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Le blog philosophique de francois CHARLES

europe

Suez (Engie) Veolia une affaire française mais également européenne

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Le dossier Suez-Veolia est particulier sur ses objectifs, réalités et options de solutions qui transformeraient cette opération en intelligence et prise de conscience européenne sur les domaines stratégiques de l’eau et de l’environnement, en plein pacte vert et accélération du recyclage et surtout d’indépendance de souveraineté nationale revenue. Il semble important de penser avec discernement, en profitant de valoriser les forces motrices françaises dans une politique industrielle voire de segmentation européenne où les états et institutions, parties prenantes des réalités de concurrence, peuvent et doivent être présentes pour définir le cadre d’intervention dans un certain intérêt général l’emportant sur des recherches de profits particuliers ou nationaux ainsi que sur de simples affaires de personnes.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes. Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

Suez et Veolia sont à peu près identiques sur leurs capacités eau et environnement et  rayonnent en leaders en Europe et dans le monde avec parfois des opportunités d’alliance. Elles ont été développées à partir du même décret napoléonien et possèdent des identités fortes avec des clients plutôt fidèles.

Il ne s’agit pas d’une problématique financière et d’une OPA liée au Covid car des rumeurs de volonté de rachats de Suez circulaient déjà en 2018, mais d’une opportunité liée à la volonté de désengagement d’Engie, actionnaire de Suez et en actuelle recherche de repositionnement et de consolidation. Veolia misera certainement sur l’effet de levier de reprise des parts d’Engie pour acquérir son concurrent historique, voire héréditaire, dont le conseil d’administration a refusé l’opération comprenant qu’une fusion est avant tout in fini une acquisition. Nul n’est pourtant tenu des rester en indivision avec la problématique de choix de l’acquéreur de ces parts.

Certains s’interrogeront aussi sur l’absence de rachat des parts d’Engie par Suez elle-même avec ou sans l’appui de partenaires. Notons l’absence de propositions du fonds suédois AQT qui a racheté Saur et l’apparition potentielle de Meridiam, fonds français en Europe, et non fonds européen, pour ce type d’opération. Il s’agirait pour lui de reprendre les activités, donc rentables sauf incitation particulière, de distribution et traitement de l’eau de Suez afin sans doute que la nouvelle Commission européenne puisse apprécier la notion de bonne concurrence pour les citoyens, dans le cadre de son domaine exclusif de compétence. Même en conservant un lien fort et historique de sous-traitance avec l’ancienne maison mère, subsistera le problème des marchés à identifier avec sans doute une offre différente peut être intéressante pour les usagers mais risquée comme cela est le cas dans l’électricité. Mais Etat et Commission devront aussi se souvenir que les fonds, qui se disent désormais durables et qui sont parfois de véritables acteurs de politique industrielle, revendront un jour leurs acquisitions et que le sujet n’est donc pas clos.

Notons que l’état dispose d’une juste minorité de blocage avec droits de vote théorique dans Engie, elle-même propriétaire de 32 % des parts de Suez et qu’il suggère de prendre son temps avec une certaine ou relative bienveillance de tutelle. Peut-être aura-t-il aussi promis ce rachat en toute puissance voire douce violence, comme pour certaines autres affaires dans d’autres secteurs stratégiques notamment dans la défense.

Pour autant certaines options et propositions restent ouvertes nécessitant à la fois une nouvelle pensée de gouvernance ainsi qu’une analyse fine de concurrence avec possible d’imbrication d’éléments communs et spécifiques.

D’autres acteurs ne pourraient-ils pas être intéressés notamment au niveau européen considérant le rayonnement de leadership en Europe et dans le monde sauf à penser que le dossier est devenu urgent, notamment pour Engie, et qu’il n’est pas utile d’y travailler pour créer facilement un champion et en finir avec cette concurrence sur ce sujet très politique touchant les territoires avec toutes leurs réalités ?

L’administration de tutelle française peut agir en donnant l’exemple en évitant une OPA hostile sans forcer les acteurs, dans la recherche d’un possible et unique champion européen, en les guidant vers une dynamique de sens, en travaillant en concertation avec l’Allemagne et les autres pays, voire en invitant d’autres acteurs tiers européens à s’y impliquer pour valider et renforcer ce positionnement structurel et de segmentation.

