en métal bronze comme les penny …) et insignifiantes pour le comparer avec l’unité monétaire du dollar.
Je rappelle souvent à la fois cette histoire sur la façon dont je distribuais en 1994 des billets de 1 dollars au Vietnam aux enfants pauvres jusqu’à ce que l’on fasse justement remarquer que là-bas c’était une fortune. Il y a surtout l’histoire de la machine à café sur l’autoroute qui était passée en moins de deux ans de 2 francs à 6 francs puis un euro (soit 6,65957 frs) pour atteindre l’unité ! Dommage qu’il n’en était pas de même pour les salaires…et du coup nos pauvres aussi demandaient un euro !
Je me suis longuement exprimé sur l’historique, les fondements et les garanties de l’euro dans la triade Euro, fédéralisme et convertibilité or d’Euro-obligations (1, 2 et 3). L’Euro n’est pas à remettre en cause car c’était une bonne mesure notamment pour les constats énoncés ci-avant. Certains pays possèdent même cette monnaie sans être dans l’Europe monétaire. Et demandez aux entreprises britanniques et aux personnes qui se déplacent en Europe ce qu’elles en pensent…
Alors partenaire officiel euro, je répondais aux questions d’appréhension et je communiquais sur les avantages pour les entreprises et les particuliers, sur les produits que nous allions découvrir et faire découvrir mais aussi pour mieux voyager. Il a fallu éduquer sur les nouvelles pièces et les billets. Désormais nous redécouvrons donc les centimes d’euros. Nous ne sommes pas plus pauvres, nous sommes en plein réapprentissage et redécouverte de la vraie parité et d’un vrai mode de fonctionnement.
La faute psychologique au dollar sur ce modèle que nous voulions, qui doit sourire et qui se garde bien de vouloir rattraper l’Euro, sauf à perdre désormais jour après jour du terrain dans sa toute puissance mondiale. La faute technique aux actuaires qui ont sans doute mal défini cette parité du panier de monnaies et ont oublié certains facteurs, certains coefficients, voire aussi un certain bon sens. La faute de gouvernance que les Etats n’ont pas su mettre en place assez tôt pour limiter la hausse des prix et de l’Union dont le Parlement n’était pas aussi fort qu’aujourd’hui pour dire son mot .
La faute à nous même si nous n’en prenons pas conscience en 2014.
| A la redécouverte des centimes d’euros |
état d'ame du jour
alors qu' il faut se rassembler pour aller de l'avant, il est urgent de mettre ses susceptibilités dans sa poche ... surtout quand on représente l'Etat et les partenaires institutionnels ou consulaires et ce constat est généralisé dans bon nombre de nos régions beaucoup de séminaires de conduite de changement qui se perdent .... no comment
La fenêtre de tir du « pacte keynésien » … c’est maintenant !
La gauche a été élue. Cette crise et la théorie des cycles l’ont beaucoup aidée. C’est donc à elle que revient la lourde tâche de sortir le pays de la crise, de concert avec nos partenaires européens et en regard du pacte budgétaire. Il faut qu’elle prenne des décisions courageuses qui correspondent à son identité, celle d’investir sur le capital humain plutôt que matériel.
Elle doit marcher sur ses deux pieds, assimiler et faire assimiler qu’une intervention forte de l’Etat est également nécessaire sur la gouvernance et l’outil de production. La fenêtre de tir est encore ouverte sauf à mettre la France en danger. Personne n’y perdra son âme si chacun sait faire des efforts.
La droite doit savoir également reconnaitre sa défaite, se réjouir de la quasi-politique de droite menée, plus rapidement qu’en 1981, mais doit aussi donner à la gauche la possibilité d’utiliser sa clé de communication sociale et économique socialiste qu’il convient d’utiliser de façon cyclique en espérant qu’elle fonctionne. Car gare à la planche à secousse en cas d’échec et de reprise en main par la force comme l’a subit la gauche et Pierre Bérégovoy.
Par François CHARLES
Economiste, conseil en stratégie et management, ancien responsable de politique industrielle à la DGA, animateur politique
Nous ne sommes plus en guerre militaire mais en guerre économique.
N’ayant peur de rien si nous oeuvrons pour faire repartir la croissance qui, de fait, réduira le pourcentage de dette publique. Nous sommes conscients qu’il faut un coup de fouet. Mais, contrairement à F. Fillon, j’aime bien ce terme de pacte industriel et non plus de choc car la construction européenne semble fonctionner de cette façon, comme aux Etats-Unis. C’est ce pacte qui a fonctionné en 1936 quand nous avons pris conscience d’un certain retard. A part Louis Renaut à Billancourt et Marius Berliet à Vénissieux, qui n’avaient pas voulu jouer le jeu de la transparence et du non enrichissement, les entreprises avaient accepté de travailler sans faire de profit et l’Etat avait accepté d’assouplir ses règles. Nous connaissons souvent ces dispositions dans l’armement et la défense, secteur budgétaire considéré comme une variable d’ajustement, impliquant choix et sacrifices. La France l’a également vécu après guerre dans l’union nationale et ceux qui se revendiquent du général de Gaulle doivent s’en rappeler.
La France semble être le pays de la protection sociale et l’Allemagne celui du dialogue et de la prise de conscience sociale. Production et social vont de pair. Par expérience, il est possible d’agir sur le social pour faire redémarrer la production en entreprise, encore faut-il en avoir le courage. L’Allemagne ne doit pas être un calque mais un référentiel. A-t-on suffisamment analysé comment elle a réussi sa réunification sans s’effondrer financièrement alors qu’il a été nécessaire de réduire le nombre de salariés par deux pour adapter les entreprises à un modèle capitalistique ? Seuls les pays nordiques ou anglo-saxons peuvent-ils s’en sortir ? Le latin peut également changer. Toujours par expérience, les ouvriers d’Etat étaient prêts à se retrousser leurs manches, voire même de changer de statut du moment que nous avions le courage de partager notre vision.
