Retrouvez mon allocution d'intoduction à notre conférence I.R.C.E. - ESCP EUROPE du 17 novembre sur "Quelle Union de l'Energie pour l'Europe"
Bonjour
Merci à toutes et tous, surtout en ces temps de violence et de tentative de déstabilisation, d’être présents pour cette nouvelle conférence thématique de l’IRCE en partenariat avec ESCP EUROPE représentée par son directeur international et l’association des Anciens et notamment de son groupe Energie.
l’I.R.C.E. est un think tank de nature apolitique, indépendante et généraliste, à la fois pédagogique, analytique, générateur d’idées et force de proposition en ce qui concerne les dynamiques européennes dans tous les domaines de la politique générale en privilégiant l’approche globale et objective. L’Europe est finalement le sujet dont les citoyens et les pays parlent le plus, sauf qu’ils n’ont pas toujours les mêmes lunettes et nous sommes heureux de réaliser un partenariat avec une des écoles qui a su très tôt valoriser cette dimension européenne et ces facettes « unies dans la diversité » pour reprendre un des slogans européens.
Nous travaillons sur l’Europe des nations et des régions et commençons à avoir des membres répartis dans de nombreux pays. Vous trouverez sur notre site toutes les informations en ligne et notamment notre plaquette et nos formulaires de demande d’adhésion. Nous ne défendons pas une position française mais ce qui semble être « bon pour l’Europe », notamment dans des domaines de la défense, de l’industrie, de la recherche, de l’économie, de la concurrence, de l’énergie et des transports, ces deux derniers éléments étant en fait très liés.
Faire fonctionner l’Europe ne signifie pas forcément marcher tous à l’unissons dans tous les domaines. Et pour reprendre les termes généralement employés dans les écoles de management, je dirai que les peuples européens, au-delà des entreprises et des institutions, ont besoin de savoir ce que les autres leur apportent, pour quel objectif positif, avec quelles réalités, quelle options à analyser, quelles solutions spécifiques, mesurables, réalistes, réalisables et surtout déterminées dans le temps à adopter à travers le filtre des éléments contrôlables ou incontrôlables et enfin si possible avec quel retour sur investissement.
A la suite de quelques publications et de notre dîner de début d’année sur l’énergie nucléaire, nous avons demandé à certaines personnalités institutionnelles, juridiques et industrielles (hélas pas la présence de politiques, de venir intervenir cette fois sur le thème : « Quelle union de l’Energie pour l’Europe».
En matière de choix, l’énergie est un domaine aussi sensible, stratégique et politique que la défense qui elle-même intervient souvent pour protéger l’énergie. Comme pour la défense, la rédaction d’un document unique technique est toujours plus facile qu’un document politique. Ce sujet particulier et majeur de « l’Union de l’Energie » a toute son importance pour comprendre les notions d’interdépendance économique mais également sécuritaire entre toutes les sources d’énergie, pour poser les réalités et les options d’optimisation, pour identifier les groupes de cohérence potentiels. On peut citer les travaux en cours entre la France, l’Espagne et le Portugal ou le groupe VISEGRAD de certains pays européens orientaux. En cela nous parlons de segmentation énergétique.
Ce sujet particulier est majeur pour comprendre et valoriser les différentes facettes de l’identité énergétique européenne pour faire que nos différences soient plutôt des forces et pour réussir à créer un style de leadership européen porteur de sens.
L’union de l’énergie est bien entendu liée à l’objectif de stabilisation des températures, qui sera traité prochainement par la COP 21 en terme d’acceptation ou de révision de choix. C’est aussi un facteur de sensibilisation, chaque citoyen étant au contact tous les jours de sources d’énergie, comme de son porte monnaie. Peut-être aborderons-nous tout à l’heure l’union de l’énergie par le tri pour d’ailleurs faire rejoindre à leur manière les climato-septiques sans doute sensibles à un monde plus propre et plus sain, sans pour autant établir une sorte de liste noire.
L’énergie est une compétence partagée au sein de l’Union (voir notre dossier en ligne et prochainement dans notre catalogue de formation sur le fonctionnement juridique des institutions) et les institutions y travaillent notamment à travers la régulation, les réseaux et mécanismes d’intervention ou H2020 sur les énergies sûres, propres et efficaces avec certaines sommes attribuées pour la période 2014-2020. Revenant sur la COP 21, les institutions travaillent aussi sur la compensation carbone en espérant, pardonnez moi l’expression, que ce ne soit pas l’arbre qui cache la forêt donnant une Meilleure Solution de Rechange. Les industriels proches des réalités du terrain sont également là, certes pour appliquer mais pour apporter des éléments d’éclairage sur de futures décisions politiques, voire leur montrer qu’ils sont déjà en avance.
Enfin, je rappellerai si c’est souvent dans la crise que l’Europe et l’humain se révèlent, en montrant certes leurs limites mais aussi leurs capacités. N’attendons peut-être pas une crise énergétique pour harmoniser certaines visions.
Merci de votre attention
Je vais maintenant enfin vous laisser la parole et notamment à Anne Jourdain pour l’animation de nos travaux
N'ayons pas peur, vivons "unis dans la diversité"
Cette semaine, je suis allé à Paris comme toutes les semaines. J'en ai profité pour m'arrêter place de la République en allant à la conférence que nous avions maintenue à ESCP-EUROPE avec le quart des participants prévus et avec une minute de silence. Je suis allé devant le Bataclan où j'ai vécu un certain désagrément identique à celui de l'odeur de mort ressentie autour du World Trade Center non encore reconstruit. Beaucoup de personnes en province m'ont dit que je n'avais pas peur. La psychose a agit mais également certaines prises de conscience.
Mais peur de quoi ou de qui ? Certes, nous avons déjà connu des bombes dans le métro et certes le mode opératoire a changé avec des exécutions de sang froid en grand nombre cette fois et des explosions de personnes comme nous le voyions pour l'instant uniquement en dehors d'Europe et notamment au Liban qui a connu un attentat juste avant la France. Nous avons déjà connu les Brigades rouges, les prises d'otages palestiniennes, et les attentats à la boite d'allumettes dans les cafés d'Alger. La Russie a aussi connu ses désastres pendant la guerre de Tchéchénie et récemment avec l'explosion de l'avion de ligne. L'Egypte et la Tunisie également. Mais Imaginons le nombre de risques identifiés et déjoués et même potentiels par rapport à ce que nous vivons.
Il ne s'agit que de quelques individus qui luttent contre une certaine faculté de vivre ensemble et contre certaines décisions de bombardements en représailles à certaines première actions. Il ne s'agit que de quelques individus qui peuvent en tuer tant d'autres sans avoir peur de mourir...quoique... N'ayons plus peur d'affirmer que les gens qui foncent en voiture sur d'autres à Toulouse ou à Nos amis musulmans doivent eux-mêmes prendre des mesures pour dénoncer et neutraliser les personnes à risque.
Beaucoup de personnes me demandent pourquoi l'on trouve immédiatement les auteurs des faits. ce sont souvent les moins virulents les plus dangereux et la police tente toujours de remonter au mieux les filières. De façon positive, les mesures d'urgence vont peut-être assainir notre environnement, notamment sur la circulation des armes, et vont rendre les citoyens plus attentifs. Remercions donc les terroristes...
Certaines personnes se demandent pourquoi il était si long d'identifier les corps et les personnes alors que paradoxalement on s'oppose au pistage des identités.
Beaucoup de personnes parlent des décisions françaises à l'étranger et les critiquent mais il n'est plus concevable désormais de faire marche arrière et il faut éradiquer totalement le mal là où il se motive également et où il se trouve et ceci est nouveau également.
Les rassemblements sont salvateurs de mobilisation, comme en janvier, mais cela n'a rien changé et mes rassemblements se dispersent vite au moindre pétard au lieu d'aller vite l'étouffer, comme pendant la libération. Les rassemblements veulent montrer que la foule n'a pas peur mais n'est-ce pas pour ne pas montrer que les gens ont peur ensemble. Pensons aussi aux familles ont mal accepté que certaines victimes soient mises en publicité sur les réseaux sociaux alors qu'ils préféraient faire leur deuil tranquillement.
