La projection psychologique et le partenariat sélectif à sens unique nucléaire français
Après avoir relu plusieurs fois le discours du Président Macron sur le concept de dissuasion nucléaire avancée, après avoir lu les commentaires des spécialistes qui pourtant devaient se reporter aux textes, après avoir vu les réactions attentives des Européens entre crainte, tentative d’assurance et incompréhension, il était important d’effectuer une nécessaire analyse à charge et à décharge dans la suite des publications sur la France, l’Europe et l’OTAN, montrant bien la continuité de la projection psychologique française au regard de son allié étasunien, utilisant les mêmes méthodes pour un même objectif, mais sans les mêmes moyens, la dissuasion pouvant se limiter à quelques bombes indétectables et surpuissantes, mais également la capacité d’inventer un concept soit disant nouveau mais se déclinant en fait parfaitement aux systèmes existants.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales et de l’OTAN à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Le discours du Président était partisan, voire électoral pour on ne sait qui, ménageant d’une part une droite revendicative des acquis nationaux et d’autre part un dialogue européen de non enfermement, voire de partenariat. Il rappelle que les intérêts vitaux doivent être préservés sans être définis, ce qui n’aide pas forcément les partenaires, que la France est en accord avec la notion de stratégie de dissuasion nucléaire de l’OTAN, certes assurée quant à elle par les moyens étasuniens et disposés dans certains pays mais protégeant tous les autres. Par contre il ne s’engage aucunement sur une garantie de protection stricte, comme l’avancent certains, vis-à-vis de certains pays, tout en leur proposant une certaine forme de relation ambigüe à sens unique voire sélective sur des domaines non nucléaires.
Si les pays européens se disent intéressés, il semble apparaitre la même situation que lors de nos discussions de travail sur l’initiative européenne d’intervention où personne n’avait compris le soit disant élément nouveau en Europe dans les différents Etats-majors, sauf peut être une certaine duplication adaptée, plutôt qu’une vraie et nouvelle dynamique de solidarité, plutôt dans ce cas restrictive et faussée.
A l’heure où il conviendrait plutôt d’officialiser la structure otanienne de défense à gouvernance cette fois européenne, avec des partenariats forts en dehors de l’UE, pour enfin donner une puissance et une diplomatie à l’Europe, E. Macron propose, quelque chose qui semble plutôt finalement profiter à la France qu’aux autres pays, par la dimension européenne de l’Alliance.
En d’autres termes, comme avec les Etats-Unis, il s’agit en fait d’un partenariat, préservant certes l’investissement initial français mais demandant aux Européens un effort de compréhension et de partage de fardeau non purement nucléaire, comme il est déjà mentionné dans le fonctionnement du Groupe de Plans Nucléaires (PNG) de l’OTAN, avec également visite d’installations, participation aux exercices. Le concept français est en fait calqué sur celui de politique et des forces de dissuasion nucléaire de l’OTAN, avec une décision de protection plus restrictive qu’au sein de l’Alliance, pouvant même apporter une possible discrimination pour les pays qui ne pourraient pas y participer avec en plus du risque de non intervention générale des Etats-Unis. Rappelons tout de même que la stratégie de l’OTAN n’est pas « à la carte », que tous les pays font partie du PNG et sont donc a priori protégés, même ceux qui ne contribuent pas mais qui sont fortement engagés à le faire.
Reprenant certains passage du Président, il est également important de rappeler que si le nucléaire tactique et ses composantes terrestres, autrefois mobiles Pluton et Hadès, par rapport aux composantes enterrées, a été abandonné par François Mitterrand, c’est après d’une part l’avoir fait évolué avec la menace de l’employer sur le champ de bataille face à une attaque classique massive et non en riposte à une action nucléaire, et d’autre part avoir réagi à l’arrêt de la guerre froide, en respectant le désarmement, rassurant notamment les Allemands qui étaient en première ligne de ces frappes potentielles. Il est par contre toujours utile, sans forcement le dire, d’analyser tous les scénarii du pire et notamment ce possible emploi depuis les airs.