Sur le plan fiscal, comme je l’ai déjà suggéré, l’intervention de l’Etat peut intervenir dans la régulation par la TVA, taxe universelle et proportionnelle, avec pourquoi pas une TVA à la carte. Mais ce sont surtout les consommateurs nationaux qui font effort et les produits importés sont taxé à notre TVA. CSG et CRDS sont des taxes de surcharge qui devraient peut à peu disparaitre si la dynamique de croissance réapparait plutôt que persister par accoutumance.
L’Etat peut aussi intervenir sur la baisse des charges sur le travail comme le demande ce matin près d’une centaine de grandes entreprises pour leur redonner un peu d’oxygène. Pour revenir à l’Allemagne, seule existe une différence sur les petites entreprises. Les grandes entreprises s’intéresseraient maintenant aussi aux petites qui le subissent davantage alors que j’ai toujours vu le contraire dans les organisations patronales et professionnelles ? Medef et CGPME vont-ils enfin travailler ensemble ? Sont-elles enfin prêtes à mettre en place des accords sociaux unilatéraux ? Partageraient-elles une stratégie alors qu’en réalité elles sont dans une démarche d’achat ? Le chef de l’Etat, socialiste, peut-il avoir confiance ? La baisse de charge pourra-t-elle enclencher un effet de levier important ? Comment s’y retrouver ? Bien entendu, le chef de l’Etat n’oublie pas que le PIB se calcule aussi sur les emplois administratifs. Mais c’est le système productif des biens de consommation qui tire essentiellement la croissance.
S’agissant de la réduction du temps de travail et de la fiscalisation des heures supplémentaires, l’Etat ne peut toutefois obliger les entreprises existantes à embaucher et ce sont les agences d’intérim qui vont profiter de ces dispositions, tout en faisant baisser le chômage. CQFD. Rappelons que la durée du temps de travail multi-salariée est de 10 h par jour, 48 heures par semaine avec un jour de repos. Je ne suis pas non plus certain qu’il fallait également mettre en place un régime d’auto entrepreneur chargé au premier euro.
Dans cette période de crise, les entreprises doivent pouvoir travailler à coût objectif, à livres ouverts avec bonus et malus mais aussi comme créancières. L’Etat peut demander de travailler « dans l’intérêt général », sans profit court terme mais avec prime de compensation à terme pour les entreprises qui auront accepté le pacte. D’autres peuvent aussi être récompensées à terme si elles acceptent de supporter la titrisation d’une partie des dettes existantes ou futures de l’Etat ou des collectivités. Et pourquoi pas ?
Après avoir tenté en vain de faire sortir les Ateliers Industriels Aéronautiques du cadre administratifs pour les rendre plus performants, et les inclure dans un club européen de maintenance, j’ai réussi, 7 ans après, à obtenir qu’une partie de leurs outils industriels étatiques soit ouverte contractuellement aux PME qui en auraient besoin pour éviter un investissement. La gauche peut continuer sur cette lancée pour enfin faire germer le portage entre petites et grandes entreprises que nous déplorons tous les jours dans l’export et la recherche.
La nouvelle banque est une avancée. Elle oblige désormais la Caisse des dépôts à gérer tous les fonds OSEO et FSI. Il s’agira aussi de prendre des risques et intervenir en haut de bilan. Les mici-dominici du redressement productif recensent les problématiques financières. C’est déjà une première étape mais il faut penser le changement plutôt que changer le pansement. La gauche peut aller encore plus loin sur ce que la droite ne pouvait se permettre d’engager.
Il n’est pas forcément question de copier la spectaculaire croissance de l’URSS qui reposait sur une dynamique extensive de fabrication de biens de production, avec ses risques liés quant aux biens de consommation, mais plutôt se battre contre le chômage. L’Etat, comme les collectivités, peuvent intervenir en capital pour reprendre ou créer des entreprises dans les zones économiquement faibles mais avec dégagement programmé laissant le temps aux structures privées de prendre le relais. Avec un recensement efficace, le potentiel machine existe déjà, souvent inexploité voire inutilisé. Le potentiel humain existe aussi chez les jeunes souvent désoeuvrés et les chômeurs qualifiés ou non, pouvant être encadrés et vite formés par les retraités. La production doit bien entendu correspondre à une demande. Pourquoi ne pas réfléchir à la réalisation de produits bon marché car peu techniques, fabriqués moins chers et rapidement avec une main d’œuvre en salaire limité sur une période donnée ? Mais pourquoi ne pas demander aussi aux grands donneurs d’ordres de faire travailler des ateliers français, comme Lejaby a su le faire ou d’autres dans le domaine du luxe ?
Ce n’est pas forcément le rôle de l’Etat que de prendre en main la création d’entreprises, qu’elles soient EPIC, EPCST ou sociétés nationales ou quasi nationales. Mais il est mieux de payer des salaires que des allocations et nous avons su le faire dans le domaine industriel stratégique à la sortie de la guerre pour des entreprises qui sont maintenant privées. Cette politique de haut de bilan national, même temporaire, est possible avec un gouvernement de gauche pour sauver ou relancer des emplois car c’est son identité.
Bruxelles risque de tousser et ne pas aimer ces aides d’Etat déguisées mais si c’est bon pour la France et pour l’Europe fédérale afin d’augmenter la croissance et faire baisser la dette…
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