L’Avenir des relations Hongrie-UE après les élections législatives de 2026
LesHongrois, et non uniquement les jeunes, ont voté pour changer de dirigeant à cause de son attitude personnelle, sa gestion particulière, ses atteintes à l’état de droit et ses relations extérieures, même pour des besoins énergétiques, qui faisaient mal voir et appauvrissaient leur pays en Europe. Pour autant, ce contre leader avait des choses à dire, souvent pour le compte des autres sur la politique générale de l’UE. Nuls doutes que le prochain cherchera à faire profil un peu plus bas pour recevoir les fonds européens, avec un changement dans une certaine continuité qu’il faut bien prendre en compte. Et qu’en sera-t-il du Président de la République, avec des pouvoirs plus que représentatifs, comme en Pologne, garant d’une certaine identité de non allégeance dans une certaine et nécessaire interdépendance. Au-delà de l’euphorie du lendemain d’élections, rappelons ci-après quelques réalités à charge et à décharge en toute indépendance et avec méthode, démontrant avant tout aussi une nécessaire prise de conscience par les institutions pour penser et agir autrement que de façon inconditionnelle ou forcée, sans blâmer si nous voulons conserver l’unité européenne dans une politique générale qui peut aussi évoluer, comme nous le voyons dans le domaine écologique.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, ancien cadre de partis, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Avec près de 80% de participation et deux tiers des sièges attribués au parti conservateur Tisza, plus proche du PPE, comme l’était V. Orban avant, et donc plus fréquentable que les Patriotes au Parlement européen, le peuple hongrois a rejeté le parti Fidesz après plus de 16 ans de règne dénotant tout de même une certaine politique intérieure soutenue et un rêve initial. Cette supermajorité rappelle aussi le premier raz de marée derrière E. Macron. Pour certains anciens, il s’agit d’une troisième révolution démocratique contre les Russes après 1956 et 1989 où d’ailleurs la Hongrie fut la première à briser le rideau de fer avant le mur.
Comme le Premier ministre polonais, P. Magyar, élu député européen, bel orateur faisant rêver avec en plus un nom évocateur, ancien des équipes de VO, annonce qu’il souhaite un retour aux normes européennes et apaiser les relations avec l’Ukraine. Nous verrons aussi comment il réussira à influer pour rétablir un approvisionnement énergétique convenable et non couteux à ses citoyens ou trouver des solutions de substitution soutenues ou non par l’UE à qui il fait désormais plutôt allégeance, comme l’enfant prodigue, mais aussi peut-être à la façon de G. Melloni (voir autre article). Rappelons que PM s’est initialement opposé à l’aide pour l’Ukraine et a toujours affirmé son identité souverainiste, non totalement aligné à la politique de l’UE, comme les forces dures du PPE en France et comme en Pologne, peuple plus frère que les Slovaques. PM ne sera pas forcément d’accord pour l’intégration de l’Ukraine mais essaiera, finalement comme VO auparavant, d’éviter que la Hongrie ne s’oppose à l’emprunt mais sans être ni favorable ni contributrice. Par contre, PM va désormais s’employer à démonter brique par brique, à détricoter et rétablir les fondations de l’état de droit, mais sans tout démolir non plus. Restera aussi, ce que personne ne dit, la position du Président de la République qui peut aussi bloquer certaines lois et dispositions comme récemment en Pologne. On se réjouira bien entendu d’une politique plus proche de l’UE mais encore faut il prouver qu’elle en était éloignée car contrairement à M. Farage, VO ne voulait pas casser l’UE, même si affiché « pro russe » pour son refus de soutien inconditionnel à l’Ukraine.
Dire les choses n’est pas de la désinformation mais de l’information, contrairement à ce que l’on peut avancer ou vouloir cacher, certes parfois par ignorance, même et surtout venant de dirigeants. La politique européenne dite « unie dans la diversité » est trop sérieuse pour ne pas être liée aux affaires de personnes alors qu’elle devrait être transparente, menée avec discernement, être équilibrée, réaliste et réalisable au-delà des dogmes, des rêves et des blâmes et où le management devrait aussi s’apprendre pour mieux fonctionner entre les institutions et les membres qui ont chacun leur identité au sein d’une approche commune.
V. Orban (VO) et la Hongrie
Comme dans beaucoup de pays du centre Europe – ex « pays de l’Est - les déceptions des promesses ont été grandes et le blâme est facile. « nous avions tout avant », « nous sommes désormais plus pauvres que les Roumains et les Bulgares ! » chiffres du PIB à l’appui. Le pays vivait-il grâce aux fonds européens et est il dépendant des décisions européennes qui impactent le pouvoir d’achat ? C’est à l’UE de trouver les solutions quand elle impose une politique inconditionnelle mais problématique, que ce soit pour l’énergie ou pour la crise des céréales, plutôt que blâmer les victimes – les 4 pays Visagrad - sous prétexte de solidarité avec l’Ukraine, comme si ces derniers n’avaient rien vécu et rien à dire, sauf de politiquement correct.
L’UE et la commission européenne n’ont rien dit sur le grand pipeline Nord Stream 2, ni le 1, avant que les Etats-Unis réussissent à ne pas le faire fonctionner.
Il aurait pu être compréhensible que VO s’accroche à son électorat sauf que l’ampleur des votes a prouvé aussi qu’il aurait pu faire une autre politique. La contre campagne des législatives ne s’est pas faite sur le domaine sociétal, pourtant attaqué par l’UE mais sur le domaine économique où VO a péché et aurait pu entamer un début d’indépendance énergétique mais a préféré miser sur un gaz russe à bon marché, tant la tâche était grande, comme d’ailleurs l’UE avant 2014. Il a choisi de s’insurger quasi légitimement quand l’Ukraine ne répare pas le pipeline cassé, oubliant qu’elle a bénéficié aussi de droits de passages énergétiques pour toucher de l’argent. La situation économique s’est aussi dégradée par la baisse de fabrication des voitures allemandes et l’on peut imaginer que Chinois et Arabes sont là pour compenser les fonds manquants.
La rencontre avec quelques parlementaires hongrois, nationaux et européens, sans réponse de PM, a également porté sur les minorités, bien négligées dans les critères d’intégration, tout comme aussi celle des Hongrois en Ukraine, empêchés de parler leur langue, rappelant une certaines réalités du Dombass véritable zone interdite, et que la France a connue en Alsace Lorraine. Cette France qui critique l’écoute des fétus avant l’IVG, devrait aussi se souvenir qu’elle a été le dernier pays de l’UE à supprimer la peine de mort et a inscrit l’IVG dans la constitution sous peine peut être d’éviter de se reposer la question au-delà de certaines valeurs acquises. Souvenons nous que nous avons été blâmé par le Conseil de l’Europe pour avoir organisé un diner sur les racines chrétienne de l’Europe avec la Hongrie même si les prêtres prêchent apparemment moins pour orienter les élections qu’en Pologne.