En plus de son rôle protecteur du consommateur sur le marché et l’accès à l’eau trop peu encore considéré à l’échelle européenne qui se considère à l’abri, et considérant ses actions de politique industrielle et la cohérence avec les divers plans de relance, la Commission européenne peut aussi analyser et faciliter ce projet sans exiger d’autre  concurrence interne tout en veillant à certaines orientations de politique générale sur la stratégie, la structure, l’identité et la prise de décision. Certes désormais plus attentive et ouverte aux dossiers lourds, cette dernière pourra apprécier l’avantage compétitif européen et pourra aussi se rappeler qu’Airbus n’a pas de concurrent en Europe tout comme imaginer certaines autres recommandations. De plus. Elle devra comprendre que la cession d’actif réduira de fait le poids du futur champion voire risquera de voir apparaitre d’autres acteurs non européens tant que certaines mesures ne sont pas actées. Il s’agirait aussi de profiter du pacte vert pour faciliter une offre réellement européenne, en Europe et pour l’Europe sur la base de forces motrices françaises. L’opportunité d’un vrai fonds européen sur l’eau et l’environnement avec gouvernance répartie est également à étudier. 

Ce champion européen peut aussi avoir une identité particulière pour réussir à fonctionner dans ses luttes internes. Suez comme Veolia ont déjà l’expérience de regroupement de marques et les fusions progressives existent dans beaucoup de domaines. Pour autant, cette concurrence salvatrice pourra aussi s’exercer de façon interne entre ces deux entités avec identités différentes comme l’exemple de Peugeot et Citroën ayant conservé leurs marques et leurs spécificités de produits. Il en découlerait un « système PSA de l’eau et de l’environnement » avec gestion des déchets et production d’énergie, misant sur les synergies et transformations communes ou différenciées à partir de l’innovation et de l’optimisation des processus avec désormais des équipes plus soudées. Il en est de même du modèle de KNDS entre le français Nexter et l’allemand KMW dans l’armement terrestre, et de celui de Safran avec la difficile et peu à peu constructive synergie entre Snecam et Sagem. Peut-être existeront d’autres futures initiatives dans l’aéronautique et le naval où les notions de moteur à deux parties complémentaires ou de label européen englobant à concepts différents doivent être conçus avec soin.

 

 

 

 

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Intelligence, segmentation, imbrication : à la recherche d'une solidarité et d'une certaine autonomie industrielle et économique européenne unie dans la diversité

1 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

 L'union Européenne et ses membres sont économiquement forts sur le papier mais doivent-ils continuer à uniquement le rester ? La crise du Covid ne doit pas être le seul alibi de la réaction. Dans l’élaboration de ses quatre piliers de politique générale évolutive que sont sa stratégie, son identité, sa structure et son processus de décision, et surtout à l’époque des plans de relance, il convient d’aller avec intelligence et courage, de façon disruptive, et optimisée vers des notions de segmentation, d’imbrication et de dépendance dans l’interdépendance de nos capacités économiques et industrielles internes ainsi qu’avec le reste du monde pour atteindre une certaine identité espérée notamment par action de solidarité.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management, Président de l’I.R.C.E. ancien responsable d’affaires industrielles européennes à la DGA

 

Dans les années 90, les Etats-Unis et le Japon avaient identifié des secteurs cibles en Europe pour faire leur marché d’équipements de doubles sources ou d’investissements dans des niches ou des secteurs stratégiques tout en se protégeant eux-mêmes.  Désormais le même exercice est réalisé par la Chine avec une stratégie adaptée aux évolutions, sans réactions fortes de l’UE, avec néanmoins certains sursauts a posteriori suite à certains rachats robotiques ou certaines tentatives dans le ferroviaire, trop habituée sans doute au libéralisme,  à l’individualisme et au coup par coup, laissant faire chaque Etat à la fois dans un bilatéralisme externe et dans un simulacre de multilatéralisme interne, faisant du continent le terrain de jeu de puissances extérieures.

