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Le blog philosophique de francois CHARLES

Chypre, l’île qui ne devait pas être coupée en deux

22 Mars 2026 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

La présidence du Conseil de l’UE par la République de Chypre, assez tournée vers la santé et la défense, aurait pu passer sous les radars en dehors de nos événements de bilan. Elle a finalement bénéficié de la crise avec l’Iran pour être redécouverte avec ses réalités mal maitrisées en dehors de certains initiés. L’opportunité de l’événement Battlefield Redefined sous le patronage de la Commission européenne, avec contacts gouvernementaux, institutionnels et industriels, donna aussi l’occasion d’une semaine d’étude historique, politique, artistique et sociétale qui rappela aussi certaines réalités internationales et européennes qui peut donner des éléments de réflexion dans la future politique d’intégration de certains pays, comme également imaginer certaines solutions pour l’île et son environnement.

Par François CHARLES

Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Qui se souvient que ce territoire européen, proche des côtes du Moyen Orient, a connu de longues histoires française, ottomane entrecoupées d’un passage italien et britannique, d’ailleurs toujours présent sur deux bases ? Les Français furent apparemment la première nation à aider la protection de l’île lors de son indépendance et jouissent d’une certaine reconnaissance pour l’industrie de défense terrestre et navale.

La visite de la ligne verte, qui aurait aussi pu être d’une autre couleur, et qui garde les anciennes traces de combats, rappelle à la fois le mur de Berlin avant sa fermeture complète et Belfast, et qu’il existe encore des murs en Europe. On peut aussi y faire certains clins d’œil à la Géorgie et à l’Ukraine en partie occupées, voire annexées de façon  on reconnue, comme le furent maintes fois l’Alsace et la Moselle.

Contrairement aux accords sur l’indépendance de 1959, elle coupe le pays et la capitale en deux depuis la tentative de prise de contrôle grecque et la contre invasion turque de 1974, qui s’est sans doute arrêtée sur pression britannique toujours présente militairement dans le pays. La ligne marque concrètement une cassure désormais identitaire entre les zones d’influence des deux frères ennemis de très longue date, avec déplacements de population, ce qui n’avait pas été autant le cas lors de la guerre civile quand les Britanniques n’acceptèrent pas, avec répression à la clé, le référendum d’autodétermination de 1954 en faveur du rattachement à la Grèce, tout comme d’ailleurs les Turcs qui blâment également toujours l’attitude des institutions européennes quand au rattachement de Chypre à l’UE en 2004.

La république turque de Chypre du Nord n’est pas annexée et est reconnue uniquement par la Turquie qui y est omni présente, affichant même une communication de style Hollywoodienne, même éclairée la nuit sur la montagne au nord de la capitale. On peut y accéder avec un simple passeport tandis que les habitants de la partie nord ne peuvent se rendre au sud que quelques heures au sud. La partie sud n’est pas la Grèce même avec de très nombreux drapeaux surtout à Nicosie. L’UE a reconnu et finance toute l’île, comme elle finance d’ailleurs toujours aussi la Turquie dans sa politique de voisinage et d’intégration comme sur les accords d’immigration.

L’île ne fait pas partie de l’OTAN du fait du véto turc et de l’unique reconnaissance de la république du Nord par la Turquie. La partie sud n’a donc pas à se montrer solidaire d’une attaque sur le Nord ou la Turquie ni inversement. Les religions se mêlent plus au sud qu’au nord où mosquées et églises de toutes les tailles se côtoient, voire se toisent.

L’économie du sud est riche par les services, dont bancaires, avec son statut de quasi paradis fiscal pour certains groupes, et sera prochainement contributrice au sein de l’UE. Le réseau ferré n’existe pas. Si le réseau routier est assez bien développé dans le sud, permettant d’accéder aux principales villes il n’en n’est pas de même pour les moyens de transport au nord avec un certain manque de modernisation alors que les casinos inondent les villes côtières. Les monnaies sont l’euro et la livre turque. Le coût de la vie semble être beaucoup plus élevé au sud qu’au nord.

En dehors de la vieille ville de Nicosie assez rustique, ses parties sud et nord se sont construites sur un style occidental plutôt moderne. Les autres villes de l’ile ont des caractères différents mais développées. Le nord comme le sud sont dominés par le secteur tertiaire et le tourisme. L’agriculture est présente mais limitée à cause du climat.

Les musées et monuments rappellent les histoires du pays mais avec une forte rivalité, et une certaine revendication plus affirmée au nord. Les mots sont traditionnellement forts côté turc tel que martyrs, déjà pour les combats du 16e siècle, ou dans le musée de l’armée totalement en langue turque, qu’heureusement les smartphones traduisent désormais et avec un  Président Ataturk immortel.