Historiquement, rappelons aussi que la Hongrie a été la première nation soviétique à faire sauter le rideau de fer et que depuis 1991, j’entends ses représentants et citoyens dire qu’ils ne sont pas forcément prêts à rentrer à nouveau dans un autre système fermé, tout en redécouvrant la liberté de parole et de mouvement sans être surveillés comme à l’ère soviétique. Un précédent ambassadeur nous rappelait par ailleurs que la Hongrie avait été grande et avait tout perdu par des décisions occidentales d’après guerre, parlant même ses accès à la mer du temps de l’empire austro-hongrois.
Les ayatollahs de l’idéologie de Maidan et surtout d’autres pays scanderont une fois de plus l’ingérence étrangère dont étasunienne mais est-elle prouvée au-delà d’un soutien physique et est-ce finalement condamnable, sachant qu’en plus elle a fait plus de mal à VO que de bénéfice ? S’agissant de l’alignement des planètes politiques, rappelons aussi que PM devra modifier la constitution pour avancer vraiment.
Relations avec l’UE
Il est ainsi terminé sine die le temps où VO se laissait taper sur la tête par JC Juncker, ce que ne pouvait se permettre la présidente Von der Leyen, qui annonce quinze minute après 20h, de façon rayonnante, que la Hongrie a choisit l’Europe. Sauf qu’elle n’en était pas partie sans menacer de la quitter. Fallait-il la pousser dehors ?
Je préfère l’attitude plus responsable du chancelier allemand. Elle n’aura peut être plus à faire effort envers l’Ukraine pour faire réparer le pipeline si elle propose d’autres solutions avec les 18 milliards bloqués. Mais sourit elle aussi peut-être pour la résolution d’un simple problème de management, comme quand elle ne pouvait fonctionner avec le Commissaire Breton ? La présidente de la Commission n’a pas du apprécier que VO se soumette à V. Poutine plus qu’à elle. Rappelons aussi que la Pologne n’est pas totalement revenue dans la politique de l’UE.
Cette élection doit aussi nous pousser à éclairer la politique générale de l’UE dont ses relations extérieures et à son management au-delà de danser autour du feu de joie ou se réjouir de la mort de la bête. S’agissant des réalités VO-UE, outre l’attitude personnelle et préférentielle, l’UE n’a-t-elle pas finalement poussé VO dans les bras de la Russie de par son attitude ? Le Brexit était une alerte, désormais avec un assouplissement de part et d’autre, comme avec l’Italie de G. Melloni.
On ne peut dire que VO était non européen. Il était un contre leader qui ne cherchait pas le pouvoir. Comme savait l’être le Général de Gaulle er certains dirigeants français, il avait des choses à dire sans en avoir le même pouvoir et savait s’opposer ou ne pas voter avec la chaise vide. Son regrettable bras de fer sur l’état de droit masquait toute autre considération ou demande, lui valant notamment des attaques cinglantes lors de sa présentation de la présidence hongroise au Parlement européen, lui préférant les menaces de LFI avec embrassades ainsi que les invitations officielles et remises de décorations au Ukrainiens. Bien entendu son opposition réaliste à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE n’a été jugée que comme une opposition à la politique de l’UE qui est très critiquée sur sa politique de voisinage et les accords commerciaux.
VO a-t-il compris que, rendue aveugle par ses valeurs, et au lieu d’aider ses Etat membres, l’UE pousse son influence à retenir ses fonds dus. Comment expliquer que VO ait pu accepter de reverser de l’argent par allégeance alors que l’UE ne trouve pas de solutions, même raisonnables, afin de maintenir les niveaux de revenus et réduire le prix des engrais azotés dont l’Ukraine n’a pas besoin étant donné ses terres riches ? Dans tous les pays du centre, j’entends qu’il n’était pas question de sortir d’un système fermé pour rentrer dans un autre. Souvenons nous comme il a été difficile de faire admettre à la Commission que la Pologne ne pourrait pas atteindre la neutralité carbone en peu de temps considérant la dépendance au charbon, et comme il a fallu du temps pour faire admettre les réalités bénéfiques du nucléaire.
S’agissant des intégrations, l’UE devrait mieux être réaliste économiquement et politiquement au-delà de suivre uniquement les valeurs et de l’état de droit. Il en est de même quand les pays passent à l’euro. Ils devraient être mieux encadrés par l’UE pour prévenir des inflations cachées et des intérêts générés avant la stabilisation de l’économie, avec une monnaie partagée qui permet de mieux emprunter et limiter les risques. Ce n’est pas une polémique, c’est une réalité mais que personne ne veut reconnaitre.
Le régime des travailleurs invités chinois, qui devrait être supprimé par PM, quand les Polonais mettent plutôt des robots par manque de main d’œuvre était une solution temporaire face à l’immigration même si Budapest est désormais remplie de Chinois et d’Arabes comme dans d’autres pays, ce qui n’est pas le cas en Pologne. Mais comme dit précédemment, les Hongrois avaient envie de changer le gestionnaire. VO a reconnu rapidement sa défaite douloureuse et a félicité son concurrent sans contestation, en accord avec l’état de droit, tout en restant dans la vie politique.
Comme pour l’énergie, la politique interne ne changera pas d’un coup de baguette magique. En matière de santé, il n’est d’ailleurs pas inscrit dans les valeurs de l’UE unie dans la diversité qu’il est interdit de faire écouter les fœtus sans pour autant empêcher l’avortement, la santé n’étant d’ailleurs pas une compétence de l’UE.
La Hongrie n’a pas travaillé en relais avec les autres pays pour la présidence du Conseil de l’UE et le pays semble avoir été le plus dur pendant les négociations d’adhésion. N’est-ce pas aussi une preuve de son caractère Magyar, même si elle peut apprendre à fonctionner avec les autres ? A noter que son ambassadeur a été le premier à vraiment nous nous expliquer ce qu’était la structure de Visegrad. Les dirigeants hongrois avaient aussi des choses à dire à la Suède avant de la faire rentrer dans l’OTAN, sans empêcher de la faire finalement rentrer.
