europe
Oui l'euro a été une bonne chose mais il faut désormais une gouvernance par groupes de cohérence économique
Le prix Nobel Robert Stiglitz relayé par BFMTV, média d'aussi grande qualité que le Bien Public, déclare que l'euro n'a pas été une bonne chose.
non non et non ! Comme je l'ai dit au Conseil d'Etat la semaine dernière, l'Euro a été une bonne chose, regardons donc les taux d'intérêt proches de zéro. C'est la PASSAGE à l'euro qui a dérapé nous mettant deux inflations d'un coup avec surement bcp qui s'en sont mis dans les poches et sans oublier certains pays qui se sont crus bien plus riches en découvrant la carte de crédit et en s'écroulant ensuite, bien aidée par l'UE. Et c'est pour cela qu'il faut une gouvernance de groupes de cohérences à l'intérieur même de la zone euro.
MES VOEUX EN TANT QUE PRESIDENT DE L'I.R.C.E. (voir carte et allocution)
Le Conseil d'Administration de l'IRCE se joint à moi pour vous souhaiter une merveilleuse année 2016 pleine de joie, santé, bonheur, réussite, justice et paix pour vous, vos familles et vos proches ;
En ce début d'année de relance nécessaire du projet européen par le constat des multiples événements passés et à venir qui démontrent une Europe en danger, je souhaite adresser à tous les Européens, mes voeux les plus chers de joie de vivre ensemble, rassemblés dans une même optique d'épanouissement, de force et de maturité intérieure, unis dans la diversité même si parfois nous portons d'autres lunettes que nos voisins
Comme le diamant issu des profondeurs de la terre, l'Europe ne se fera pas en un jour et son origine est ancrée au plus profond de notre histoire. Comme le diamant, l'Europe ne sera pas non plus façonnée en un jour et il convient d'y apporter une attention bienveillante à chaque instant. Comme le diamant qui brille de mille facettes qui en font ensemble sa rareté et son effet précieux, l'Europe est éclatante, attrayante, enviée et riche par sa diversité et l'interdépendance de ses territoires, de ses peuples et de ses compétences, peut avoir plusieurs apparences et briller différemment en fonction de son environnement. Comme le diamant, elle pourra avoir quelques imperfections qui tenteront d'être gommées pour la rendre plus belle. Comme le diamant qui ne se brise pas, l'Europe sait être la plus forte. Et comme le diamant, l'Europe est éternelle.
Pour continuer sur cette image du diamant que vous connaissez désormais au fil des années, mais aussi pour reprendre ce terme de management de "marcher sur ses deux pieds" :
Je souhaite pour l'Europe, que les idéalistes européens d'un seul moule comprennent la volonté d'identité réaliste et réalisable de chaque peuple qui apparaît souvent lors des élections et je souhaite que les idéalistes nationaux comprennent que ces peuples aspirent néanmoins à vivre ensemble dans un monde de paix mais surtout d'échanges économiques, et qu'ils sont prêts à profiter d'une certaine normalisation ;
Je souhaite qu'élus et institutionnels trouvent le chemin de l'écoute et de la pédagogie avec une légitimité reconnue et je souhaite que les citoyens sceptiques s'intéressent aux institutions et à leurs actions de façon constructive ;
Je souhaite que les dirigeants nationaux, comme les entreprises, comprennent la possible interdépendance entre les Etats dans les domaines clés et stratégiques, notamment sur l'énergie et la défense ;
Je souhaite que nous comprenions que nous pouvons être plus forts ensemble au delà de la simple addition de km², d'habitants et de poids du PIB et je sais que certains diront de dettes, notamment en mutualisant, pourquoi pas, celles de défense si nous parvenons à une interdépendance de prise de conscience, hélas en profitant des crises ;
Je souhaite que les pays les plus avancés comprennent pourquoi l'UE aide financièrement les pays rentrants afin de consolider nos économies mais qu'elle doit le faire avec mesure sans inciter à certaines dépenses cofinancées qui peuvent mettre en péril les économies déjà fragilisées face aux investissements à réaliser dans certains domaines prioritaires ;
Je souhaite que les pays qui ont profité des aides européennes, même cofinancées, le reconnaissent et pensent aussi en terme de retour d'investissement pour les autres pays de l'Union européenne qui désormais en reçoivent moins ;
Je souhaite que les entreprises comprennent que l'UE a misé sur elles depuis longtemps pour la création de richesses notamment avec la recherche et s'inscrivent également dans une dynamique d'identité de ce qui est bon pour l'Europe et non dans une logique purement financière et de profit ;
Je souhaite que les perfectionnistes et les libéraux comprennent que le système actuel peut être revu et corrigé en instituant notamment des groupes de cohérence de fonctionnement et qu'il est parfois important de consolider les acquis internes pour être plus forts avant toute nouvelle approche commerciale notamment envers les partenaires étasuniens qui doivent aussi apprendre l'interdépendance et la remise en question ;
Je souhaite que nous n'ayons plus besoin de la Chine ni des Etats-Unis d'Amérique pour comprendre nos atouts économiques et nos armes commerciales, ni de la Russie, pourtant si proche et nécessaire partenaire en grande partie européenne et qui n'a pas fait le deuil de l'échec apparent de sa grande Europe, ni bien entendu des autres menaces que nous connaissons, pour parler d'une seule voix en terme de politique extérieure et de défense ;
Je souhaite que les Européens des capitales comprennent le rôle clé des régions pour tester et mettre en place certains projets notamment transverses et je souhaite aussi que les européens et les élus des régions comprennent le rôle souvent initiateurs et bienveillant des institutions ;
Je souhaite que le modèle particulier engagé pour l'Europe sur le fond et la forme, d'une part fédéral dans son fonctionnement peut-être avec une subsidiarité non reconnue et sans avoir encore intégré les domaines traditionnels régaliens, et d'autre part confédéral dans sa politique générale, trouve ses marques et pourquoi pas dans un système d'Etats-Nations ;
Je souhaite que nous avancions ensemble à la fois dans un certain équilibre mais dans une nouvelle force motrice économique créatrice de richesses et une composante sociale créatrice d'épanouissement ;
Je souhaite que l'Europe reste forte et unique face au risque de dilution et de fracture, notamment crée par les migrations légitimes ou cachées
Je souhaite que le drapeau européen réapparaisse en Pologne que nous avons reconnu comme étant un nouveau moteur européen, mais un moteur intégré pour dynamiser l'Union et non séparatiste même s'il peut exister des groupes de cohérence dans l'Union ;
Je souhaite que certaines valeurs soient retrouvées et qu'une identité propre apparaisse pour que nous puissions dire que nous sommes fiers d'être Européens, unis dans la diversité en étant un modèle pour le monde.
Encore bonne année à toutes et tous et au plaisir de vous retrouver dans notre programme riche et varié pour 2016 afin de faire avancer les dynamiques européennes,
François CHARLES
Président de l'IRCE
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Retrouvez mon allocution d'introduction lors de notre dîner de juillet avec SE l'Ambassadeur de Pologne en France
Votre Excellence, merci d’avoir accepté notre invitation sur un thème d’importance "la Pologne, un autre moteur européen" qui est celui de la connaissance, la compréhension et l’acceptation commune pour faire que les différences soient plutôt des forces communes afin de réussir à créer un leadership européen porteur de sens. Je tiens à souligner que notre intention existait depuis longtemps et que les différentes annonces récentes ne sont qu’un concours de circonstance de calendrier.
