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Le blog philosophique de francois CHARLES
Articles récents

L’effet de levier franco-bourguignon de la stratégie alpine de l’UE

29 Juin 2021 , Rédigé par francoischarles

La région Bourgogne Franche-Comté, très complémentaire entre ses peuples des plaines et des montagnes, ses grandes entreprises industrielles ou de microtechniques et de services, ses relations mondiales ou son ardeur au travail local, possède des atouts qui peuvent ensemble contribuer à un vrai effet de levier d’intelligence territoriale pour les dynamiques européennes unies dans la diversité. Encore faut-il pouvoir trouver de vrais et bons projets qui se font souvent attendre et notamment dans la stratégie alpine européenne que préside la France encore en 2021.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie et management, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)

Dans sa volonté de développement interrégionale, l’UE a encouragé depuis 2016 une stratégie alpine macrorégionale (SUERA ou encore EUSALP) intéressant 5 états de la CE que sont la France, l’Autriche, l’Allemagne, l’Italie, la Slovénie, et deux états membres, la Suisse et le Liechtenstein, regroupant 48 régions dont Auvergne-Rhône Alpes, Provence Alpes Côte d’Azur et Bourgogne Franche-Comté, couvrant 80 millions d’habitants, soit 16% de la population de l’UE, afin de traiter, ensemble des aspects liés au transports, à l’économie, l’emploi, l’agriculture, le tourisme, la démographie et le développement urbain, conditionnés au climat et au relief de montagne. Avec ses trois régions, la France assurait la présidence de cette Stratégie de l’UE pour la région alpine en 2020 et reconduite  exceptionnellement en 2021 à travers 7 priorités surtout tournées vers la transition écologique pour lutter contre le changement climatique, à savoir : préserver la biodiversité et prévenir les risques naturels,  accélérer la transition énergétique de la région alpine, développer la mobilité et les transports durables, développer le tourisme soutenable en toutes saisons,  promouvoir la consommation de produits locaux de montagne en circuit court, inciter les jeunes à participer au développement durable des alpes et améliorer la gouvernance.

Certains projets concernent le passage de de l’or blanc au tourisme vert, la constitution d’un réseau euro-alpin pérenne de coopération entre stations de montagne engagées, l’inscription de 10 lignes ferroviaires interrégionales et transfrontalières au réseau transeuropéen de transport (RTE-T), lmultifonctionnalité des forêts de montagne et la biodiversité au cœur des discussions, ou encore l’incubation des projets européens structurants avec notamment l’implication des jeunes.

Côté chiffres, pour mémoire de ceux de 2014-2020, en attente de l’adoption définitive du budget européen à partir de 2021, voire confirmé en 2023, le programme alpin Interreg avait été doté de 139 Meuros dont 23 Meuros directement et uniquement par la région avec 45 Me pour la recherche et l’innovation, 37 pour le bas carbone, 37 pour l’efficacité environnementale, 11 pour l’assistance technique et 11 pour l’efficacité publique, fonds qui n’ont été dépensés qu’à 49% en 2019 et 66% en 2020. (ttps://cohesiondata.ec.europa.eu/)

 

Rappelons que la Bourgogne, toujours différenciée en unité territoriale NUTS2, avec ses fonds Feder, ESF et Initiative emploi jeunes, avait reçu 598 Meuros pour n’en dépenser finalement que 68% en 2020 alors que la DIRECCTE refusait encore certaines initiatives pour l’optimisation des emplois sénior dans l’industrie et que la Franche Comté – Jura (NUTS2) avait reçu 423 Meuros pour le même pourcentage.

 

La dynamique européenne Interreg est une vraie opportunité pour les régions et les villes. L’originalité des Alpes est de rassembler des collectivités frontalières pour les faire discuter et travailler ensemble, comme souvent entre et au sein d’organisations n’ayant pas la même identité et ne parlant pas la même langue, même si réunies autour d’une même montagne. Pour y parvenir, elles peuvent bien penser localement ou alors globalement en impliquant des éléments nouveaux qui n’apparaissent pas directement et naturellement concernés, soit en tant que facilitateurs, soit pour apporter des savoirs, savoir-faire et savoir être différents, comme dans une équipe, ou un orchestre, où toutes les composantes peuvent et doivent participer au projet et si possible en ingénierie concourante, toutes présentes et impliquées dès le démarrage. C’est par exemple le cas de la Bourgogne vis-à-vis de la Franche-Comté, historiquement rassemblées et devenues proches, qui s’affrontent toujours hélas plus que pouvoir travailler ensemble, contrairement à ce que les politiques veulent faire croire et entendre.

 

La Franche Comté est par ailleurs trop orientée uniquement sur la Suisse, alors qu’elle peut aussi coopérer avec l’Allemagne comme l’essaie de le faire la Bourgogne mais avec uniquement un land, quand la Suisse cherche quant à elle à lui parler. On peut aussi rappeler que la région Rhône Alpes, désormais avec l’Auvergne, n’a jamais vraiment réussi sa coopération avec les autres grandes régions économiques européennes avec lesquelles elle essaie de travailler alors qu’elle renouvelle les conventions chaque année en grande pompe.

 

Tous les atouts des régions non directement concernées doivent être identifiés et inclus dans un vrai décloisonnement. Les régions de Dijon et de Besançon avec leurs pôles agro-alimentaires et les labels environnementaux, d’Auxerre avec ses projets industriels hydrogènes ou hexo-squelettes, de Nevers avec sa mécanique sportive de pointe et 3D ou de Monceau les mines avec son cluster ferroviaire doivent aussi être impliquées, voire même en tirer profit en retour, comme pour régler l’anomalie marketing de Montbard à 1h de Paris en TGV. Ces collectivités pourraient d’ailleurs participer à l’Interreg dédié aux villes.

 

Chaque région doit pouvoir également tirer avantage comparatif et compétitifs d’autres territoire européens, non par hasard ou par affinité personnelle, comme le fait le Grand Dijon  avec les Balkans, mais avec de bons projets qu’il faut aller trouver de façon disruptive et avec une vraie intelligence de politique générale alliant stratégie, structure, identité et prise de décision, considérant chaque réalité et chaque option de façon mesurable accessible réaliste, réalisable et déterminée dans le temps. Les régions françaises peuvent aussi en profiter pour valoriser leurs savoir-faire entre elles par l’intermédiaire des régions européennes sur par exemple les batteries en Isère, misant sur une coopération franco-allemande incluant les compétences locales plus que sur une pure compétition, même dans une recherche de segmentation industrielle européenne.

 

Ne décourageons pas les bonnes initiatives et misons sur les gouvernances nouvelles ou renouvelées des régions pour une certaine continuité mais un effort accru de recherche de vision et de solutions dont nos territoires et leurs composantes ont besoin, en pensant et agissant autrement pour participer d’autant plus au nouvel élan de développement durable réclamé par les populations et relayé par les collectivités, les nations et les institutions.

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Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen

22 Juin 2021 , Rédigé par francoischarles Publié dans #défense

lendemain de l’annonce de l’achat de frégates FREMM italiennes par l’Indonésie, construites par Fincantieri, on lit que la DGA et le gouvernement français se seraient émus sans trop de réaction de NavalGroup qui misait beaucoup sur les pays émergents. Reste à savoir de quel coup de théâtre il s’agit. C’est oublier l’achat précédent d’avions Rafale par ce même pays, une certaine attitude de chevalier blanc pour l’Europe, les réalités du programme FREMM avec l’OCCAR, celles de la JV Naviris, du contrat export et de deux anciens contrats brésilien et belge dans une moindre mesure. Mais heureusement, certaines réactions constructives existent pour aller de l’avant.