L’immigration est similaire, avec apports grecs ou turcs plus de nombreux migrants exotiques, l’ile ne faisant pas non plus partie de l’espace Shengen. Le sentiment de sécurité semble similaire et les gardes au check-point sont généralement souriants et courtois, loin d’être à l’image de ceux des deux exemples déjà cités plus avant.

Si le Président chypriote a mentionné la menace turque lors de son discours d’ouverture de l’événement mentionné, il est a noter que ni les Grecques, ni les Turcs n’ont réagi à l’envoi de chasseurs de chaque coté de l’ile suite aux attaques de drones iraniens, une innovation depuis 52 ans. Ceci confirme la reconnaissance d’une protection commune sur les bases de l’indépendance, ainsi que les discussions qui semblent avoir repris de part et d’autre de la zone verte entre les deux parties, en plus des réunions et facilitations permanentes de l’ONU, notamment sous pression des populations plutôt grecques que turques, dans une approche d’écoute active qui semble à nouveau progresser pour mieux regarder l’environnement et solutionner les problèmes liés, voire mieux montrer que les deux parties peuvent néanmoins cohabiter.

On rappellera néanmoins les revendications turques sur certains ilots grecs proches de ses côtes, (cf diner I.R.C.E.) qui pourrait peut être aussi se rappeler que la France ne revendique pas les iles anglo-normandes de la perfide Albion que sont Jersey et Guernesey, les Britanniques se montrant d’ailleurs plus revendicatifs que les Français.

En envoyant frégates et porte-avions, la France et l’Italie, nations méditerranéennes, se sont senties solidaires, sans doute aussi par leur histoire passée, pour protéger l’île mais aussi les bases britanniques. Pourquoi ne pas y tester un dôme de protection commun ? Reste à connaitre la position turque bien silencieuse.

En terme de laboratoire sur d’autres zones sous tension, potentiellement à terme réconciliables, même si le Conseil européen s’était montré au départ inflexible sur les frontières de l’Ukraine, l’UE pourrait donc intégrer le pays en entier avec une partie Est, non pas annexée mais indépendante sous protection russe, et pourquoi pas avec certaines bases militaires de part et d’autres du Dombass et de la ligne de front, mais sans forcément cette fois une capitale coupée en deux comme le furent Berlin ou Vienne et sans adhésion, sine die, à l’OTAN, comme l’Autriche, qui n’est certes plus en première ligne. Il pourrait en être de même en Géorgie. Quant à la possible intégration conditionnelle de la Turquie dans l’UE, c’est une autre histoire, mais qui en semble peut être liée, ce qui ne sera sans doute pas le cas de la Russie, même jusqu’à l’Oural. Mais qui sait…  

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La projection psychologique et le partenariat sélectif à sens unique nucléaire français

13 Mars 2026 , Rédigé par francoischarles

Après avoir relu plusieurs fois le discours du Président Macron sur le concept de dissuasion nucléaire avancée, après avoir lu les commentaires des spécialistes qui pourtant devaient se reporter aux textes, après avoir vu les réactions attentives des Européens entre crainte, tentative d’assurance et incompréhension, il était important d’effectuer une nécessaire analyse à charge et à décharge dans la suite des publications sur la France, l’Europe et l’OTAN, montrant bien la continuité de la projection psychologique française au regard de son allié étasunien, utilisant les mêmes méthodes pour un même objectif, mais sans les mêmes moyens, la dissuasion pouvant se limiter à quelques bombes indétectables et surpuissantes, mais également la capacité d’inventer un concept soit disant nouveau mais se déclinant en fait parfaitement aux systèmes existants.

Par François CHARLES

Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales et de l’OTAN à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Le discours du Président était partisan, voire électoral pour on ne sait qui,  ménageant d’une part une droite revendicative des acquis nationaux et d’autre part un dialogue européen de non enfermement, voire de partenariat. Il rappelle que les intérêts vitaux  doivent être préservés sans être définis, ce qui n’aide pas forcément les partenaires, que la France est en accord avec la notion de stratégie de dissuasion nucléaire de l’OTAN, certes assurée quant à elle par les moyens étasuniens et disposés dans certains pays mais protégeant tous les autres. Par contre il ne s’engage aucunement sur une garantie de protection stricte, comme l’avancent certains, vis-à-vis de certains pays, tout en leur proposant une certaine forme de relation ambigüe à sens unique voire sélective sur des domaines non nucléaires.