Mais vous êtes beaucoup à me dire aussi que c'est peut être une chance pour nous faire prendre conscience de la chance que nous avons à vivre en France et en Europe et de ce qu'il faut préserver, "unis dans la diversité".
L'amateurisme de la Sauvadie a encore frappé
J'allais boucler mon futur grand article sur "le regroupement en France des régions, pourquoi faire" quand on m'a prévenu de l'événement en lien ci-après. J'en ai donc profité pour rajouter une ligne à toutes les autres que je laisserai à votre appréciation. Comment gouverner une région quand on ne mesure pas les risques élémentaires et quand on s'entoure d'amateurs comme aux dernières régionales ! Bien entendu n'allons pas croire qu'il s'agit d'une façon d'éviter l'élection du chef de file de Vesoul...ni du sabordage d'une partie du navire...
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Régionales : les documents électoraux de Sauvadet refusés en Haute-Saône
Coup dur pour le candidat Les Républicains pour les régionales en Bourgogne- Franche-Comté François Sauvadet. Selon nos confrères de l'Est républicain qui délivrent l'information en exclusiv...
http://www.bienpublic.com/politique/2015/11/18/sauvadet-haute-saone-regionales-cote-d-or
publié sur mon compte facebook ce matin
AVERTISSEMENT : en cette période de guerre et de sensibilisation nationale, européenne et internationale, même si certaines failles sont évidentes, même j'ai déjà dit et que j'aurais bcp de choses à dire sur certains fonctionnements, même je suis plutôt de droite, j'enlèverai systématiquement de ma liste d'amis, voire blacklisterai les personnes qui en profiteront pour une récupération politique et critiqueront le gouvernement. Et comme pour la journée de la femme qui devrait être tous les jours, je ne mettrai pas le drapeau français que j'honore tous les jours comme celui européen. J'invite aussi tous les amis facebook qui ne comprendraient pas ce message à bien vouloir se retirer d'eux-même
Bon 11 novembre !
Parmi tous les politiques présents aux cérémonies, combien sont REELLEMENT transcendés pas le sens de l'événement au delà de serrer des mains, se montrer et recueillir des voix ?
O TOI MILITANT ...
O TOI MILITANT GALVANISE PAR LA LUTTE, LES PROMESSES, LA SEDUCTION ET LE PARAITRE, APRES LES MEETINGS, LES BUREAUX DE VOTE ET LES AFFICHES ...QUE RESTE T IL VRAIMENT ?
Les questions sécuritaires des flux migratoires actuels et ses aspects militaires Ou… La faillite de la politique de voisinage et la question de la sécurité de l’UE
je vous livre ici le contenu de mon intervention devant le club des Sabres de l'OTAN de Paris des attachés de défense
Messieurs les Officiers,
Je ne vous cache pas mon honneur et plaisir ressenti à intervenir devant vous
Que cette conférence soit initiée par un hongrois membre d’un groupe OTAN présidé par un italien et se tienne à l’Ambassade du Royaume-Uni n’est certainement pas une coïncidence car nous sommes en présence de messages particuliers sur le sujet de l’immigration et de la sécurité.
En tant que président d’un Think Tank indépendant travaillant sur les dynamiques européennes, dont la défense, je ne vais pas exposer la position officielle française mais une position recherchant surtout ce qui est bon pour l’Europe, dont la situation en France, avec certains constats et certains suggestions
Sommes-nous encore dans la stratégie de la ligne Maginot ou allons nous prendre enfin conscience qu’il s’agit d’une vraie crise commune aussi grave que celle de l’Ukraine ? C’est une preuve de la faillite de la politique de voisinage, du projet EUROMED, de la défense et de la gouvernance européenne dont il faut remédier.
Je vous propose d’aborder :
Les différentes préoccupations de l’UE et de ses pays membres face aux risques et aux réalités migratoires
La ligne imaginaire entre interventions humanitaire, policières et armées
De la faillite de la politique extérieure de l’UE à une réponse possible de l’OTAN
I - Les différentes préoccupations de l’UE et de ses pays membres face aux risques et aux réalités migratoires
Avant de décider des actions à entreprendre pour atteindre un objectif, il convient d’analyser les réalités et les options (GROW), et voir si ces dernières sont mesurables, accessibles, réalistes, réalisables et déterminées dans le temps (SMART), mais qui peut tout à fait intégrer ce que j’ai appris dans les forces « Un chef, une mission, des moyens ». Reste aussi à savoir de quel objectif parle-t-on ?
L’Europe doit être forte et non divisée de ses différences et porter attention aux revendications et attitudes de ses membres. Je pourrais en dire de même pour l’OTAN qui ont certes des gouvernances organisées notamment géographiquement mais composées de membres avec des cultures différentes et qui doit justement être forte de ses différences avec en son sein une identité européenne. Depuis mon passage dans les forces, notamment en Allemagne, puis ma facilitation sur l’Air Command & Control System (ACCS) à la Direction Générale de l’Armement (DGA), j’ai toujours considéré l’OTAN comme vecteur d’intégration européenne
Comme dans tout système, et je ne peux que le confirmer en tant qu’ancien risk manager de la DGA, il est normal d’endiguer certains flux surtout s’ils sont très importants, s’ils sont porteurs de dérives et s’il s’avère difficile d’effectuer le « coup de tamis » pour séparer le bon grain de l’ivraie, entre d’une part les migrants économiques qui peuvent aussi être opportuns, et d’autre part les réfugiés sécuritaires protégés par les droits de l’hommes mais surtout notre bonne conscience
Rappelons quelques principes fondamentaux de l’UE. Elle n’est pas née initialement pour créer un espace économique mais pour faire taire les canons, garantir la paix, l’unité, l’égalité, les libertés fondamentales, le principe de solidarité, le respect de l’identité nationale, le désir de sécurité, le respect des droits fondamentaux de dignité, liberté, égalité, solidarité, citoyenneté, justice (voir charte des droits fondamentaux). Elle y parvient peu à peu dans des mesures de différents niveaux donc économique, qui lui sert d’ailleurs d’arme, à défaut de défense commune, pour faire pression sur certains voisins.
Rappelons que la politique générale de l’UE est confédérale mais que son fonctionnement est fédéral où les éléments traditionnellement clés dans le chapeau de gouvernance fédéral que sont la défense, les relations internationales et l’économie, n’y sont pas mais y parviennent peu à peu justement du fait de nos différences
Nous trouvons les notions d’espace de liberté et la sécurité dans les compétences partagées entre l’UE et les Etats membres, où l’UE apporte une plus value à une action des Etats et détient un privilège d’exercice ou un transfert aux Etats au même titre que le marché intérieur, cohésion économique sociale et territoriale, agriculture et pêche, environnement, transports, énergie, justice, santé publique, recherche, espace, développement, aide humanitaire
Nous trouvons en « hors liste » la politique économique et l’emploi où les Etats reconnaissent un besoin de coordination ainsi que la PESC (sauvegarde des valeurs communes, Renforcement de la sécurité, Préserver la paix, Coopération internationale, Défense commune) où les compétences des Etats conservent leur politique étrangère propre. C’est en cela que les Etats européens ne ressemblent pas aux Etats des Etats-Unis ou de la Chine mais d’une certaine façon aux länders qui sont nés d’un modèle créé par les alliés
Rappelons que les compétences exclusives, régies sous le domaine des lois ou règlements, concernent l’union douanière, règles de concurrence, politique monétaire des Etats de la zone euro, politique commerciale commune et certaines parties pèche.