Je ne doute pas que le diplomate, mais aussi l’homme de promotion que vous êtes, comme nous l’avons découvert dans votre biographie, saura y répondre en essayant de nous faire porter « d’autres lunettes » pour peut-être nous faire partager une autre vision de la Pologne et de l’Europe. Nous avons eu l’honneur d’accueil un autre diplomate en 2014 en la personne de madame l’Ambassadeur d’Autriche, qui nous avait parlé gouvernance, tout en reconnaissant son entrain à défendre les « PME » … entendez par là les « Petits et Moyens Etats ». Vous précédez par ailleurs l’ambassadeur de Grande Bretagne qui a accepté d’intervenir à l’automne sur le thème « quel moteur franco-britannique » à une date qui sera bientôt précisée.
Les méthodes connues en entreprises peuvent être appliquée à l’Europe. Le slogan « Unis dans la diversité » doit faire notre force plutôt que nous diviser et l’essentiel est bien avant tout de se connaître pour éviter les a priori mais aussi prendre conscience de certaines réalités comme celles de l’interdépendance +/+, win-win ou gagnant-gagnant, qui n’est pas forcément 50/50 quel que soit le terme employé. Les peuples européens, au-delà des entreprises et des institutions, ont besoin de savoir ce que les autres leur apportent, pour quel objectif positif, avec quel retour sur investissement… Heureusement de nombreuses PME ont su voir les opportunités des fonds structurels développés dans votre pays pour y implanter de nouvelles technologies à travers certaines coopérations plutôt que blâmer le fait qu’ils n’existaient quasi plus en France, sans être par ailleurs totalement consommés. De le même façon le fameux « plombier polonais » peut être vu soit comme une épine, soit comme une force génératrice d’emplois de par les compétences, et la « planche à secousse » qu’il procure, sans forcément tomber dans une concurrence trop libre car une certaine structure est néanmoins garante de l’équilibre des grands systèmes. Nous aurions pu également aborder le problème transverse des transports généralement développé … par certaines entreprises dont le siège est en France.
De façon indépendante, et même si pour l’instant majoritairement français, l’IRCE cherche à identifier, faire valoir et partager ce qui semble être bon pour l’Europe, notamment dans des domaines de la défense, de l’économie, de l’énergie, des transports... Tant mieux si c’est en France qui a souvent été menante, mais pourquoi pas en Pologne, et pourquoi pas avec un terrain issu d’un grand alambic avec l’Allemagne – en référence au triangle de Weimar entre la F, l’Allemagne et la Pologne - et d’autres pays et pas forcément tous dans tous les domaines. Partager les valeurs de l’IRCE c’est saluer des entreprises PME ou grands groupes qui se développent plutôt en Europe, - et je tenais à excuser l’absence de dernière minute de M. Guillaume Faury, Pdt d’AH, qui nous a permis agréablement de découvrir le nouvel hélicoptères de transport au salon du Bourget et qui mise sur la Pologne comme cinquième (non pas élément) mais pilier du groupe - c’est saluer des écoles comme ESCP Europe qui ont compris ce que l’Europe et chaque pays peut apporter, - et je saluerai notre ami Gilles Gouteux qui représente Franck Bournois, le DG d’ESCP EUROPE qui a annoncé l’ouverture de son 6° campus à Varsovie - c’est saluer la recherche scientifique qui tente de rassembler des compétences et des personnes, c’est saluer une vente de Grippen au Brésil en espérant que la Suède aide à vendre les Rafales, c’est aussi être bienveillant aux solutions étasuniennes tout en essayant d’en tirer profit, comme certains d’entre nous avions su le faire en créant une identité européenne au sein de l’OTAN, en la considérant comme vecteur d’intégration européenne, comme vous êtes sans doute en train d’y contribuer aussi par vos annonces récentes pour vos achats de défense. Je relèverai qu’apparemment ce n’est pas la première fois que vous achetez européen et même français car parait il qu’en 1939 vous aviez déjà l’intention d’acheter des avions. En tant qu’ancien responsable de la politique d’offsets à la DGA, qui ait justement tout fait pour la laisser souple, j’espère que nous serons dans une logique de coopération et de renforcement de compétences, notamment en innovation, voire sur les fondements d’un futur Buy European Act.
La théorie des organisations nous enseigne que les sous-groupes sont naturels et salvateurs à partir d’une certaine dimension du groupe général. La notion de groupes de cohérence peut aussi sauvegarder, mieux que sauver, l’esprit européen, si particulier et si riche - et je reprendrai l’image du diamant aux multiples facettes mais dans une même pierre - et n’implique pas que les pays soient voisins, passant du leadership bienveillant à réellement démocratique. Comme me le disait encore notre ami attaché de défense espagnol, le moteur franco-allemand certes, mais à 28 ne peut-il pas y en avoir plusieurs, même s’il pensant plutôt à celui de sa péninsule.
S’il était sans doute opportun qu’un noyau dur de Nations commence le travail de construction, que votre pays a enfin pu rejoindre, sans non plus avoir l’intention d’y perdre son âme et avec sa vision de l’Europe, il s’avère que le centre de gravité de l’Union Européenne a peut être bougé. Le laboratoire du groupe de VISEGRAD, créé en 1335 et repris en 1991, réunissant quelques pays dans le domaine structurel et désormais éducatif, artistique et culturel, et peut-être dans la spécialisation des forces, est sans aucun doute un exemple à suivre pour les groupes de cohérence même si vous semblez avoir aussi d’autres lunettes s’agissant des objectifs de Kyoto en matière de développement durable.
J’ai toujours cru depuis longtemps à la Pologne comme moteur de la partie ou d’une partie est de l’Europe et nous aimons d’ailleurs à le partager souvent avec madame l’ambassadeur d’Allemagne. Mais est-ce un moteur auxiliaire, tel l’APU d’un avion ou alors un réel moteur complémentaire et sécurisant, permettant aussi à l’avion de continuer sa mission ? Quelle est son identité ? sa force motrice ? ses forces, ses faiblesses vis-à-vis des attentes de l’environnement considéré et des menaces identifiables.
Votre Excellence je vous laisse – enfin – la parole
retrouvez mon allocution d'introduction au dîner I.R.C.E. d'octobre avec l'Ambassadeur du Royaume-Uni en France, Sir Peter Ricketts
Votre Excellence,
Merci d’avoir accepté notre invitation sur le thème porteur des forces motrices. Ce vocabulaire est certes emprunté à la politique générale de l’entreprise, sorte d’étendard illustré des Domaines d’Activités Stratégiques, pour montrer où l’on va. Mais il peut tout à fait s’adapter aux autres types d’organisations comme celle de l’Union Européenne ou de deux pays pris séparément.
