europe
jeux sur l'Europe à Montbard
l'IRCE prépare la journée "jeux" lors de la future semaine de l'Europe
jeux de l'oie, puzzle géant avec les partenaires locaux, jeux de société, lots à gagner !
50° anniversaire du traité de l'Elysée
Le 50° anniversaire du Traité de l’Elysée réaffirme l’amitié mais surtout la force motrice franco-allemande. Il est souvent intéressant de se demander pourquoi autant que comment nous en sommes enfin arrivés là. Aujourd’hui nous intervenons ensemble dans les opérations extérieures et apprenons encore mieux à nous connaitre. C’est à la fois un aboutissement avec les premiers traités de rapprochement et un nouvel élan. Cette relation forte et particulière, cette entente incontournable, doit continuer à agir au bénéfice de l’avancée de l’Europe dans une relation d’interdépendance mais qui n’est pas exclusive, incluant tous les autres pays. Elle est le gage d’une unité dans la diversité pour construire un modèle économique. Nul besoin d’un nouveau traité, sachons consolider les avancées. Les projets concrets existent déjà dans la recherche, les coopérations industrielles dans le domaine de la défense et de l’aéronautique mais également dans la jeunesse avec l’OFAJE, l’éducation, la culture, la formation. Nous avons également à échanger mutuellement sur nos modèles sociaux. Les relations entre chefs d’Etats sont importantes et nous sommes peut etre aujourd’hui dans une phase de « raison passionnée » comme le dit le président du Bundestag. Mais ce sont essentiellement les peuples qui doivent continuer à se rassembler au niveau des universités, des régions et des entreprises pour travailler et vivre ensemble.
François CHARLES
Président de l’IRCE
Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe
Le Think Tank sur l’Europe présent en Bourgogne et Franche-Comté
Sachons rendre à César…
Une décision vient d’être prise pour la ou les cités de la gastronomie en France. Lyon en est exclue et on peut se demander, comme du temps de Napoléon III, si les décisions ont été réalistes ou politiques sachant qu’elles influent sur l’image et les forces motrices de nos régions dans l’Europe également des nations.
Par François CHARLES
Président de l’IRCE, le Think Tank indépendant sur l’Europe présent en Bourgogne et Franche Comté
Déjà en 52 av JC, César, grand bâtisseur européen avait bien livré bataille dans le Jura dans des endroits escarpés et non en Bourgogne. Comment voulez vous qu’une armée de secours immense soit défaite car impuissante et ne puisse franchir des obstacles sauf à être prise dans un goulot ou surplomber une falaise infranchissable ? Mais non, il a fallu disposer Alesia dans un lieu plus dégagé, avec un meilleur passage et proche de lieux de pouvoir dans une place autant cohérente sur ses infrastructures historiques que Paris pourrait se trouver en Ukraine… Mais retenons que la fréquentation du muséo-parc est intéressante et que désormais Chaux des Crotenay devrait plutôt essayer de se faire valoir sans cette sempiternelle lutte désormais inégale.
On peut se réjouir que Dijon soit a priori retenue dans une sorte d’identité nationale gastronomique. La gastronomie serait-elle donc stratégiquement bien une voire la force motrice bourguignonne ? On aura peut être été attiré par la foire gastronomique, les escargots de Bourgogne, le jambon persillé, le cassis et la moutarde mais aussi le pain d’épice ou par autre chose… Mais César pourra-t-il aussi garer facilement son char à l’extérieur de Dijon comme à Bale par exemple ou d’autres villes françaises ou européennes afin de prendre le « petit » tram pour visiter cette réalisation ?
Même Bourguignon d’origine, Il ne s’agit pas d’être chauvin pour reconnaitre que la gastronomie française a toujours été lyonnaise dans notre bonne vieille capitale des Gaulles. Il va falloir reprendre les documents et les européens se posent déjà la question.
Quant à Beaune, ancienne vraie capitale bourguignonne et son vin, on peut considérer d’une certaine façon qu’elle « accompagne » la gastronomie sauf à la marier avec un ensemble plus global.