Les décisions sont prises plutôt à la majorité qualifiée et très rarement au consensus contrairement à l’OTAN sauf à l’unanimité pour les questions sensibles comme le respect des traités, mais également pour les domaines clés comme la fiscalité, la libre circulation et droits et devoirs des travailleurs, la citoyenneté de l’Union, la PESC, la coopération policière et judiciaire
Je rappellerai le principe de subsidiarité selon lequel l’UE doit agir lorsque les objectifs visés peuvent être mieux atteints au niveau de l’Union et ne doit pas intervenir lorsque l’action des Etats membres suffit pour atteindre l’objectif
S’agissant du sujet qui nous concerne, quand un pays appelle à l’aide comme l’Italie, quand un pays prend la décision de fermer ses frontières comme la Hongrie, et peut-être bientôt l’Autriche, voire la Pologne, quand un pays comme l’Allemagne en veut puis n’en veut plus, et inversement pour la France, avec une politique de quotas aux enchères sans réalités autres que politique ou humanitaire apparaît le principe de délégation individuelle limitée selon lequel l’UE et ses institutions ne peuvent pas décider elles-mêmes de leurs bases juridiques et de leurs compétences sauf « sécurité nationale » qui reste de la compétence exclusive des Etats.
Il s’agit donc d’une certaine faillite de la gouvernance, notamment sur un des domaines généralement réservés d’une politique fédérale touchant la sécurité des frontières mais qui n’est pas le cas de l’UE comme nous l’avons évoqué plus avant. Les compétences partagées entre l’UE et les Etats membres expriment leur limite dans cet exemple où l’Etat membre qui reçoit doit traiter le problème avec sa législation, les autres pouvant lui renvoyer la charge. Plus qu’un jeu psychologique, il en va d’une incohérence une fois de plus réaffirmée entre une Europe institutionnelle qui se veut forte mais uniquement sur le papier, alimentant de ce fait les nationalismes réactionnaires et légitimés. Et bien entendu une faillite financière par manque de moyens mais surtout de volonté pour ne pas secourir ces réfugiés et ces migrants mais est-ce peut-être à cause du peu de femmes et d’enfants apparaissant dans les images diffusées…
Nous nous retrouvons dans un cas traditionnel de management des organisations où il convient de transformer le « chacun pour soi » et « ce n’est pas mon problème » dans la création d’une équipe performante auto-responsabilisée et interdépendante où tout le monde devient concerné avec des institutions « porteuses de sens ».
Cela ne remet pas en question ni nos propositions de groupes de cohérence de fonctionnement, ni de Schengen qui doit fonctionner. Comme dans les risques naturels, ce n’est pas parce qu’un barrage est en amont qu’il faut s’empêcher d’entretenir et surveiller les canaux au-delà. Une coopération européenne police et gendarmerie doit également désormais dépasser le noyau dur actuel. Mais je dis aussi qu’il est tout à fait concevable d’avoir des attitudes particulières au sein d’un même groupe en créant des sous-groupes et des membranes internes sans pour autant casser la membrane générale et qu’il est important d’en prendre compte.
Notons que nous entendons plus actuellement l’ancienne ministre italienne à l’immigration, devenue désormais députée européenne, que la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Frederica Mogherini, elle aussi d’ailleurs italienne, mais ne devant plus défendre son seul pays. Les Etats-Unis ont un Buy American Act pour les produits mais également des règles sévères d’entrée pour les personnes. Mais ne peuvent ils pas prendre leur part après avoir déclenché une certaine instabilité ? Peut-être pourrions nous activer un article de réciprocité ?
II - La ligne imaginaire et les limites entre interventions humanitaire, policières et armées
De quel flux s’agit-il ? Les Huns, Visigoth Normands étaient des flux migratoires qui ont dévastés les pays par leurs comportements de conquête, poussant parfois devant eux d’autres peuples migrants apeurés. N’oublions pas que De Gaulle était un illustre réfugié dans un pays où il ne parlait pas la langue et condamné à mort dans le sien. Le monde a connu d’autres migrations spectaculaires comme entre l’Inde et le Pakistan et n’oublions pas les populations déplacées d’Europe de l’Est peu connues en France qui ne connaît pas les minorités. Aujourd’hui le risque du sud remplace l’ancienne menace de l’Est. L’Etat islamique provoque des flux entrants et des flux sortants. Selon Frontex et Médecin du Monde, entre janvier et septembre 2015 : ont été comptabilisés 256 000 arrivées en Grèce et 105 décès en Turquie (plus 2 mns de migrants selon l’ambassadeur); 2600 arrivées et 100 décès à Malte; 120 000 arrivées et 2600 décès en Italie, 2100 arrivées et 23 décès en Espagne. Ces nouveaux flux de migrants représentent une autre culture.
Quel est le besoin ? Le problème des migrants ou des réfugiés n’est pas nouveau et nous avons su le gérer jusqu’à maintenant. Je rappellerai les Espagnols en France dans les années 30 ou les boat-people Vietnamiens, les migrations en Allemagne, certes en perte vertigineuse de natalité, ou les migrants récents en Italie qui repeuplaient les villages. Etait déjà apparu la revendication sur la nourriture quand les Espagnols ne voulaient pas manger de pâtes « italiennes » venues aider Franco. Il s’agit désormais d’un problème de cohabitation entre les peuples dans certains villages qui cette fois voient la limite de l’accueil.
Il s’agit surtout, pour conserver une certaine crédibilité, de bien séparer les migrants demandeurs d’asile menacés dans leur pays et qui peuvent être protégés selon la convention des droits de l’homme et les autres qui profitent de l’aubaine de ce flux et doivent rentrer dans leur pays, voire ne pas le quitter. Il s’agit aussi d’identifier si possible les virus infiltrés qui gangrènent ensuite les populations émigrées et locales avec une idéologie et des attitudes de non intégration et de non tolérance. Le dispositif Shengen existe et doit fonctionner mais doit aussi prévoir et s’adapter à des situations de crise, comme vigipirate en France où les entrées sont désormais contrôlées
La situation semble à la fois confuse et organisée. On voit les ONG tenter de gérer la situation humanitaire sur terre et sur mer avec même Médecins du monde qui demande des collectes pour affréter des navires. On voit une consul honoraire de France vendre des Zodiac, mais aussi la marine turque dissuader les traversée à la limite de faire chavirer les embarcations, les navires Frontex des gardes côtes tenter de les secourir et l’Etat syrien renflouer ses caisses avec les demandes de passeport…
Les comportements peuvent être changeants d’un côté comme de l’autre et provoquer insécurité interne, instabilités économiques, mais également religieuses et extrémistes. On parle de soulèvement des migrants mais il faut relever aussi le soulèvement de la population devant les chapardages sans peur dans les vergers, même quand il s’agit de vrais réfugiés venant avec leurs tablettes numériques et cartes de crédit, soit ne disposant pas de ressources pour même franchir la frontière.
Les actions de police ne sont donc pas loin mais les canons à eau suffisent-ils toujours ? Doit-on faire intervenir la police, la gendarmerie ou l’armée ? En France en 1968, les parachutistes étaient prêts. Récemment, une sénatrice marseillaise avait demandé l’intervention de l’armée dans les quartiers sensibles
En France, les forces ne sont pas impliquées pour la gestion des migrants sauf pour ce qui est de la sécurité liée aux effets induits de la crise sécuritaire avec Vigipirate avec un emploi de 5 000 à 10 000 personnes, comme au Royaume-Uni. On pourrait aisément se poser la question de l’utilisation possible des réserves militaires et civiles, comme en Allemagne et en Autriche. Je rappellerai aussi que pour ce qui est des réfugiés, ils sont pris en charge en attendant que l’Etat statue sur la validité de leur statut et la rentrée dans le système social français.
L’office français des réfugiés commence à intervenir en amont au Liban, notamment pour les réfugiés sans ressources afin de sauver, comme le répète le directeur de l’OFPRA, « ces hommes, ces femmes, ces enfants » peut être pour rappeler qu’il n’y a pas que des hommes.
La délégation limitée à l’agence FRONTEX doit être renforcée par une force d’action rapide maritime européenne, comme l’IRCE l’a demandé en 2014, afin de surveiller et protéger l’espace maritime des navires de contrebande comme il est possible de le faire en mer d’Oman contre la piraterie. Le plan Mare Nostrum italien doit devenir européen avec des contributions diverses en matériel, hommes, budget et soutien logistique.
Il faut à la fois éteindre les flammes et dresser le coupe feu. A situation particulière, mesures particulières. Pourquoi ne pas encadrer ces opérations par une force internationale déjà désormais habituée à œuvrer dans le cadre humanitaire et qui dispose de structures appropriées ?