La valorisation des efforts historiques financiers de la France dans ce domaine est légitime, même si rien ne prouve qu’elle a été utile, sauf à avoir développé une certaine autonomie et identité notamment technologique qui a pu servir dans le domaine civil. Mais comme la dissuasion, employée désormais en dehors du nucléaire, on ne le saura peut être jamais, et heureusement, d’autant que la France s’est voulue avoir toujours de bonnes relations avec la Russie et même la Chine, comme on ne saura jamais si les Etats-Unis lanceront une bombe pour protéger l’Europe ou endiguer une guerre si leur territoire n’est pas menacé, même s’ils l’ont fait il y a longtemps.
Le Président, chef des armées, ne souhaite apparemment pas demander à contribuer à l’effort financier sur l’aspect purement nucléaire pour ne pas avoir à partager et surtout ne pas céder la place au conseil de sécurité, comme le demandait, voire toujours, l’Allemagne sous prétexte de démocratie, mais propose une contribution sur des aspects annexes, notamment d’alerte, de défense conventionnelle et autres, comme également au sein de l’Alliance.
Cela reprend en fait une ancienne méthode de négociation que nous avions employée au sein de l’OTAN dans les années 90 en rassemblant une équipe d’Europe à compétences globales face aux Etats-Unis et le Royaume–Uni pour le projet d’épine dorsale des radars, en dehors de simplement défendre la technologie française, forçant ces derniers à négocier. Mais il s’agit aussi d’en profiter pour demander aux autres Etats de contribuer à des efforts technologiques pour mieux finalement protéger la France, voire leur propre pays sachant que le Président français, protégé par sa constitution, pourra ou non intervenir s’il le souhaite, et qu’il sera toujours temps de demander à l’OTAN, ancienne ou nouvelle formule, de le faire, ou de s’y substituer.
Cela peut aussi laisser envisager à terme une bombe française sous un Gripen ou un Eurofigther sauf si le but est d’imposer le Rafale comme les Etats-Unis imposent le F-16 puis le F-35, sans vouloir partager le ciel, suite à la fermeture soudaine de certaines discussions. Les aspects de lucidité viseraient aussi à permettre aux avions français de bénéficier des bases européennes, d’empêcher certains pays de développer, de façon autorisée, leur propre capacité, pour être surs d’être protégés et pourquoi pas accéder au Conseil, mais aussi de participer au développement du bouclier de protection à l’Est où la France a été exclue.
Cela ferme donc sine die aussi la porte à un droit de regard des Etats-membres voire de l’Union. Mais le Président français, peut être prochain président du Conseil européen connu de tous, a-t-il autre chose derrière la tête pour faire avancer son opinion publique une nouvelle fois grâce à la dimension européenne, comme il l’a déjà dit au Parlement européen pour d’autres sujets, et du même coup faire avancer l’Europe en s’appropriant certaines nouvelles idées ?
L’Italie de Giorgia Meloni, la nouvelle clé de l’UE unie dans la diversité ?
Alors que les Français voudraient bien imposer un fédéralisme européen comme Napoléon commençait à le construire, alors que les Allemands digèrent encore la réunification et misent sur leur force économique qui va leur redonner également une place militaire redoutée, une nation a des choses à dire, qui veut jouer un rôle et ne pas être la roue de secours du tandem des deux premiers : l’Italie de Giorgia Meloni, qui finalement incarne peut-être désormais celle qui a le mieux compris ce que signifie unis dans la diversité à travers son histoire et l’univers, voire la magie, de Tolkien.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Autant on découvre une facette du Président Ukrainien à travers sa série serviteur du peuple, mais également en fait comme chef d’entreprise de spectacles à succès venu ensuite aux affaires publiques comme Donald Trump, autant on peut mieux connaître la nouvelle présidente du Conseil italien, quant à elle professionnelle de la Politique, à travers la série culte du Seigneur des Anneaux qui l’a « forgée » pendant de longues années avec une équipe diversifiée mais soudée et des alliances improbables telle celle des anneaux où les elfes et les nains sont capables de combattre ensemble comme quand Tito maintenait l’unité de la Yougoslavie.