En parlant gastronomie, quelle pourrait être la capitale européenne de l’huile d’olive ou du vin ? Une réponse peut-être lors des dégustations « européennes » organisées prochainement à Paris et Dijon et pourquoi pas Lyon !
mes voeux pour 2013
La fin du monde n’a pas eu lieu. Mais pourquoi ne pas penser en somme que nous sommes rentrés dans un nouvel élan, une nouvelle dynamique, un pacte issu d’un choc, d’une prise de conscience collective où toutes les idées sont bonnes à prendre, où la gauche et la droite ne s’affrontent plus pour un temps et tentent de travailler ensemble en admettant qui est aux commandes mais aussi que les idées et façon de voir peuvent évoluer avec méthode en prenant compte des réalités, où les affaires de personne s’effacent au-delà de la trève de Noel. Elles auront toutes l’année 2014 pour ensuite reprendre vigueur, voire pour changer la politique au niveau local comme au niveau européen, une fois que la relance aura gagné. N’ayez pas peur, Ayez confiance. Penser à l’Europe c’est aussi penser autrement à vos villes, vos territoires et « à vous » pour agir et faire agir autrement. Le prix Nobel de la Paix attribué à l’Union était une sorte de providence, de coup de baguette magique pour penser à nouveau positivement. Je souhaite que cette année 2013, année du citoyen européen, soit la votre pour tout ce que vous pourrez faire de mieux et tout ce qui vous arrivera de mieux et vous donne rendez-vous prochainement lors de nos futurs et divers événements tout au long de cette année.
François CHARLES
Président de l’IRCE
Le Think Tank sur l’Europe présent en Bourgogne et Franche-Comté
interview sur la politique énergétique européenne
j'ai eu le plaisir d'etre interviewé dans l'émission EUROMATIC dans les studios de Radio Campus Université de Bourgogne à Dijon. Le texte sera publié prochainement. RDVZ le jeudi 6 décembre à 10H sur 92.2 dans la région dijonnaise ou en podcast ensuite sur dijon.radio-campus.org MERCI à toute l'équipe d'EUROMATIC pour cette émission qui parle d'Europe simplement
cliquez sur le lien suivant : LIEN
rechercher EUROMTAIC et émission du 6 décembre
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Interview François CHARLES – Emission Euromatique
Contexte : Le gouvernement français travaille actuellement sur une idée de « communauté européenne de l’énergie », proposée par François HOLLANDE. D’après les prévisions, la demande énergétique mondiale pourrait doubler d’ici 2050. La France, comme d’autres états européens, s’engage donc sur la voie de la transition énergétique. Un projet de loi est en préparation pour septembre 2013.
Le projet est en adéquation avec la directive de la commission européenne (efficacité énergétique), dont l’objectif est de réduire les consommations énergétiques de l’UE de 20%, grâce à la production d’énergies renouvelables. A votre avis, cet objectif est-il réaliste ?
FC : Parlons déjà du contexte et des réalités. La consommation augmente mais non forcément en fonction de la population que certaines études multiplient certes par deux en 2050. Nous rentrons dans le tout électrique, nous savons faire la différence entre production et productivité, le prix de l’électricité augmentera jusqu’en 2030, voire davantage à cause de l’amortissement non atteint des énergies renouvelables mais également du cout de l’EPR. Nous avons des objectifs écologiques pour répondre aux engagements de Kyoto, notre dimension économique sociale s’accroit, notre comportement éthique se développe avec des notions de compensation carbone. Mais il faut aussi produire plus, innover et vendre en pleine problématique budgétaire. Pour revenir à votre question, de quoi s’agit-il ? parle-t-on de l’objectif français ou de l’Union ? Je rappelle que l’objectif de réduire de 20% était d’abord inscrit pour 2020 sur les énergies dites primaires avec, en France, le plan Réglementation Thermique Energétique (RTE) 2012. Cette réduction n’est pas liée uniquement à la production d’énergies renouvelables. Il convient d’avoir une vision globale et ne pas confondre l’objectif et les moyens à adopter pour y arriver. L’accord entre le Parlement et le Conseil oriente les efforts sur la rénovation des bâtiments publics, la réalisation d’audits énergétiques, la mise en place de mécanismes financiers, l’incitation des services énergétiques à être plus performants et moins chers. Il convient de diversifier nos sources pour être notamment bon élève face aux objectifs de Kyoto et la décarbonation. Il faut accroitre la R&D, véritable force motrice de l’Union pour être en accord avec le traité de Lisbonne pour faire de l’Europe « l’économie la plus compétitive du monde ». Il faut développer l’énergie positive des bâtiments même pour les anciens rénovés comme nous y pensons pour certains projets hôteliers. Il convient de réduire la dépendance énergétique de l’Union pour ses approvisionnements et sa technologie, comme par exemple sur les machines à découper les plaques photovoltaïques et ne pas être dépendant de la maintenance chinoise. Je connais bien le sujet, ayant été impliqué trop tardivement dans l’essai de sauvetage d’une entreprise Cote d’Orienne liée à cette production. Il convient de réduire les couts et dépenser moins pour tenir les objectifs budgétaires affichés.