III - De la faillite de la politique extérieure de l’UE à une réponse possible de l’OTAN
Il s’agit de la faillite de la politique de voisinage, qui fait partie de la politique extérieure, car on voit bien que l’investissement que l’Union Européenne réalise chez de nombreux pays partenaires, même non candidats à l’intégration, pour consolider les aspects de démocratie, d’état de droit, de droits de l’homme, de gouvernance, d’économie de marché et développement durable, afin notamment de limiter l’immigration non contrôlée, avec une limite d’ingérence, parfois délicate, ne porte pas ses fruits. Cette politique institutionnelle de l’UE est de plus en décalage avec la gouvernance dans le cas de l’immigration qui doit aujourd’hui être gérée localement.
Il s’agit de la faillite d’EUROMED car on voit bien que les flux les plus risqués viennent d’Afrique et du bassin méditerranéen et qu’une vraie politique d’interdépendance et de responsabilisation doit désormais être faite avec une forte communication, plus qu’une pédagogie, pour dire aux populations certaines réalités avant qu’elles ne s’engagent dans l’inconnu bien plus risqué que leur vie actuelle sauf s’il s’agit d’une action programmée. Peut-être faudrait-il une convergence entre s’une part l’UE pour les programmes de développement et d’autre part l’OTAN qui traite en multilatéral avec quelques pays (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Maroc, Tunisie, Mauritanie) et bilatéral avec d’autres.
Ces flux de migrants demandeurs d’asile sont surtout indirectement liés à des décisions militaires d’intervention extérieure impliquant certains états européens, dont la France, avec une absence de vraie décision européenne, pour lutter contre le terrorisme mais sans voir les effets sous-jacents des flux migratoires potentiels. J’ai été à la fois fier et honteux de cacher une certaine vérité quand un Malien m’a dit « merci à l’Europe » en voyant mon épinglette européenne, même si certains états, individuellement, ont contribué à un soutien logistique.
Devant ces constats, l’imbrication UE/OTAN pour des missions de sécurité civile pourrait y voir aussi un sens. L’OTAN et l’UE devraient se rapprocher davantage dans la politique sécuritaire sans rajouter de strate dont nous n’avons plus les moyens, pour lutter contre le terrorisme. En période de crise, il faut savoir identifier les outils qui fonctionnent à la fois en matière budgétaire et opérationnel, sans forcément y perdre son âme comme le craint l’opposition française à l’OTAN même si les Etats-Unis, plus gros contributeurs et instigateurs de l’organisation, imposent souvent leur leadership avec leur politique du carnet de chèque, afin d’aboutir au consensus. Notons une certaine cohérnce de format entre l’OTAN et ses 28 pays, l’UE et ses 28 pays avec Frontex et les 26 pays Schengen non uniquement dans l’UE.
Reprenant les termes du site de l’OTAN, je rappellerai que l’OTAN est une alliance politique et militaire dont « l’objectif fondamental est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires » « POLITIQUE : l’OTAN a pour but de promouvoir les valeurs démocratiques et d’encourager la consultation et la coopération sur les questions de défense et de sécurité afin d’instaurer la confiance et à long terme de prévenir les conflits ; MILITAIRE : L’OTAN est attachée à la résolution pacifique des différends. Si les efforts diplomatiques échouent, elle possède les capacités militaires nécessaires pour entreprendre des opérations de gestion de crise. Celles-ci sont menées dans le cadre de l’article 5 du Traité de Washington – le traité fondateur de l’OTAN – ou sous mandat de l’ONU, par l’OTAN seule ou en coopération avec d’autres pays ou organisations internationales »
L’OTAN est surtout en place aujourd’hui en dehors de ses pays membres et surtout à l’extérieur pour prévenir les menaces en adéquation avec la politique de voisinage de l’UE. Depuis son intervention dans les Balkans, l’OTAN a accru ses interventions et leur diversité et agit maintenant aussi bien pour des missions de combat et de maintien de la paix (retour à la paix) qu’à la surveillance et aux secours humanitaires en passant par le soutien en matière de formation et de logistique. Je citerai surtout le Kosovo où on lit que l’OTAN a « imposé la paix », la Bosnie Herzegovine avec le relais d’une force de l’UE suite aux actions de l’OTAN, l’ex république yougoslave de Macédoine et surtout la surveillance en Méditerranée avec une dimension supplémentaire pour la lutte contre le « terrorisme » avec la détection d’activité et l’escorte de navires, qui s’est avérée efficace et enfin la mission anti-piraterie du golf d’Aden en 2008 au large des côtes somaliennes pour escorter des navires affrétés par la programme alimentaire mondial en transit, qui certes n’ont pas généré un tel flot de migrants.
* * *
L’Europe a réussi à intégrer les pays de l’Est dans l’urgence alors qu’elle n’y était pas encore prête et en leur consacrant tous ses efforts. L’Europe occidentale s’est enfin retrouvée mais la vision initiale des pays fondateurs a sans doute évolué. Je ne suis pas favorable, comme le réclament certains parlementaires, à ce que les « petits » pays s’effacent dans les grandes décisions de politique générale et en situation de crise car ils ont des choses à dire, donnent en retour souvent beaucoup et c’est unis et à l’écoute de tous que nous sommes justement plus fort, comme nous l’avons réussi certaines fois. Elle saura, désormais avec eux, unie dans la diversité, répondre à cet objectif de résolution de crise qu’il faut atteindre avec sens, de façon mesurable, réaliste, réalisable et déterminé dans le temps en analysant toutes les réalités et en agissant de façon raisonnée.
Je vous remercie de votre attention.
Rêves européens - Chapitre 15 - Rencontre avec François Mitterrand - la dernière Europe émue
M : Hum… Ya quelqu’un ?
S : Euh, oui ? Qui est là ce soir ?
M : Comment ça ce soir ?
S : Oh, monsieur Mitterrand, c’est trop d’honneur
M : Vous vous moquez ?
S : Oh non, vous savez je suis franc
M : Vous êtes surpris de me voir ?
S : Oh, non, je m’attends à tout
M : Pourquoi ?
S : Tout le monde veut me voir
M : Tout le monde ?
S : Oui , pardon…
M : Vous voir ?
S : Oui, pour me parler comme vous allez le faire
M : Ah oui ?
S : Vous étiez sûrement meilleur que moi en communication, voire en vision
M : Si vous le dites
S : Oui, pour dire que la meilleure politique était de droite mais dite par quelqu’un de gauche. J’ai essayé mais personne n’a compris pourquoi j’avais employé votre neveu
M : Imb… écile qu’il est mais bon vous avez suivi mes conseils à ce que j’entends
S : Et que pensez vous de monsieur Hollande ?
M : TRIPLE IMBECILE celui là !
S : Ah ?
M : Oui ! il a tout loupé, incapable avec sa bande d’incapables sauf peut-être Aurélie..
S : Oh, un petit faible
M : Peut-être… c’est un peu ma fille aussi
S : Ouf, j’pensais à autre chose
M : Non, je suis plus fin que DSK. Dommage pour Rebs aussi
S : Une réussite son tram
M : Le tram c’est moi, vous saviez ?
S : Non !
M : Oui, quand je suis venu à Dijon, bien avant « l’homme de cœur » , comme on l’appelle aussi… j’ai dit qu’il faudrait un tram. Et voilà
S : Un vrai visionnaire, bravo mais vous y allez fort tout de même avec le Président, non ?
M : Pffffff, on ne sera pas de retour avant longtemps. Mais MERCI au fait !
S : Merci ? pour ?
M : l’avoir fait gagner pour mieux revenir, un truc à la Chirac ça !!
S : Euh….
M : Non ?
S : Ben pas trop, je n’ai pas fait ça sur ce coup
M : Allez…allez… on ne me la fait pas
S : Je me suis laché à la fin, c’est mon défaut
M : Certains commentateurs l’ont remarqué
S : Oui, et ils l’ont payé ensuite localement même s’ils n’avaient pas tort
M : C’est la vie
S : Comme vous dites
M : Z’êtes encore jeune
S : Je vous vois venir…
M : Ah ?