Relations avec l’Ukraine
Cette élection amène à réfléchir aussi sur l’Ukraine, son soutien et sa possible intégration dans l’UE qui est tout sauf une évidence sauf peut être pour les idéologues des valeurs sans analyser les possibles conséquences négatives pour l’écosystème existant sous prétexte que les gens doivent être aidés et vivre en paix. Quand la politique voisinage a échoué, doit on la remplacer par une politique d’intégration ? Doit-on rappeler que l’UE ne s’insurge que trop rarement sur la politique de corruption en Ukraine sans s’émouvoir qu’elle réclame de l’argent pour le gérer dans son pays, faisant quasiment partie de la famille, sous prétexte de l’attaque russe ? Mais finalement, les pays du Centre n’en n’ont-ils pas profité aussi. Et comme disait un ancien ambassadeur turc, « on rentre et on verra ensuite » s’inspirant de ces expériences. Le fait que VO, accusé de corruption, s’y oppose, laisse aussi à réfléchir. Il a utilisé son droit de véto quand l’agence anti corruption ukrainienne avait utilisé les réseaux sociaux pour pouvoir faire connaitre certaines réalités. Mais comme diraient aussi certains syndicats professionnels, qui ont désormais changé d’attitude, peut-être finalement plus proche du pouvoir que de leurs adhérents, mieux les avoir avec nous…
On peut dire qu’au départ VO a toujours soutenu l’Ukraine, sans forcément accepter son intégration, et que son attitude a changé progressivement, en abstention puis en opposition, en voyant son manque de considération. Notons que les sanctions envers la Russie ont été votées par la Hongrie. Le fait que VO s’oppose au prêt tant que l’oléoduc n’est pas réparé peut sembler légitime. Nous verrons ce que décidera le nouveau PM.
Nous ne l’avons pas entendu sur l’agriculture et la crise des grains quand l’UE a blâmé les pays Visegrad plutôt que reconnaitre qu’elle n’avait pas sécurisé le processus de passage des semences ukrainiennes, ne voyant peut être pas les risques liés, trop aveuglée par ses valeurs et l’espace de paix et de sécurité qui pourtant pouvaient être remis en question.
Par ailleurs, discuter avec V. Poutine signifie t il être contre l’Ukraine quand d’autres dirigeants le souhaitent depuis longtemps. Peut-on dire aussi que critiquer l’Ukraine signifie être « pro russe ». Et que dire du fait que nous participons aux travaux de développement même si on peut se demander s’il s’agit d’avances sur fonds structurels étant donné qu’il ne s’agit pas uniquement de reconstruire et avons facilité 25000 euros pour des drones FPV sans aucun remerciements ni égards et plutôt de crainte étant donné nos volontés de transparence et relations diverses, qui font partir des membres et fermer des portes, sous prétexte que nous ne sommes pas dans la « ligne officielle ».
L’économie du pays fonctionne même sous les bombes. Pourquoi Kiev, plus riche que Budapest, empêche-t-il l’inspection du pipeline comme si elle avait quelque chose à se reprocher, comme pour le sabotage de NS 2 ou si elle était couverte par l’UE, comme pour les grains ? Est-ce plus une affaire psychologique ?
Par ailleurs pour revenir sur les minorités, pourquoi l’Ukraine empêcherait elle le hongrois comme le Russe, comme quand la France empêchait l’Allemand en Alsace Moselle. Mais d’ailleurs les minorités sont elles prises en considération par l’UE alors qu’elles sont inclues dans les critères d’intégration.
Mais si l’Ukraine de VZ est encore libre, est-ce une raison pour la faire rentrer trop vite dans l’UE avec ses frontières actuelles ? Quant à l’OTAN, c’est un autre sujet, sauf quand sa gouvernance européenne sera officialisée pour protéger l’UE.
PM semble d’accord pour dire qu’il n’est pas question que l’UE accueille un pays en guerre et peut être a-t-il lu nos interviews et articles sur Chypre et les Alsaces lorraines ukrainiennes.
Relations avec la Russie va VP et les Etats-Unis via DT
Beaucoup considèrent que l’on peut considérer la Hongrie de VO comme une sorte de cheval de Troie de la Russie, avec même parait-il des échanges d’information au-delà d’accords commerciaux, voire par compensation. L’accusation de « pro russe » vient peut être du fait que VO parlait à VP et non à VZ mais on connait aussi les réalités et problématiques notamment énergétiques.
Nous pouvons en demander la justification. La désinformation est facile surtout parfois quand elle n’est pas prouvée comme quand des députés ont été inculpés puis disculpés sans preuves. Mais comme dit précédemment, les Hongrois, eux, n’ont pas oublié l’époque soviétique, même si certains disaient aussi qu’ils avaient tout avant.
V. Poutine espère désormais des contacts pragmatiques, donc commerciaux avec PM et pas sûr que le nouveau PM soit enclin à autre chose. Peut être pourrait il agir intelligemment officiellement ou discrètement comme ambassadeur pour des contacts de la part des autres pays de l’UE pour aider à geler voire solutionner la guerre russo-ukrainienne car il faudra bien de toute façon reparler à V. Poutine.
La Russie n’a apparemment pas soutenu officiellement la candidature de VO lors des élections, contrairement aux Etats-Unis, comme le furent les candidats en Pologne et en Roumanie, agissant finalement en faveur des pro-Européens, même si la relation avec les Etats-Unis, et Donald Trump, le meilleur ennemi de l’UE, pourrait certes remplacer les Chinois et arabes pour un développement économique efficace sans trop heurter les Européens.
En somme un puzzle à plusieurs bandes où l’on voit finalement que les pays du centre Europe sont peut être les meilleurs garants d’une certaine identité européenne, avec peut-être une mention pour la Hongrie qui a toujours été particulière de par son histoire et son caractère, mais aussi qui peut nous aider à mieux réfléchir.
Donnons un an au nouveau Premier ministre pour essayer de progresser et donnons lui sa chance ….
Chypre, l’île qui ne devait pas être coupée en deux
La présidence du Conseil de l’UE par la République de Chypre, assez tournée vers la santé et la défense, aurait pu passer sous les radars en dehors de nos événements de bilan. Elle a finalement bénéficié de la crise avec l’Iran pour être redécouverte avec ses réalités mal maitrisées en dehors de certains initiés. L’opportunité de l’événement Battlefield Redefined sous le patronage de la Commission européenne, avec contacts gouvernementaux, institutionnels et industriels, donna aussi l’occasion d’une semaine d’étude historique, politique, artistique et sociétale qui rappela aussi certaines réalités internationales et européennes qui peut donner des éléments de réflexion dans la future politique d’intégration de certains pays, comme également imaginer certaines solutions pour l’île et son environnement.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Qui se souvient que ce territoire européen, proche des côtes du Moyen Orient, a connu de longues histoires française, ottomane entrecoupées d’un passage italien et britannique, d’ailleurs toujours présent sur deux bases ? Les Français furent apparemment la première nation à aider la protection de l’île lors de son indépendance et jouissent d’une certaine reconnaissance pour l’industrie de défense terrestre et navale.
La visite de la ligne verte, qui aurait aussi pu être d’une autre couleur, et qui garde les anciennes traces de combats, rappelle à la fois le mur de Berlin avant sa fermeture complète et Belfast, et qu’il existe encore des murs en Europe. On peut aussi y faire certains clins d’œil à la Géorgie et à l’Ukraine en partie occupées, voire annexées de façon on reconnue, comme le furent maintes fois l’Alsace et la Moselle.