Quelles influences peuvent avoir, selon vous, les institutions européennes dans la transition énergétique des états membres ?
FC : Qu’appelle-t-on transition énergétique ? est-ce être contre le nucléaire ? je vous pose la question. La transition énergétique est-elle le passage obligatoire vers l’écologie ? Ne pouvons-nous pas mieux atteindre les objectifs écologiques avec un nucléaire moins couteux et moins polluant même s’il présente des risques uniquement en cas de défaillance ? Cette transition n’est pas forcément la même pour tout le monde. La transition énergétique de l’Europe n’est pas un assemblage de politiques locales mises bout-à-bout. Faut-il suivre l’exemple de l’Allemagne qui doit désormais se rabattre sur le charbon, même si de moins en moins polluant, en abandonnant ses 24% d’énergie nucléaire ? je rappelle que l’Allemagne vivait aussi avec de l’éolien pour 6%, du gaz pour 14% et du charbon pour 41%. Et faisons attention à toute solution écologique si elle n’est ni productive, ni raisonnée, ni raisonnable. En reprenant les termes de Luc Oursel, je dirai volontiers que nous devons rendre les énergies renouvelables productives et efficaces. Les institutions européennes ont effectivement un rôle à jouer. Le système existe et repose sur la subsidiarité avec une certaine forme d’harmonie plus ou moins contraignante. On remarquera que la Commission a établi une directive et non un règlement. Il faudrait achever le système fédéral technique et réglementaire par une gouvernance politique forte afin de pouvoir organiser les ressources, les choix, leur prix, leur emploi à l’intérieur de l’Union mais aussi face à ses clients, concurrents ou fournisseurs. Une vraie politique énergétique doit s’installer comme dans bien des domaines. Les institutions peuvent définir un cadre de travail. Airbus a fait l’Europe mais avec le cadre qu’elle lui a donné. L’énergie est aussi sensible que la défense et l’alimentation. Les institutions peuvent orienter la possible segmentation des choix à adopter pour que tous les pays soient plus forts ensemble avec leurs ressources propres. Les institutions peuvent aussi donner des moyens communs pour des solutions d’interdépendance comme par exemple sur l’exemple cité avant avec la Chine.
L’Allemagne est à ce jour le pays le plus avancé dans sa transition énergétique. Elle est l’une des premières productrices d’énergie solaire et éolienne en Europe, elle est sortie du nucléaire et utilise des technologies avancées telles que la méthanisation, ou la micro-cogénération. Dans le contexte de crise et d’endettement actuel, la France peut-elle parvenir aux mêmes résultats ?
FC : j’en ai déjà largement parlé et vous retourne la question : l’Allemagne, épinglée désormais par les pays « propres » du nord, va-t-elle s’en sortir en terme d’énergie et de pollution ? Mais vu l’exploit de la digestion de l’Allemagne de l’Est, on peut sans doute lui faire confiance. Je rappelle que les objectifs sont multiples : réduire les couts, la consommation, les rejets mais aussi la dépendance. Passer à une dépendance nucléaire de 75 à 50% mais en conservant la même production est une bonne gestion si elle est maintenue dans le temps. Le mix énergétique doit sans doute être la règle en considérant une Europe prenant en compte les énergies de chaque pays. S’agissant de la méthanisation, nous avons moins de projets qu’en Allemagne et nous privilégions le digestat quand l’Allemagne qui fait pousser des céréales pour faire de l’énergie. Mais ne faudrait-il pas changer les règles ? Vous n’avez pas parlé de la pile à combustible, un des vecteurs le moins polluant, sur laquelle la France a « levé le pied » alors que l’Allemagne la développe dans ses trains, ses voitures et ses sous-marins même si elle abandonne ses centrales. Quant à la crise et l’endettement, la France n’est pas si mal en point que cela et il faut arrêter cette sinistrose spéculative. Et nous pouvons dire merci à l’Euro.