S : Oui
M : Si vous le dites
S : Bon alors on se dit tout ?
M : Allez…J’aimerais que ce soit vous qui accomplissiez mon rêve
S : Votre rêve ? Mais j’y suis en plein en vous voyant
M : Non, non… personne ne l’a su, je suis mort trop tôt
S : Sûrement
M : Vous savez, si j’ai combattu de Gaulle, c’était pour l’Europe
S : Ah ?
M : Oui, pourquoi croyez-vous que j’ai donné la main à Helmut Kohl ?
S : Par amour… non, j’plaisante
M : Ah ! Mazarine en aurait dit autant ! Non et oui. Eh oui, c’était par amour de l’Europe ! Oui ! L’Europe, mon rêve, mon règne, mon éthique, mon idéal ! Mon empire !... Voilà que je m’emporte…
S : Je n’osais pas le dire ni vous interrompre… vous êtes fan de Napoléon aussi ?
M : Napoléon.. je préférais Bonaparte, plus apprécié en Allemagne même si Napoléon a réussi à renforcer l’Allemagne qui est passée de 299 à 38 états en 1812 et même la Suisse
S : Et donc ?
M : L’Europe a besoin de vous
S : Vous croyez ?
M : Oui, oui… je sais … vous êtes grâcement payé comme consultant même si c’est pour combler les caisses. Et pas mal le coup Les Républicains, on change de nom et hop, ça repart comme pour els entreprises
S : sauf que là c’est mal barré
M : Comme DSK d’ailleurs en son temps,… l’IMB.. ECILE … on aurait tout gagné… il aurait dû se méfier de ses faux amis et tant pis pour eux maintenant
S : Vous savez aussi ?
M : Mais oui, j’aurais adoré un vrai match
S : vraiment ?
M : Tiens … consultant, j’aurais pu le faire aussi, j’aurais explosé les compteurs mais pour parler de quoi ?
S : Sûrement beaucoup de choses
M : Même Anne Lauvergeon a essayé de s’y mettre
S : Des interventions « nucléaires »…
M : Manquerait plus que Jospin
M : au fait dites moi, pour revenir à LR, vous changez de nom pour faire le deuil de quelque chose ou pour réellement pour mettre en liquidation l’UMP et ses dettes ?
S : un peu des deux, on ne peu rien vous cacher
M : va falloir aller créer les démocrates ! C’est malin…
S : ça c’est pas mon affaire
M : En tout cas, vous méritez mieux
S : Mieux ?
M : Ecoutez.. vous êtes dynamique, jeune, en pleine santé, vous avez réalisé une présidence remarquable … pour l’Europe au moins
S : Et ?
M : Je vous ai compris quand je suis allé revoir le tombeau de Napoléon. Il y a une plaque qui dit un truc du genre « le peuple aura profité plus de mon passage que de tout ce qu’il aura connu avant »
S : C’est pas faux
M : Vous êtes tout ce que je n’étais pas. Je suis visionnaire et vous êtes un battant, nous aurions pu travailler ensemble
S : Merci pour la vision… Et après le neveu l’oncle….
M : Je suis aussi franc et piquant quand il le faut. Et pour le travail commun, j’allais dire le programme commun, sacré Marchais va… personne n’en saura rien
S : Mais je vais vous avouer un truc
M : Ah ? que je ne connais pas ?
S : Oui, vous êtes un modèle pour moi
M : Balivernes ! vous préfériez Balladur et vous étiez jaloux de Chirac
S : Non, je vous assure, Monsieur le président, je vous admirais en cachette mais ne pouvais le dire
M : Pourquoi donc ?
S : Votre façon de ne rien faire paraître, bon j’ai eu ensuite Laurent Gérra pour m’aider à corriger les fautes
M : Ah vous parlez de comportement…. J’étais bien fougueux vous savez quand j’étais jeune ! J’aurais donc été un coach alors... et… pas sur les idées ?
S : Je vous rendais votre monnaie… ça non plus, j’peux pas le dire
M : Même sur l’Europe ?
S : Vous savez, j’ai tellement de choses à faire mais tellement peur de faire mal
M : Oui genre l’éléphant dans un magasin de porcelaine, vous n’êtes pas mal
S : Ah vous voyez ! Et vous me voyez à la tête de l’UE ?
M : Ah ! je vous tiens !
S : M’aurait fallu un premier ministre comme Fillon mais c’est pas possible d’autant qu’il faudra sûrement le prendre à l’Est et pas question d’un régime présidentiel car il me faut un fusible principal, non ?
M : Ah… les pays de l’Est, vous commencez à voir l’Europe autrement non ? Jacques Delors va être content. François CHARLES et « son » I.R.C.E. comme disent ses détracteurs, aussi d’ailleurs. Vous savez que l’OTAN serait une magnifique machine à faire l’Europe ?
S : En fait, je l’ai toujours vue ainsi mais faut pas trop décevoir son camp vous savez… Quelle Europe pour la France et non quelle Europe dont la France…. On croirait entendre le Front National
M : Je sais, je n’ai pas pu trop avancer quand les caisses étaient pleines et quand on les a vidées et j’avais le beau rôle vis-à-vis d’une Allemagne occupée avec la réunification. J’aurais pu mieux jouer c’est dommage mais nous avons voulu aider l’Allemagne plutôt qu’en profiter. Mais j’ai tout de même imposé que l’Allemagne rejoigne l’euro avant qu’elle ne se réunifie pour qu’elle ne se détache pas trop économiquement
S : Vous n’étiez pas confiant dans l’euro alors que l’ECU était déjà fort depuis les années 90 ?
M : même si j’ai donné la main à Helmut en 84 et signé l’acte unique, je n’ai surtout pas confiance en l’Allemagne et les saxons
S : comme Charlemagne et Philippe Auguste alors ?
M : et même Napoléon !
S : Que pensez-vous de la Grèce ?
M : La Grèce… berceau de l’Olympisme…vous savez aussi qu’en 1098, les croisés ont aidé la Grèce contre les Turcs en allant sauver le tombeau ? On ne peut faire sans avec nos considérations de l’hymne à la joie ! Il a fallu la faire rentrer et lui donner l’euro
S : Vous avez suivi ?
M : De la haut on voit tout et tout le monde. Vous saviez qu’auparavant ils payaient nos avions de chasse avec des raisins de Corinthe et qu’ils les enregistraient dans les comptes une fois payés comme pour une association ? Je savais bien où cela allait nous mener
S : La faute à Giscard ?
M : Non ! la Grèce fait partie de l’Europe mais n’était pas mure pour l’euro, du moins pas encore. D’ailleurs Giscard l’a reconnu
S : Doit-on la faire sortir ?
M : Non ! ce serait pire car après avoir goûté au crédit facile sous prétexte de l’euro avec une envolée des salaires, ils ne nous rembourseraient pas ! Et même si j’adore les raisins de Corinthe, il y a des limites.
S : Et les banques vont encore s’en tirer en blâmant l’Union Européenne
M : Et surtout Goldman Sachs qui a pris à sa charge une partie de la dette pour faire rentrer la Grèce dans les clous mais ensuite lui faire payer au prix fort en misant aussi sur la faillite du pays ! Ah ces financiers…
S : cela me rappelle un article de l’I.R.C.E. sur la fausse inquiétude des banques !
M : oui, un article du grand Charles de Côte d’Or….pas mal vu…
S : et l’Europe vous la voyez comment ?
M : Avec des lunettes car je fatigue !
S : Vous n’avez pas perdu votre humour
M : Oh vous savez, avec Kroutchev et ses blagues, on ne s’ennuie pas !
S : Il est même venu me voir !
M : Je sais… on a bien rigolé
S : Vous voulez dire ?
M : Ah..ah …
S : Non !?
M : Si ! « un vrai têtu ce Sarko » qu’il nous a dit en revenant. C’est moi qui l’avais envoyé !
S : Ah… je pensais que c’était De Gaulle ou Pompidou
M : Ne parlez pas de ceux-là… dire que mon neveu était fan de De Gaulle ! au fait Jack, ce bon vieux Jack, aurait bien pris sa place … c’est aussi une valeur sûre
S : Dites moi… l’Europe, elle va jusqu’où pour vous ?