Par François CHARLES

Ancien responsable d’affaires industrielles à la DGA, économiste, conseil en stratégie et management, intelligence économique, affaires européennes et internationales.

Cette grimace française est-elle bien européenne ? Le pays se définissant le plus actif doit-il décider de tout dans cette Europe unie dans la diversité surtout dans l’armement et la haute technologie, même avec les essais d’intégration du Fonds Européen (de R&D de défense), ou ne faut-il pas plutôt se réjouir du chant du coq cette italien, qui chante d’ailleurs apparemment comme le Français, et pour certain opérer à un « refresh » salvateur.

Faut-il un Airbus naval, comme le réclame H. Guillou, peut-être désormais à nouveau possible avec cette fois la douce violence de politique industrielle de la Commission européenne, qui rappelle parfois qu’elle applique la volonté des Etats qui avaient créé Airbus. Cette anomalie juridique sans concurrence intra-européenne avait certes été créée essentiellement pour construire un champion d’avions civils, où l’on fait néanmoins la guerre tous les jours, certes commerciale, et où les coûts et les prix sont normalement plus bas en coopération, ce qui est encore loin d’être le cas dans la défense, avec une certaine valorisation immatérielle de la notion de souveraineté.

Il y a quelques années, je publiais un article saluant la vente d’avions « européens » Gripen au Brésil, réussissant ensuite à faire assimiler la notion de concurrence intelligente et relancer les coopérations entre la France et la Suède, soupçonnée de faire un double jeu, en oubliant parfois le sien comme avec les Etats-Unis. Après les achats diversifiés de la Belgique, nous avons hélas bien vu aussi le côté frustré et fermé du ministère français des armées lors de deux articles et conférences sur le sujet, souvent d’ailleurs en divergence de vue avec le MAE. Les réactions doivent-elles être identiques dans le domaine naval entre la France et l’Italie, qui mérite une écoute active de chaque instant pour ne pas relancer la délicate roue de l’interdépendance à chaque problématique ? Peut-être faut-il mieux s’assurer de la prise en compte de certaines réalités et la réalisation de certains deuils mieux faits pour éviter certaines émotions, croyances, voire généralités et en profiter pour faire une différence au sein des partenariats, entre alliances et coopérations à travers une vraie politique générale et ses quatre piliers de stratégie, d’identité, de structure et de prise de décision avec des grilles de lecture de pilotage et de rentabilité des investissements.

Le programme FREMM de frégates multi-rôles pour la France et l’Italie, a été confié à l’OCCAR, qui défend un management fort et se revendique comme étant une organisation à vocation internationale, dans son développement, la production et la maintenance initiale mais hélas pas sur le cycle de vie de maintenance globale, pourtant vecteur d’optimisation conséquent, même si revu lors de possibles modernisations. Il a été prévu 2 versions anti sous-marine et anti-aérienne, selon le choix de ses partenaires clients, comme pour le Tigre franco-allemand, avec ses avantages de complémentarité mais ses risques en matière de gestion de configuration, comme pour le Transall et de frustration si un client externe choisi une certaine version, ce qui vient donc d’arriver avec l’Indonésie.

NavalGroup, d’une part, surtout positionné dans le militaire, comme Nexter dans le terrestre, et Fincantieri d’autre part, à la fois civil et militaire comme Rheinmetal dans le terrestre, voire avec Arquus positionné défense mais avec la puissance du groupe Volvo), apprennent à se connaître depuis 20 ans sans expliquer ouvertement quelles sont les forces et faiblesses complémentaires et sans apparemment pouvoir résoudre les points durs. Les différents commentaires suite aux autres événements entre les deux groupes ne vont pas sans rappeler les ressentis différents de chaque côté du Rhin, après le rapprochement beaucoup plus structurel entre Nexter et KMW, de type PSA pour l’automobile, mais misant aussi sur les synergies de recherche, comme quand il faut une revanche après une soit-disant défaite et perte d’identité.

Le projet Poseïdon, devenu la Joint Venture Naviris, a été créé pour partager les bonnes pratiques, mener des projets des recherche et développement « sélectionnés », notamment avec l’OCCAR sur le programme FREMM ainsi que le rétrofit à mi-vie des frégates Horizons françaises, et préparer conjointement des offres pour des programmes binationaux et les marchés à l’export. Reste à savoir si les deux industriels avaient choisi de chasser en meute ou en escadre. On peut donc imaginer que NavalGroup savait, sans imaginer que son partenaire puisse lui avoir caché la copie, sauf à penser que le contrat de mariage ou de cohabitation était réduit aux acquêts uniquement communs.

S’agissant du contrat, sans trop dévoiler d’informations, imaginons tout de même que les deux constructeurs aient discuté ensemble en prenant en considération le choix du client et qu’ils pourront sans doute progresser avec les synergies de R&D « European by design », sans forcément encore imaginer un vrai rapprochement, qui n’est pas forcément utile, mais qui serait sans doute plus bénéfique à NavalGroup pour les compétences civiles apportée par Fincantieri. Imaginons que le client aura peut-être aussi choisi une maintenance associée entre les deux partenaires sauf pour les pièces initiales, avec des concepts optimisés notamment sur la 3D et les nouveaux processus continus en fil des pannes. Imaginons que les offsets, ou contreparties industrielles, toujours autorisées pour l’export et vecteurs de coopération sous-jacente sans remplacer, si possible, les sous-traitants, ont été négociés de façon commune avec éléments issus des deux partenaires, ce qui pourrait faire date en terme de bourse commune, surtout au niveau européen et pour faciliter de façon indirecte les structurations industrielles, comme l’ancien essai incompris de synergie sur les offsets en France entre tous les syndicats professionnels et les PME de défense, les dynamiques des uns pouvant aider à celles des autres.

Enfin, et pour revenir au contrat des Rafales, et même s’il ne s’agit pas de porte avion, imaginons, par un coup de baguette magique, mais réaliste et réalisable, une valorisation des liens entre Dassault Aviation et la marine en tentant enfin d’avancer sur « un seul écran » avec une opportunité de label export pouvant aussi servir au marché européen pour se développer.

 

Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen
Réjouissons-nous ! l’Indonésie achète européen
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9 MAI JOURNEE DE L'EUROPE ... ETERNELLEMENT DEPENDANTE

25 Mai 2021 , Rédigé par francoischarles

 

En ce 9 mai, certains fêtent la seconde date de signature de l'armistice de 1945 et d'autres le discours de Robert SCHUMAN en 1950 lançant la dynamique européenne, comme rappelé sur certains liens ci-après. Je me permettrai également de réafficher mon interview sur l'avenir de l'Europe ainsi que mes discours de voeux contenant mon traditionnel poème. 

Notez bien que l'I.R.C.E. avait quasiment initié la semaine puis le mois de l'Europe avec de nombreux événements variés, repris au niveau territorial et national.