Quels sont, d’après vous, les éléments d’une politique d’intégration énergétique européenne efficace ?
FC : Cette phrase comporte beaucoup de mots importants : politique, intégration énergétique, européenne et efficace. Employer le terme d’intégration revient à considérer la filière. Il faut aussi parler de segmentation. Cette « communauté européenne de l’énergie » est défendue par l’IRCE depuis longtemps et un de nos groupes de travail prochain œuvrera sur la politique énergétique. D’autres organisations, comme « Confrontations Europe » de PH Herzog, qui a écrit sur le pacte européen de solidarité énergétique, s’y sont penchés mais peut être trop sur le volet de la décarbonation. Les éléments sont en fait repris dans la feuille de route 2050 qui sous-entend une notion de fédéralisme sous-jacente nécessaire pour engager une vraie politique car commune, pilotée et avec un budget. Les objectifs potentiels, retenu après le filtre des réalités, doivent être mesurables, accessibles, réalistes, réalisables et déterminées dans le temps. Il s’agit d’efficacité énergétique, d’augmenter les sources d’énergie renouvelable, d’augmenter la recherche et développement et l’innovation, l’éco-conception, la déconstruction, régler les lacunes structurelles, augmenter les capacités de stockage, accroitre la sureté et la sécurité, établir des relations internationales dans le domaine de l’énergie, accroitre l’ingénierie et les solutions financières existantes mais dans une prise de conscience collective, au-delà du couple franco-allemand. Je terminerai par une belle histoire. L’Allemagne a été semble-t-il sensibilisée à l’écologie en 1966 le jour où une baleine blanche, surnommée Moby, avait remonté le Rhin pendant 4 semaines jusqu’à Bonn. Le Bundestag en interrompit ses travaux pour aller la contempler. Les parlementaires comprirent ensuite qu’il s’agissait en fait d’un message car autant elle s’appliqua à mettre beaucoup de temps à se faire bien remarquer et s’arrêter exactement devant ce lieu symbolique, autant elle ne mis que peu d’heures pour ensuite regagner la mer. C’est ce genre d’électrochoc, comme celui du prix Nobel de la paix, dont l’Europe a parfois besoin comme souvent toute organisation riche et complexe.
Achevons l’édifice du fédéralisme européen (3/3)
Suite des parties 1 et 2
Une identité fédérale européenne forte de ses différences
Par François CHARLES
économiste, conseil en stratégie et management, ancien responsable de politique industrielle internationale, président de l’Institut de Recherche et de Communication en Europe (IRCE)
L’Europe vit un déficit de citoyenneté et souffre de légitimité démocratique. La
Nous n’avons pas tous les mêmes lunettes. Coutumier des programmes en coopération, je sais qu’un allemand, un français, un britannique et un polonais n’entendent pas tous le coq de la même façon et ne travaillent pas de manière identique. Mais quelle force quand nous savons être complémentaires à la fois dans nos savoirs, nos savoir-faire et nos savoir-être !
Au-delà des ses strates techniques et juridiques, l’Europe doit atteindre sa dimension stratégique et politique de prise de conscience. Le prix Nobel a été une sorte de petit miracle, comme une apparition, pour faire prendre conscience et rappeler qu’en période de crise ou d’euphorie, souvent temporaire, il en va de la survie et de l’intérêt des peuples à fonctionner ensemble sauf à préférer la guerre disparue depuis la création de l’organisme supranational de la CECA. Certes l’objectif initial d’endiguer les guerres par le contrôle du charbon et de l’acier est loin. La « carte et le territoire » ont changé, les objectifs ont évolué.