 

Préserver la concurrence est un élément clé, même fondateur de l’Union dans la protection du consommateur pour lui garantir des choix notamment de qualité, des prix raisonnables ainsi qu’une certaine éthique. Mais l’UE peut aussi être protégée dans ce qu’elle sait imaginer, concevoir, développer, fabriquer et vendre en profitant des besoins de son marché intérieur, comme des opportunités externes, à l’instar de la Russie face aux sanctions mutuelles et non uniquement en se focalisant sur la croissance verte, comme quand il ne fallait pas parler de défense ni de sécurité à la création de la CEE, entrainant une cristallisation d’une gouvernance particulière. Elle peut réagir avec intelligence en gagnant du temps, en exploitant à son profit certains constats et profitant notamment de la façon dont les autres voient l’Europe pour mieux se connaître avec ses atouts et ses forces motrices identifiées dans chaque pays, unis dans la diversité, au-delà des seules réglementations. L’UE porteuse de sens peut surtout agir pour une concertation avisée avant que chaque pays ne fige d’abord sa vision stratégique en définissant un certain cadre dans une approche croisée industrielle et institutionnelle pour ne pas se faire blâmer. L’implication des régions et des acteurs territoriaux, qui oeuvrent généralement avec identité mais sans notion de souveraineté individuelle, peut être décisif dans une prise de conscience collective. Autant la recherche peut gagner du temps et de l’argent en capitalisant sur l’historique, autant les plans de relance annoncés peuvent également le faire par intelligence de solidarité en répartissant les efforts dans et au-delà d’un socle commun d’interopérabilité à renforcer, en répartissant les financements stratégiques, d’aide ou d’effet de levier, non  par opportunité et saupoudrage et sans non plus fragiliser les entreprises et les régions en partenariats financiers obligés.

 

Les outils allant de la stratégie à la psychologie ne manquent pas pour aider à y parvenir notamment celui du processus de définition des objectifs par le nécessaire filtre des réalités actuelles ou à mûrir et des possibles options avant toute action (GROW) spécifique, mesurable, réaliste, réalisable et déterminée dans le temps (SMART). Les choix européens peuvent être à la fois défensifs avec maintien de la situation actuelle, stagnation, concentration ou dégagement, mais également offensifs par expansion, développement contrôlé avec domination, différenciation et concentration. Un travail d’approche globale considérant les aspects politiques, socio-culturels, écologiques, économiques, technologiques et légaux (PESTEL) doit être fait avec identification des fournisseurs, entrants potentiels, substituts et clients ou distributeurs (PORTER) en intégrant en plus le rôle régulateur des institutions, des pays, voire des régions, comme les états libres que sont les Länders en Allemagne.

 

L’exercice de segmentation, avec lequel ont pu être réalisés Airbus et Ariane, est délicat. Il convient à chaque pays de s’insérer dans une politique industrielle européenne planifiée et reconnaître, comme l’a déjà fait la France, sans toutefois le dévoiler comme il en est de ses intérêts vitaux, son ou ses domaines d’activité stratégique de la façon la plus pertinente et réaliste possible par rapport aux choix  à effectuer et les luttes concurrentielles identifiées, avec une combinaison avérée de facteurs clés de succès, en confiance de capacités et sans objectif de comblement individuel à tous niveaux, comme nous le voyons trop souvent dans l’armement et la haute technologie. 

 

Cette segmentation peut être réalisée par découpage en divisant l’activité en groupes homogènes de mêmes critères tels la technologie, clientèle, marché, concurrents mais également en savoirs, savoir-faire et savoir être communs et spécifiques avec degré d’intégration verticale et spécialisation. Elle peut l’être aussi par regroupement selon des critères de substitution ou de partages de ressources. Tout en prenant conscience du surcoût potentiel d’une certaine autonomie recherchée et des risques acceptables ou non de dépendance externe passée dans le filtre d’un Buy European Act Raisonné, la cartographie trouvée permettra de combler les manques et pouvoir intégrer certaines interdépendances extérieures avec responsabilité et contrôle permanent sur des chaînes de valeur communes et ajoutées.

 

Ces domaines devront être consolidés au niveau des institutions dans une notion de patrimoine industriel et dans un plan à long terme et évolutif notamment pour répondre aux nouvelles initiatives de politique d’investissement en capital dans de futures licornes sur des projets à risque et stratégiques ainsi que sur les nouveaux emprunts en son nom. Il devra aller bien au-delà du moteur franco-allemand qui doit donner l’exemple avec ses parties chaudes et froides réparties en connaissance de cause des réalités de fabrication et de maintenance.

 

A partir de réalités larges, un travail gagnant-gagnant équitable, non forcément à 50-50 est réaliste et réalisable si les grands pays industriels acceptent de couper certaines branches, certes parfois avec deuil mais avec solution de rechange, pourquoi pas avec achats croisés, à partir de forces motrices des uns au profit des autres, en considération de rapprochements, possibles comblements, décloisonnement d’expériences, en confiance de capacités au profit de la communauté au sein d'alliances, de partenariats et de coopération, notamment sur de la R&D et notamment sur industrie du futur, de labels entre solutions complémentaires sur un même sujet.