Contrairement aux accords sur l’indépendance de 1959, elle coupe le pays et la capitale en deux depuis la tentative de prise de contrôle grecque et la contre invasion turque de 1974, qui s’est sans doute arrêtée sur pression britannique toujours présente militairement dans le pays. La ligne marque concrètement une cassure désormais identitaire entre les zones d’influence des deux frères ennemis de très longue date, avec déplacements de population, ce qui n’avait pas été autant le cas lors de la guerre civile quand les Britanniques n’acceptèrent pas, avec répression à la clé, le référendum d’autodétermination de 1954 en faveur du rattachement à la Grèce, tout comme d’ailleurs les Turcs qui blâment également toujours l’attitude des institutions européennes quand au rattachement de Chypre à l’UE en 2004.
La république turque de Chypre du Nord n’est pas annexée et est reconnue uniquement par la Turquie qui y est omni présente, affichant même une communication de style Hollywoodienne, même éclairée la nuit sur la montagne au nord de la capitale. On peut y accéder avec un simple passeport tandis que les habitants de la partie nord ne peuvent se rendre au sud que quelques heures au sud. La partie sud n’est pas la Grèce même avec de très nombreux drapeaux surtout à Nicosie. L’UE a reconnu et finance toute l’île, comme elle finance d’ailleurs toujours aussi la Turquie dans sa politique de voisinage et d’intégration comme sur les accords d’immigration.
L’île ne fait pas partie de l’OTAN du fait du véto turc et de l’unique reconnaissance de la république du Nord par la Turquie. La partie sud n’a donc pas à se montrer solidaire d’une attaque sur le Nord ou la Turquie ni inversement. Les religions se mêlent plus au sud qu’au nord où mosquées et églises de toutes les tailles se côtoient, voire se toisent.
L’économie du sud est riche par les services, dont bancaires, avec son statut de quasi paradis fiscal pour certains groupes, et sera prochainement contributrice au sein de l’UE. Le réseau ferré n’existe pas. Si le réseau routier est assez bien développé dans le sud, permettant d’accéder aux principales villes il n’en n’est pas de même pour les moyens de transport au nord avec un certain manque de modernisation alors que les casinos inondent les villes côtières. Les monnaies sont l’euro et la livre turque. Le coût de la vie semble être beaucoup plus élevé au sud qu’au nord.
En dehors de la vieille ville de Nicosie assez rustique, ses parties sud et nord se sont construites sur un style occidental plutôt moderne. Les autres villes de l’ile ont des caractères différents mais développées. Le nord comme le sud sont dominés par le secteur tertiaire et le tourisme. L’agriculture est présente mais limitée à cause du climat.
Les musées et monuments rappellent les histoires du pays mais avec une forte rivalité, et une certaine revendication plus affirmée au nord. Les mots sont traditionnellement forts côté turc tel que martyrs, déjà pour les combats du 16e siècle, ou dans le musée de l’armée totalement en langue turque, qu’heureusement les smartphones traduisent désormais et avec un Président Ataturk immortel.
L’immigration est similaire, avec apports grecs ou turcs plus de nombreux migrants exotiques, l’ile ne faisant pas non plus partie de l’espace Shengen. Le sentiment de sécurité semble similaire et les gardes au check-point sont généralement souriants et courtois, loin d’être à l’image de ceux des deux exemples déjà cités plus avant.
Si le Président chypriote a mentionné la menace turque lors de son discours d’ouverture de l’événement mentionné, il est a noter que ni les Grecques, ni les Turcs n’ont réagi à l’envoi de chasseurs de chaque coté de l’ile suite aux attaques de drones iraniens, une innovation depuis 52 ans. Ceci confirme la reconnaissance d’une protection commune sur les bases de l’indépendance, ainsi que les discussions qui semblent avoir repris de part et d’autre de la zone verte entre les deux parties, en plus des réunions et facilitations permanentes de l’ONU, notamment sous pression des populations plutôt grecques que turques, dans une approche d’écoute active qui semble à nouveau progresser pour mieux regarder l’environnement et solutionner les problèmes liés, voire mieux montrer que les deux parties peuvent néanmoins cohabiter.
On rappellera néanmoins les revendications turques sur certains ilots grecs proches de ses côtes, (cf diner I.R.C.E.) qui pourrait peut être aussi se rappeler que la France ne revendique pas les iles anglo-normandes de la perfide Albion que sont Jersey et Guernesey, les Britanniques se montrant d’ailleurs plus revendicatifs que les Français.
En envoyant frégates et porte-avions, la France et l’Italie, nations méditerranéennes, se sont senties solidaires, sans doute aussi par leur histoire passée, pour protéger l’île mais aussi les bases britanniques. Pourquoi ne pas y tester un dôme de protection commun ? Reste à connaitre la position turque bien silencieuse.
En terme de laboratoire sur d’autres zones sous tension, potentiellement à terme réconciliables, même si le Conseil européen s’était montré au départ inflexible sur les frontières de l’Ukraine, l’UE pourrait donc intégrer le pays en entier avec une partie Est, non pas annexée mais indépendante sous protection russe, et pourquoi pas avec certaines bases militaires de part et d’autres du Dombass et de la ligne de front, mais sans forcément cette fois une capitale coupée en deux comme le furent Berlin ou Vienne et sans adhésion, sine die, à l’OTAN, comme l’Autriche, qui n’est certes plus en première ligne. Il pourrait en être de même en Géorgie. Quant à la possible intégration conditionnelle de la Turquie dans l’UE, c’est une autre histoire, mais qui en semble peut être liée, ce qui ne sera sans doute pas le cas de la Russie, même jusqu’à l’Oural. Mais qui sait…
La projection psychologique et le partenariat sélectif à sens unique nucléaire français
Après avoir relu plusieurs fois le discours du Président Macron sur le concept de dissuasion nucléaire avancée, après avoir lu les commentaires des spécialistes qui pourtant devaient se reporter aux textes, après avoir vu les réactions attentives des Européens entre crainte, tentative d’assurance et incompréhension, il était important d’effectuer une nécessaire analyse à charge et à décharge dans la suite des publications sur la France, l’Europe et l’OTAN, montrant bien la continuité de la projection psychologique française au regard de son allié étasunien, utilisant les mêmes méthodes pour un même objectif, mais sans les mêmes moyens, la dissuasion pouvant se limiter à quelques bombes indétectables et surpuissantes, mais également la capacité d’inventer un concept soit disant nouveau mais se déclinant en fait parfaitement aux systèmes existants.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales et de l’OTAN à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Le discours du Président était partisan, voire électoral pour on ne sait qui, ménageant d’une part une droite revendicative des acquis nationaux et d’autre part un dialogue européen de non enfermement, voire de partenariat. Il rappelle que les intérêts vitaux doivent être préservés sans être définis, ce qui n’aide pas forcément les partenaires, que la France est en accord avec la notion de stratégie de dissuasion nucléaire de l’OTAN, certes assurée quant à elle par les moyens étasuniens et disposés dans certains pays mais protégeant tous les autres. Par contre il ne s’engage aucunement sur une garantie de protection stricte, comme l’avancent certains, vis-à-vis de certains pays, tout en leur proposant une certaine forme de relation ambigüe à sens unique voire sélective sur des domaines non nucléaires.