Comme dans une équipe, forte de ses segmentations et de ses différences, pourquoi ne pas valoriser et responsabiliser chaque pays européen et éviter ainsi les regains de nationalisme et qu’un trop grand fossé ne grandisse. Si les PECO ont été intégrés plus vite que prévu à cause des risques d’instabilité qu’ils représentaient aux frontières de l’Union, ils ne doivent pas non plus oublier, comme aussi la Grèce, l’Espagne ou l’Irlande, la manne financière apportée par l’Union pour leurs infrastructures. Ils ne doivent pas non plus en faire un atout pour désormais concurrencer les autres pays membres mais plutôt les autres blocs mondiaux. Mais comme dans une structure, il peut y avoir des sous-groupes.
Le modèle allemand est-il à suivre ou à compléter ? Il peut certes être reconnu dans le domaine de la finance avec la force passée de la zone Mark. Mais les entreprises franco-allemandes doivent-elles être identiques ou plutôt complémentaires ? Le couple franco-allemand semble avoir sauvé l’Europe, l’Euro. Portons nous un regard suffisant sur ce que pourrait apporter la Pologne et les nouveaux entrants ? Pourquoi ne pas mieux comprendre les revendications culturelles, financières, économiques et miser sur les forces de chaque pays ? Pourquoi ne pas créer de vraies politiques d’intégration comme par exemple sur l’énergie où un pays peut se spécialiser sur certains types de ressources ou de production ? En matière de coopération industrielle, n’oublions pas que c’est Airbus qui a fait l’Europe, certes avec un cadre d’échanges auparavant créé par l’Union. La politique agricole commune n’a-t-elle pas de politique que le nom ? La réglementation sociale, créant notamment des dysfonctionnements dans la concurrence, ne doit-elle pas mieux garantir les pays les mieux protégés ou alors ne doit-on pas trouver un juste milieu entre les hausses des uns et la baisse des autres ?
Une nécessaire acceptation de « perte de pouvoir »
Si l’Union était plus protectionniste et plus forte, les nationalismes disparaitraient d’eux-mêmes. Les taxes sur la porcelaine doivent être politiques et non plus réglementaires après dépôt de plainte. Mais la levée des droits sur les stylos chinois n’est-elle pas politique ? Nous devons être fiers d’être européens comme le sont les étasuniens d’Amérique. Imaginons la force pour l’Europe si elle était elle-même membre permanente à l’ONU.
Certains ont peur d’une perte d’indépendance quand le but est de créer une vraie interdépendance avec
ni la France ni l’Allemagne ne pourraient plus ensuite porter leur propre voix mais celle plus forte de l’Europe, sauf à considérer qu’il y a un duo de locomotives et des wagons. Le couple franco-allemand et les pays fondateurs sont-ils prêts à considérer ce nouveau centre de gravité au-delà des présidences tournantes ? L’article 3 de notre constitution stipule que la constitution appartient au peuple. Qu’en sera-t-il pour l’Union ? Sachons relire Tocqueville et le fédéralisme démocratique mais tout en veillant à la suprématie abusive du peuple.
La confiance passera par la défense
Nous avons fait taire les canons mais la défense reste la clé du problème. Faut-il une défense européenne de circonstance avec des matériels disparates sans un vrai budget commun ou une vraie armée qui peu à peu supplante les armées nationales ? Ayant œuvré en interarmées sur le terrain et dans les programmes d’armement, je sais que le chemin est long.
Mais la question ne se pose plus si nous voulons achever l’édifice fédéral au-delà des plaies, des cicatrices et des règles féodales. Les trois piliers qui permettaient de cloisonner les étapes mais qui maintenaient une compétence propre des Et
ats
, surtout en matière de défense, sont désormais tombés. Les comportements dans l’industrie de défense doivent également changer pour éviter de copier ce que fait l’autre par principe de souveraineté. La directive sur la transparence des marchés publics de défense et de sécurité, en évitant les offsets, fera peut être bouger les mentalités si nous savons aussi protéger le marché intérieur. Misons par ailleurs également sur le lien commun de la logistique.
Les « petits pays » peuvent être une clé du fédéralisme plutôt qu’une crainte. Il convient de les intégrer dans une dynamique globale comme nous avons réussi à le faire sur les projets industriels à l’OTAN, véritable vecteur d’intégration européen. Mais il leur faut du temps suite à notre abandon en 1938 et aux traces laissées ensuite. Nous devons faire le deuil d’ach
ats
d’avions américains par la Pologne mais n’oublions pas que les Et
ats
-Unis achètent des hélicoptères français, certes avec d’énormes compensations. Pourquoi ne pas instituer des fonds structurels de défense et une DG européenne de défense ?