Merci surtout d’avoir retenu le sujet original "QUEL MOTEUR FRANCO BRITANNIQUE"que je vous avais proposé. Si l’on parle toujours du couple et du moteur franco allemand, qui sera sans doute un de nos prochains thèmes, il en est un pourtant un d’importance : celui entre la France et le Royaume-Uni. Remarquez bien qu’il n’est pas écrit Europe dans le titre. Nous auditionnons aussi des représentants du monde entier pour analyser « ce qui est bon pour l’Europe ». Nous avons compris, comme en France, en Grèce, en Espagne, qu’un vote et un référendum n’imposent pas un départ. Que deviendrait d’ailleurs ce moteur si le Royaume Uni, qui a peut être eu finalement sa « monnaie back », sort de l’UE, réduit néanmoins de l’Ecosse qui souhaite s’y maintenir, comme la Catalogne ? Mais nul n’est tenu de rester en indivision
En terme de blason d’identité, quelle devise pouvons nous donner à ce moteur ? Quelle puissance ? Quelle technologie ? Quel emploi ? Quelle énergie ? Quelle robustesse ? Quelle façon de l’entretenir ? Comment le voir ? Comment le voient les autres ? Les motoristes, comme ceux présents dans la salle nous le diront : chaque moteur a une partie froide et une partie chaude qui doivent être assemblées et fonctionner en interdépendance. Reste à comprendre ensuite parfois où est le plus grand retour sur investissement. La France et le Royaume-Uni sont voisins mais différents et parfois désunis. Ils sont considérés comme ennemis héréditaires, donc familiaux depuis la guerre de Cent ans mais font souvent avancer les choses de façon constructives. Qui aurait prédit que Londres deviendrait la 6e ville française ? Et certes un moteur n’est rien sans une bonne cellule d’avion ou une bonne carrosserie. Sans doute que le choix d’Airbus et de l’Europe est un bon choix. Parler moteur franco-britannique c’est aborder des aspects de rivalité territoriales et militaires jusqu’à l’entente cordiale puis industriels mais aussi des complémentarité dans de nombreux domaines. La concurrence est parfois salvatrice entre groupes et sous-groupes de cohérence pouvant exister avec leur identité et leur culture propre, ceci en adéquation avec une identité générale. Nous aurons tout à l’heure l’occasion d’aborder en image cette « union dans la diversité ».
Certains en France disent volontiers, sans forcément plaisanter, que votre pays n’a jamais été européen, n’a jamais compris l’Europe, veut préserver son modèle sur son île. Je répondrai que le Royaume-Uni, comme son nom l’indique, vit depuis longtemps un certain modèle européen. Je répondrai que son rôle de contre leader, sans être pour autant enfant libre asocial, sert aussi de « planche à secousses » notamment économique. Citons le fait de ne pas adopter l’euro ou d’accueillir plus favorablement le plombier polonais comme nous en parlions en juillet, mais aussi le fait de plaire aux chefs d‘entreprise français comme aurait pu nous en parler les sénateurs Cadic et Lamure mais également la Sénatrice Keller avec son rapport sur « la place du Royaume.Uni dans l’UE, fruit d’une irréductible singularité ». Rappelons enfin qu’au siècle dernier, alors que la France fut défaillante, le Royaume-Uni sauva une certaine pluralité.
Souvenons-nous que sous l’impulsion de Jean Monnet, les deux pays ont coordoné leurs ressources et leurs flottes de commerce pendant la première guerre mondiale et qu’il était question de rassembler les deux gouvernements, comme 600 ans auparavant, pour tenter de vaincre ensemble. Ces deux pays ont une une capacité à intervenir de concert et de façon complémentaire sur les théatres d’opération et notamment avec leurs marines comme nous le rappelait aussi l’Amiral Coldefy l’an dernier. Vous qui avez fréquenté plusieurs fois l’OTAN comprenez certainement que cette organisation est un réel vecteur d’intégration et d’identité européenne où justement le moteur franco-britannique est essentiel. N’oublions pas qu’un Anglais a sauvé le dépeçage de la France en 1815.
Mais ces deux pays savent aussi travailler en dehors du temps de crise. Ils ont été et restent ensemble ou séparément des laboratoires d’idées et d’innovation politiques, industrielles et économiques. Citons de nombreux exemples comme les achats croisés ou certains programmes en coopération ou complémentaires dans l’armement et l’aéronautique. Le moteur et ses parties permettent aussi de conserver des liens entre ces deux pays mais aussi avec notre « partenaire » étasunien, comme dit M. Poutine, depuis la relation étroite entre Roosevelt et « l’ancien gars de la marine ». Cette relation peut aussi faire réfléchir et réagir la France de Napoléon III pour lancer son industrialisation, la France de De Gaulle pour développer son indépendance nucléaire. Mais elle peut aussi inciter le Royaume Uni à relancer son industrie et sa politique énergétique notamment nucléaire avec la France, participant à une certaine union de l’énergie. Notons que l’I.R.C.E. s’est permis de nommer ses dîners scientifiques LUNAR SOCIETY reprenant les initiatives anglaises de brassage d’idées et de mises en relation au 19° siècle où est née la machine à vapeur.
Enfin, comme vous l’avez bien souligné dans l’émission « secrets d’histoires », « finalement et heureusement que ce ne sont pas les Anglais qui ont jugé Jeanne d’Arc ».
Votre Excellence je vous laisse – enfin – la parole
Retrouvez mon allocution d'intoduction à notre conférence I.R.C.E. - ESCP EUROPE du 17 novembre sur "Quelle Union de l'Energie pour l'Europe"
Bonjour
Merci à toutes et tous, surtout en ces temps de violence et de tentative de déstabilisation, d’être présents pour cette nouvelle conférence thématique de l’IRCE en partenariat avec ESCP EUROPE représentée par son directeur international et l’association des Anciens et notamment de son groupe Energie.
l’I.R.C.E. est un think tank de nature apolitique, indépendante et généraliste, à la fois pédagogique, analytique, générateur d’idées et force de proposition en ce qui concerne les dynamiques européennes dans tous les domaines de la politique générale en privilégiant l’approche globale et objective. L’Europe est finalement le sujet dont les citoyens et les pays parlent le plus, sauf qu’ils n’ont pas toujours les mêmes lunettes et nous sommes heureux de réaliser un partenariat avec une des écoles qui a su très tôt valoriser cette dimension européenne et ces facettes « unies dans la diversité » pour reprendre un des slogans européens.
Nous travaillons sur l’Europe des nations et des régions et commençons à avoir des membres répartis dans de nombreux pays. Vous trouverez sur notre site toutes les informations en ligne et notamment notre plaquette et nos formulaires de demande d’adhésion. Nous ne défendons pas une position française mais ce qui semble être « bon pour l’Europe », notamment dans des domaines de la défense, de l’industrie, de la recherche, de l’économie, de la concurrence, de l’énergie et des transports, ces deux derniers éléments étant en fait très liés.
Faire fonctionner l’Europe ne signifie pas forcément marcher tous à l’unissons dans tous les domaines. Et pour reprendre les termes généralement employés dans les écoles de management, je dirai que les peuples européens, au-delà des entreprises et des institutions, ont besoin de savoir ce que les autres leur apportent, pour quel objectif positif, avec quelles réalités, quelle options à analyser, quelles solutions spécifiques, mesurables, réalistes, réalisables et surtout déterminées dans le temps à adopter à travers le filtre des éléments contrôlables ou incontrôlables et enfin si possible avec quel retour sur investissement.
A la suite de quelques publications et de notre dîner de début d’année sur l’énergie nucléaire, nous avons demandé à certaines personnalités institutionnelles, juridiques et industrielles (hélas pas la présence de politiques, de venir intervenir cette fois sur le thème : « Quelle union de l’Energie pour l’Europe».
En matière de choix, l’énergie est un domaine aussi sensible, stratégique et politique que la défense qui elle-même intervient souvent pour protéger l’énergie. Comme pour la défense, la rédaction d’un document unique technique est toujours plus facile qu’un document politique. Ce sujet particulier et majeur de « l’Union de l’Energie » a toute son importance pour comprendre les notions d’interdépendance économique mais également sécuritaire entre toutes les sources d’énergie, pour poser les réalités et les options d’optimisation, pour identifier les groupes de cohérence potentiels. On peut citer les travaux en cours entre la France, l’Espagne et le Portugal ou le groupe VISEGRAD de certains pays européens orientaux. En cela nous parlons de segmentation énergétique.
Ce sujet particulier est majeur pour comprendre et valoriser les différentes facettes de l’identité énergétique européenne pour faire que nos différences soient plutôt des forces et pour réussir à créer un style de leadership européen porteur de sens.