M : Jusqu’à l’Oural bien sur
S : Ben comme pour De Gaulle en somme ?
M : Oui bien sur, mais il était européen aussi mais à sa façon, comme Chirac. Mais il va falloir attendre une nouvelle guerre
S : une nouvelle guerre ?
M : Vous verrez bien et au-delà de l’Oural, ce sera la zone tampon après la guerre nucléaire. Vous n’avez pas lu les prédictions de Fatima ? Le fait que Russes et Chinois fassent des manœuvres en Méditerrannée et que Poutine joue des coudes en Syrie ne me rassure pas car la guerre viendra de l’Est comme cela aussi était dans sa prédiction bien avant que la Chine se réveille ! Vous savez, je n‘aime pas la guerre et je n’en menais pas large en 89. La tension était extrême. Heureusement que notre ami Gorbatchev et que le président hongrois, avec qui j’avais dîné, m’ont suivi dans le fait de justement ne rien faire car il était hors de question qu’un conflit se déclenche sous ma présidence. Je ne suis pas un chef de guerre comme vous mais le modérateur « 9 » qui sait passer en loyal « 6 » et en battant « 3 » aussi. Oui oui… j’ai appris l’Ennéagramme. C’est pour cela que nous avons des liens communs. Je ne suis pas « Napoléon Sarko » comme on vous appelle chez nous mais plus un Talleyrand qui dure…enfin presque. Mais je savais aussi taper du poing sur la table
S : Mais Napoléon n’a pas duré, lui
M : Mais il a aussi fait de grandes choses et on s’en souvient dans toute l’Europe. Chacun sa place, vous verrez
S : Si vous le dites
M : Mais n’oubliez pas ! je compte sur vous !
S : Vous reviendrez me voir j’espère parce que si je me lance, j’aurai besoin de conseil, surtout avec Angela qui s’est accoquinée avec Hollande. Ils se ressemblent davantage, c’est vrai
M : Mais non…et n’oubliez pas Ségolène, je pense que Carla ne sera pas jalouse…
S : la vice-présidente ?
M : allez au revoir !
Rêves européens - Chapitre 13 - Rencontre avec Jean Monnet et Robert Schuman L’Europe étasunienne
- JM & RS : Bonsoir ! Bonsoir
- S : oh je sais ! vous êtes le binôme de choc européen
- JM & RS : c’est trop d’honneur
- S : le politique et le technicien
- JM : ma foi…
- RS : Schuman avec un seul « n »
- S : et vous allez me parler de votre grande idée européenne
- RS : euh…
- S : et me dire que je vais reprendre les rênes
- JM : eh bien…
- S : encore faudrait-il savoir lesquelles !
- RS : oui !
- S : les rênes françaises ou les rênes européennes ?
- JM : euh …
- S : les rênes allemandes peut-être monsieur Schuman ?
- RS : ach…
- S : les rênes américaines monsieur Monnet ?
- JM : mais…
- S : où les rênes polonaises pendant que vous y êtes ?
- RS : ou alors…simplement les rênes européennes
- S : comme Napoléon ? une Europe uniforme ? un ciment commun ? Vous savez qu’EADS a changé de nom parce que finalemnt le modèle ne marche pas et qu’Airbus rappelle plutôt un succès multidomestique. Non ?
- JM : eh bien justement ! il y a eu aussi d’autres changements de noms…de nouveaux départs…
- S : justement ? oui je vois le clin d’œil…
- RS : si nous pouvions nous exprimer, mais n’en parlez pas à Monsieur Delors ni à sa fille s’il vous plaît. Je suis tout de même enterré au Panthéon moi et je préfère plus être Voltaire que Mirabeau !
- S : Mais Mitterrand n’y est pas enterré que je sache
- JM : et Napoléon non plus mais certains de ses maréchaux si !
- S : il faudrait peut-être créer le Panthéon européen ?
- RS : pourquoi pas …
- S : et des décorations européennes…. En ces temps de commémoration de la bataille de Waterloo mais on a bien érigé une statue et un muséoparc pour la défaite d’Alésia… alors je vous écoute
- JM : eh bien voilà, nous avons réfléchi
- S : seuls ?
- RS : euh non, avec Jefferson, Mitterrand, et d’autres
- S : ah ?
- JM : oui après notre poker
- S : vous ne jouez pas au bridge ?
- RS : eh bien… c’est pas très américain ou plutôt étasunien comme on dit maintenant
- S : je suis atlantisme mais il y a aussi des limites
- JM : oui justement, nous voulions vous en parler car vous êtes un bon communicant et aimerions rétablir certaines choses que les gens n’ont pas comprises
- S : comme par exemple
- RS : que, comme aux Etats-Unis, fédéralisme ne signifie pas perdre son âme et au contraire peut mieux montrer la prise en compte de particularités. On veut faire croire que le fédéralisme impose un même moule universel. Il ne faut pas aller trop loin non plus et en ce moment nous lisons tout et n’importe quoi.
- JM : Je ne suis pas promoteur de l’atlantisme mais de l’ouverture à d’autres schémas de pensée. Je ne suis pas issu des hautes sphères car j’ai quitté les études mais pour mieux connaître la vie, parler d’autres langues, comprendre la culture américaine et notamment à l’international et proposer des idées de bon sens comme la coordination des ressources et des flottes de commerce franco britanniques pendant la première guerre mondiale. J’ai à nouveau travaillé depuis Londres avant l’armistice français de la seconde guerre et contribué à la planification d’après guerre
- S : vous y aviez croisé De Gaulle…
- JM : oui avec des divergences et pourtant il semblait y être favorable avec le gouvernement français avant qu’il ne tombe
- S : avec certes les dangers de la fusion-acquisition, surtout avec les Anglais !
- JM : avec les Etasusiens certes, mais pas les Anglais. Mais la meilleure chose à faire était de tout mélanger pour éviter les risques de conflit. Comme en fusion acquisition, il y en a un qui mange l’autre sauf s’ils restent liés par un noyau commun comme Peugeot et Citroën avec la recherche.
- S : un beau clin d’œil à la recherche européenne !
- JM : Il n’a pas été possible de créer le chapeau politique alors nous avons avancé sur des aspects techniques. Mais nous avons eu tort je le reconnais. Nous étions d’accord sur le fait que les Etats-Unis devaient entrer en guerre mais pas sur la façon d’y parvenir. C’est ce qui a créé le doute dans la tête des dirigeants étasuniens
- S : oui vous avez même eu du succès dans le commerce en redressant l’affaire de votre père aux Etats-Unis et crée une banque en 1929, retenue parmi les 6000, en profitant du rebond de la crise. C’est bien vous aussi qui avez fait du lobbying pour les britanniques auprès de la présidence américaine pour soutenir l’effort de guerre initial alors que le peuple américain était contre l’entrée en guerre
- JM : oui, les Américains ne voulait pas de la guerre, sauf peut-être en Asie. Des manifestations empêchaient les livraisons d’avions de chasse vers l’Angleterre. Je ne remercierai jamais autant Hitler d’avoir déclaré la guerre. Vous savez ensuite, il y avait des rationnements aux Etats-Unis comme en France et en Angleterre. Ils étaient même assez bien acceptés sauf pour l’essence ! Mais une fois la dynamique lancée tout le monde a suivi
- S : touche pas à mon essence ! cela me rappelle un sketch de Raymond Devos… le plaisir des sens. En somme si je comprends bien, vous avez incité les Etats-Unis à agir dans le dos des opinions publiques ? Keynes a même dit que votre anticipation avait réduit la guerre d’un an
- RS : vous savez, il est souvent difficile de trouver l’interdépendance entre les décisions du peuple, des députés, des chefs d’Etat ou de gouvernement, représentants du Conseil confédéral qui sont élus par eux. J’aime bien la sensibilisation au « coup de baguette magique » de François CHARLES, vous savez le président de l’IRCE, qui fait prendre conscience de certaines réalités au regard des volontés des uns et des autres Et cela marche bien sur le terrain comme dans leurs dîners parisiens ou régionaux
- S : oui… en se prenant les foudres de ces uns et de ces autres car comme disait Machiavel, mieux vaut prendre parti ! Mais oui je suis d’accord avec vous, le peuple doit faire confiance. La bêtise mais aussi l’intelligence humaine est partout. Le rejet du référendum du président Chirac ne voulait pas dire que les gens n’étaient pas européens mais voulaient une autre Europe. Maintenant ils le sont devenus. C’est dommage. Vous savez, moi j’aime que « ça avance », pas forcément de discuter le coup avec une tête de veau ou avec les casseroles de Talleyrand, d’ailleurs je ne bois pas de vin, on me dit que je ne sais pas apprécier les bonnes choses et du coup on me dit que je n’aime pas le peuple…
- JM : La méthode Monnet a toujours eu ses détracteurs. Dominique Strauss-Kahn, affirmait dans un rapport remis à Romano Prodi en mars 2004 que la méthode Monnet est arrivée à épuisement et que le déséquilibre qu'elle a généré - des compétences politiques de plus en plus importantes confiées à une institution de nature technique - provoque une crise institutionnelle profonde : l'Union européenne est malade de son déficit démocratique. Ce n’est pas faux mais comment faire, comme dans une entreprise si l’on doit avancer devant certains constats d’impuissance et de recommencement ? Même les Russes qui sont nostalgiques de l’URSS reprochent aux dirigeants européens d’avoir pris le pouvoir ! Un comble ! En fait c’est une jalousie de la persévérance de l’UE au regard de la disparition de l’URSS et du pacte de Varsovie.