Certes adoubée par des pairs qui ont voulu tester une candidature qui finalement a fonctionné là où rien de réussissait, leur chose est devenue forte et a su créer un parti officiellement de centre droit alors qu’elle se revendique de Mussolini, se positionnant sans doute comme l’aiguillon d’une idée à la fois nationale et socialiste. Elle l’a fait en partenariat avec l’héritage Berlusconi, nommant comme vice premier ministre un ancien co-fondateur de Forca Italia, ancien président du Parlement Européen et ancien commissaire, qui connait donc bien le système européen, ses déceptions et petits arrangements politiques, et qui l’a sans doute poussée à effectuer son premier déplacement à la Commission européenne pour rassurer quant à ses intentions constructives.
L’Italie récemment assemblée a vécu des hauts et des bas durant toute son histoire, avec aussi des alliances heureuses ou malheureuses. Force motrice économique dans certains secteurs, comme les machines outils, et avec de grands groupes dans les domaines automobile et de défense, elle ne veut pas se faire guider par la France, et œuvre vers la recréation de l’axe germano italien.
Au moment où les droites plutôt dures se renforcent en Europe, Miss Frodon est peut être un atout pour à la fois faire valoir des méthodes réalistes et efficaces, que même la France attendait sur les migrants, tout en restant ancrée dans la dynamique européenne sans trop bousculer les valeurs fondamentales sous peine de grimaces institutionnelles et ses impacts financiers mais qui doit accepter l’évolution de sa politique générale. Son savoir faire relationnel et son regard de « tête à tête », les yeux dans les yeux, s’incommode du travaillomane persévérant E. Macron mais sait, comme l’Allemagne, voire mieux, attendre et obtenir le consensus des Hemtes. Nous analyserons prochainement sa réforme de la justice sur fond, en même temps, de relations internationales.
L’envoi de frégate vers Chypre, qui a aussi une histoire génoise et vénitienne, comme la France et le Royaume-Uni, d’ailleurs toujours présent comme à Gibraltar depuis notamment la problématique gestion de l’indépendance de l’île, est officiellement fait par solidarité défensive avec un pays de l’UE mais aussi voire avec une certaine marque d’affirmation comme pays de l’OTAN, dont Chypre n’est pas, comme Malte toute proche.
Misons sur son bon sens pratique au sein de l’UE et dans sa politique de voisinage pour le soutien à l’Ukraine dans sa lutte pour rester indépendante, tout comme pour l’analyse de sa potentielle rentrée dans l’UE avec apports mutuels.
Mais attention à l’envoutement de l’anneau qui peut également être destructeur s’il n’est pas doublement protégé.
De la droite et du centre... jusqu'à la prochaine plateforme nationale socialiste
Ancien cadre politique de droite et de centre droit, puis commentateur et animateur politique, et surtout de politique générale, je continue d'entendre des candidats scander les termes "de la droite et du centre". Bien entendu, il se veut rassembleur comme si cela était une évidence, voire une soumission du centre alors que la dite droite n'est pas majoritaire et comme si tout le centre était en accord avec la droite.
Rappelons nous
que ce discours n'est pas un discours de l'ancienne plate forme Macron, qu'il est porté par des élus ou candidats PR, que la porte parole du gouvernement défend un gouvernement de droite qui n'a pas la majorité et qui ne sait ou ne veut pas travailler en consensus,
que le Modem est l'aiguillon du "juste centre", comme je les ai éveillés il y a dix ans, que les radicaux sont des centristes de gauche et qu'ils vont plutôt vers la gauche,
que la coupure du "Nouveau Centre" s'est faite à 67% à droite seulement
qu'au niveau européen, le Modem fréquente Reniew mais pas les Républicains qui tentent parfois de discuter avec le RN et sont parfois même rejoints par LFI sur certains sujets
et donc que cette dite droite devrait assumer sans fusion acquisition par autorité et soumission
et que le centre peut devenir finalement un grand mouvement, voire le principal comme autrefois
que cette droite devrait analyser comment exister au delà d'alliances hypothétiques d'un autre temps et savoir réduire la puissance du RN au delà de dire que ce n'est pas bien, comme les idéalistes de gauche, et surtout ne pas voir que le national socialisme, donc de droite et de gauche, certes modéré, est de retour et sera sans doute la prochaine plate forme.