L’union de l’énergie est bien entendu liée à l’objectif de stabilisation des températures, qui sera traité prochainement par la COP 21 en terme d’acceptation ou de révision de choix. C’est aussi un facteur de sensibilisation, chaque citoyen étant au contact tous les jours de sources d’énergie, comme de son porte monnaie. Peut-être aborderons-nous tout à l’heure l’union de l’énergie par le tri pour d’ailleurs faire rejoindre à leur manière les climato-septiques sans doute sensibles à un monde plus propre et plus sain, sans pour autant établir une sorte de liste noire.
L’énergie est une compétence partagée au sein de l’Union (voir notre dossier en ligne et prochainement dans notre catalogue de formation sur le fonctionnement juridique des institutions) et les institutions y travaillent notamment à travers la régulation, les réseaux et mécanismes d’intervention ou H2020 sur les énergies sûres, propres et efficaces avec certaines sommes attribuées pour la période 2014-2020. Revenant sur la COP 21, les institutions travaillent aussi sur la compensation carbone en espérant, pardonnez moi l’expression, que ce ne soit pas l’arbre qui cache la forêt donnant une Meilleure Solution de Rechange. Les industriels proches des réalités du terrain sont également là, certes pour appliquer mais pour apporter des éléments d’éclairage sur de futures décisions politiques, voire leur montrer qu’ils sont déjà en avance.
Enfin, je rappellerai si c’est souvent dans la crise que l’Europe et l’humain se révèlent, en montrant certes leurs limites mais aussi leurs capacités. N’attendons peut-être pas une crise énergétique pour harmoniser certaines visions.
Merci de votre attention
Je vais maintenant enfin vous laisser la parole et notamment à Anne Jourdain pour l’animation de nos travaux
N'ayons pas peur, vivons "unis dans la diversité"
Cette semaine, je suis allé à Paris comme toutes les semaines. J'en ai profité pour m'arrêter place de la République en allant à la conférence que nous avions maintenue à ESCP-EUROPE avec le quart des participants prévus et avec une minute de silence. Je suis allé devant le Bataclan où j'ai vécu un certain désagrément identique à celui de l'odeur de mort ressentie autour du World Trade Center non encore reconstruit. Beaucoup de personnes en province m'ont dit que je n'avais pas peur. La psychose a agit mais également certaines prises de conscience.
Mais peur de quoi ou de qui ? Certes, nous avons déjà connu des bombes dans le métro et certes le mode opératoire a changé avec des exécutions de sang froid en grand nombre cette fois et des explosions de personnes comme nous le voyions pour l'instant uniquement en dehors d'Europe et notamment au Liban qui a connu un attentat juste avant la France. Nous avons déjà connu les Brigades rouges, les prises d'otages palestiniennes, et les attentats à la boite d'allumettes dans les cafés d'Alger. La Russie a aussi connu ses désastres pendant la guerre de Tchéchénie et récemment avec l'explosion de l'avion de ligne. L'Egypte et la Tunisie également. Mais Imaginons le nombre de risques identifiés et déjoués et même potentiels par rapport à ce que nous vivons.
Il ne s'agit que de quelques individus qui luttent contre une certaine faculté de vivre ensemble et contre certaines décisions de bombardements en représailles à certaines première actions. Il ne s'agit que de quelques individus qui peuvent en tuer tant d'autres sans avoir peur de mourir...quoique... N'ayons plus peur d'affirmer que les gens qui foncent en voiture sur d'autres à Toulouse ou à Nos amis musulmans doivent eux-mêmes prendre des mesures pour dénoncer et neutraliser les personnes à risque.
Beaucoup de personnes me demandent pourquoi l'on trouve immédiatement les auteurs des faits. ce sont souvent les moins virulents les plus dangereux et la police tente toujours de remonter au mieux les filières. De façon positive, les mesures d'urgence vont peut-être assainir notre environnement, notamment sur la circulation des armes, et vont rendre les citoyens plus attentifs. Remercions donc les terroristes...
Certaines personnes se demandent pourquoi il était si long d'identifier les corps et les personnes alors que paradoxalement on s'oppose au pistage des identités.
Beaucoup de personnes parlent des décisions françaises à l'étranger et les critiquent mais il n'est plus concevable désormais de faire marche arrière et il faut éradiquer totalement le mal là où il se motive également et où il se trouve et ceci est nouveau également.
Les rassemblements sont salvateurs de mobilisation, comme en janvier, mais cela n'a rien changé et mes rassemblements se dispersent vite au moindre pétard au lieu d'aller vite l'étouffer, comme pendant la libération. Les rassemblements veulent montrer que la foule n'a pas peur mais n'est-ce pas pour ne pas montrer que les gens ont peur ensemble. Pensons aussi aux familles ont mal accepté que certaines victimes soient mises en publicité sur les réseaux sociaux alors qu'ils préféraient faire leur deuil tranquillement.
Mais vous êtes beaucoup à me dire aussi que c'est peut être une chance pour nous faire prendre conscience de la chance que nous avons à vivre en France et en Europe et de ce qu'il faut préserver, "unis dans la diversité".
Les questions sécuritaires des flux migratoires actuels et ses aspects militaires Ou… La faillite de la politique de voisinage et la question de la sécurité de l’UE
je vous livre ici le contenu de mon intervention devant le club des Sabres de l'OTAN de Paris des attachés de défense
Messieurs les Officiers,
Je ne vous cache pas mon honneur et plaisir ressenti à intervenir devant vous
Que cette conférence soit initiée par un hongrois membre d’un groupe OTAN présidé par un italien et se tienne à l’Ambassade du Royaume-Uni n’est certainement pas une coïncidence car nous sommes en présence de messages particuliers sur le sujet de l’immigration et de la sécurité.
En tant que président d’un Think Tank indépendant travaillant sur les dynamiques européennes, dont la défense, je ne vais pas exposer la position officielle française mais une position recherchant surtout ce qui est bon pour l’Europe, dont la situation en France, avec certains constats et certains suggestions
Sommes-nous encore dans la stratégie de la ligne Maginot ou allons nous prendre enfin conscience qu’il s’agit d’une vraie crise commune aussi grave que celle de l’Ukraine ? C’est une preuve de la faillite de la politique de voisinage, du projet EUROMED, de la défense et de la gouvernance européenne dont il faut remédier.
Je vous propose d’aborder :
Les différentes préoccupations de l’UE et de ses pays membres face aux risques et aux réalités migratoires
La ligne imaginaire entre interventions humanitaire, policières et armées
De la faillite de la politique extérieure de l’UE à une réponse possible de l’OTAN
I - Les différentes préoccupations de l’UE et de ses pays membres face aux risques et aux réalités migratoires
Avant de décider des actions à entreprendre pour atteindre un objectif, il convient d’analyser les réalités et les options (GROW), et voir si ces dernières sont mesurables, accessibles, réalistes, réalisables et déterminées dans le temps (SMART), mais qui peut tout à fait intégrer ce que j’ai appris dans les forces « Un chef, une mission, des moyens ». Reste aussi à savoir de quel objectif parle-t-on ?