- RS : En effet, et à l’extrême, les votations suisses ont une limite car les élus ne sont là que pour gérer les décisions. Nous pourrions appliquer les 3P du coaching : quelle recherche de pouvoir ? quelle permission et quelle protection ? Reste à savoir de qui parlons nous, soit du peuple ou des élus. L’interdépendance est difficile entre la gestion des affaires et la gouvernance avec confiance par le peuple. Le droit des peuples ne peut forcément tout remettre en question sous prétexte que l’on prend des décisions dans son dos, sauf quand cela arrange les gouvernants, comme également pour le référendum en France pour la convention et pour les référendums en Grèce pour accepter ou non les contraintes de l’eurogroupe. On ne traite pas d’affaires européennes au café du coin mais ce sont pourtant les peuples qui élisent les députés qui ont un poids désormais égalitaire aux autres institutions, ainsi que les représentants des Etats au Conseil.Vous avez bien recadré les choses en oubliant le référendum et en simplifiant le traité. Mais il faut néanmoins prendre conscience des aspirations exprimées. Pour revenir sur l’incohérence ou la cohérence des décisions politiques, si François 1er et Louis 14 se sont alliés aux Turcs contre les Habsbourg, Louis XV s’est allié aux Habsbourgs contre l’Angleterre, ce qui pouvait paraître cohérent pour contrer l’ennemi des mers avec la perte des colonies. Fallait-il en parler aux peuples ? Les Yougoslaves ne voulaient pas d’un traité avec l’Allemagne en 1941, se soulèvent et sont finalement envahis pas l’Allemagne, qui se transforme de parent bienveillant à normatif en laissant tomber le masque de la manipulation. C’est ce qui attendait l’Ukraine…de la part des Russes…
- S : et vous, on se souviendra de votre choix pour Giraud ensuite plutôt que De Gaulle
- JM : mais oui car je vois à long terme. Je pensais qu’il fallait « exploiter » d’abord la puissance américaine avant éventuellement s’en détacher, ce que De Gaulle n’a jamais voulu voir avec des conditions de participation. Mais il n’a pas compris que les étasuniens le mettaient dans le même sac que les perdants et des politiques qui les avaient forcé à intervenir. Giraud était un soldat qui ne faisait pas de politique sans être pour autant une marionnette. Il ne fallait pas froisser non plus autant que possible la France occupée pour garder un peu de stabilité.
- RS : vous savez les choses vont et viennent, j’ai été banni quand j’ai soutenu le Maroc mais suis revenu député puis Président du Conseil des ministres avant de devenir président du Parlement européen
- S : c’est là, une fois au ministère, que Jean Monnet vous a soufllfé de privilégier le couple franco-allemand pour mieux réguler l’Allemagne qui avait peut être été trop favorisée ? En ce sens était-ce vraiment de l’américanisme anti français sauf à considérer que les Etats-Unis ont voulu préserver l’Europe ?
- RS : oh vous savez, j’ai également crée la CECA sur une idée de Jean qui l’a ensuite dirigée. C’était un bon complément du plan Marshall dont beaucoup ont été allergiques parce qu’il étasunien.
- JM : En 1950, les Etats-Unis nous ont poussés à œuvrer et prendre cette initiative du contrôle du charbon et de l’acier car ils ne voulaient pas intervenir directement. Il s’agissait aussi pour eux de mieux faire aboutir le plan Marshall qui a relancé bien des entreprises en France … entreprises choisies pour leur bonne santé au sortir de la guerre et donc qui …
- S : oui, en effet et plan que vous avez présidé, un bon compromis franco-américain sauf si vous étiez tombés dans le syndrome de Stockholm. Mais certes que les Etats européens ont très bien fonctionné dans le remboursement de leur dette avec le système des unités de comptes. Dites moi… les fonds structurels européens, c’est un peu la suite du plan Marshall, non ? Le dossier de l’IRCE sur la comparaison de l’historique entre l’euro et le dollar est très instructif en la matière.
RS : un sacré bon dossier en effet
JM : Vous savez on me dit Promoteur de l'atlantisme, du libre-échange et d'une disparition des États-Nations au profit d'une Europe fédérale sur le modèle des États-Unis d'Amérique, et considéré comme un des Pères de l'Europe. Les gens ont-ils bien compris le concept car Il y a une contradiction dans ces termes. Le fédéralisme étasunien est tout sauf un lissage parfait et les Etats des Etats-Unis ont une autonomie sur leur fonctionnement sauf ce qui rentre dans le chapeau régalien. N’ont-ils ou pas la peine de mort ? N’ont-ils pas des taxes différentes avec certes une même monnaie qui a facilité les échanges et limité les disparités d’une état et même d’une ville à l’autre ?
RS : vous savez nous n’avons rien inventé. En 1929, Aristide Briand, Président du Conseil, avait déjà présenté devant la SDN une « association des Etats Européens ». Nous étions déjà dans les Etats-Nations.
S : oui vous étiez d’ailleurs n°2 de la Société des Nations, un genre de laboratoire, notamment pour sensibiliser et limiter les impacts économiques des tensions internationales politiques et militaires … avec le succès que l’on sait
JM : j’avoue que cela n’a pas marché mais j’ai dû partir pour me transformer en homme d’affaires et relancer le commerce familial d’alcool aux Etats-Unis avant de pouvoir consolider le modèle, plombé ensuite par certaines personnes. L’économie actuelle de l’UE est forte sur la papier et uniquement, il manque une certaine consolidation
NS : Au fait, vous faites déguster votre Cognac là haut comme du temps où vous étiez parti en affichant votre impuissance et noyant votre chagrin dans le Cognac et la prohibition ? Un peu comme Jefferson qui militait pour l’abolition de l’esclavage en ayant des esclaves ?
JM : oui bien entendu, et on échange avec d’autres bons produits. On comprend mieux que l’Europe peut être forte de sa diversité. D’ailleurs Talleyrand est toujours là avec ses casseroles !
NS : vous savez détourner les questions. Je ne vous ferai remarquer que si l’économie a fait taire les canons en Europe, pour l’Ukraine c’est l’économie qui a relancé les canons ! Et si Tchang Kai-Check n’avait pas été vaincu, peut-être auriez vous réussi à créer votre concept en Chine, pays certes fédéral où les provinces tiennent bon face au pouvoir politique central pour être autonomes économiquement
JM : N’oublions pas que Paul Valery a aussi écrit sur le fédéralisme de 1924 à 1930. Il peut y avoir des différences entre fédération et fédéralisme, d’ailleurs actuellement l’UE fonctionne en fédération et est gouvernée en confédération. Il y a un problème entre fédération et fédéralisme. C’est comme pour l’Europe, chacun ses lunettes ! De Gaulle avait failli publier en 1960 un recueil sur les idées européennes mais arrêta le projet à cause des idées du RPF sur la fédération des peuples libres !