La psychologie au secours des Européens et des discussions de paix en Ukraine
On ne peut que regarder avec intérêt la nouvelle proposition d’E. Macron, éternel interlocuteur politique, de finalement avoir envie de reparler à V. Poutine, comme le fait D. Trump, plutôt que le diaboliser, comme d’autres dirigeants avec lesquels nous sommes bien obligés de discuter avant d’en confier parfois le sort à leur peuple. Pouvoir rentrer dans leur jeu peut être plus valorisant qu’en être écarté et aller au-delà de la politique des annonces, des réactions et des discussions de cours de récré en cercle fermé qui ne mènent à rien car nos valorisées. Toute position commune ou consensuelle peut se retrouver retoquée et balayée de toute façon en tant que contre proposition si elle n’est pas travaillée sur un document unique, même si proposé par V. Poutine, qui doit aussi arrêter de faire le lapin plutôt que l’ours, et accepter d’en changer plus qu’une virgule sous peine de le considérer comme un ultimatum, qui par expérience, même acceptés, n’empêchèrent pas les deux premières guerres mondiales.
Par François CHARLES
Economiste, géopolitiste, expert stratégie, management, auteur des fabliaux du management, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.).
Ce n’est pas parce les chefs d’état et de gouvernement le sont devenus qu’ils savent forcément gérer des crises et des négociations à travers les jeux psychologiques. On ne le répétera jamais assez, VP en bon observateur 5, mais également sensible et rêveur de base 4, ne jure pas que par la force du 8 mais s’y engouffre en stress avec énergie dans les faiblesses, et en joue en 7 comme en bon judoka. DT, tel le battant 3 et promoteur, veut que cela avance sans se faire coincer en allant parfois dans le modérateur 9 et retrouvant les Européens sur leur terrain monsieur Loyal 6, qui défendent leurs droits, affichent leurs craintes. ils rejoignent V. Zelensky qui ne peut plus jouer son épicurien 7, d’ailleurs auparavant avec V. Poutine, obligé de se mettre au travail avec l’efficacité du 1. Dans le triangle victime, sauveteur, persécuteur, le problème est qu’il existe un joueur de trop, sauf à l’intégrer chez les Européens obligés de jouer la même partition, ce qu’il font mais non totalement, et en oubliant les autres options. Idem pour le jeu du « sans toi », et d’ailleurs sans qui ? Aucun processus n’empêche ces Européens de prendre conscience de leurs réalités, fonctionner avec discernement et sans sanctionner, comme les autres parties, ceux qui instruisent à charge et à décharge dans l’intérêt général remettant à jour les faits.
Les Européens pourraient éviter de donner trop d’importance à VP dans la cause de leur réarmement, rappeler l’histoire sans forcément généraliser, réfléchir à la nouvelle gouvernance de l’OTAN, avec désormais les Etats-Unis partenaires, pour avoir enfin une réelle diplomatie forte et non plus seulement l’arme des sanctions, dire à VP qu’il a déjà perdu son opération spéciale, comme menée autrefois à Prague ou Budapest, qui peut avoir des limites plutôt que la guerre qui peut être sans fin, surtout quand il se croit en situation de force sans aucune raison de l’arrêter. Lui dire en intimité que nous savons qu’il peut tomber de vélo économiquement si cela s’arrête, avec un budget de défense à 40% alors que nous n’en sommes à peine à 4% et donc avec un potentiel à venir et que la voie économique pourra peut être à nouveau éviter un baroud d’honneur nucléaire, en évitant de « régler son compte à Joe » pour empêcher ses combats d’un autre temps. Les Européens devraient aussi se rappeler des origines du format Normandie avec le prédécesseur de VZ, déjà non reconnu par VP et bien malin celui qui prédira l’avenir d’une future élection. Pourquoi VP n’a-t-il donc pas déjà envahi la Moldavie, sauf à considérer qu’elle fait quasi partie de la Grande Roumanie, et pourquoi donc ne pas progresser en Géorgie où l’OTAN a su s’installer ? Les objectifs étaient ils atteints ? Quels sont vraiment les prochains ? Minsk suffirait-il sauf s’il s’agissait de gagner du temps ?