L’Europe doit être forte et non divisée de ses différences et porter attention aux revendications et attitudes de ses membres. Je pourrais en dire de même pour l’OTAN qui ont certes des gouvernances organisées notamment géographiquement mais composées de membres avec des cultures différentes et qui doit justement être forte de ses différences avec en son sein une identité européenne. Depuis mon passage dans les forces, notamment en Allemagne, puis ma facilitation sur l’Air Command & Control System (ACCS) à la Direction Générale de l’Armement (DGA), j’ai toujours considéré l’OTAN comme vecteur d’intégration européenne
Comme dans tout système, et je ne peux que le confirmer en tant qu’ancien risk manager de la DGA, il est normal d’endiguer certains flux surtout s’ils sont très importants, s’ils sont porteurs de dérives et s’il s’avère difficile d’effectuer le « coup de tamis » pour séparer le bon grain de l’ivraie, entre d’une part les migrants économiques qui peuvent aussi être opportuns, et d’autre part les réfugiés sécuritaires protégés par les droits de l’hommes mais surtout notre bonne conscience
Rappelons quelques principes fondamentaux de l’UE. Elle n’est pas née initialement pour créer un espace économique mais pour faire taire les canons, garantir la paix, l’unité, l’égalité, les libertés fondamentales, le principe de solidarité, le respect de l’identité nationale, le désir de sécurité, le respect des droits fondamentaux de dignité, liberté, égalité, solidarité, citoyenneté, justice (voir charte des droits fondamentaux). Elle y parvient peu à peu dans des mesures de différents niveaux donc économique, qui lui sert d’ailleurs d’arme, à défaut de défense commune, pour faire pression sur certains voisins.
Rappelons que la politique générale de l’UE est confédérale mais que son fonctionnement est fédéral où les éléments traditionnellement clés dans le chapeau de gouvernance fédéral que sont la défense, les relations internationales et l’économie, n’y sont pas mais y parviennent peu à peu justement du fait de nos différences
Nous trouvons les notions d’espace de liberté et la sécurité dans les compétences partagées entre l’UE et les Etats membres, où l’UE apporte une plus value à une action des Etats et détient un privilège d’exercice ou un transfert aux Etats au même titre que le marché intérieur, cohésion économique sociale et territoriale, agriculture et pêche, environnement, transports, énergie, justice, santé publique, recherche, espace, développement, aide humanitaire
Nous trouvons en « hors liste » la politique économique et l’emploi où les Etats reconnaissent un besoin de coordination ainsi que la PESC (sauvegarde des valeurs communes, Renforcement de la sécurité, Préserver la paix, Coopération internationale, Défense commune) où les compétences des Etats conservent leur politique étrangère propre. C’est en cela que les Etats européens ne ressemblent pas aux Etats des Etats-Unis ou de la Chine mais d’une certaine façon aux länders qui sont nés d’un modèle créé par les alliés
Rappelons que les compétences exclusives, régies sous le domaine des lois ou règlements, concernent l’union douanière, règles de concurrence, politique monétaire des Etats de la zone euro, politique commerciale commune et certaines parties pèche.
Les décisions sont prises plutôt à la majorité qualifiée et très rarement au consensus contrairement à l’OTAN sauf à l’unanimité pour les questions sensibles comme le respect des traités, mais également pour les domaines clés comme la fiscalité, la libre circulation et droits et devoirs des travailleurs, la citoyenneté de l’Union, la PESC, la coopération policière et judiciaire
Je rappellerai le principe de subsidiarité selon lequel l’UE doit agir lorsque les objectifs visés peuvent être mieux atteints au niveau de l’Union et ne doit pas intervenir lorsque l’action des Etats membres suffit pour atteindre l’objectif
S’agissant du sujet qui nous concerne, quand un pays appelle à l’aide comme l’Italie, quand un pays prend la décision de fermer ses frontières comme la Hongrie, et peut-être bientôt l’Autriche, voire la Pologne, quand un pays comme l’Allemagne en veut puis n’en veut plus, et inversement pour la France, avec une politique de quotas aux enchères sans réalités autres que politique ou humanitaire apparaît le principe de délégation individuelle limitée selon lequel l’UE et ses institutions ne peuvent pas décider elles-mêmes de leurs bases juridiques et de leurs compétences sauf « sécurité nationale » qui reste de la compétence exclusive des Etats.
Il s’agit donc d’une certaine faillite de la gouvernance, notamment sur un des domaines généralement réservés d’une politique fédérale touchant la sécurité des frontières mais qui n’est pas le cas de l’UE comme nous l’avons évoqué plus avant. Les compétences partagées entre l’UE et les Etats membres expriment leur limite dans cet exemple où l’Etat membre qui reçoit doit traiter le problème avec sa législation, les autres pouvant lui renvoyer la charge. Plus qu’un jeu psychologique, il en va d’une incohérence une fois de plus réaffirmée entre une Europe institutionnelle qui se veut forte mais uniquement sur le papier, alimentant de ce fait les nationalismes réactionnaires et légitimés. Et bien entendu une faillite financière par manque de moyens mais surtout de volonté pour ne pas secourir ces réfugiés et ces migrants mais est-ce peut-être à cause du peu de femmes et d’enfants apparaissant dans les images diffusées…
Nous nous retrouvons dans un cas traditionnel de management des organisations où il convient de transformer le « chacun pour soi » et « ce n’est pas mon problème » dans la création d’une équipe performante auto-responsabilisée et interdépendante où tout le monde devient concerné avec des institutions « porteuses de sens ».
Cela ne remet pas en question ni nos propositions de groupes de cohérence de fonctionnement, ni de Schengen qui doit fonctionner. Comme dans les risques naturels, ce n’est pas parce qu’un barrage est en amont qu’il faut s’empêcher d’entretenir et surveiller les canaux au-delà. Une coopération européenne police et gendarmerie doit également désormais dépasser le noyau dur actuel. Mais je dis aussi qu’il est tout à fait concevable d’avoir des attitudes particulières au sein d’un même groupe en créant des sous-groupes et des membranes internes sans pour autant casser la membrane générale et qu’il est important d’en prendre compte.
Notons que nous entendons plus actuellement l’ancienne ministre italienne à l’immigration, devenue désormais députée européenne, que la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, elle aussi d’ailleurs italienne, mais ne devant plus défendre son seul pays. Les Etats-Unis ont un Buy American Act pour les produits mais également des règles sévères d’entrée pour les personnes. Mais ne peuvent ils pas prendre leur part après avoir déclenché une certaine instabilité ? Peut-être pourrions nous activer un article de réciprocité ?
II - La ligne imaginaire et les limites entre interventions humanitaire, policières et armées
De quel flux s’agit-il ? Les Huns, Visigoth Normands étaient des flux migratoires qui ont dévastés les pays par leurs comportements de conquête, poussant parfois devant eux d’autres peuples migrants apeurés. N’oublions pas que De Gaulle était un illustre réfugié dans un pays où il ne parlait pas la langue et condamné à mort dans le sien. Le monde a connu d’autres migrations spectaculaires comme entre l’Inde et le Pakistan et n’oublions pas les populations déplacées d’Europe de l’Est peu connues en France qui ne connaît pas les minorités. Aujourd’hui le risque du sud remplace l’ancienne menace de l’Est. L’Etat islamique provoque des flux entrants et des flux sortants. Selon Frontex et Médecin du Monde, entre janvier et septembre 2015 : ont été comptabilisés 256 000 arrivées en Grèce et 105 décès en Turquie (plus 2 mns de migrants selon l’ambassadeur); 2600 arrivées et 100 décès à Malte; 120 000 arrivées et 2600 décès en Italie, 2100 arrivées et 23 décès en Espagne. Ces nouveaux flux de migrants représentent une autre culture.
Quel est le besoin ? Le problème des migrants ou des réfugiés n’est pas nouveau et nous avons su le gérer jusqu’à maintenant. Je rappellerai les Espagnols en France dans les années 30 ou les boat-people Vietnamiens, les migrations en Allemagne, certes en perte vertigineuse de natalité, ou les migrants récents en Italie qui repeuplaient les villages. Etait déjà apparu la revendication sur la nourriture quand les Espagnols ne voulaient pas manger de pâtes « italiennes » venues aider Franco. Il s’agit désormais d’un problème de cohabitation entre les peuples dans certains villages qui cette fois voient la limite de l’accueil.