Comme dans le domaine financier ou sur certaines réglementations, Il est possible de créer des sous-groupes segmentés dans le domaine de la défense opérationnelle ou industrielle en terme de compétence de savoir-faire mais très dépendants mutuellement tout en laissant une certaine forme de concurrence.
Mais la défense c’est aussi la recherche commune qui est la force motrice transverse de l’Union. Le temps du X-35, véritable pompe d’assèchement de nos crédits de recherche pour un appareil pseudo américain sans positionnement marketing, est terminé ! Développons nos structures que sont l’AED et l’OCCAR au profit d’une vraie approche européenne.
Le grand vide pour l’Europe du discours de Barack Obama
Barack Obama a donc retrouvé son siège de leader responsable des Etats-Unis fédéraux d’Amérique. Son discours était attendu. L’Europe ne s’y est pas trouvée. N’est-elle plus stratégique ? Veut-il faire oublier que la dernière crise que nous avons supportée vient des Etats-Unis ? Son regard se tourne désormais vers la Chine pour affirmer un certain pouvoir face à cet éveil qu’avait prévu Alain Peyrefitte. Profitons-en pour prendre également position et travailler sur notre unité de fonctionnement et de développement. Le jeu du « sans toi » est terminé, c’est le moment de nous prendre en main sans le lien américain sur notre modèle fédéral sur cinq grands thèmes principaux.
Par François CHARLES
Conseil en stratégie et management, ancien responsable de politique industrielle à la DGA et ancien négociation OTAN Président de l’IRCE
Gouvernance. Les américains voient l’Europe avec leurs lunettes et ne comprennent pas pourquoi les distances sont si difficilement franchissables et pourquoi les décisions sont longues à prendre. C’est peut-être une cause de détachement. Sachons tirer profit des éléments de fédéralisme soulevés lors de la campagne présidentielle américaine sans forcément copier leur modèle et en affirmant notre identité avec la force de nos régions et des nos Etats. Sachons consolider nos règles de fonctionnement avec une vraie cohérence stratégique et opérationnelle.
Economie et fiscalité. La Chine a remplacé le Japon comme grand argentier mondial, et a remplacé la France en Afrique au Tchad pour l’agriculture ou en Algérie pour le BTP. L’intelligence économique européenne doit affirmer la qualité de ses produits, protéger son économie interne avec des droits de douane pour redonner une confiance interne qui garantira sa monnaie. Les liens transatlantiques, comme avec ceux des autres grands blocs doivent être forts mais interdépendants car il s’agit d’une guerre économique permanente. L’euro peut désormais s’affirmer comme monnaie de référence pour le pétrole mais aussi les autres marchés énergétiques qui vont bientôt de plus en plus emprunter la route maritime nord suite à la fonte des glaces.
Energie. Les Etats-Unis d’Amérique viennent de déclarer qu’ils deviendraient indépendants énergétiquement grâce à leur gaz de schiste. Sachons affirmer notre indépendance énergétique par l’assemblage de nos politiques et nos ressources et avec une indépendance vis-à-vis de la Chine sur le solaire. Sachons aussi valoriser les énergies de tout le continent en nous rapprochant de la Géorgie mais aussi de la Russie.
Industrie. La recherche est primordiale et européenne depuis longtemps par ses programmes collaboratifs. Elle doit l’être aussi dans les domaines stratégiques comme nous avons su le faire dans l’aéronautique. L’Amérique a assez pompé nos budgets de recherche dans le domaine de la défense pour construire un avion militaire sans logique marketing. Une vraie politique industrielle doit désormais aller au-delà de la recherche avec un vrai protectionnisme.