Si les pays européens se disent intéressés, il semble apparaitre la même situation que lors de nos discussions de travail sur l’initiative européenne d’intervention où personne n’avait compris le soit disant élément nouveau en Europe dans les différents Etats-majors, sauf peut être une certaine duplication adaptée, plutôt qu’une vraie et nouvelle dynamique de solidarité, plutôt dans ce cas restrictive et faussée.
A l’heure où il conviendrait plutôt d’officialiser la structure otanienne de défense à gouvernance cette fois européenne, avec des partenariats forts en dehors de l’UE, pour enfin donner une puissance et une diplomatie à l’Europe, E. Macron propose, quelque chose qui semble plutôt finalement profiter à la France qu’aux autres pays, par la dimension européenne de l’Alliance.
En d’autres termes, comme avec les Etats-Unis, il s’agit en fait d’un partenariat, préservant certes l’investissement initial français mais demandant aux Européens un effort de compréhension et de partage de fardeau non purement nucléaire, comme il est déjà mentionné dans le fonctionnement du Groupe de Plans Nucléaires (PNG) de l’OTAN, avec également visite d’installations, participation aux exercices. Le concept français est en fait calqué sur celui de politique et des forces de dissuasion nucléaire de l’OTAN, avec une décision de protection plus restrictive qu’au sein de l’Alliance, pouvant même apporter une possible discrimination pour les pays qui ne pourraient pas y participer avec en plus du risque de non intervention générale des Etats-Unis. Rappelons tout de même que la stratégie de l’OTAN n’est pas « à la carte », que tous les pays font partie du PNG et sont donc a priori protégés, même ceux qui ne contribuent pas mais qui sont fortement engagés à le faire.
Reprenant certains passage du Président, il est également important de rappeler que si le nucléaire tactique et ses composantes terrestres, autrefois mobiles Pluton et Hadès, par rapport aux composantes enterrées, a été abandonné par François Mitterrand, c’est après d’une part l’avoir fait évolué avec la menace de l’employer sur le champ de bataille face à une attaque classique massive et non en riposte à une action nucléaire, et d’autre part avoir réagi à l’arrêt de la guerre froide, en respectant le désarmement, rassurant notamment les Allemands qui étaient en première ligne de ces frappes potentielles. Il est par contre toujours utile, sans forcement le dire, d’analyser tous les scénarii du pire et notamment ce possible emploi depuis les airs.
La valorisation des efforts historiques financiers de la France dans ce domaine est légitime, même si rien ne prouve qu’elle a été utile, sauf à avoir développé une certaine autonomie et identité notamment technologique qui a pu servir dans le domaine civil. Mais comme la dissuasion, employée désormais en dehors du nucléaire, on ne le saura peut être jamais, et heureusement, d’autant que la France s’est voulue avoir toujours de bonnes relations avec la Russie et même la Chine, comme on ne saura jamais si les Etats-Unis lanceront une bombe pour protéger l’Europe ou endiguer une guerre si leur territoire n’est pas menacé, même s’ils l’ont fait il y a longtemps.
Le Président, chef des armées, ne souhaite apparemment pas demander à contribuer à l’effort financier sur l’aspect purement nucléaire pour ne pas avoir à partager et surtout ne pas céder la place au conseil de sécurité, comme le demandait, voire toujours, l’Allemagne sous prétexte de démocratie, mais propose une contribution sur des aspects annexes, notamment d’alerte, de défense conventionnelle et autres, comme également au sein de l’Alliance.
Cela reprend en fait une ancienne méthode de négociation que nous avions employée au sein de l’OTAN dans les années 90 en rassemblant une équipe d’Europe à compétences globales face aux Etats-Unis et le Royaume–Uni pour le projet d’épine dorsale des radars, en dehors de simplement défendre la technologie française, forçant ces derniers à négocier. Mais il s’agit aussi d’en profiter pour demander aux autres Etats de contribuer à des efforts technologiques pour mieux finalement protéger la France, voire leur propre pays sachant que le Président français, protégé par sa constitution, pourra ou non intervenir s’il le souhaite, et qu’il sera toujours temps de demander à l’OTAN, ancienne ou nouvelle formule, de le faire, ou de s’y substituer.
Cela peut aussi laisser envisager à terme une bombe française sous un Gripen ou un Eurofigther sauf si le but est d’imposer le Rafale comme les Etats-Unis imposent le F-16 puis le F-35, sans vouloir partager le ciel, suite à la fermeture soudaine de certaines discussions. Les aspects de lucidité viseraient aussi à permettre aux avions français de bénéficier des bases européennes, d’empêcher certains pays de développer, de façon autorisée, leur propre capacité, pour être surs d’être protégés et pourquoi pas accéder au Conseil, mais aussi de participer au développement du bouclier de protection à l’Est où la France a été exclue.
Cela ferme donc sine die aussi la porte à un droit de regard des Etats-membres voire de l’Union. Mais le Président français, peut être prochain président du Conseil européen connu de tous, a-t-il autre chose derrière la tête pour faire avancer son opinion publique une nouvelle fois grâce à la dimension européenne, comme il l’a déjà dit au Parlement européen pour d’autres sujets, et du même coup faire avancer l’Europe en s’appropriant certaines nouvelles idées ?
L’Italie de Giorgia Meloni, la nouvelle clé de l’UE unie dans la diversité ?
Alors que les Français voudraient bien imposer un fédéralisme européen comme Napoléon commençait à le construire, alors que les Allemands digèrent encore la réunification et misent sur leur force économique qui va leur redonner également une place militaire redoutée, une nation a des choses à dire, qui veut jouer un rôle et ne pas être la roue de secours du tandem des deux premiers : l’Italie de Giorgia Meloni, qui finalement incarne peut-être désormais celle qui a le mieux compris ce que signifie unis dans la diversité à travers son histoire et l’univers, voire la magie, de Tolkien.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Autant on découvre une facette du Président Ukrainien à travers sa série serviteur du peuple, mais également en fait comme chef d’entreprise de spectacles à succès venu ensuite aux affaires publiques comme Donald Trump, autant on peut mieux connaître la nouvelle présidente du Conseil italien, quant à elle professionnelle de la Politique, à travers la série culte du Seigneur des Anneaux qui l’a « forgée » pendant de longues années avec une équipe diversifiée mais soudée et des alliances improbables telle celle des anneaux où les elfes et les nains sont capables de combattre ensemble comme quand Tito maintenait l’unité de la Yougoslavie.