Il s’agit surtout, pour conserver une certaine crédibilité, de bien séparer les migrants demandeurs d’asile menacés dans leur pays et qui peuvent être protégés selon la convention des droits de l’homme et les autres qui profitent de l’aubaine de ce flux et doivent rentrer dans leur pays, voire ne pas le quitter. Il s’agit aussi d’identifier si possible les virus infiltrés qui gangrènent ensuite les populations émigrées et locales avec une idéologie et des attitudes de non intégration et de non tolérance. Le dispositif Shengen existe et doit fonctionner mais doit aussi prévoir et s’adapter à des situations de crise, comme vigipirate en France où les entrées sont désormais contrôlées
La situation semble à la fois confuse et organisée. On voit les ONG tenter de gérer la situation humanitaire sur terre et sur mer avec même Médecins du monde qui demande des collectes pour affréter des navires. On voit une consul honoraire de France vendre des Zodiac, mais aussi la marine turque dissuader les traversée à la limite de faire chavirer les embarcations, les navires Frontex des gardes côtes tenter de les secourir et l’Etat syrien renflouer ses caisses avec les demandes de passeport…
Les comportements peuvent être changeants d’un côté comme de l’autre et provoquer insécurité interne, instabilités économiques, mais également religieuses et extrémistes. On parle de soulèvement des migrants mais il faut relever aussi le soulèvement de la population devant les chapardages sans peur dans les vergers, même quand il s’agit de vrais réfugiés venant avec leurs tablettes numériques et cartes de crédit, soit ne disposant pas de ressources pour même franchir la frontière.
Les actions de police ne sont donc pas loin mais les canons à eau suffisent-ils toujours ? Doit-on faire intervenir la police, la gendarmerie ou l’armée ? En France en 1968, les parachutistes étaient prêts. Récemment, une sénatrice marseillaise avait demandé l’intervention de l’armée dans les quartiers sensibles
En France, les forces ne sont pas impliquées pour la gestion des migrants sauf pour ce qui est de la sécurité liée aux effets induits de la crise sécuritaire avec Vigipirate avec un emploi de 5 000 à 10 000 personnes, comme au Royaume-Uni. On pourrait aisément se poser la question de l’utilisation possible des réserves militaires et civiles, comme en Allemagne et en Autriche. Je rappellerai aussi que pour ce qui est des réfugiés, ils sont pris en charge en attendant que l’Etat statue sur la validité de leur statut et la rentrée dans le système social français.
L’office français des réfugiés commence à intervenir en amont au Liban, notamment pour les réfugiés sans ressources afin de sauver, comme le répète le directeur de l’OFPRA, « ces hommes, ces femmes, ces enfants » peut être pour rappeler qu’il n’y a pas que des hommes.
La délégation limitée à l’agence FRONTEX doit être renforcée par une force d’action rapide maritime européenne, comme l’IRCE l’a demandé en 2014, afin de surveiller et protéger l’espace maritime des navires de contrebande comme il est possible de le faire en mer d’Oman contre la piraterie. Le plan Mare Nostrum italien doit devenir européen avec des contributions diverses en matériel, hommes, budget et soutien logistique.
Il faut à la fois éteindre les flammes et dresser le coupe feu. A situation particulière, mesures particulières. Pourquoi ne pas encadrer ces opérations par une force internationale déjà désormais habituée à œuvrer dans le cadre humanitaire et qui dispose de structures appropriées ?
III - De la faillite de la politique extérieure de l’UE à une réponse possible de l’OTAN
Il s’agit de la faillite de la politique de voisinage, qui fait partie de la politique extérieure, car on voit bien que l’investissement que l’Union Européenne réalise chez de nombreux pays partenaires, même non candidats à l’intégration, pour consolider les aspects de démocratie, d’état de droit, de droits de l’homme, de gouvernance, d’économie de marché et développement durable, afin notamment de limiter l’immigration non contrôlée, avec une limite d’ingérence, parfois délicate, ne porte pas ses fruits. Cette politique institutionnelle de l’UE est de plus en décalage avec la gouvernance dans le cas de l’immigration qui doit aujourd’hui être gérée localement.
Il s’agit de la faillite d’EUROMED car on voit bien que les flux les plus risqués viennent d’Afrique et du bassin méditerranéen et qu’une vraie politique d’interdépendance et de responsabilisation doit désormais être faite avec une forte communication, plus qu’une pédagogie, pour dire aux populations certaines réalités avant qu’elles ne s’engagent dans l’inconnu bien plus risqué que leur vie actuelle sauf s’il s’agit d’une action programmée. Peut-être faudrait-il une convergence entre s’une part l’UE pour les programmes de développement et d’autre part l’OTAN qui traite en multilatéral avec quelques pays (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Maroc, Tunisie, Mauritanie) et bilatéral avec d’autres.
Ces flux de migrants demandeurs d’asile sont surtout indirectement liés à des décisions militaires d’intervention extérieure impliquant certains états européens, dont la France, avec une absence de vraie décision européenne, pour lutter contre le terrorisme mais sans voir les effets sous-jacents des flux migratoires potentiels. J’ai été à la fois fier et honteux de cacher une certaine vérité quand un Malien m’a dit « merci à l’Europe » en voyant mon épinglette européenne, même si certains états, individuellement, ont contribué à un soutien logistique.
Devant ces constats, l’imbrication UE/OTAN pour des missions de sécurité civile pourrait y voir aussi un sens. L’OTAN et l’UE devraient se rapprocher davantage dans la politique sécuritaire sans rajouter de strate dont nous n’avons plus les moyens, pour lutter contre le terrorisme. En période de crise, il faut savoir identifier les outils qui fonctionnent à la fois en matière budgétaire et opérationnel, sans forcément y perdre son âme comme le craint l’opposition française à l’OTAN même si les Etats-Unis, plus gros contributeurs et instigateurs de l’organisation, imposent souvent leur leadership avec leur politique du carnet de chèque, afin d’aboutir au consensus. Notons une certaine cohérnce de format entre l’OTAN et ses 28 pays, l’UE et ses 28 pays avec Frontex et les 26 pays Schengen non uniquement dans l’UE.
Reprenant les termes du site de l’OTAN, je rappellerai que l’OTAN est une alliance politique et militaire dont « l’objectif fondamental est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires » « POLITIQUE : l’OTAN a pour but de promouvoir les valeurs démocratiques et d’encourager la consultation et la coopération sur les questions de défense et de sécurité afin d’instaurer la confiance et à long terme de prévenir les conflits ; MILITAIRE : L’OTAN est attachée à la résolution pacifique des différends. Si les efforts diplomatiques échouent, elle possède les capacités militaires nécessaires pour entreprendre des opérations de gestion de crise. Celles-ci sont menées dans le cadre de l’article 5 du Traité de Washington – le traité fondateur de l’OTAN – ou sous mandat de l’ONU, par l’OTAN seule ou en coopération avec d’autres pays ou organisations internationales »
L’OTAN est surtout en place aujourd’hui en dehors de ses pays membres et surtout à l’extérieur pour prévenir les menaces en adéquation avec la politique de voisinage de l’UE. Depuis son intervention dans les Balkans, l’OTAN a accru ses interventions et leur diversité et agit maintenant aussi bien pour des missions de combat et de maintien de la paix (retour à la paix) qu’à la surveillance et aux secours humanitaires en passant par le soutien en matière de formation et de logistique. Je citerai surtout le Kosovo où on lit que l’OTAN a « imposé la paix », la Bosnie Herzegovine avec le relais d’une force de l’UE suite aux actions de l’OTAN, l’ex république yougoslave de Macédoine et surtout la surveillance en Méditerranée avec une dimension supplémentaire pour la lutte contre le « terrorisme » avec la détection d’activité et l’escorte de navires, qui s’est avérée efficace et enfin la mission anti-piraterie du golf d’Aden en 2008 au large des côtes somaliennes pour escorter des navires affrétés par la programme alimentaire mondial en transit, qui certes n’ont pas généré un tel flot de migrants.