Pour autant, et rappelant aussi la reconstruction européenne, je ne peux passer à côté de l'interview de Thierry BRETON sur une chaîne de télévision, le nouveau Robert SCHUMAN, annonçant cette semaine que la vaccination était faite avec des compétences européennes mais avec de l'argent étasunien. 

Et pourquoi pas du moment que cela est dit en pleine connaissance de cause surtout en crise sanitaire, où certains considèrent même que nous sommes en guerre, où les aides sont bienvenues mais parfois aussi refusées. Mais il s'agit aussi de dire d'autres vérités. Il s'agit donc bien d'un nouveau plan MARSHALL comme le commissaire le martelait, et bien avec des produits étasuniens, tels Pfizer, avec un marché renouvelé ce jour par la Commission européenne, transformée en centrale d'achat plutôt qu'en acteur de politique industrielle, qui n'a pas de compétence de santé mais qui en détient sur le marché intérieur, au détriment d'autres solutions européennes, non finalement disponibles. Où sont donc passés les milliards de la BCE, qui semble vouloir protéger l'euro coûte que coûte comme l'annonce Madame LAGARDE dans un autre reportage, mais qui peut-être pourrait pousser certains moyens de production.  

Cet état de fait rappelle aussi notre protection sur le cloud où nous avons bien vu les limites européennes. Les réalités sur la défense sont bien identiques. L'Europe restera éternellement dépendante, doit l'afficher et doit l'assumer sauf à engager des mesures courageuses de segmentation et d'optimisation, notamment dans la recherche, comme rappelé également plus après.

Si Thierry BRETON accepte enfin d'intervenir chez nous, je lui donnerai aussi ma traditionnelle baguette magique pour exprimer un voeux mesurable, accessible, réaliste, réalisable et déterminé dans le temps.

Mais rappelons nous aussi que la Chine est le principal financeur de la dette étasunienne et avait proposé ses fonds également à l'UE qui les avait refusés ...  dans une logique géopolitique, peut-être orientée, que viendra prochainement je l'espère nous parler la Présidente de la Commission qui en a fait son cheval de bataille.

F. CHARLES

 

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NAPOLEON ET L'EUROPE

25 Mai 2021 , Rédigé par francoischarles

En cette journée d'anniversaire du décès de Napoléon, qui a apporté une pierre à la construction européenne, nous republions le chapitre 8 des "rêves européens" ainsi qu'un nouvel article. 

Certains se demandent s’il faut ou non célébrer le jour d’anniversaire de la mort de Napoléon 1er sous prétexte de certains points durs militant pour un bannissement de l’histoire. Peut-être serait-il également opportun de se rappeler d’autres réalités qui ont marqué l’Europe mais également rappelé son caractère et son identité qui durent encore aujourd’hui.

Par François CHARLES

Conseil en stratégie et management, expert relations européennes et internationales, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.), auteur des « Rêves européens »

Bonaparte, militaire immortel devant accomplir un destin, fut bien un opportuniste rebondissant sur son savoir-faire militaire pour combattre les ennemis de la révolution dont il était le serviteur, luttant contre une Nation en rébellion monarchique, comme quand on lutte aujourd’hui contre l’Etat islamique. Napoléon, se considérant comme incompris, fut aussi un leader, à la fois responsable, opérationnel, de processus et même ensuite évhémère pour la France et l’Europe dans les autres domaines, notamment dans son oeuvre sociale qui aurait pu cristalliser l’Europe, reconnue même en Espagne, à l’image de la France dans une certaine organisation administrative en tentant notamment de préserver la paix, en s’alliant même par mariage avec l’Autriche, certes pour assurer une certaine descendance. Mais le voulait-elle, au même titre qu’actuellement certains pays réclamant aussi la prise en compte d’une certaine identité propre et d’une vision de l’Europe qu’ils avaient avant leur libération du rideau de fer mais que Napoléon voulait également protéger de la Russie et de son dirigeant.

Certains le rapprocheront de son neveu Napoléon III, non pas pour s’être remis aux Anglais, où il était plus aimé que son gardien de Sainte Hélène, mais pour rappeler que les deux ayant d’ailleurs œuvré pour la réunification de l’Allemagne qui ne l’avait pas non plus demandé mais qui s’en porte bien aujourd’hui avec sa grandeur économique et industrielle qui dirige l’Europe en regard de compétition avec la France depuis Napoléon III, se rappelant quant à elle la bataille « des nations » de Leipzig qui sonna le vrai début de glas de Napoléon en Europe, mais qui réussit néanmoins encore à rassembler ces Nations au traité de Vienne puis à Waterloo, réinstallant ensuite la royauté momentanément en France comme à leur objectif initial, avec notamment un mode de fonctionnement qui leur était plus proche.

Certains le compareront à Charlemagne, certes pour l’idée de Sainte Empire, mais pour l’intégration des compétences nationales dans sa grande armée des nations, dirigée uniformément comme quand la France attire ses alliés en opération extérieures. Foch dira néanmoins plus tard qu’il avait moins de considération pour Napoléon depuis qu’il avait commandé une coalition. Certains le rapprocheront à De Gaulle, également opportuniste qui sauva l’identité trop vite perdue de la France mais qui n’avait pas non plus tout imaginé et avait rebondi sur un sursaut déjà enclenché avant son arrivée qu’il avait su porter et cristalliser.  Certains penseront à d’autres dont un qu’il conviendra de ne pas citer suite à ses actions ensuite négatives et qui pourtant avaient apporté un réel élan également en rebond opportuniste.

Nous pourrions aller à César dans son art pour réécriture l’histoire, aux Ducs et princes de Bourgogne quant à la situation stratégique des Flandres et des plats pays, au Saint empire romain… germanique.  Certains l’ont vite rapproché du Président Macron, qui connait bien les observations de Machiavel, qui tente de composer avec l’Allemagne et d’imposer ses visions pour l’Europe, dont il se sert comme il l’affirme devant le Parlement européen, avec un ciment avec la France, qui se montre bien fragile à la moindre défaillance. Reste à savoir quelle position adopter à nouveau vis-à-vis l’Angleterre et son royaume désormais peut-être désuni ?

Chapitre 8 - Rencontre avec Napoléon 1er

La nouvelle unification européenne

 