 

Au-delà de développer une nécessaire ingénierie concourante de projets, les marchés publics, d’organismes internationaux, d’agences et de grands groupes peuvent faire figurer des clauses d’incitation, voire d’obligation de sous-traitance dans d’autres pays que celui du maître d’ouvrage et du maître d’œuvre. Au regard des fonds spécifiquement dédiés aux PME, ils pourront inclure les notions de livre ouvert, coût objectif, partages de risque en terme de coût, délais et performance ainsi que de bonus et malus. Cela peut aussi être le cas dans la défense et la sécurité et comme cela se pratique dans la recherche et l’innovation européenne. L’identification de champions et de compétences par pays ou groupes de pays  est également d’autant plus acceptable s’ils savent faire travailler leur écosystème et des filières de partenaires et sous-traitants de façon transverse en impliquant, accompagnant, protégeant notamment à  l'export avec un système de chasse en escadre plus que de meute et pourquoi avec l’appui et le soutien d’une agence d’Intelligence Economique européenne.

 

Pourquoi ne pas s’inspirer des modèles de couvage d’entreprises et de projets sans prise forcément de capital mais avec liens forts ensuite sur les licences. Il n’est pas question de revoir la libre circulation des marchandises et des capitaux à l’instar de la zone euro mais pourquoi ne pas imaginer également un cercle de solidarité industrielle pour les pays et leurs entreprises qui le souhaitent ? Pourquoi ne pas rapatrier certaines fabrications en Allemagne, où les charges sont moindres de 30% pour les PME, plutôt qu’en France mais avec recherche d’intérêts communs ?  Pourquoi ne pas créer des Centres d’excellence réellement européens financés en tout ou partie par les institutions ? L’UE peut aussi faire évoluer ses traités avec la notion de solidarité économique renforcée comme c’est le cas dans l’article 2 de l’OTAN, avant l’article 5 davantage militaire.

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La Politique d'armement en France et en Europe - I.R.C.E. Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - www.irce-oing.eu

14 Avril 2018 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

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LES REVES EUROPEENS DE SARKO

18 Décembre 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique, #europe

LES REVES EUROPEENS DE SARKO
LES REVES EUROPEENS DE SARKO
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FILLON !!!! ... Pour l'instant président à Droite !

27 Novembre 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique, #europe

Vu l'écrasante victoire de François FILLON, je me dis que je n'étais pas très loin dans mes deux articles, que la rupture est là au delà du traditionnel équilibre 50/50 et que ... comme pour le FN, les électeurs de FF sont sortis du bois au dernier moment, regaillardis aussi par le coup de gueule de leur leader qui sait aussi partir en guerre ... mais qui avait déjà commencé en fait quelques années plus tôt, même si le soufflé était retombé. 

S'agissant de l'Europe, je pense qu'il faut un mixte des deux programmes (Fillon / Juppe)  avec une refonte du système mais "uni dans la diversité" et une Commission européenne moins puissante, qui ne doit plus légiférer, sans pour autant tout casser, en fait un "juste" fédéralisme adapté à l'Europe. 

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Retrouvez mes interventions lors des colloques du Conseil d'Etat sur l'Europe

26 Octobre 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

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LE RAFALE ENFIN EN INDE : un succès français mais également européen à l’export

16 Octobre 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense, #europe

Il aura fallu une certaine crise sécuritaire, notamment avec le regain de tensions avec le Pakistan, certaines prises de position diplomatiques, un euro moins fort et sans doute une douce violence de l'Etat envers l'avionneur dont les autorités indiennes se plaignaient depuis longtemps du manque de négociation, pour faire aboutir les négociations sur le Rafale avec l’Inde qui duraient depuis plus de 15 ans. La France doit se réjouir de la vente de cet avion polyvalent dont la valeur technique était reconnue depuis longtemps. N'oublions pas non plus qu'il s'agit aussi du succès d'un matériel européen qui fait partie d'un catalogue global pour être plus forts ensemble plutôt qu'éternels concurrents.