Certes adoubée par des pairs qui ont voulu tester une candidature qui finalement a fonctionné là où rien de réussissait, leur chose est devenue forte et a su créer un parti officiellement de centre droit alors qu’elle se revendique de Mussolini, se positionnant sans doute comme l’aiguillon d’une idée à la fois nationale et socialiste. Elle l’a fait en partenariat avec l’héritage Berlusconi, nommant comme vice premier ministre un ancien co-fondateur de Forca Italia, ancien président du Parlement Européen et ancien commissaire, qui connait donc bien le système européen, ses déceptions et petits arrangements politiques, et qui l’a sans doute poussée à effectuer son premier déplacement à la Commission européenne pour rassurer quant à ses intentions constructives.
L’Italie récemment assemblée a vécu des hauts et des bas durant toute son histoire, avec aussi des alliances heureuses ou malheureuses. Force motrice économique dans certains secteurs, comme les machines outils, et avec de grands groupes dans les domaines automobile et de défense, elle ne veut pas se faire guider par la France, et œuvre vers la recréation de l’axe germano italien.
Au moment où les droites plutôt dures se renforcent en Europe, Miss Frodon est peut être un atout pour à la fois faire valoir des méthodes réalistes et efficaces, que même la France attendait sur les migrants, tout en restant ancrée dans la dynamique européenne sans trop bousculer les valeurs fondamentales sous peine de grimaces institutionnelles et ses impacts financiers mais qui doit accepter l’évolution de sa politique générale. Son savoir faire relationnel et son regard de « tête à tête », les yeux dans les yeux, s’incommode du travaillomane persévérant E. Macron mais sait, comme l’Allemagne, voire mieux, attendre et obtenir le consensus des Hemtes. Nous analyserons prochainement sa réforme de la justice sur fond, en même temps, de relations internationales.
L’envoi de frégate vers Chypre, qui a aussi une histoire génoise et vénitienne, comme la France et le Royaume-Uni, d’ailleurs toujours présent comme à Gibraltar depuis notamment la problématique gestion de l’indépendance de l’île, est officiellement fait par solidarité défensive avec un pays de l’UE mais aussi voire avec une certaine marque d’affirmation comme pays de l’OTAN, dont Chypre n’est pas, comme Malte toute proche.
Misons sur son bon sens pratique au sein de l’UE et dans sa politique de voisinage pour le soutien à l’Ukraine dans sa lutte pour rester indépendante, tout comme pour l’analyse de sa potentielle rentrée dans l’UE avec apports mutuels.
Mais attention à l’envoutement de l’anneau qui peut également être destructeur s’il n’est pas doublement protégé.
De la droite et du centre... jusqu'à la prochaine plateforme nationale socialiste
Ancien cadre politique de droite et de centre droit, puis commentateur et animateur politique, et surtout de politique générale, je continue d'entendre des candidats scander les termes "de la droite et du centre". Bien entendu, il se veut rassembleur comme si cela était une évidence, voire une soumission du centre alors que la dite droite n'est pas majoritaire et comme si tout le centre était en accord avec la droite.
Rappelons nous
que ce discours n'est pas un discours de l'ancienne plate forme Macron, qu'il est porté par des élus ou candidats PR, que la porte parole du gouvernement défend un gouvernement de droite qui n'a pas la majorité et qui ne sait ou ne veut pas travailler en consensus,
que le Modem est l'aiguillon du "juste centre", comme je les ai éveillés il y a dix ans, que les radicaux sont des centristes de gauche et qu'ils vont plutôt vers la gauche,
que la coupure du "Nouveau Centre" s'est faite à 67% à droite seulement
qu'au niveau européen, le Modem fréquente Reniew mais pas les Républicains qui tentent parfois de discuter avec le RN et sont parfois même rejoints par LFI sur certains sujets
et donc que cette dite droite devrait assumer sans fusion acquisition par autorité et soumission
et que le centre peut devenir finalement un grand mouvement, voire le principal comme autrefois
que cette droite devrait analyser comment exister au delà d'alliances hypothétiques d'un autre temps et savoir réduire la puissance du RN au delà de dire que ce n'est pas bien, comme les idéalistes de gauche, et surtout ne pas voir que le national socialisme, donc de droite et de gauche, certes modéré, est de retour et sera sans doute la prochaine plate forme.
La psychologie au secours des Européens et des discussions de paix en Ukraine
On ne peut que regarder avec intérêt la nouvelle proposition d’E. Macron, éternel interlocuteur politique, de finalement avoir envie de reparler à V. Poutine, comme le fait D. Trump, plutôt que le diaboliser, comme d’autres dirigeants avec lesquels nous sommes bien obligés de discuter avant d’en confier parfois le sort à leur peuple. Pouvoir rentrer dans leur jeu peut être plus valorisant qu’en être écarté et aller au-delà de la politique des annonces, des réactions et des discussions de cours de récré en cercle fermé qui ne mènent à rien car nos valorisées. Toute position commune ou consensuelle peut se retrouver retoquée et balayée de toute façon en tant que contre proposition si elle n’est pas travaillée sur un document unique, même si proposé par V. Poutine, qui doit aussi arrêter de faire le lapin plutôt que l’ours, et accepter d’en changer plus qu’une virgule sous peine de le considérer comme un ultimatum, qui par expérience, même acceptés, n’empêchèrent pas les deux premières guerres mondiales.
Par François CHARLES
Economiste, géopolitiste, expert stratégie, management, auteur des fabliaux du management, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.).
Ce n’est pas parce les chefs d’état et de gouvernement le sont devenus qu’ils savent forcément gérer des crises et des négociations à travers les jeux psychologiques. On ne le répétera jamais assez, VP en bon observateur 5, mais également sensible et rêveur de base 4, ne jure pas que par la force du 8 mais s’y engouffre en stress avec énergie dans les faiblesses, et en joue en 7 comme en bon judoka. DT, tel le battant 3 et promoteur, veut que cela avance sans se faire coincer en allant parfois dans le modérateur 9 et retrouvant les Européens sur leur terrain monsieur Loyal 6, qui défendent leurs droits, affichent leurs craintes. ils rejoignent V. Zelensky qui ne peut plus jouer son épicurien 7, d’ailleurs auparavant avec V. Poutine, obligé de se mettre au travail avec l’efficacité du 1. Dans le triangle victime, sauveteur, persécuteur, le problème est qu’il existe un joueur de trop, sauf à l’intégrer chez les Européens obligés de jouer la même partition, ce qu’il font mais non totalement, et en oubliant les autres options. Idem pour le jeu du « sans toi », et d’ailleurs sans qui ? Aucun processus n’empêche ces Européens de prendre conscience de leurs réalités, fonctionner avec discernement et sans sanctionner, comme les autres parties, ceux qui instruisent à charge et à décharge dans l’intérêt général remettant à jour les faits.