  • N : Bonjour !
  • FLS : Oui… bonjour … oh ! Napoléon ! Oh pardon Sire
  • N : Eh oui c’est bien moi, vous pouvez m’appeler Napo, comme on vous appelle Sarko, du moment que vous ne m’appelez pas Popo comme Marie-Louise…
  • FLS : Non je n’oserais pas.. et je ne savais pas … mais vous savez, avec Carla, c’est pas mieux ! …avec son  « Françounet ».
  • N : Ah ces femmes…
  • FLS : Comme vous dites !
  • N : Mais là nous avons déjà un point commun.
  • FLS : Peut-être …
  • N : Je sais que Cécilia restera la femme de votre vie, comme pour moi avec l’incomparable Joséphine, même si…
  • FLS : Oui, nous sommes bien faibles.
  • N : L’une nous porte chance ou nous motive et nous continuons avec un autre ou d’autres ou plutôt ensuite d’autres continuent avec nous. Mais elles nous oublient volontiers comme ma chère Marie-Louise passant de lettres enflammées à un blâme trop facile pour sauver sa personne. Une certaine schizophérnie. Cela me rappelle aussi mes passages à Châtillon sur Seine … proche de Montbard.
  • FLS : Châtillon ?
  • N : Oui enfin pas pour l’échec des pourparlers de paix de la campagne de France…
  • FLS : Vous lisez mes pensées.
  • N : Facile, vous êtes ma réincarnation.
  • FLS : On me le dit parfois.
  • N : Entre Neuilly et Courbevoie, il n’y a qu’un pas ! De même qu’entre les Invalides et l’Elysée…
  • FLS : Alors … Vous y êtes ou non enterré ?
  • N : Et pourquoi pas toujours vivant pendant que vous y êtes ! Oui certes pas au bord de la Seine, où il y a néanmoins une plaque. Mais tout de même, l’endroit est sympa. Et tout ça dans un seul cercueil, pas comme à Ste Hélène et mes 5 ou 7 cercueils comme des poupées gigognes, je ne me souviens même plus, à croire qu’ils avaient peur que je ressuscite !. Chuttt … Les frères Mutte peuvent nous entendre… Et que dire des autres historiens ! Ah je ris quand je les lis, sauf Castelot peut-être…Même s’il a oublié que j’ai beaucoup grandi quand j’étais en garnison à Auxonne et que je passais voir la châtelaine de Berbys aux Maillys, le village d’à côté.
  • FLS : Il a su toucher le cœur et beaucoup de gens croyaient que vous n’en n’aviez pas. 
  • N : Tout comme vous ! Nous le cachons bien si non nous ne pouvons être de vrais chefs, pas comme votre … comment au fait ? Gouda ? Comté ? Ah non … Flamby ! Quel drôle de nom pour un Président ! Entre nous, je n’aime pas ce manque de respect mais bon, si cela amuse les Français…
  • FLS : Ce « petit calomniateur » comme je l’ai appelé. Cette phrase m’a sans doute coûté ma non réélection…
  • N : Oh c’est peut-être autre chose. Je me souviens des Français qui m’ont mis dehors en 1814 accueillant avec liesse les Autrichiens, ces fameux Autrichiens qui n’ont pas quitté leur vue sur la France depuis leurs liens avec Marie de Bourgogne et Charles Quint.
  • FLS : En effet…
  • N : Et souvenez-vous ensuite que les Français m’ont acclamé 100 jours après, quand ils en avaient déjà marre de Louis XVIII en oubliant tous leurs griefs et en acceptant presque les nouveaux impôts qu’il fallait relancer.
  • FLS : Mais est-ce bien la vérité ? L’armée était orpheline mais le commerce refleurissait. Vous n’étiez soutenu que par votre armée, même si le peuple a bien aimé se rappeler de vous ensuite.
  • N : Oui un peu comme votre armée de militants qui vous a fait croire à votre retour ! Vos cents jours à vous en quelques sortes.
  • FLS : Je ne rajouterai pas de commentaires… sauf que Nasser avait encore le peuple derrière lui même quand il a perdu la guerre contre Israël.
  • N : Oh vous savez, avec 500 canons la révolution aurait vécu, tout comme mon retour. Mais les gens voulaient encore du rêve. Entre nous, le Roi ne la voulait-elle pas cette révolution quand il poussait les nobles à participer aux charges fiscales ? Lors de mon retour, je remerciais même mon oncle Louis, le « gros cochon », comme disaient mes soldats, de m’envoyer des troupes, qui aussitôt me rejoignaient.
  • FLS : Vous êtes mieux placé que moi maintenant pour lui poser la question, d’autant plus que vous êtes rentrés dans la famille ! Et on a bien vu que vous reveniez sur une politique monarchique après votre mariage avec Marie-Louise d’Autriche. Y étiez-vous obligé ? Un peu comme quand les socialistes font une politique de droite mais pas pour les mêmes raisons
  • N : Je ne me souviens pas trop …. Mais je vous l’ai dit, j’ai épousé un ventre, Joséphine sera toujours là !
  • FLS : Mais un joli ventre, vous n’avez pas résisté longtemps !
  • N : Et qu’en sera-t-il pour vos cendres ? Rappelez-vous, comme je vous l’ai déjà dit, j’étais dans 7 cercueils ! Pire qu’une momie. Les Anglais avaient trop peur que je ressuscite ou que l’on profane ma tombe ! Mais pour mon retour, organisé par Louis Philippe, qui voulait une relance patriotique, comme Napoléon III ensuite, oui, je me souviens bien qu'il y avait une liesse populaire !
  • FLS : Oui presque, car si l’armée avait été aussi unie qu’avant, vous auriez gagné à Waterloo ! Vous aviez presque gagné d’ailleurs, Wellington n’en menait pas large.
  • N : Ah les trahisons… Comme pour le Téméraire !
  • FLS : Oui enfin tout le monde était perdu dans le brouillard de la poudre, même Grouchy ! D’ailleurs, on a jamais su où il était passé celui-là.
  • N : Et ce fou de Ney ! Ah au fait bravo à Wellington d’avoir tenu tête aux Prussiens ensuite ! Comme quoi, entre alliés…
  • FLS : Ah ?
  • N : Oui ! Pour qu’ils évitent de trop piller par revanche. Vous saviez que la ligne d’occupation ressemblait à peu près à celle de 1940 ? Ah tiens au fait, vous en pensez quoi de la façon dont François Hollande a viré sa femme, elle qui avait tout fait pour le remettre en selle !
  • FLS : Oh … un peu trop parfaite et persévérante pour moi, j’ai déjà donné ! Je préfère les femmes qui m’admirent et me supplient sans trop me recadrer.
  • N : Je sais… je sais…
  • FLS : Mais vous n’êtes pas là pour me parler des femmes, non ?
  • N : En effet !
  • FLS : Quels sont vos plans ?
  • N : Vous me parlez en militaire, j’aime bien. Il nous faut reprendre le pouvoir, mais le bon ! Comme je le disais déjà de mon vivant, l'Europe marche vers une transformation inévitable. La retarder, c'est l'affaiblir par une lutte inutile; la favoriser, c'est se fortifier des espérances et des volontés de tous. Mais souvenez-vous aussi qu'avec de l'audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire !
  • FLS : Oui, comme vous dites.
  • N : Vous n’avez bossé que 5 ans !
  • FLS : Vous y allez fort.
  • N : Mais c’est pourtant vrai, le reste ne compte pas.
  • FLS : Si vous le dites. Mais de nos jours un an compte pour 5 ans du vôtre avec nos nouvelles technologies.
  • N : Pensez vous en avoir fait autant que moi ?
  • FLS : Autant que vous ?
  • N : Retournez donc aux Invalides. Il y a une plaque autour de mon tombeau, en bas, qui dit qu’en matière de lois, les Français auront plus profité de mon passage que de tout ce qu’ils avaient connu avant ou quelque chose comme cela.
  • FLS : Oui oui… je l’ai vue, je ne voyais qu’elle
  • N : Ah vous voyez !
  • FLS : Je vois aussi où vous voulez en venir.
  • N : J’aimerais que vous consolidiez l’Europe de 1812 et au-delà. Il y a une fenêtre de tir ! J’avais redéfini les équilibres, notamment avec Austerlitz dans l’actuelle République tchèque, la défaite et la fin de la prédominance autrichienne sur l’Allemagne… Ce qui ne l’empêche pas de célébrer la victoire de bataille des Nations de Leipzig en 1813 !
  • FLS : La France d’abord non ? Vous n’étiez pas artilleur pour rien ! Mais c’est déjà fait.
  • N : Vous rigolez ? Tout le monde se marre en dehors des frontières, passez à une autre étape ! Adoptez donc ma tactique révolutionnaire depuis Valmy qui cassait tous les codes, comme par exemple de ne  pas attaquer à l’heure du thé. Et rien de tel que de renforcer les frontières externes pour lutter contre votre Front National qui n’aura plus de substance ! Quant aux opérations de communication, comme  au pont d’Arcole … ça vous savez faire.
  • FLS : Mais nous ne faisons plus la guerre.
  • N : Et les lois ? les crises internationales ? La guerre économique, les migrants ! vous en faites quoi ? Tiens d’ailleurs pas mal La NSA !  Fouché en serait jaloux !
  • FLS : Elle nous aide d’ailleurs à nous rapprocher entre Européens. Rien de tel qu’une crise et une petite écoute.
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  •  