 

 

Par François CHARLES

Ancien responsable d’affaires industrielles internationales à la DGA, DESS Défense, Président de l’IRCE et de NOVIAL Consulting

 

Un succès français

L'Inde vient donc de signer l'achat de 36 avions Rafale pour quelques 8 milliards d'euros, venant compléter sa gamme d'appareils déjà en partie français avec les Mirages 2000. Les avions dédiés devraient être livrés dès 2019 en dehors de ceux livrés en avance de phase pour l'entraînement des équipages. D'un point de vue opérationnel les militaires voulaient cet avion performant, comme d'ailleurs les Suisses et les Brésiliens. Cette technicité française, chère mais nécessaire en période de crise avait d'ailleurs aussi conquis d'autres pays et se rajoute au succès de DCNS. C'est enfin une libération pour Dassault qui produit cet avion seul, comme pour le Gripen mais pas comme l'Eurofighter, avec les avantages en terme de management industriel et les inconvénients en terme de marché que cela représente. C’est l’exemple de l’EFA avec des achats sûrs en Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, qui savent aussi réduire les montants initiaux, et à l’export en Arabie Saoudite, Autriche et Oman. C'est aussi le succès d'un écosystème composé par Thales, Safran mais également MBDA, modèle d'intégration européenne, pour ses missiles.

 

Cette vente doit être un succès européen pour reconnaître certaines zones d’influence française, en complément de celles d’autres pays européens, dans une logique de représentation commune appuyée par la Haute Représentante des institutions. Comme au Moyen Orient, cette vente répond à une nécessité de protection face à une menace de déstabilisation mais également à un besoin de double source d’approvisionnement et d’indépendance de certains pays de la zone face aux Etats-Unis ou la Russie qui avaient également fait certaines offres.

 

Elle doit être un succès européen sur le produit, sa maintenance et sa gouvernance de fabrication. Les choix de défense sont certes politiques mais se confortent d’éléments technologiques et économiques pour répondre à un besoin opérationnel et parfois uniquement de dissuasion. Le Rafale est un produit haut de gamme multirôles à la fois bombardier, chasseur, avion de reconnaissance, ce que ne sont pas, par exemple, le Gripen ni l’Eurofighter Typhoon (EFA). Cette caractéristique peut être importante dans certains cas pour satisfaire les attentes des clients, non forcément identiques, comme nous l’avons vu au Brésil et en Suisse qui n’avaient pas besoin d’un tel avion à tout faire au détriment cette fois-ci du Rafale. C’est bien la force potentielle de l’Europe de pouvoir proposer cette diversité de produits, de savoirs faire et de savoir être avec une spécialisation de ses pays et ses industriels unis pour des projets externes. Le Rafale parait cher mais l’équation globale semble gagnante tout en veillant avec soin aux coûts de maintenance et de leur facturation. Espérons que le Service Industriel de l’Aéronautique français rattaché encore à l’Etat sera mis à contribution pour ces compétences en maintenance même pour ce contrat export. Si le Gripen a quant à lui bénéficié d'une meilleure approche de maintenance par les Suédois, les Russes ont aussi perdu le marché indiens par les coûts de pièces de rechanges qu'ils faisaient supporter à l'Inde, de la même façon que Dassault a semble-t-il perdu son marché au Maroc.

 

Elle doit être enfin un succès européen sur les compensations réclamées. Les ventes d’avions de chasse, mais aussi de biens à haute valeur technologique sont particulières. En dehors, théoriquement, de l’Union qui tente de faire respecter la directive européenne de 2009 sur les marchés de défense et de sécurité dans une plus grande logique de transparence des marchés et de coopération, elles s’accompagnent quasi-systématiquement de compensations industrielles sur le produit considéré ou non, financières et/ou commerciales au-delà de la formation des pilotes, d’ailleurs souvent payée. Elles dérogent généralement aux règles du commerce international au profit du pays acheteur, de ses industriels et de son développement économique, avec un jeu de négociation portant sur les coefficients de valorisation des éléments de haute technologie. Même si poussées politiquement, elles peuvent rendre les ventes peu rentables et finalement non justifiées économiquement pour le vendeur ou son pays ne sachant pas les expliquer dans l’approche globale de la transaction, comme ce fut le cas pour la votation Suisse contre le Gripen. D’un aspect positif, elles peuvent par contre permettre de créer des liens nouveaux entre PME sous-traitantes des deux pays, comme l'ont bien compris les Britanniques, sauf quand elles sont hélas remplacées d’un coup de crayon par les maîtres d'oeuvre. S'agissant du contrat indien, rien n'est vraiment finalement figé en espérant une démarche gagnante.