Les Européens pourraient éviter de donner trop d’importance à VP dans la cause de leur réarmement, rappeler l’histoire sans forcément généraliser, réfléchir à la nouvelle gouvernance de l’OTAN, avec désormais les Etats-Unis partenaires, pour avoir enfin une réelle diplomatie forte et non plus seulement l’arme des sanctions, dire à VP qu’il a déjà perdu son opération spéciale, comme menée autrefois à Prague ou Budapest, qui peut avoir des limites plutôt que la guerre qui peut être sans fin, surtout quand il se croit en situation de force sans aucune raison de l’arrêter. Lui dire en intimité que nous savons qu’il peut tomber de vélo économiquement si cela s’arrête, avec un budget de défense à 40% alors que nous n’en sommes à peine à 4% et donc avec un potentiel à venir et que la voie économique pourra peut être à nouveau éviter un baroud d’honneur nucléaire, en évitant de « régler son compte à Joe » pour empêcher ses combats d’un autre temps. Les Européens devraient aussi se rappeler des origines du format Normandie avec le prédécesseur de VZ, déjà non reconnu par VP et bien malin celui qui prédira l’avenir d’une future élection. Pourquoi VP n’a-t-il donc pas déjà envahi la Moldavie, sauf à considérer qu’elle fait quasi partie de la Grande Roumanie, et pourquoi donc ne pas progresser en Géorgie où l’OTAN a su s’installer ? Les objectifs étaient ils atteints ? Quels sont vraiment les prochains ? Minsk suffirait-il sauf s’il s’agissait de gagner du temps ?
Ils peuvent dire à DT qu’il n’a pas non plus toutes les cartes en main car c’est bien du continent européen dont il s’agit et qu’il n’a plus désormais aucun intérêt à peser sur quel pays que ce soit, comme l’UE ne le fait pas aux Etats-Unis, UE par ailleurs plus forte, non pas uniquement sur le papier, et qu’elle sait fonctionner au sein de l’OTAN. Ils peuvent aussi rappeler aux Etats-Unis que les Européens ont davantage d’expérience de cession de territoires.
Mais se retournant vers VZ, sans en laisser le monopole à DT et sans en reprendre son discours, ils devraient aussi savoir lui dire, en dialogue critique parent-enfant, voire désormais en adulte, que son mérite est grand mais qu’il faut être désormais réaliste avec une possible meilleure solution de rechange au profit de l’intérêt de tous, de considérer avec courage que ce soutien se heurte à certaines réalités, qu’une négociation gagnante n’est pas forcément à 50/50, qu’il n’est finalement pas seul à décider, même avec le soutien quasi inconditionnel en argent et matériel sous prétexte de l’agression russe, considérant par ailleurs qu’elle a déjà provoqué une accélération du processus d’intégration dans de nombreux domaines, au-delà de la politique limitée de voisinage d’avant 2022.
Et pourquoi pas un porte-avions européen ?
Au moment où Emmanuel Macron annonce, depuis l’étranger, le lancement effectif du nouveau porte avions français de classe étasunienne, on peut finalement se demander si cette similitude reflète la sempiternelle projection psychologique française envers les Etats-Unis ou si elle serait digne de l’envergure européenne, comme nous essayons aussi de le faire sur l’espace avec les lanceurs mais également les satellites, les infrastructures et les services. Encore faut-il poser le(s) objectif(s), les réalités et les options pour concrétiser ce projet, avec des regards et solutions pourquoi pas innovantes en terme opérationnel, industriel et financier, sauf s’il ne s’agit finalement que d’une pierre dans la mare de l’Europe politico-militaro-industrielle de la défense ?
Par François CHARLES
Economiste, expert défense, armement, relations européennes et internationales, ancien responsable politique industrielle européenne à la DGA, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe
S’agissant du besoin opérationnel, il s’avérait évident que la France ne pouvait suivre le constat négatif de son éternel rival sur les mers. Mais on peut se poser de la question de la taille, les avions n’étant pas plus gros, sauf bien entendu à en emporter davantage même si le nombre d’aéronefs n’augmente pas, voire à tendance à baisser, sauf si bien entendu nous pouvons en emporter d’autres dont européens ou étasuniens, dont les pilotes ont toujours l’impression de se poser sur une boite d’allumettes par rapports à leurs quasi aéroports de la mer. Sauf enfin à embarquer d’autres types d’appareils et de matériels, et augmenter le nombre de marins. Quant à leur vulnérabilité, l’escadre, qui est de plus en plus européenne, peut prendre en charge la protection contre les drones navals et notons que ce genre de navire a perduré même avec les kamikazes japonais, les drones aériens ayant d’ailleurs souvent besoin de bases plus proches sauf issus de navires !
D’un point de vue industriel, le programme est lancé sans avoir laissé entendre un possible programme partagé. Et d’ailleurs pour quoi faire considérant que la France possède toutes les compétences et que tout le monde sait bien qu’un programme en coopération coute toujours plus cher dans l’armement, sauf peut être s’il est fait en collaboration ou en alliance pour l’extérieur, voire en supranational ? S’agissant du management de programme et les délais, misons sur l’intelligence humaine et artificielle, voire la refonte de la DGA, pour rester dans ceux de nos bâtiments actuels, voire des jalons réduits même avec des dimensions plus grandes, au besoin épaulée par le management fort de l’OCCAR qui fait ses preuves, et qui peut être sollicité pour un programme mono-constructeur.
Et le lien arrive naturellement vers le financement qui serait de 10 milliards glissants sans MCO, si l’on compare avec les bâtiments étasuniens et bien malin qui pourrait dire le prix final. Mais les choix de défense sont des choix politiques et non forcément économiques surtout pour un tel projet stratégique et diplomatique. La France pourra-t-elle le supporter ? Et pourquoi pas un financement commun et solidaire des Etats-membres, ou partenaires et de l’UE, en pleine imagination de nouveaux dispositifs, même pour un seul constructeur et même par des pays qui n’ont plus accès à la mer. Il n’est pas trop tard. Le retour géographique auquel veille la Commission européenne, déjà sensibilisée, également attentive à certaines innovations, pourrait être résolu non pas forcément sur ce programme mais sur d’autres affaires militaires ou industrielles, voire annexes sur la base d’une assiette globale, comme sait le faire l’OTAN et l’UE sur les contributions générales.
Reste sans doute à convaincre que le modèle Airbus n’est pas toujours la solution, et la France d’œuvrer en faveur de l’UE avec un pavillon français et européen et la même problématique opérationnelle du partage des créneaux horaires de satellites dans une boussole partagée, à l’heure de la création d’une gouvernance européenne de l’organisation en s’inspirant notamment du fonctionnement de l’ESA dans le domaine spatial en relation avec les agences européennes et les partenaires extérieurs. Ceci fera peut-être aussi avancer la dissuasion partagée que sait le faire l’actuel animateur étasunien qui cherche plus ou moins à se désengager.