Ils peuvent dire à DT qu’il n’a pas non plus toutes les cartes en main car c’est bien du continent européen dont il s’agit et qu’il n’a plus désormais aucun intérêt à peser sur quel pays que ce soit, comme l’UE ne le fait pas aux Etats-Unis, UE par ailleurs plus forte, non pas uniquement sur le papier, et qu’elle sait fonctionner au sein de l’OTAN. Ils peuvent aussi rappeler aux Etats-Unis que les Européens ont davantage d’expérience de cession de territoires.
Mais se retournant vers VZ, sans en laisser le monopole à DT et sans en reprendre son discours, ils devraient aussi savoir lui dire, en dialogue critique parent-enfant, voire désormais en adulte, que son mérite est grand mais qu’il faut être désormais réaliste avec une possible meilleure solution de rechange au profit de l’intérêt de tous, de considérer avec courage que ce soutien se heurte à certaines réalités, qu’une négociation gagnante n’est pas forcément à 50/50, qu’il n’est finalement pas seul à décider, même avec le soutien quasi inconditionnel en argent et matériel sous prétexte de l’agression russe, considérant par ailleurs qu’elle a déjà provoqué une accélération du processus d’intégration dans de nombreux domaines, au-delà de la politique limitée de voisinage d’avant 2022.
Et pourquoi pas un porte-avions européen ?
Au moment où Emmanuel Macron annonce, depuis l’étranger, le lancement effectif du nouveau porte avions français de classe étasunienne, on peut finalement se demander si cette similitude reflète la sempiternelle projection psychologique française envers les Etats-Unis ou si elle serait digne de l’envergure européenne, comme nous essayons aussi de le faire sur l’espace avec les lanceurs mais également les satellites, les infrastructures et les services. Encore faut-il poser le(s) objectif(s), les réalités et les options pour concrétiser ce projet, avec des regards et solutions pourquoi pas innovantes en terme opérationnel, industriel et financier, sauf s’il ne s’agit finalement que d’une pierre dans la mare de l’Europe politico-militaro-industrielle de la défense ?
Par François CHARLES
Economiste, expert défense, armement, relations européennes et internationales, ancien responsable politique industrielle européenne à la DGA, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe
S’agissant du besoin opérationnel, il s’avérait évident que la France ne pouvait suivre le constat négatif de son éternel rival sur les mers. Mais on peut se poser de la question de la taille, les avions n’étant pas plus gros, sauf bien entendu à en emporter davantage même si le nombre d’aéronefs n’augmente pas, voire à tendance à baisser, sauf si bien entendu nous pouvons en emporter d’autres dont européens ou étasuniens, dont les pilotes ont toujours l’impression de se poser sur une boite d’allumettes par rapports à leurs quasi aéroports de la mer. Sauf enfin à embarquer d’autres types d’appareils et de matériels, et augmenter le nombre de marins. Quant à leur vulnérabilité, l’escadre, qui est de plus en plus européenne, peut prendre en charge la protection contre les drones navals et notons que ce genre de navire a perduré même avec les kamikazes japonais, les drones aériens ayant d’ailleurs souvent besoin de bases plus proches sauf issus de navires !