Défense et diplomatie. La pensée étasunienne se tourne désormais vers l’Asie avec déplacement de troupes et de porte avion. C’est le moment de mieux considérer l’OTAN comme vecteur d’intégration européenne pour mieux faire entendre nos différences comme nous avons réussi à la faire pour les négociations ACCS. Certes « si les Ricains », sauveurs du monde, « n’étaient pas là », nous aurions peut-être réglé autrement nos affaires européennes en 1918 ni en 1945 mais nous pouvons aussi considérer que leur dette est éternelle envers la France et le Royaume Uni qui les ont créés, combattus ou sauvés en leur temps. Sans casser l’OTAN, qui conserve sa justification dans ce monde dangereux, la défense européenne doit être désormais réelle et non de circonstance. Elle ne doit plus être considérée comme une variable d’ajustement américaine. Les écarts de confiance de la Pologne et de ses voisins peuvent être compris avec les plaies toujours présentes de 1938 qu’ils savent nous exprimer. Ils les oublieront peu à peu si nous nous montrons forts ensemble et en ne parlant diplomatiquement et militairement que d’une seule voix. FC
il faut achever l'édifice du fédéralisme européen (2/3)
Suite de la partie 1/3
Europe des nations ou des régions ?
Une évidence est en place : la dynamique est plus efficace entre région qu’entre Etats. Il est plus facile d’appliquer des retours d’expériences de façon chirurgicales. Les citoyens sont curieux de l’Europe sur le terrain. Toute chose égale par ailleurs, les régions ne sont pas forcément des contre pouvoirs car elles établissent des plans stratégiques qui remontent au niveau national pour être valisées ensuite par la DG région qui s’en sert pour attribuer notamment les fonds structurels chargé de mettre à niveau les pays le plus démunis. Les fonds sont ensuite attribués aux régions par l’intermédiaire des préfectures avec demande de participation quasi systématique des collectivités. La commission a pour rôle d’instruire mais ensuite de contrôler. Mais sommes-nous en mesure de définir de vraies politiques de développement avec peut-être des règles adaptées pour éviter certains déséquilibres ? Et si nous nous en inspirions pour la recherche en France ?
On voit donc bien aussi un élément qui avance sur le terrain en attendant que la strate « étatique » soit accordée. Il manque le « chapeau » fédéral des nations et pourquoi pas une refonte du processus. En terme de clin d’œil, en France jacobine, la LGV Est est une forte avancée car elle relie des régions d’Europe sans passer par Paris. En terme de management, je prendrai volontiers la notion d’équipe performante des régions et des nations avec un chapeau européen « porteur de sens » qui n’intervient que pour réguler le cap. L’impression donnée est que cela fonctionne déjà mais sans les mêmes porteurs de sens et c’est toue la différence.
Un objectif stratégique clair pour l’Union
L’objectif est clair : placer les citoyens dans une situation de vie optimale.
L’histoire des relations monétaires a démontré la nécessité de stabilité des blocs. Elle valide les éléments de l’ancien premier pilier de Maastricht, qui peuvent néanmoins être aménagés de politiques protectionnistes. Le Buy European Act comme le Buy Energy Act, avec leurs règles financières et fiscales, seront de vrais éléments de renforcement de l’identité intérieure.
Mais un vrai courage doit être mis dans la politique sociale, apparue lors du premier essai de constitution, comme dans la politique fiscale d’imposition des entreprises. S’agissant de la TVA, chaque Etat peut conserver la sienne, sans impact sur les ventes ou les importations car un Français paie la TVA française même si le produit vient de Roumanie. Pour autant, il est possible d’analyser la mise en place d’une fourchette, comme autrefois dans la monnaie.
Une structure faite de sous-groupe mais dans une dynamique commune
Avec un clin d’œil footballistique, il n’est pas forcément question de créer une équipe d’Europe A et une équipe B. Certains veulent se contenter de la zone Euro. C’est une option saine pour consolider mais même à l’intérieur de cette zone, des sous-groupes peuvent être imaginés.
En effet, si les fonds structurels sont là pour aider les pays rentrants à se mettre à un certain niveau, il est possible d’imaginer des sous-groupes qui accèdent à l’optimisation par paliers de consolidation. Comme dans un processus qualité, la Grèce, la France, l’Estonie peuvent par exemple voir des référentiels différents en fonction de leurs réalités propres, du moment où ils produisent un résultat attendu. Nos marchés publics ne peuvent imposer à une entreprise d’être ISO 9001 mais peut accepter un système équivalent. Il peut en être de même en Europe. Il s’agit donc surtout encore d’éléments techniques de subsidiarité bienveillante fédérale mais avec intervention potentielle normative du « chapeau » si aucune évolution, risquant de fragiliser l’édifice global, n’est réalisée sauf à quitter l’édifice. Gare aux « fédéraux » quand ils débarqueront, comme le connaissent les Etats-Unis. Mais ne connaissons nous pas déjà cela dans notre république jacobine, même décentralisée depuis 1982 ?