 

  • N : Oui ! Pour qu’ils évitent de trop piller par revanche. Vous saviez que la ligne d’occupation ressemblait à peu près à celle de 1940 ? Ah tiens au fait, vous en pensez quoi de la façon dont François Hollande a viré sa femme, elle qui avait tout fait pour le remettre en selle !
  • FLS : Oh … un peu trop parfaite et persévérante pour moi, j’ai déjà donné ! Je préfère les femmes qui m’admirent et me supplient sans trop me recadrer.
  • N : Je sais… je sais…
  • FLS : Mais vous n’êtes pas là pour me parler des femmes, non ?
  • N : En effet !
  • FLS : Quels sont vos plans ?
  • N : Vous me parlez en militaire, j’aime bien. Il nous faut reprendre le pouvoir, mais le bon ! Comme je le disais déjà de mon vivant, l'Europe marche vers une transformation inévitable. La retarder, c'est l'affaiblir par une lutte inutile; la favoriser, c'est se fortifier des espérances et des volontés de tous. Mais souvenez-vous aussi qu'avec de l'audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire !
  • FLS : Oui, comme vous dites.
  • N : Vous n’avez bossé que 5 ans !
  • FLS : Vous y allez fort.
  • N : Mais c’est pourtant vrai, le reste ne compte pas.
  • FLS : Si vous le dites. Mais de nos jours un an compte pour 5 ans du vôtre avec nos nouvelles technologies.
  • N : Pensez vous en avoir fait autant que moi ?
  • FLS : Autant que vous ?
  • N : Retournez donc aux Invalides. Il y a une plaque autour de mon tombeau, en bas, qui dit qu’en matière de lois, les Français auront plus profité de mon passage que de tout ce qu’ils avaient connu avant ou quelque chose comme cela.
  • FLS : Oui oui… je l’ai vue, je ne voyais qu’elle
  • N : Ah vous voyez !
  • FLS : Je vois aussi où vous voulez en venir.
  • N : J’aimerais que vous consolidiez l’Europe de 1812 et au-delà. Il y a une fenêtre de tir ! J’avais redéfini les équilibres, notamment avec Austerlitz dans l’actuelle République tchèque, la défaite et la fin de la prédominance autrichienne sur l’Allemagne… Ce qui ne l’empêche pas de célébrer la victoire de bataille des Nations de Leipzig en 1813 !
  • FLS : La France d’abord non ? Vous n’étiez pas artilleur pour rien ! Mais c’est déjà fait.
  • N : Vous rigolez ? Tout le monde se marre en dehors des frontières, passez à une autre étape ! Adoptez donc ma tactique révolutionnaire depuis Valmy qui cassait tous les codes, comme par exemple de ne  pas attaquer à l’heure du thé. Et rien de tel que de renforcer les frontières externes pour lutter contre votre Front National qui n’aura plus de substance ! Quant aux opérations de communication, comme  au pont d’Arcole … ça vous savez faire.
  • FLS : Mais nous ne faisons plus la guerre.
  • N : Et les lois ? les crises internationales ? La guerre économique, les migrants ! vous en faites quoi ? Tiens d’ailleurs pas mal La NSA !  Fouché en serait jaloux !
  • FLS : Elle nous aide d’ailleurs à nous rapprocher entre Européens. Rien de tel qu’une crise et une petite écoute.
  •  

  • FLS : Vous excitez mes sens et mes envies .
  • N : Tout doux mon ami, je ne suis pas une fille facile !
  • FLS : Je ne vous connaissais pas ce ton blagueur !
  • N : Oh c’est Kroutchev et ses blagues ! Et souvenez-vous toujours que le Tsar Alexandre, bien que mon ennemi, a toujours été bienveillant avec moi et avec la France face aux empires allemands et autrichiens et même aux Anglais. Quant à moi j'ai fait des erreurs mais la plus grande a été de croire les Anglais loyaux.
  • FLS : On ne doit pas s’ennuyer là-haut. Pour les Anglais, les Français ont connu Mers el Kébir aussi...Pourquoi parlez-vous de la Russie ?
  • N : Parce que l’Europe va jusqu’à l’Oural pardi ! Mais elle peut aussi vous aider à profiter de l’OTAN, sorte de méga confédération du Rhin, en tant que catalyseur et en jouant même les régulateurs et activateurs de crises. J’ai bien dit « profiter ».
  • FLS : En somme l’OTAN au service de l’Europe ? Quelqu’un me l’a déjà dit.
  • N : En effet… mais avec une identité européenne, voire française évidemment ! J'aurais du agir de façon défensive comme l’OTAN en restant dans mes frontières. Peut être ne serais-je pas allé dans cette galère de Moscou.
  • FLS : Les Ukrainiens l’ont bien compris !
  • N : Ah les pays de l’Est… je découpe, je redécoupe et les minorités se révoltent…! Et vous savez, le problème avec les Russes c’est qu’ils pensent que nous ne comprenons rien à la Russie. Mais ils n’ont jamais compris non plus que nous étions amis…Bon à part du temps de De Gaulle, mais c’était pour mieux exister face aux Ricains alors que De Gaulle croyait qu’il était aimé. Pour ma part, et vous le savez bien, je suis bien le seul à être allé jusqu’à Moscou pour défendre la Pologne et l’Europe, certes coalisée contre moi. Et enfin à part Hitler, qui voulait tout conquérir jusqu’à l’Oral, qui donc à l’ouest a voulu envahir la Russie ? C’est leur technique de terre brûlée qui les fait envahir plutôt que résister. Alors peut être devraient-ils arrêter avec leur blâme d’agressivité. Tout cela à cause de dirigeants et manipulateurs russes qui n’ont pas fait le deuil de la grande Russie, ni plus tard de l’ancienne URSS
  • FLS : Et parce que des dirigeants et penseurs occidentaux oublient aussi qu’ils peuvent être des sources de conflits.
  • N : La guerre va éclater, c’est écrit. La seule chose que vous pouvez faire, c’est de retarder l’échéance.
  • FLS : Oui..oui… Mais dites moi, la réaction suédoise était-elle bien légitime ou l’annexion était-elle normale face à votre occupation de leurs terres  continentales … Comme quand Vladimir Poutine     envahi l’Ukraine ? 
  • N : Ah celui-là ne m’en parlez pas, ce Bernadotte choisi par les Suédois, en quête d’un dirigeant, en souvenir de son comportement envers les prisonniers suédois de la coalition, et qui a combattu la France !
  • FLS : Mais qui est resté neutre pour les 100 jours. Auparavant, vous étiez bien content de voir votre rival s’éloigner.
  • N : Mon « rival » !? 