Si les pays européens se disent intéressés, il semble apparaitre la même situation que lors de nos discussions de travail sur l’initiative européenne d’intervention où personne n’avait compris le soit disant élément nouveau en Europe dans les différents Etats-majors, sauf peut être une certaine duplication adaptée, plutôt qu’une vraie et nouvelle dynamique de solidarité, plutôt dans ce cas restrictive et faussée.

A l’heure où il conviendrait plutôt d’officialiser la structure otanienne de défense à gouvernance cette fois européenne, avec des partenariats forts en dehors de l’UE, pour enfin donner une puissance et une diplomatie à l’Europe, E. Macron propose, quelque chose qui semble plutôt finalement profiter à la France qu’aux autres pays, par la dimension européenne de l’Alliance.

En d’autres termes, comme avec les Etats-Unis, il s’agit en fait d’un partenariat, préservant certes l’investissement initial français mais demandant aux Européens un effort de compréhension et de partage de fardeau non purement nucléaire, comme il est déjà mentionné dans le fonctionnement du Groupe de Plans Nucléaires (PNG) de l’OTAN, avec également visite d’installations, participation aux exercices. Le concept français est en fait calqué sur celui de politique et des forces de dissuasion nucléaire de l’OTAN, avec une décision de protection plus restrictive qu’au sein de l’Alliance, pouvant même apporter une possible discrimination pour les pays qui ne pourraient pas y participer avec en plus du risque de non intervention générale des Etats-Unis. Rappelons tout de même que la stratégie de l’OTAN n’est pas « à la carte », que tous les pays font partie du PNG et sont donc a priori protégés, même ceux qui ne contribuent pas mais qui sont fortement engagés à le faire.

Reprenant certains passage du Président, il est également important de rappeler que si le nucléaire tactique et ses composantes terrestres, autrefois mobiles Pluton et Hadès, par rapport aux composantes enterrées, a été abandonné par François Mitterrand, c’est après d’une part l’avoir fait évolué avec la menace de l’employer sur le champ de bataille face à une attaque classique massive et non en riposte à une action nucléaire, et d’autre part avoir réagi à l’arrêt de la guerre froide, en respectant le désarmement, rassurant notamment les Allemands qui étaient en première ligne de ces frappes potentielles. Il est par contre toujours utile, sans forcement le dire, d’analyser tous les scénarii du pire et notamment ce possible emploi depuis les airs.

La valorisation des efforts historiques financiers de la France dans ce domaine est légitime, même si rien ne prouve qu’elle a été utile, sauf à avoir développé une certaine autonomie et identité notamment technologique qui a pu servir dans le domaine civil. Mais comme la dissuasion, employée désormais en dehors du nucléaire, on ne le saura peut être jamais, et heureusement, d’autant que la France s’est voulue avoir toujours de bonnes relations avec la Russie et même la Chine, comme on ne saura jamais si les Etats-Unis lanceront une bombe pour protéger l’Europe ou endiguer une guerre si leur territoire n’est pas menacé, même s’ils l’ont fait il y a longtemps.

Le Président, chef des armées, ne souhaite apparemment pas demander à contribuer à l’effort financier sur l’aspect purement nucléaire pour ne pas avoir à partager et surtout ne pas céder la place au conseil de sécurité, comme le demandait, voire toujours, l’Allemagne sous prétexte de démocratie, mais propose une contribution sur des aspects annexes, notamment d’alerte, de défense conventionnelle et autres, comme également au sein de l’Alliance.

Cela reprend en fait une ancienne méthode de négociation que nous avions employée au sein de l’OTAN dans les années 90 en rassemblant une équipe d’Europe à compétences globales face aux Etats-Unis et le Royaume–Uni pour le projet d’épine dorsale des radars, en dehors de simplement défendre la technologie française, forçant ces derniers à négocier. Mais il s’agit aussi d’en profiter pour demander aux autres Etats de contribuer à des efforts technologiques pour mieux finalement protéger la France, voire leur propre pays sachant que le Président français, protégé par sa constitution, pourra ou non intervenir s’il le souhaite, et qu’il sera toujours temps de demander à l’OTAN, ancienne ou nouvelle formule, de le faire, ou de s’y substituer.

Cela peut aussi laisser envisager à terme une bombe française sous un Gripen ou un Eurofigther sauf si le but est d’imposer le Rafale comme les Etats-Unis imposent le F-16 puis le F-35, sans vouloir partager le ciel, suite à la fermeture soudaine de certaines discussions. Les aspects de lucidité viseraient aussi à permettre aux avions français de bénéficier des bases européennes, d’empêcher certains pays de développer, de façon autorisée, leur propre capacité, pour être surs d’être protégés et pourquoi pas accéder au Conseil, mais aussi de participer au développement du bouclier de protection à l’Est où la France a été exclue.