D’un point de vue industriel, le programme est lancé sans avoir laissé entendre un possible programme partagé. Et d’ailleurs pour quoi faire considérant que la France possède toutes les compétences et que tout le monde sait bien qu’un programme en coopération coute toujours plus cher dans l’armement, sauf peut être s’il est fait en collaboration ou en alliance pour l’extérieur, voire en supranational ? S’agissant du management de programme et les délais, misons sur l’intelligence humaine et artificielle, voire la refonte de la DGA, pour rester dans ceux de nos bâtiments actuels, voire des jalons réduits même avec des dimensions plus grandes, au besoin épaulée par le management fort de l’OCCAR qui fait ses preuves, et qui peut être sollicité pour un programme mono-constructeur.
Et le lien arrive naturellement vers le financement qui serait de 10 milliards glissants sans MCO, si l’on compare avec les bâtiments étasuniens et bien malin qui pourrait dire le prix final. Mais les choix de défense sont des choix politiques et non forcément économiques surtout pour un tel projet stratégique et diplomatique. La France pourra-t-elle le supporter ? Et pourquoi pas un financement commun et solidaire des Etats-membres, ou partenaires et de l’UE, en pleine imagination de nouveaux dispositifs, même pour un seul constructeur et même par des pays qui n’ont plus accès à la mer. Il n’est pas trop tard. Le retour géographique auquel veille la Commission européenne, déjà sensibilisée, également attentive à certaines innovations, pourrait être résolu non pas forcément sur ce programme mais sur d’autres affaires militaires ou industrielles, voire annexes sur la base d’une assiette globale, comme sait le faire l’OTAN et l’UE sur les contributions générales.
Reste sans doute à convaincre que le modèle Airbus n’est pas toujours la solution, et la France d’œuvrer en faveur de l’UE avec un pavillon français et européen et la même problématique opérationnelle du partage des créneaux horaires de satellites dans une boussole partagée, à l’heure de la création d’une gouvernance européenne de l’organisation en s’inspirant notamment du fonctionnement de l’ESA dans le domaine spatial en relation avec les agences européennes et les partenaires extérieurs. Ceci fera peut-être aussi avancer la dissuasion partagée que sait le faire l’actuel animateur étasunien qui cherche plus ou moins à se désengager.
De la notion de solidarité sur l’accord UE-Mercosur
La signature de l’accord UE-Mercosur a été reportée pour les fêtes mais quelque chose sera-t-il changé d’ici là ? Au-delà peut-être du contenu et notamment du respect des normes européennes même avec un accord particulier, on peut aussi se demander si le changement ne viendra-t-il pas d’une lecture plus globale et d’une notion de solidarité qui manque souvent en inter secteur et intra-européen, notamment en guerre commerciale et en réaction intelligente, en dehors de celle contre la guerre militaire. Analysons quelques réalités et certaines solutions, si tant est qu’il faille en trouver.
Par François CHARLES
Economiste, Conseil en stratégie, management, affaires européennes, Président de l’Institut de Rechcrche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Pour mémoire, le Mercosur regroupe tous les pays d’Amérique du sud en dehors du Venezuela et des possessions étrangères françaises, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, soit 80% du PIB du sous-continent et 4e bloc économique de libre échange, un bon attrait pour l’UE qui cherche à prendre sa place sur certains marchés.
Pour mémoire, on peut rappeler que cet accord comporte d’une part un volet commercial, de la compétence exclusive de la Commission européenne, qui n’a donc besoin de personne pour le signer, sauf à imaginer que le Conseil des ministres puisse tout de même valider le contenu avant signature à la majorité qualifiée, et d’autre part un aspect partenariat stratégique sur différents aspects, généralement désormais tous les accords, comme par exemple l’éduction, le tourisme, la sécurité, les droits, où les Etats-membres doivent ici se prononcer. Et qui se souvient de l’ancien projet d’accord TAFTA avec les Etats-Unis ?
Le volet commercial ne traite pas que d’agriculture qui pourrait se retrouver déficitaire, mais aussi d’industrie automobile, de chimie, de secteur pharmaceutique, de textile et de services, qui eux devraient enregistrer des gains. Par ailleurs, au sein même de l’agriculture, seuls les secteurs bovin et sucriers seraient en peine.