NS : l’essentiel est que chacun puisse définir ce qu’il apporte et non pas prendre l’Europe comme le Club Med ou comme la Samaritaine. Comme le disait une femme grecque récemment, eh oui même grecque, les pays ne sont pas locataires mais co propriétaires
RS : mais de toute façon, Lamassoure dit qu’il n’y a plus de sujet entre souverainisme et fédéralisme puisque maintenant c’est le Parlement qui élit le président de la Commission européenne qui devient un politique..
JM : un joli raccourci, cela ne met pas forcément un homme fort à la tête de l’union car la Commission fait certes partie de l’exécutif mais elle propose et contrôle. La vraie instance politique est le Conseil qui définit la politique générale. Mais les Français doivent se mettre dans la tête qu’il n’y a qu’en France où le président est élu au suffrage universel direct !
RS : et il faut donc un homme fort, qui cela pourrait-il bien être ?...
JM : oui cherchons bien…
S : bon ça va je vous vois venir. Mais ça y est il y a un président européen ! c’est même un polonais, l’autre moteur européen comme ils ont dit avec l’ambassadeur à l’IRCE. Mais bon, je peux peut-être faire mieux… j’aime bien finalement le fait de travailler sur l’identité européenne. Cela me rappelle les interrogations sur l’identité française. Et puis on trouvera peut-être une cohérence européenne ? Quand on reproche à certains pays européens de ne pas aller au carton sur le terrain on oublie que chacun peut contribuer à sa manière et envoyer de la logistique ou des frappes aériennes.
RS : oui vous rêvez là mais c’est une réalité
NS : oh vous savez c’est comme la Russie, c’est un rêve comme tous les rêves communistes, comme la Chine
JM : quel rapport ?
NS : eh bien le fameux compromis entre le rêve et la réalité, entre les balances de fonctionnement de l’économie comportementaliste, comme le capitalisme et la démocratie relative ou comme il y a quelques siècles quand l’Angleterre fonctionnait par montages financiers alors que la France fonctionnait à partir d’impôt national
RS : les compromis ont besoin aussi de décisions structurantes comme le fameux 9 mai de ma déclaration qui est fêté tous les ans à l'origine de l'actuelle Union européenne, ce qui constitue, selon Jacques Delors, le geste le plus important de ces dernières décennies. L’idée de paix et de sécurité passant par une autorité suprême et un contrôle économique était réaliste, réalisable et séduisant d’autant plus que facile à appliquer avec une Allemagne à reconstruire. Mais il fallait le faire avant qu’elle ne prenne trop de poids, un peu comme quand Mitterrand a imposé l’euro à l’Allemagne. Adenauer l’a accepté mais que pouvait-il faire d’autre étant donné qu’il recevait la pression étasunienne ? La Cour de justice était gardienne du traité. Peut-être aurions nous dû en rester là mais le succès de l’opération nous donna des ailes pour lancer l’idée de Communauté Européenne de Défense, plombée par De Gaulle et le Parlement français puis le traité de Rome de 57 avec les 6 pays fondateurs. Contrairement aux Britanniques, nous en étions les seuls leaders responsables. De Gaulle a ensuite voulu la bombe et la vraie autonomie après la pression sur Suez mais il ne faut pas oublier que cette pression venait des Américains et des Russes. Ils étaient conscients qu’il fallait faire quelque chose pour maintenir une stabilité fragilisée peut-être par le bloc de l’Est. Avec les Russes et leur psychose défensive, prêts à réagir par menace ou par prétexte on ne sait jamais ce qu’ils pensent. Poutine est un judoka, pas un karatéka, il se défend mais utilise le fait que l’on sait que les Etats-Unis nous ont trompés en Irak pour blâmer toute réaction. On verra la suite. La constitution de groupes tels que VISEGRAD avec la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie est aussi une bonne chose. Quant à savoir si les Etats souverains devaient disparaître ? L’autorité supranationale avait tellement bien marché que c’était une idée mais pas forcément sur tous les domaines, et uniquement sur la défense et les relations extérieures comme dans tous systèmes fédéraux traditionnels.
NS : De Gaulle s’est opposé systématiquement car ce n’était pas son idée ou plutôt car il ne l’avait pas fait, voire parce qu’il ne voulait pas froisser l’ami russe qui l’avait accueilli en chef d’Etat en 1942 alors qu’il était dénigré par les Etats-Unis. La preuve en est qu’il n’a pas remis en question les avancées quand il est revenu au pouvoir. Il n’était pas adepte aux travaux de Pénélope sans pour autant augmenter les transferts de souveraineté.
RS : doit-il demander pardon ? J’ai suivi Pétain dans le dépôt des armes et voté les pleins pouvoirs mais j’ai tout de même été arrêté par les Allemands et je ne pensais pas perdre mes droits civiques, comme Pétain, momentanément après la guerre
NS : les choses vont et viennent, DSK en sait quelque chose…
RS : Ah ou DSK… n’empêche que c’est un pro de chez pro.
NS : sûrement…
RS : Quand je déclarais que l’Europe c’était la France et l’Allemagne, c’était pour bien montrer que les guerres commençaient souvent ici.
NS : et les grandes avancées politiques ou les grands projets aussi sans forcément que l’Allemagne gagne à la fin
RS : Comme le rappelait Alain Lamassoure au dîner de l’IRCE, Israéliens et Palestiniens nous envient notre système car qui aurait dit il y a 100 ans que l’Allemand était le plus proche du Français, un peu comme les Anglais avant…
NS : Mais n’oublions pas d'autre part, que le Bundestag, en ratifiant le traité de 1963, le fait précéder d'un préambule qui réaffirme la priorité de l'alliance germano-américaine sur le partenariat franco-allemand.
RS : les Russes ont su reculer avec leurs missiles car le couple était uni avec les Etats-Unis et l’OTAN, seul bloc cohérent, un peu comme ce qui se passe en Ukraine qui aurait été envahie si l’OTAN et les Etasuniens n’étaient pas là
NS : certains le verraient bien dissous en France
JM : Sûrement pas les anciens pays de l’Est. Parlons-en pendant qu’il en est possible. F. Mitterrand m’a transféré au Panthéon, on verra si le FN me dépanthéonisera. On verra si les Américains me sauveront. Marie-France Garaud m’a même déclaré comme agent américain pouvant prouver que j’étais rémunéré mais c’était pour l’activation du plan Marshall ! Il est facile d’orienter l’information. Le Daily telegraph a révélé que j’aurais été employé par les Américains entre 1950 et 60 alors que j’étais ministre des affaires étrangères jusqu’à président du Parlement européen…
RS : et moi donc … à travers parait-il les Fondation Rockfeller et Ford, d’ailleurs il y avait aussi des Allemands…
JM : En 1953, j’ai été lauréat du Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle qui récompense les personnalités engagées pour l'unité européenne. J’ai appris que l’I.R.C.E. allait décerner des trophées aux personnalités qui ont œuvré pour l’esprit européen. C’est une bonne idée. Mais je doute que les autorités politique et étatiques françaises surtout locales ne le soutiennent beaucoup, surtout avec son président fondateur, considérant qu’il défend avant tout l’Europe sauf quand ils veulent uniquement profiter de l’argent européen. Ils veulent leur money back mais pas par des projets initiés par tout le monde…Il a de nombreux ennemis affichés assez virulents. On l’a même presque fiché et presque récusé ses titres et son passé pour l’empêcher de créer des partenariats. Vous vous souvenez que je n’ai pas été invité aux obsèques de Robert Schuman, demandez à François CHARLES s’il est invité systématiquement aux cérémonies françaises… Heureusement, certains militaires et hauts fonctionnaires le félicitent personnellement quand ils ne peuvent le faire officiellement
RS : Un véritable martyr en effet…Quant à sa béatification….. bon, cher ami Sarkozy, quand vous serez prêt, vous nous le direz !
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