Cela ferme donc sine die aussi la porte à un droit de regard des Etats-membres voire de l’Union. Mais le Président français, peut être prochain président du Conseil européen connu de tous, a-t-il autre chose derrière la tête pour faire avancer son opinion publique une nouvelle fois grâce à la dimension européenne, comme il l’a déjà dit au Parlement européen pour d’autres sujets, et du même coup faire avancer l’Europe en s’appropriant certaines nouvelles idées ?

 

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L’Italie de Giorgia Meloni, la nouvelle clé de l’UE unie dans la diversité ?

13 Mars 2026 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Alors que les Français voudraient bien imposer un fédéralisme européen comme Napoléon commençait à le construire, alors que les Allemands digèrent encore la réunification et misent sur leur force économique qui va leur redonner également une place militaire redoutée, une nation a des choses à dire, qui veut jouer un rôle et ne pas être la roue de secours du tandem des deux premiers : l’Italie de Giorgia Meloni, qui finalement incarne peut-être désormais celle qui a le mieux compris ce que signifie unis dans la diversité à travers son histoire et l’univers, voire la magie, de Tolkien.

Par François CHARLES

Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Autant on découvre une facette du Président Ukrainien à travers sa série serviteur du peuple, mais également en fait comme chef d’entreprise de spectacles à succès venu ensuite aux affaires publiques comme Donald Trump, autant on peut mieux connaître la nouvelle présidente du Conseil italien, quant à elle professionnelle de la Politique, à travers la série culte du Seigneur des Anneaux qui l’a « forgée » pendant de longues années avec une équipe diversifiée mais soudée et des alliances improbables telle celle des anneaux où les elfes et les nains sont capables de combattre ensemble comme quand Tito maintenait l’unité de la Yougoslavie.

Certes adoubée par des pairs qui ont voulu tester une candidature qui finalement a fonctionné là où rien de réussissait, leur chose est devenue forte et a su créer un parti officiellement de centre droit alors qu’elle se revendique de Mussolini, se positionnant sans doute comme l’aiguillon d’une idée à la fois nationale et socialiste. Elle l’a fait en partenariat avec l’héritage Berlusconi, nommant comme vice premier ministre un ancien co-fondateur de Forca Italia, ancien président du Parlement Européen et ancien commissaire, qui connait donc bien le système européen, ses déceptions et petits arrangements politiques, et qui l’a sans doute poussée à effectuer son premier déplacement à la Commission européenne pour rassurer quant à ses intentions constructives.

L’Italie récemment assemblée a vécu des hauts et des bas durant toute son histoire, avec aussi des alliances heureuses ou malheureuses. Force motrice économique dans certains secteurs, comme les machines outils, et avec de grands groupes dans les domaines automobile et de défense, elle ne veut pas se faire guider par la France, et œuvre vers la recréation de l’axe germano italien.

Au moment où les droites plutôt dures se renforcent en Europe, Miss Frodon est peut être un atout pour à la fois faire valoir des méthodes réalistes et efficaces, que même la France attendait sur les migrants, tout en restant ancrée dans la dynamique européenne sans trop bousculer les valeurs fondamentales sous peine de grimaces institutionnelles et ses impacts financiers mais qui doit accepter l’évolution de sa politique générale. Son savoir faire relationnel et son regard de « tête à tête », les yeux dans les yeux, s’incommode du travaillomane persévérant E. Macron mais sait, comme l’Allemagne, voire mieux, attendre et obtenir le consensus des Hemtes. Nous analyserons prochainement sa réforme de la justice sur fond, en même temps, de relations internationales.

L’envoi de frégate vers Chypre, qui a aussi  une histoire génoise et vénitienne, comme la France et le Royaume-Uni, d’ailleurs toujours présent comme à Gibraltar depuis notamment la problématique gestion de l’indépendance de l’île, est officiellement fait par solidarité défensive avec un pays de l’UE mais aussi voire avec une certaine marque d’affirmation comme pays de l’OTAN, dont Chypre n’est pas, comme Malte toute proche.

Misons sur son bon sens pratique au sein de l’UE et dans sa politique de voisinage pour le soutien à l’Ukraine dans sa lutte pour rester indépendante, tout comme pour l’analyse de sa potentielle rentrée dans l’UE avec apports mutuels.

Mais attention à l’envoutement de l’anneau qui peut également être destructeur s’il n’est pas doublement protégé.  

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