* * *
L’Europe a réussi à intégrer les pays de l’Est dans l’urgence alors qu’elle n’y était pas encore prête et en leur consacrant tous ses efforts. L’Europe occidentale s’est enfin retrouvée mais la vision initiale des pays fondateurs a sans doute évolué. Je ne suis pas favorable, comme le réclament certains parlementaires, à ce que les « petits » pays s’effacent dans les grandes décisions de politique générale et en situation de crise car ils ont des choses à dire, donnent en retour souvent beaucoup et c’est unis et à l’écoute de tous que nous sommes justement plus fort, comme nous l’avons réussi certaines fois. Elle saura, désormais avec eux, unie dans la diversité, répondre à cet objectif de résolution de crise qu’il faut atteindre avec sens, de façon mesurable, réaliste, réalisable et déterminé dans le temps en analysant toutes les réalités et en agissant de façon raisonnée.
Je vous remercie de votre attention.
Rêves européens - Préambule - Sommaire - Chapitre 1 Le rendez vous psychanalytique
Rêves européens
François CHARLES
PREAMBULE
Cette pièce de théâtre mêle des éléments historiques, politiques, et même personnels ainsi que quelques convictions qui ouvriront la curiosité.
Nous aurions pu prendre un autre personnage comme interlocuteur que Nicolas Sarkozy, qui devrait sans doute penser autrement pour agir autrement et peut-être continuer son rôle de bâtisseur de cathédrale mais au niveau européen.
Mais l’essentiel était d’identifier quelqu’un de fort dont l’Europe a besoin.
Ici les morts parlent pour eux-même et pour les vivants qui n’ont donc rien à craindre d’une fausse interprétation et qui n’ont donc pas non plus de raison de déclencher une guerre ou quelques représailles.
Beaucoup ne sont pas cités et qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur du haut de leur Olympe ou assis sur leur siège et plutôt bien assis. Leurs admirateurs sauront me le rappeler !
L’Europe est je crois l’idée qui rassemble en fait le plus ! Sauf que chacun a ses propres lunettes sur la question.
Mais qu’importe ! Ô toi lecteur et spectateur qui entendra cette pièce, puisse faire en sorte qu’elle alimente nos efforts et nos moyens de conviction, pour nous pauvres insolents de la politique réaliste et humaine.
Oyé, que le rêve commence …
Sommaire
Le rendez vous psychanalytique
Rencontre avec Marc Aurèle
Rencontre avec Charlemagne
Rencontre avec Louis XI et Charles le Téméraire
Rencontre avec Charles Quint et François 1er
Rencontre avec Louis XIV
Rencontre avec Pierre le Grand
Rencontre avec Napoléon 1er
Rencontre avec Thomas Jefferson
Rencontre avec François–Joseph 1er
Rencontre avec Hitler
Rencontre avec Churchill et Wellington
Rencontre avec Jean Monnet et Robert Schuman
Rencontre avec De Gaulle et Georges Pompidou
Rencontre avec François Mitterrand
Rencontre avec Dieu et Satan
Rencontre avec un extraterrestre
Rencontre avec soi-même
CHAPITRE 1 - Le rendez-vous psychanalytique
La Scène se passe chez un psychanalyste – coach ….
S : Bonjour, j’espère que je ne suis pas trop en retard
P : Asseyez vous, il vous reste encore 45 minutes
S : Ah, bon oui c’est vrai, j’suis plus président, enfin si c’est pas la même chose
P : C’est parfois dur de redevenir normal
S : Comme vous dites !
P : Alors dites moi, que puis-je faire pour vous ?
S : Oh, c’est assez simple et à la fois compliqué
P : Je suis là pour ça
S : Heureusement que certains essaient de me comprendre
P : Je suis là pour ça
S : Alors voilà … euh… dites moi, ce qu’on se dit reste entre nous, hein parcequ’avec toutes les affaires qui courent, je n’voudrais pas que ça se sache trop. Je suis content que la salle d’attente soit de l’autre côté car chez un de vos confrères, j’ai eu la malencontreuse expérience d’entendre un ami raconter sa vie alors que j’attendais mon tour. Et du coup je suis parti.
P : Alors dites moi
S : Je viens vous voir car depuis un certain temps je fais des rêves étonnants
P : Des rêves étonnants ?
S : Oui… disons.. historiques
P : Vous refaites l’histoire ?
S : Non, c’est plutôt l’inverse
P : L’inverse ?
S : Oui oui…. Des personnages illustres viennent me voir dans mes sommeils le soir et pendant mes petites siestes
P : Oh c’est un honneur !
S : Oui, oui mais j’aimerais savoir ce que je dois en conclure et en tirer et comment les faire éventuellement partir de mes songes. J’ai parfois l’impression qu’ils sont bien présents
P : Ah, la politique, ce n’est pas mon truc ni mon boulot
S : Mais il ne s’agit pas de ça, même si je sais que vous ne dites pas la vérité
P : Disons que j’en ai fait mon deuil…Et donc ?
S : Ils veulent me pousser à en reprendre pour un tour, ce que j’ai déjà entrepris de faire mais comme mon ami Berlusconi
P : Et cela vous déplaît ?
S : Non, mais oui enfin, je ne sais pas sauf qu’il ne s’agit pas de ce que vous pensez
P : Ah ?
S : Oui, une partie des militants, enfin … de moins en moins, sont contents que je sois revenu pour remettre la France sur les rails, ce qui solutionnera beaucoup de choses à droite, sauf contre François Fillon qui va me causer bien des soucis…et ne parlons pas de Juppé, le traître
P : ah ? il ne s’agit pas d’un arrangement entre vous ?
S : Non…
P : S’agit-il d’une autre fonction ? directeur général du FMI ?...
S : Vous vous moquez ?
P : Euh non, maintenant que vous êtes conférencier – président de parti, un peu pour être président de quelque chose non ?
S : En effet, mais je m’ennuyais vite
P : Comme Napoléon ? Alors donc ?
S : Ils veulent que je m’occupe de l’Europe
P : Ah ? et cela vous déplaît-il ?
S : Eh bien, je ne sais pas, c’est vrai que la convention de juin c’était un peu un flop …
P : Mais si je me souviens bien, quand la France a pris la présidence du Conseil européen, vous avez su faire de grandes choses non ?
S : Oui, à part avec le Maghreb, comme ensuite avec « l’homme africain ». Zon rien compris
P : Vous pensez que les peuples européens y comprennent quelque chose ?
S : On ne leur demande pas de tout casser quand on leur demande leur avis !
P : Oui mais l’Europe doit être plus forte déjà à l’intérieur non ?
S : il faut sans doute remodeler tout cela et vos méthodes seraient sans doute les bienvenues pour faire comprendre certaines choses. Je les utilise parfois
P : Si vous le dites. Mais … que vous disent-ils au juste ?
S : Je vais vous le raconter
P : Combien sont-ils ?
S : pour l’instant quelques uns mais ils peuvent être nombreux !
P : Ah
S : Ah ?