Napoléon monte les yeux au ciel, puis il reprend

  • N : Si ! La fierté que nous pouvons avoir est que finalement le système suédois a été créé par un français qui ne pouvait le faire en France.
  • FLS : Et éviter un second assassinat après celui du Duc d’Enghien…
  • N : Va falloir que vous m’expliquiez ça au fait, car mes espions n’étaient pas aussi performants.
  • FLS : On regrette parfois aussi le bon vieux temps !
  • N : J’aimerais bien aussi que l’Allemagne se souvienne que j’ai été le catalyseur de la confédération du Rhin.
  • FLS : Une belle réussite ! Sans parler de votre rôle de modérateur pour la confédération Suisse.
  • N : Oui je voulais aussi faire un Parlement européen et étendre largement le code Napoléon.
  • FLS : Mais cela s’est un peu produit, non ?
  • N : Oui mais de façon semi-homogène, en 22 ans j’ai réussi à rassembler l’Europe. J’avais déjà décentralisé en France avec la consolidation des départements et d’une certaine façon des régions proposées  en 1791,  avec un partage en dix arrondissements sans encore la Savoie annexée définitivement en 1860. Elle semblait plus intelligente. Tiens, prenons l’exemple de la Bourgogne et de la Franche-Comté. Au-delà de l’économie, l’histoire de ces deux régions voisines est tumultueuse. Elles ont souffert l’une contre l’autre, et il existe entre elles une réelle frontière toujours aussi perceptible que celle entre la France et l’Allemagne. Etant auparavant rapprochées au sein du royaume de Bourgogne, elles furent divisées en deux au traité de Verdun en 843 : une Bourgogne franque à l'ouest, futur duché, dont la quasi actuelle région Bourgogne sans l’Auxerrois, et une Bourgogne impériale à l'Est dans laquelle se trouve notamment la Franche-Comté de Bourgogne. Les deux  territoires seront rapprochés en 1236 puis 1318 par mariage et héritage et auront un destin commun durant le règne des ducs de Valois jusqu'en 1477, date d'une nouvelle séparation. Charles le Téméraire, qui n’a jamais vraiment vécu à Dijon, sauf à y passer durant sa gérance itinérante, s’était tourné vers les princes germaniques, comme d’ailleurs aussi avec les Anglais, par opposition au roi de France.
  • FLS : Il s’en souvient !
  • N : Oui, sans doute mais laissez-moi continuer. A la mort du Téméraire à Nancy, et suite à la volonté du roi de France de reprendre ses terres, sa fille Marie de Bourgogne s’empressa en 1477, de remettre le Comté « affranchi » à nouveau dans l’empire romain Germanique avec cette fois son mariage avec Maximilien 1er d'Autriche. Ce dernier fut ensuite dirigé  assez longtemps par Charles Quint avec des influences allemandes, autrichiennes et espagnoles, que l’on retrouve avec ses clochers rappelant la croix de Charlemagne, comme ses voisines d’Alsace et de Lorraine, qui l’étaient encore il n’y a pas si longtemps. Il faudra attendre Louis XIV pour que Franc-comtois et Bourguignons soient rattachés à nouveau à la couronne de France avec des gestions propres à la fin de la guerre de 30 ans (1618-1648) où le Jura a perdu la moitié de sa population.
  • FL : Oui, j’ai appris cela.
  • N : Mais ces deux régions, aux accents différents, se sont soulevées ensemble « unies dans la diversité » en mars 1815, la Franche-Comté luttant en juillet cette fois au Rousses contre les Autrichiens pour la dernière bataille du second empire. Mais ce sont bien St Jean de Losne et Tournus, en Bourgogne, qui eurent la légion d'honneur.
  • FLS : Ah ces fameux Autrichiens…
  • N : Oui ! remontés contre moi après l’île d’Elbe. Bien sûr il faut gommer ces disputes notamment avec le brassage des populations, même si le peuple des montagnes et peuple des plaines ne sont pas forcément faits pour vivre ensemble. L’Europe et la France sont ainsi faites de diversités humaines qu’il faut considérer, de même que l’Yonne n’est pas la Côte d’Or et que le nord Côte d’Or n’est pas la riche plaine sablonneuse du Val de Saône. S’agissant des produits, espérons que les viticulteurs bourguignons seront prêts à aider la promotion des vins du Jura. Espérons que les industriels pratico-pratiques franc-comtois seront prêts à aider leurs voisins à ne plus grogner quand il s’agit de répondre à un appel d’offre fastidieux. Inversement, espérons que les Franc-comtois seront prêts à découvrir le monde.  Mais tout est possible. Qui aurait dit il y a 60 ans que les Français fraterniseraient avec les Allemands, sauf qu’ici le temps passe et que les Francs-comtois ne sont toujours pas pressés de côtoyer les Bourguignons. On l’a bien vu aux dernières élections ! quel camouflet pour l’ogre Sauvadet qui n’a qu’un siège de plus que le Front National. Il se croyait le lièvre mais c’est bien la tortue qui a gagné au final. Et on voit bien la division avec son pote de lycée Joyandet. Pour lui c’est le rassemblement du moment qu’il est le chef. Il n’avait qu’à laisser la main.
  • FLS : Oui, bon… n’oubliez pas que c’était mon poulain
  • N : Justement, mais un poulain qui dit que l’Assemblée nationale ne sert à rien mais qu’il y reste tout de même, peut-être finalement pour se protéger ! Bon passons, enfin, rappelons-nous que la déconcentration et la décentralisation ne datent pas de F. Mitterrand ni d’E. Balladur mais étaient déjà instaurées du temps de Louis XI, puis Louis XIV, certes pour des raisons différentes. Pour revenir sur le projet de 1791, on y voit qu’Auxerre et l’Yonne sont rattachées à l’Île de France, que la Nièvre est rattachée au Centre, la Saône et Loire au Sud-est et la Côte d’or à la Champagne, au Jura, au Doubs et à l’Alsace. Etait-ce économique, administratif ou simplement pour casser l’esprit bourguignon ? Peut-être aurions-nous pu en profiter en 2015 et penser autrement pour agir autrement dans une vraie logique marketing au-delà d’un simple processus administratif. Rappelons-nous aussi que Dole était la première université d’Europe du temps des Valois. Et donc avec 22 ans de plus je lui aurais donné de vraies bases de fonctionnement avec ou sans l’Anglais.