De la notion de solidarité sur l’accord UE-Mercosur
La signature de l’accord UE-Mercosur a été reportée pour les fêtes mais quelque chose sera-t-il changé d’ici là ? Au-delà peut-être du contenu et notamment du respect des normes européennes même avec un accord particulier, on peut aussi se demander si le changement ne viendra-t-il pas d’une lecture plus globale et d’une notion de solidarité qui manque souvent en inter secteur et intra-européen, notamment en guerre commerciale et en réaction intelligente, en dehors de celle contre la guerre militaire. Analysons quelques réalités et certaines solutions, si tant est qu’il faille en trouver.
Par François CHARLES
Economiste, Conseil en stratégie, management, affaires européennes, Président de l’Institut de Rechcrche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Pour mémoire, le Mercosur regroupe tous les pays d’Amérique du sud en dehors du Venezuela et des possessions étrangères françaises, des Pays-Bas et du Royaume-Uni, soit 80% du PIB du sous-continent et 4e bloc économique de libre échange, un bon attrait pour l’UE qui cherche à prendre sa place sur certains marchés.
Pour mémoire, on peut rappeler que cet accord comporte d’une part un volet commercial, de la compétence exclusive de la Commission européenne, qui n’a donc besoin de personne pour le signer, sauf à imaginer que le Conseil des ministres puisse tout de même valider le contenu avant signature à la majorité qualifiée, et d’autre part un aspect partenariat stratégique sur différents aspects, généralement désormais tous les accords, comme par exemple l’éduction, le tourisme, la sécurité, les droits, où les Etats-membres doivent ici se prononcer. Et qui se souvient de l’ancien projet d’accord TAFTA avec les Etats-Unis ?
Le volet commercial ne traite pas que d’agriculture qui pourrait se retrouver déficitaire, mais aussi d’industrie automobile, de chimie, de secteur pharmaceutique, de textile et de services, qui eux devraient enregistrer des gains. Par ailleurs, au sein même de l’agriculture, seuls les secteurs bovin et sucriers seraient en peine.
La grogne bien légitime des agriculteurs des principaux pays de l’UE, dont la France qui récupère le plus grand budget européen de la PAC, réside surtout dans le risque de non respect des normes qu’un accord spécial ne peut excuser. Ceci signifie donc a priori que si ces normes sont respectées, ce qui est un élément essentiel, dirions nous même normal, et qui représente un coup initial pour le producteur et un coût administratif de contrôle, l’opposition tomberait, même si le bœuf français est en déficit alors que la filière ne s’en sort pas.
De la notion et solution de solidarité
Il serait bon de redécouvrir qu’au sein de l’agriculture, il existe plusieurs professions bien distinctes avec des exploitations de plus en plus grosses et que les agriculteurs en polyculture sont devenus rares. Les autorités devraient en profiter pour éviter de refaire le match, comme dit E. Macron et inciter à une certaine solidarité au sein même de la profession.
Il serait bon d’autre part d’écouter les professionnels bénéficiaires qui se taisent pour mieux comprendre leur gain et analyser également la balance et peut-être prévoir un système de compensation avec les déficitaires cités ci-avant. MEDEF et FNSEA qui se réunissent chaque mois avec d’autres syndicats pourraient sans doute nous en parler.
Ces dispositions devraient par ailleurs être organisées au niveau des institutions européennes avec pourquoi pas une ingénierie nouvelle au sein de la nouvelle PAC, qui a été une des premières et rares politiques européennes, et d’ailleurs en profiter pour relier le dossier des pêcheurs.
Il serait enfin opportun de réunir un Weimar, voire « plus » de l’agriculture entre les trois grands producteurs, en attendant sans doute l’Ukraine pour mieux peser mais avec intelligence face à l’industrie, créatrice de valeur, qui doit bien entendue être défendue.
Quant aux réalités juridiques du fonctionnement fédéral actuel de l’UE, peut-être seraient elles aussi à revoir, de façon permanente ou temporaire comme en Suisse ?
La "MEilleure SOlution de REchange" de l'UE pour l'ukraine
C'est ce qu'on appelle en négociation ou en médiation la "MEilleure SOlution de REchange" pour éviter de statuer sur certains aspects juridiques des avoirs russes, voire pour éviter on ne sait quels représailles alors qu' l'on est au 19e train de sanctions.. et trouver un accord gagnant, non forcément 50/50, sans forcément de deuil à faire, mais pourquoi pas jusqu'au "coup de tamis" final
Reste à veiller à l'emploi effectif de ces fonds et si possible gérés en dehors de l'Ukraine tant que la corruption restera significative, sachant bien qu'elle existe quasiment dans tous les pays
Mais comme dirait un ancien ministre et député européen : mais d'où vient l'argent ?
quelle sera la MESORE du MERCOSUR ?
Et si le système LASS pouvait assainir l'économie française ou financer l'effort en Ukraine ?
La France est endettée mais conserve une très bonne note financière alors à quoi bon s'inquiéter si ce n'est le vote des parlementaires qui n'y connaissent d'ailleurs pas grand chose en économie ni en stratégie.
Et pourtant, il existerait des solutions pour réduire cette dette comme par exemple la titrisation, mal vue la la présidente de la commission économique de la Commission européenne, pour la transmettre à des organismes financiers ou industriels, puisqu'ils vont bien, comme on l'a connu pour les anciens offsets supportés par l'Etat, ou pour le Crédit Lyonnais. l'Etat a certes aussi réduit son endettement pas la vente de ses participations mais elles sont désormais limitées. La reprise - momentanée - des actifs grecs par Goldman Sachs contre intérêts - pour passer sous la barre acceptable des critères de l'euro a été supportée par d'autres banques en garantie, qui auraient même pu éviter l'intervention de l'opérateur étasunien. On voit maintenant la meilleure santé du pays.
Rappelons-nous du système de LAAS qui a désendetté l'Etat du temps de Louis 15 pour enfin repartir de l'avant. Un musée suisse expose d'ailleurs ce système économique inaugurant la monnaie de papier par rapport aux obligations, monnaie déjà apparue en Chine 2000 ans avant notre ère.
Après les rêves de Christophe Colomb, devenu réalité par la découverte des mines d'or d'Amérique du sud qui inondèrent l'Europe, le nouveau monde pouvait tenir ses promesses. Chacun pouvait devenir actionnaire, mais mais le problème est apparu quand la folie d'achat, créant une bulle, s'est transformée en folie de revente, aucune limitation des cours n'ayant été établi. Il est primordial de posséder des actifs solides et limiter la spéculation
Mais attention aux valeurs minérales, créées d'ailleurs lors de la formation de la terre, car si l'or a pu relancer à chaque fois les armées romaines jusqu'à être anéanties par les maladies, comme le fut une partie de la Grande armée de Napoléon, l'étalon or a bien été abandonné.
il convient de mixer les solutions. L'emprunt qui vient d'être fait auprès des épargnants est un chuchotement par rapport de celui de la première guerre mondiale et de celui des Etats-Unis en 1940.
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