P : Oui… je vous propose de les traiter un par un
S : Bon
P : Une séance par personnage
S : Ah ?
P : Oui
S : Bon
P : Non ?
S : Si si… il faut tirer cela au clair, je vais nous enregistrer alors
P : Pourquoi pas. Vous vous souvenez des premiers ?
S : Euh..
P : Non ?
S : Si
P : Bien, alors donc à la semaine prochaine
S : D’accord
P : Au fait, accueillez les avec bienveillance même si vous ne les aimez pas, puisque ce n’est pas vous qui les choisissez
S : D’accord
P : Je compte sur vous
S : Vous n’allez pas être déçu !
P : Avec vous qui sait !. Bien, les 45 minutes sont passées
S : Vous attendez qui ?
P : Ça vous intéresse ?
S : Euh non …
P : Ne le dites à personne, c’est François !
S : Fillon, ??????
P : Non… Rebsamen… Sauvadet…Hollande ! rassurez vous ! sourire ! allez à bientôt !
L’impossible livraison française et européenne des Mistral à la Russie
L’impossible livraison française et européenne des Mistral à la Russie
Au lendemain de l’accord entre la France et la Russie pour le règlement du litige sur les Mistral, il était bon de rappeler pourquoi cette livraison était impossible au grand mépris de ceux qui ne voient qu’un possible arrêt des relations industrielles et commerciales, de ceux qui dénoncent une soit-disant attitude soumise aux Etats-Unis et anti-russe de la France, de ceux enfin qui ne voient que le coût - momentané - supporté, sans y déceler les éléments positifs européens sous-jacents qui devront faire date.
Par François CHARLES
Conseil en stratégie et management, ancien officier de l’armement, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE)
Avant tout commentaire hâtif, le lecteur sera invité à se reporter à tous les autres articles objectifs écrits sur la crise et au dossier de l’IRCE sur le détail des sanctions européennes et russes en écho. On peut rappeler en quelques mots que, suite aux événements en Ukraine, les Européens ont mis en place d’une part, un embargo sur les importations et exportations d’armes ainsi que de technologies duales à des fins militaires de et vers la Russie élargies à 9 sociétés mixtes, mais non à la vente de biens et technologies à double usage destinés à l’industrie aéronautique et spatiale ; et d’autre part un gel des avoirs des principales personnes de l’entourage de Vladimir Poutine jugées responsables de la crise. En retour, V. Poutine a gelé l’importation de denrées alimentaires européennes, blâme les Européens, mène des campagnes indirectes de dénigrement des dirigeants, les accusant d’avoir pris le pouvoir européen sans légitimité du peuple, et pratique l’autodafé de fromages lettons ou de pommes polonaises, comme d’ailleurs certains Français le font illégalement avec la viande espagnole…Rappelons aussi que la France avait validé la signature de ce contrat même sous la pression étasunienne.
Dans une interview de juin, V. Poutine répondait à un journaliste russe que - selon le traducteur - « la non livraison des navires, qui auraient du être utilisés en Extrême-Orient, (pour éviter peut-être de dire contre les côtes polonaises, roumaines ou bulgares ou en mer méditerranée.) était sans conséquence pour les capacités de défense de la Russie qui survivra ». Il disait être « persuadé, (afin sans doute d’entretenir son capital sympathie), que la France et ses dirigeants étaient des gens d’honneur, qu’ils rembourseraient, que les sommes versées iront vers d’autres contrats nationaux (…), et que le dossier était clos », tout en relevant que « la fiabilité était néanmoins désormais affaiblie et douteuse au sein du bloc militaro politique qu’est l’OTAN ». Il réduisait donc ce litige à un simple contrat commercial, comme le pensent certains industriels et une bonne partie de la population qui se permettent de critiquer les décisions prises, pensant également que ces bateaux ne seront jamais vendables ailleurs. Ils oublient que les choix de défense sont des choix politiques et que les exportations de défense en France sont « interdites sauf ». Mais il rajouta que « finalement l’essentiel avait été de donner du travail aux chantiers français ». Cette pseudo bienveillance industrielle minimisant les capacités technologiques exportées et jouant au sans toi, pourrait sans doute rejoindre l’affront qui fit Barak Obama, à François Hollande lors d’une réception, considérant la France et les pays européens partenaires comme ses filles, nous rappelant les deux facettes potentiellement changeante du paternalisme, directive ou bienveillante, notamment vis-à-vis de l’article 5 de l’OTAN.
Même si le dernier livre blanc de la défense français n’est pas très européen (voir article IRCE), osons croire que cette décision française, pays européen de l’OTAN le moins dépendant des Etats-Unis, répond à une cohérence de solidarité européenne pour une fois à l’unisson sur un problème de paix et de sécurité, fondement historique de l’identité de l’Union européenne. Il n’était pas concevable d’exporter à un pays qui menace désormais l’Ukraine, candidate probable à l’intégration, mais surtout aussi directement la Pologne, qui a réellement peur, comme ses proches voisins baltes et roumains, qui resserre ses liens européens et français par ses achats de défense, comme elle avait d’ailleurs envisagé de le faire en 1939, et qui réclame de plus importants signes de sympathie et de reconnaissance.
Merci à M. Poutine pour sa planche à secousse qui permet de trouver de nouveaux marchés, même si le résultat n’est pas homogène car les uns blâment certains autres avec les effets ressentis de la concurrence commerciale interne non suffisamment régulée par la Commission. La Pologne, l’Ukraine et la Roumanie sont lointaines pour un Français qui dose sa solidarité, comme peut-être auparavant quand un basque allait combattre sur le flanc est de la France. Mais une certaine fierté nationale existait, ce qui fait aujourd’hui défaut au niveau européen, sauf peut être pour le million de bébés né des échanges Erasmus avec d’ailleurs tous les problèmes juridiques induits non résolus …
Au-delà des aspect commerciaux, il y a peut-être opportunité pour avancer d’une part sur la décision européenne d’exportation de matériel de guerre, d’autre part sur le Buy European Act, consolidant la directive 2009 sur marchés de défense et de sécurité, et enfin sur la mise en place d’une Direction Générale Défense et Sécurité à la Commission européenne.
Par ailleurs, l’histoire fait souvent que les couples se lient et se délient. Les Européens étaient autrefois proches des Russes quand ils étaient ligués contre Napoléon. L’interdépendance est parfois difficile avec les alliés ou anciens alliés de cœur, de nécessité, de voisinage ou avec les anciens envahisseurs. Les antagonismes existent alors que les peuples s’aiment comme nous le prouve la désormais amitié franco-allemande illusoire il y a encore 65 ans. Aussi, et afin de mieux nous comprendre, la Russie, européenne, ne pourrait-elle pas être observatrice des travaux européens comme elle l’a été avec l’OTAN ? Reste à savoir quand…
En cette journée de Pentecôte ... européenne
Peut-être êtes vous en train de travailler ou de profiter de cette journée sans plus de signification pour vous, ou peut-être avez vous souhaité de belles fêtes de Pentecôte.
Je retiendrai pour ma part que cette fête de l'esprit saint, symbolisée par la descente de langues de feu pour aller porter la bonne parole à travers le monde, issue d'une fête juive, et cette fois d'une fête païenne (Noël, les oeufs de Pâques - mais pas Pâques...), fut instituée obligatoire par Charlemagne (passage que vous retrouverez dans la partie consacrée à Charlemagne dans LES REVES EUROPEENS, pour unifier l'Europe chrétienne.
Que l'esprit saint européen nous permettent de mieux nous parler, nous comprendre, partager certaines valeurs communes tout en respectant les identités qui font la force de l'Union si l'on sait s'en apercevoir.
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