Un ange passe encore

  • FLS : Revenons aux minorités, elles existent encore vous savez !
  • N : Ah ? Un seul chef, c’est bien la solution, même si Joffre ou Foch, je ne sais plus, disait qu’il avait moins de respect pour moi depuis qu’il avait commandé une coalition en 14-18…Une Europe uniforme … Si j’ai bien suivi Jean Monnet et le Général Gaulle.
  • FLS : « De » Gaulle, zallez pas jouer les Giraud … comme « Le » Sarko.
  • N : Ah ces nobles… il y a façon et façon de commander, vous ne pensez pas que j’avais une sorte de coalition ? Non ?
  • FLS : Et que pensez vous de la Pologne ?
  • N : Ah la Pologne….Marie Walewska. Tiens vous saviez qu’en 1939, les Polonais vous avaient acheté des avions ?
  • FLS : Eh oui ! On se demande pourquoi ils ont ensuite acheté des F-16… Et dit-on avec l'argent de l'Europe !
  • N : A cause des Américains, donc à cause de moi car le territoire américain a doublé quand nous avons vendu les terres françaises. Les Polonais sont très liés aux Etasuniens car il ne faut pas oublier qu’un général polonais a aussi débarqué avec Lafayette pour aider les Américains dans leur guerre d’indépendance, comme ensuite un général l’a fait avec la France en 1939. Mais savez-vous aussi qu’un général polonais a créé Westpoint ? Certains pensent que si les Anglais quittent l'Europe, les Polonais les remplaceront.
  • FLS : Oui mais à part ça ?
  • N : Elle est un autre moteur européen. Comme le moteur franco-allemand ou le franco-britannique… Paraît-il…Je voulais en faire un vrai contrepoids européen, une France bis prenant la Prusse en tenaille, et nous sommes si proches culturellement. L'Ambassadeur a même dit que beaucoup de Polonais parlent Français depuis que De Gaulle imposait les cours en Français.
  • FLS : Et parlent Allemand aussi après le découpage de 1945. Les minorités sont un sujet que les Français ne connaissent pas trop, sauf peut-être en Alsace Lorraine. Cela a bien changé, maintenant ils sont imposés en anglais en France…Mais pourquoi ne pas vous être marié avec la polonaise ? ou une russe ? Plutôt que rentrer dans la famille de Louis XVI et de Charles Quint ! Pour beaucoup, la Pologne est plutôt signe de malheur.
  • N : La Pologne était acquise ! Tout comme vous quand vous nommiez d’autres personnes du camp opposé … et la Russie ne pouvait être qu’une rivale et un contrepoids, même si bienveillante.
  • FLS : Eh bien moi j’ai pris une italienne.
  • N : Ça c’est fait rapidement dites moi, comme avec Marie-Louise !
  • FLS : Ben, on est comme ça, vous et moi, non ?
  • N : Sacré Sarko va, vous savez que vous avez de la chance ? Vous allez pouvoir conquérir l’Europe sans tirer un coup de feu comme moi pour le retour des 100 jours, avec un coup de poker là où vous voudrez, comme pour moi à Grenoble.
  • FLS : « Le » Sarko, s’il vous plaît. Ah oui et comment ?
  • N : Comme De Gaulle et pas Gaulle ! Mais vous le savez bien !
  • FLS : Oui mais je n’ai pas de Talleyrand moi
  • N : Vous en aviez un pourtant. Oh et vous savez à part avoir négocié la position française à la force des casseroles et de la gastronomie au traité de Vienne, qui dura plus de 6 mois, il n’a pas fait grand-chose. Si je n’étais pas revenu et n’avais pas ému tout ce beau monde qui ne songeait qu’à danser et manger, ils seraient encore en train de discuter, pas étonnant que l’on ne reconnaisse la France que par la fourchette, même c’est aussi un art de vivre j’en conviens. On le rencontre dans d’autres pays du monde. Les pays de l’Est européen s’en étonnent souvent d’ailleurs. Moi je trouve que c’est perdre son temps. C’est De Gaulle qui aurait dû comprendre cela. D’ailleurs une grande dame dijonnaise l’a compris aussi en créant l’association européenne d’un monde à table. 
  • FLS : Oui … mais bon, faut passer à autre chose.
  • N : En tout cas, n’oubliez pas que les pays de l’Est européen ont beaucoup apprécié la France napoléonienne. Il faut aller au-delà des pays de la vieille Europe et montrer que vous êtes un leader fort et fiable. Ils vous suivront partout croyez moi !
  • FLS : Vous pensez ? Ne vouliez-vous pas simplement en faire un glacis entre la France et la Russie ? Etait-ce votre politique de voisinage ? Vous savez qu’à part la France, tous les pays pensent que la défense est étasunienne et otanesque ?
  • N : Peut-être… Je ne l’appelais pas comme cela. Au fait vous êtes copain avec le Russe, non ?
  • FLS : Oui, on ne boit pas une goutte d’alcool et faisons du sport… à part ça…
  • N : Mais si, cela se voit…Il y a peut-être quelque chose à faire vous ne pensez pas ? Mais attention à la manipulation… Oh pardon … Ma voiture m’attend
  • FLS : Votre voiture ?
  • N : Oui avec les phares à droite.. vous savez ?
  • FLS : Pardon ?
  • N : Ben oui, même si la conduite et le croisement par la gauche, à  l'anglaise, sont normales pour mieux se protéger, la conduite à droite…C’est moi ! Les lampes avaient été installées à droite… Mais par contre on a adopté les phares blancs des allemands… C’est ça la normalisation européenne !…Il parait que Louis Gallois s’oppose à la normalisation allemande des bornes de rechargement de véhicules électriques. Il n’a pas fait le deuil d’EADS celui-là !Tiens rappelez vous que le train inventé en Angleterre roule à gauche et que le métro, par contre, roule à droite ! Allez au revoir ! Je compte sur vous !
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Ma belle observatrice

13 Mai 2021 , Rédigé par francoischarles Publié dans #poésie

Ma belle observatrice

Je te fais ce poème

Pour bien t’expliquer

Ce dont il faut comprendre

 

Toi qui te demandais

Quelle part était vraie

Quelle part était fausse

Ce que tu devais croire

 

Moi qui n’ai donc pas su

Attirer ta confiance

Alors que tu avais

Accepté d’avancer

 

Toi qui m’a fait languir

Comme aucune autre avant

Et j’ai été content

D’en être bien patient

 

Toi qui a accepté

De te laisser guider

Et même de découvrir

Certains jeux et loisirs

 

Toi pour ta façon d’être

Et pour celle de penser

Que je pouvais aider

En toute humilité

 

Tu m’attirais vraiment

Quand tant d’autres me chassent

Toi qui me reposais

Quand tant d’autres m’agacent

 

Toi qui m’a bien filtré

Et peut être un peu trop

Pour mettre tes barrières

Là où il n’en faut pas trop

 

Toi qui a provoqué

Une précipitation

Que je n’ai su gérer

Et sans rien calculer

 

Toi qui aime les choses simples

Mais avec raffinement

Qui sait être attentive

Et apprécier la vie

 

Toi qui semblais pourtant

Casser tes anciens liens

Avec tes heures sombres

Que je n’ai pu entendre

 

Toi qui pensais toujours

Ne pas me convenir

Toi qui était toujours

Dans tes vieux souvenirs

 

Toi qui ne comprenais

Certaines réactions

Quand j’attendais bien trop

Et ma foi bien trop vite

 

Je l’avoir volontiers

J’ai joué quelques jeux

Pour te faire comprendre

Une certaine impatience

Et certaines attentes

 

Nos déceptions furent grandes

Mon trop grand altruisme

Mon envie de partage

Mes demandes de sorties

T’ont sans doute paru lourds

Impossibles à gérer

 