La grogne bien légitime des agriculteurs des principaux pays de l’UE, dont la France qui récupère le plus grand budget européen de la PAC, réside surtout dans le risque de non respect des normes qu’un accord spécial ne peut excuser. Ceci signifie donc a priori que si ces normes sont respectées, ce qui est un élément essentiel, dirions nous même normal, et qui représente un coup initial pour le producteur et un coût administratif de contrôle, l’opposition tomberait, même si le bœuf français est en déficit alors que la filière ne s’en sort pas.
De la notion et solution de solidarité
Il serait bon de redécouvrir qu’au sein de l’agriculture, il existe plusieurs professions bien distinctes avec des exploitations de plus en plus grosses et que les agriculteurs en polyculture sont devenus rares. Les autorités devraient en profiter pour éviter de refaire le match, comme dit E. Macron et inciter à une certaine solidarité au sein même de la profession.
Il serait bon d’autre part d’écouter les professionnels bénéficiaires qui se taisent pour mieux comprendre leur gain et analyser également la balance et peut-être prévoir un système de compensation avec les déficitaires cités ci-avant. MEDEF et FNSEA qui se réunissent chaque mois avec d’autres syndicats pourraient sans doute nous en parler.
Ces dispositions devraient par ailleurs être organisées au niveau des institutions européennes avec pourquoi pas une ingénierie nouvelle au sein de la nouvelle PAC, qui a été une des premières et rares politiques européennes, et d’ailleurs en profiter pour relier le dossier des pêcheurs.
Il serait enfin opportun de réunir un Weimar, voire « plus » de l’agriculture entre les trois grands producteurs, en attendant sans doute l’Ukraine pour mieux peser mais avec intelligence face à l’industrie, créatrice de valeur, qui doit bien entendue être défendue.
Quant aux réalités juridiques du fonctionnement fédéral actuel de l’UE, peut-être seraient elles aussi à revoir, de façon permanente ou temporaire comme en Suisse ?
La "MEilleure SOlution de REchange" de l'UE pour l'ukraine
C'est ce qu'on appelle en négociation ou en médiation la "MEilleure SOlution de REchange" pour éviter de statuer sur certains aspects juridiques des avoirs russes, voire pour éviter on ne sait quels représailles alors qu' l'on est au 19e train de sanctions.. et trouver un accord gagnant, non forcément 50/50, sans forcément de deuil à faire, mais pourquoi pas jusqu'au "coup de tamis" final
Reste à veiller à l'emploi effectif de ces fonds et si possible gérés en dehors de l'Ukraine tant que la corruption restera significative, sachant bien qu'elle existe quasiment dans tous les pays
Mais comme dirait un ancien ministre et député européen : mais d'où vient l'argent ?
quelle sera la MESORE du MERCOSUR ?
Et si le système LASS pouvait assainir l'économie française ou financer l'effort en Ukraine ?
La France est endettée mais conserve une très bonne note financière alors à quoi bon s'inquiéter si ce n'est le vote des parlementaires qui n'y connaissent d'ailleurs pas grand chose en économie ni en stratégie.
Et pourtant, il existerait des solutions pour réduire cette dette comme par exemple la titrisation, mal vue la la présidente de la commission économique de la Commission européenne, pour la transmettre à des organismes financiers ou industriels, puisqu'ils vont bien, comme on l'a connu pour les anciens offsets supportés par l'Etat, ou pour le Crédit Lyonnais. l'Etat a certes aussi réduit son endettement pas la vente de ses participations mais elles sont désormais limitées. La reprise - momentanée - des actifs grecs par Goldman Sachs contre intérêts - pour passer sous la barre acceptable des critères de l'euro a été supportée par d'autres banques en garantie, qui auraient même pu éviter l'intervention de l'opérateur étasunien. On voit maintenant la meilleure santé du pays.
Rappelons-nous du système de LAAS qui a désendetté l'Etat du temps de Louis 15 pour enfin repartir de l'avant. Un musée suisse expose d'ailleurs ce système économique inaugurant la monnaie de papier par rapport aux obligations, monnaie déjà apparue en Chine 2000 ans avant notre ère.