 

Dans une logique d'approche européenne, avec hélas un partage de marché et de client peu reconnu par la Suède pourtant adepte de l'Union dans la diversité, le rêve serait d'imaginer que les autres pays européens et leurs industriels, plutôt habitués à travailler en coopération entre eux, puissent à aider la société Dassault Aviation et la France, si elles l’acceptent, à remplir ses engagements de façon décloisonnée comme nous avions essayé de l’instituer en France dans les années 90 à travers toute la communauté industrielle et étatique de défense.

LE RAFALE ENFIN EN INDE : un succès français mais également européen à l’export
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JM BARROSO chez GOLDMAN SACHS

13 Juillet 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique, #europe

Je me devais de réagir à la nomination de M. BARROSO chez la banque d'affaires GOLDMAN SACHS.

Je le ferai toujours de façon objective, doux avec l'individu mais ferme sur le différend, mais peut-être aussi avec un sentiment accentué de devoir de refonte du système européen comme de certains systèmes nationaux, pour instaurer une certaine confiance dont nous avons tant besoin mais également une certaine fermeté.

On se souviendra du savoir faire, très rémunérateur, de GOLDMAN SACHS qui permit à la GRECE d'intégrer la zone Euro et de découvrir la carte de crédit, avec sans doute le soutien de coeur de la France et un aveuglement bienveillant de l'Allemagne, qui nous dit pourtant ne pas de la nuit quand l'Euro baisse et qui ne pouvait ne pas savoir que la dette grecque était en réalité de 17% et non de 3.

Mais l'essentiel n'était-il pas de faire rentrer cette Grèce pour l'avenir de l'Union. Tant mieux si désormais nos idées de création de "groupes de cohérence et de maturité" au sein de la zone euro, relayée par certains députés européens, font leur chemin.

Certains sauront aussi revenir dans l'histoire pour nous rappeler que Robert SCHUMAN était accusé d'être un agent étasunien alors qu'il avait oeuvré à un certain esprit européen certes insufflé par la douce violence des Etats-Unis pour nous aider à fonctionner ensemble.

Seulement deux ans après avoir quitté ses fonctions, après avoir insufflé un esprit peut-être trop rapidement libéral et a contrario avoir également fait preuve de lenteur dans certaines décisions bancaires, M. BARROSO est peut-être récompensé d'une certaine manière et a peut-être également exprimé son deuil non fait du rejet actuel de sa politique. Il vient surtout d'oeuvrer pour le discrédit des Institutions. Certains avancerons aussi les prises de positions fiscales passées de l'actuel président de la Commission, pour lequel je veux retenir sa volonté de pilotage de ces mêmes Institutions.

Même en France, nous savons bien qu'avec toutes les commissions de déontologie imaginables, certains sont arrêtés dans les mailles alors qu'ils ne présentent pas de risques quand d'autres les passent et rejoignent leurs interlocuteurs privés privilégiés. Sans doute est-ce pour un certain intérêt général imaginé par les Etats, souvent instruit pas la finance ou certains conseillers un peu trop proches de leurs convictions et leurs intérêts personnels.

D'autres oublient vite contre qui ils luttaient dans l'intérêt de la nation ou des Nations, ou semblaient lutter, pour ensuite y travailler, sans doute pensant qu'ils ne rentrent pas dans le cadre de cette déontologie.

Peut-être devrions-nous demander au Conseil de l'Europe de statuer sur ce devoir d'éthique en espérant que le jeu en vaut bien la chandelle auprès d'une Europe bien malade de sa politique générale et donc de sa stratégie, de son organisation, de son identité et de sa prise de décision, quatre piliers fondamentaux sur lesquels nous travaillons.

François CHARLES

Président de l'I.R.C.E.

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Le « débat » sur le BREXIT était une chance !

20 Juin 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Le « débat » sur le BREXIT était une chance !

Au lendemain de certaines conférences et colloques sur le sujet, de l'assassinat de la députée travailliste Jo COX et à la veille du vote au Royaume-Uni, je me devais d'écrire ces quelques lignes supplémentaires pour dire que l'Europe et le Royaume-Uni et surtout l'Angleterre ont besoin l'un(e) de l'autre, et que l'on peut être Anglais et Européen, rappelant par là-même le problème permanent d'identité de la France au sein de l'OTAN.