Au même titre qu’il faut éviter toute contamination des zones saines, il est toujours nécessaire de surveiller également les pays les plus forts afin qu’ils n’entrainement pas non plus les autres dans leur possible chute insoupçonnée. Enfin, une véritable analyse de risque doit être menée sur les actions structurelles et de recherche avec actions de consolidation à la clé.
Un leadership élu et reconnu
En matière de leadership, et en reprenant la théorie des organisations, on peut identifier les leaders « responsables » que sont le Conseil européen des chefs d’Etats. C’est le maintien de la flamme et non le pouvoir qui tourne tous les 6 mois. Nous en verrons les limites plus loin. Les leaders de processus sont en définitive le conseil des ministres et les parlementaires. Le leader opérationnel est le Président de la Commission. Le leader Evhémère est le conseil. Le leader psychologique est la Cour de Justice. Cette représentation tournante est plutôt confédérale que fédérale car chaque pays prend alors une certaine importance, ce qui n’empêche pas les autres de montrer leur tête. La seule personne vraiment connue est le Président de la Commission européenne. Un vrai fédéralisme d’une vraie identité européenne nécessiterait une représentativité forte d’un président et de ministres élus, représentatifs et reconnus. Quant au style de leadership, la démocratie ou le dirigisme bienveillant, avec un chef et un dialogue permis entre les parties, est une des conditions du maintien des liens.
Sans doute faudra-t-il un régime présidentiel avec une seule tête exécutive forte comme aux Etats Unis ou avoisinant comme dans les Etats monarchiques, ou en Italie et en Allemagne plutôt qu’un double exécutif, comme en France et dans les pays de l’Est, afin d’éviter les cohabitations improductives.
Un vrai budget représentatif dans une vraie gouvernance
Le budget de l’Union est composé de ponction sur la TVA, sur le PIB et sur des droits de douane. L’argent existe mais est dilué dans le temps et très contrôlé. Le système fonctionne mais il est en fait peu doté. Il équivaut aux 2/3 de celui de la France, n’a pas de poids réel et est donc fédéral par subsidiarité. La PAC en est le premier poste. On trouve des financements directs ou indirects à travers des programmes ou des fonds mais avec des plans à 6 ans et même des budgets spécifiques pour les PME. Tout le monde dit « qu’il y a de l’argent à Bruxelles », y court et se trompe de logique car l’Union veut que « cela soit bon pour l’Europe ».
La Commission s’émeut des aides d’Etat qui peuvent fausser la concurrence. Un vrai fédéralisme pourrait faire en sorte que ce soit l’Union qui investisse directement dans les entreprises stratégiques. Cette vision n’est pas partagée par tous et seul un vrai pouvoir politique durable plus de 6 mois pourrait engager cela. Mais ne le fait-elle pas déjà à travers le Fonds Européen d’investissement en plus de la Banque Européenne d’Investissement ? Une fois encore, il serait bon d’imaginer désormais certains sous-groupes de modalités d’investissement.
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Connaissance des nouveaux pays entrants
Administration, économie, géographie, culture
Pour un « Buy European Act » industriel de défense et de sécurité (1) (2)
Europe : mise en place d’un pare-feu de dissuasion mais gare aux dégâts collatéraux
crise financière : mais qui veut donc la peau de l’euro ?
Quelles solutions de sortie de crise en Syrie ?
Et pourquoi pas une force d’intervention arabe en Syrie
Euro, fédéralisme et convertibilité or d’euros obligations (1), (2) et (3)
Jeux olympiques et affirmations internationales
La crise salvatrice de l’euro et de la Grèce
Le Rafale en Inde mais pourquoi pas toujours en Europe ?
L’OTAN vecteur d’intégration européenne
Mariage homosexuel : qu’en pense l’Europe chrétienne ?
Pour une règle d’or énergétique et nucléaire
Le fédéralisme européen existe … presque déjà (1) (2) et (3)
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Pour une règle d’or énergétique et nucléaire
Le fédéralisme européen existe … presque déjà
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