Après les rêves de Christophe Colomb, devenu réalité par la découverte des mines d'or d'Amérique du sud qui inondèrent l'Europe, le nouveau monde pouvait tenir ses promesses. Chacun pouvait devenir actionnaire, mais mais le problème est apparu quand la folie d'achat, créant une bulle, s'est transformée en folie de revente, aucune limitation des cours n'ayant été établi. Il est primordial de posséder des actifs solides et limiter la spéculation
Mais attention aux valeurs minérales, créées d'ailleurs lors de la formation de la terre, car si l'or a pu relancer à chaque fois les armées romaines jusqu'à être anéanties par les maladies, comme le fut une partie de la Grande armée de Napoléon, l'étalon or a bien été abandonné.
il convient de mixer les solutions. L'emprunt qui vient d'être fait auprès des épargnants est un chuchotement par rapport de celui de la première guerre mondiale et de celui des Etats-Unis en 1940.
la diplomatie de gosses face à une Russie "protégée" ?
J'en ai assez d'entendre, par des représentants nationaux et européens, que "l'Ukraine doit seule décider de son sort" sans forcément adouber les paroles étasusiennes que le Président ukrainien n'a pas les cartes en main. SI l'Ukraine doit définir seule, eh bien qu'elle se débrouille seule. Les jeux psychologiques sont foisonnants et se rapprochent de la vie quotidienne.
Cette diplomatie de gosses, irresponsable, qui se cache derrière le bon droit, incapable de courage non pas pour attaquer mais pour raisonner toutes les parties, sur la base notamment de faits historiques connus en Europe depuis plus d'un siècle, comme par exemple les Alsace Moselle, car il faut en revenir là en face d'un V. Poutine qui n'a pas évolué et sur la base des aides déjà fournies et sans doute à venir avec des lettres d'intention irréalistes ni réalisables, sauf à imaginer qu'elles ne servent qu'à relancer son industrie ou sa diplomatie essentiellement économique, toujours capables de dire que VP ne reconnait que la force mais incapable d'envoyer des troupes coupe feu loin de la ligne de front pour le stabiliser, voire uniquement derrière le fleuve, en plus de renforcer le cordon de l'OTAN, incapable d'en mettre alors que VP n'a jamais demandé pour se faire aider des Chinois et des Nords Coréens et d'ailleurs VP a t il agit alors que les oblasts sont déjà annexés ? non. Incapable de geler les avoirs russes en Europe, Incapable de faire elle même des actions hybrides ou non conventionnelles en Russie, alors que cette dernière en fait en Europe comme si elle se sentait protégée sans peur de la réprimande comme lors des attaques politiques ou même de voisinage.
Ukraine : retour sur le format Normandie
Ukraine : retour sur le format Normandie et un documentaire récent : souvenons nous, les Etats-Unis absents, V. Poutine a accepté de rencontrer le président ukrainien déjà qualifié d'illégitime - donc pas une fixation sur l'actuel président et à quoi bon donc faire des élections pour autant VZ pourrait partir avec les honneurs et sans risque de perdre mais au profit de qui ? - signature des accords de Minsk "pour donner du temps à l'Ukraine" - du temps pour faire quoi ? - et donc pas étonnant que VP ne veuille pas de cessez le feu; il était intéressant aussi d'entendre que F hollande était resté quelques heures avec V Poutine en Russie à l'insistance de ce dernier, alors que les ventes de Mistral étaient - justement - annulées - mais peut être voulait il soutirer simplement des informations. Et pourquoi pas un F Hollande nouveau facilitateur missionné par .... son ancien félon de collaborateur puis ministre et désormais Président, bien incapable finalement à part montrer qu'il sait être proche, sans finalement réussir à l'être réellement, ce que FH n'était pas car il ne le voulait - voire ne le voulait - pas ? Quant à la stratégie de sécurité de Donald Trump, elle avait déjà été entendue il y a quelques mois dans une conférence à Paris avec certains élus dits "républicains" et certains invités russes et étasuniens qui se permettaient de dicter ce que l'UE devait être, faire ou pas.
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