Par François CHARLES

Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe

Je ne rappellerai pas l'histoire, ni les dates clés de décisions ou d'oppositions notamment françaises à la construction européenne incluant les Britanniques, ni les quatre questions posées aux institutions auxquelles nous avons aussi répondu, ni les exigences de les arguments du « in » ou du « out » désormais bien connus.

Je souhaitais simplement rappeler la chance que représentait le débat sur le BREXIT pour une certaine refonte du projet européen tout en signifiant une inquiétude face à cette volonté de référendum telle une mêche qui semble désormais incontrôlable. Même si le vote et la mobilisation des indécis et des « in » vont être désormais significatifs grâce hélas à l'événement récent, ce dernier ne doit pas cacher l'opportunité de penser autrement pour agir autrement dans une certaine continuité porteuse de sens.

Certes nous avons vu en France et en Grèce que les référendums n'excluent pas certaines solutions de rechange, mais je suis inquiet car certains se réjouissent d'une sortie du Royaume-Uni pour ne plus être ennuyés par les Britanniques, notamment les Anglais, dans les décisions à prendre et pour continuer à avancer de la même façon sans prise en compte de certaines demandes légitimes ni de certaines idées, notamment de renforcement du parlementarisme et pourquoi pas à deux chambres. Certains autres voient l'opportunité de libérer des places au Parlement européen pour y introduire une liste trans-européenne.

Je suis inquiet car comme en France, les campagnes et les PME britanniques, qui ne se sentent pas impliquées directement par l'Europe ou qui croient ne pouvoir influer, vont voter pour une certaine identité politique nationale sans prise en compte des intérêts et des processus globaux, contrairement aux villes et aux grandes entreprises.

Je suis inquiet également quand nous défendons les quatre revendications britanniques notamment sur l'existence de groupes de cohérences dans une même politique générale mais quand ces derniers semblent s'offusquer de certaines demandes de non prosélytisme comme par exemple ne pas voir la Pologne rejoindre l'euro mais semblent aussi plutôt apprécier son repositionnement identitaire, sans pourtant parler encore de fronde ou de sécession européenne, comme autrefois aux Etats-Unis entre fédérés et confédérés.

L'idée d'un Royaume-Uni, qui a peut être eu finalement sa « monnaie back », sorti de l’UE, réduit peut-être de l’Ecosse, réjouira ceux qui disent volontiers, sans forcément plaisanter, que ce pays n’a jamais été européen, n’a jamais compris l’Europe et veut préserver son modèle sur son île. C'est oublier que le Royaume-Uni, comme son nom l’indique, vit depuis longtemps tous les jours un certain modèle européen qui n'est pas français, que son rôle de contre leader, sans être pour autant enfant libre asocial, sert aussi de « planche à secousses » positives notamment économique ou fiscale.

Bien entendu le moteur franco-britannique pourra toujours fonctionner notamment dans la défense quand on voit que la Norvège, la Finlande, la Suède et le Danemark parviennent bien à travailler ensemble sans être tous ni dans l'UE ni dans l'OTAN (conférence ESCP EUROPE). Rappelons enfin qu’au siècle dernier, alors que la France fut défaillante, le Royaume-Uni sauva une certaine pluralité et que sous l’impulsion de Jean Monnet, les deux pays ont coordonné leurs ressources et leurs flottes de commerce pendant la première guerre mondiale et qu’il était question de rassembler les deux gouvernements, comme 600 ans auparavant, pour tenter de vaincre ensemble.

Enfin, je suis inquiet car certaines attitudes turques apparaissent plus européennes que certaines attitudes nationales actuellement dans l'UE qui ne pensent qu'à leurs propres intérêt. Espérons que ce profil bas ne se réveillera après l'intégration si elle a lieu.

Mais je veux être confiant dans le bon sens des peuples et de leurs dirigeants actuels ou à venir.

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Londres, unie dans la diversité

7 Mai 2016 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Bravo au nouveau maire de Londres élu sur son programme. La victoire d'un musulman à Londres ne m'émeut pas contrairement à ce que l'on entend en France. Et pourquoi pas un noir en France avec son histoire africaine? Je pense finalement que le Royaume-Uni est plus européennement unie dans la diversité que cette France laïque d'un seul moule qui perd ses repères et surtout son pied d'appel chrétien.

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