Tu vas te réveiller

Et peut-être sauras tu

Enfin réaliser

Que je t’aimais vraiment

Que je t’aimais pour toi

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REGARDS SUR LES MESURES BUDGETAIRES EUROPENNES? NATUONALES ET TERRITORIALES DE SORTIE DE CRISE

28 Mars 2021 , Rédigé par francoischarles

Regard sur les mesures budgétaires européennes, nationales et territoriales de sortie de crise

Cet article a été également publié sur Le Journal de Palais de Bourgogne Franche Comté le 22 mars 2021

La fumée blanche du futur budget et du plan de relance européen, le plus vaste plan de mesures jamais adopté par les institutions, est enfin arrivée pour sa mise en place en 2021 pour une Europe plus verte, numérique et résiliente, avec un succès revendiqué de la présidence allemande du Conseil dont c’était une des priorités. Reste désormais faire approuver ces mesures dans tous les Etats membres, conformément à leur règle constitutionnelle. Rajoutés aux mesures propres nationales et territoriales, ces chiffres donnent un peu le vertige mais justifient des actions nécessaires qui devront néanmoins être pilotées avec soin pour garder confiance.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management, intelligence économique et affaires européennes. Président de l’I.R.C.E.

 

Le cadre financier, ou budget pluriannuel européen 2021-2027, qui fixe les montants pouvant être dépensés pour financer les politiques annoncées, est le plus ambitieux décidé même avec le départ du Royaume-Uni. Pourtant, avec 1074 milliards d’euros, il ne représentera toujours qu’un peu plus de 1% des richesses des Etats-membres. A comparer aux Etats-Unis on peut comprendre les différences et puissances d’actions mais il reste en accord avec la politique décidée pour l’instant par les Etats. Reprenant les terme de la Commission, plus de 50 % du montant soutiendra la modernisation, notamment par la recherche et l’innovation, avec le nouveau programme Horizon Europe, les transitions climatique et numérique équitables par l'intermédiaire du Fonds pour une transition juste et du programme pour une Europe numérique, la préparation, la reprise et la résilience et  un nouveau programme dans le domaine de la santé. En outre, le train de mesures accorde une attention particulière à la modernisation des politiques traditionnelles de cohésion et agricole commune afin d’optimiser leur contribution aux priorités de l’Union et la lutte contre le changement climatique, en y consacrant 30 % des fonds de l’UE, soit la part du budget européen la plus élevée jamais enregistrée pour la protection de la biodiversité et à l’égalité hommes-femmes. Notons enfin la baisse du montant prévu pour la défense et la sécurité dans le cadre du budget du fonds de (recherche et de développement industriel) de défense, traditionelle variable d’ajustement passant de 13 à 8 Md€. Le financement du budget général continuera à être assurée par les droits de douane, les contributions de TVA et celles sur le revenu national brut, auquel vient s’ajouter un nouvel outil lié aux déchets d’emballage en plastique non recyclés.  

 

Un instrument complémentaire et temporaire de relance semi libéral keynésien et quasi plan Marshall sans aide étasunienne baptisé « Next Generation » de 750 milliards d’euros, d’initiative franco-allemande, y a été rajouté pour une négociation globale opportune. Avec autant de subventions que de prêts, il doit viser les régions et secteurs les plus touchés par la crise notamment pour une Europe de l’après-COVID-19 plus verte, plus numérique, plus résiliente et mieux adaptée aux défis actuels et à venir. Notons que 70% des subventions seront engagées en 2021 et 2022, le reste avant la 31 déc. 2023 et avec des paiements différents par pays en fonction de l’impact observé de la crise, avant le 31 déc. 2026. Les fonds mobilisés pour Next Generation EU seront investis d’une part pour soutenir les États membres en matière d'investissements et de réformes, notamment dans les transitions écologique et numérique  à travers 672,5 G€ dont la moitié de prêts,  plus 55 G€ de la politique de cohésion plus un renforcement du fonds européen agricole), d’autre part en faveur de la cohésion et des territoires de l’Europe à travers 47,5 Mds via REACT-EU à destination du Fonds européen de développement régional (FEDER), du Fonds social européen (FSE) et du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD). Enfin, Next Generation EU apportera également des fonds supplémentaires à d’autres programmes ou fonds européens tels que le programme de recherche et de développement Horizon 2020 (5 Md€), le programme InvestEU (5,6 Md€) par effet de levier pour attirer des investissements, le développement rural (7,5 Md€) ou le Fonds pour une transition juste (FTJ) (10 Md€) et la protection civile et les opérations d’aide humanitaire extérieure rescUE (1,9 Md€)

 

L’originalité réside aussi dans d’utilisation de la force des institutions regroupant les Etats, telle une grande centrale d’achat, utilisée également pour les marchés du vaccin, permettra d’emprunter sur les marchés de façon plus favorable que si chaque pays l’avait fait individuellement, dans la logique de l’euro, et redistribuera les montants mais après validation du principe par chaque état-membre. 

 

En plus d’un budget propre dédié à la crise, chaque pays a élaboré son plan de relance lié au socle européen avec différentes priorités et choix. Ils ont été transmis aux institutions comme pour l’attribution des aides régionales avec possibilité d’aller emprunter sur les marchés mais avec remboursement commun entre pays sur tout ou partie du plan européen. C’est une sorte de similitude avec le Mécanisme Européen de Stabilité mis en place après les Subprimes. Sauf que cette fois, l’UE elle-même s’est endettée pour éviter de fragiliser les dettes souveraines de chaque pays et de parler de mutualisation de dette, expression non acceptée par certains pays dont l’Allemagne.

 

La France affiche l’objectif de retrouver le niveau de 2019, avec un effet effacé dès 2025 grâce à un équilibre par l’offre et l’investissement plutôt que focalisé sur la trésorerie, comme en 2008-2010, qui a limité la baisse des investissements et des faillites, mais a couté plus aux finances publiques qu’il n’a rapporté. Il s’agit d’un équilibre entre toutes les entreprises dont un quart pour les PME et un équilibre sur les territoires. Elle prévoit un plan de 100 Md€ sur plusieurs années avec des aides diverses allant des subventions non remboursables, aux prêts et garanties comprenant environ 40 Md€  attendus de l’emprunt de la Commission européenne. Il est toutefois quatre fois plus élevé qu’en 2008, avec 30% sur l’écologie, 35 % sur le plan industriel et le développement d’activité à valeur ajoutée et 35 % pour la cohésion et la lutte contre les inégalités. Notons la forte mobilisation de BPIFrance chargée de mobiliser 2,5 G€ pour les actions d’innovation, de modernisation, de développement, cela en plus des 470 G€ d’euros mobilisés pour les entreprises.

 

Le plan d'accompagnement des entreprises, petites et grandes en passant par les start-ups, prévoit des subventions de plus d'un milliard d'euros pour la création (fonds de roulement et d’investissements), 1,2 milliards d'euros de financements non-remboursables, 300 millions d'euros en subventions à l'entrepreneuriat et pour la digitalisation ainsi que 410 millions d'euros sous forme de subventions et de mesures de financement dans le secteur agricole. À cela s'ajoute un programme d'investissement public dans des secteurs clés tels l’infrastructure des transports, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’environnement, l’éducation. Un budget estimé à plus de 184 milliards d'euros, pour la période 2020-2030 est mis en place pour développer les nouvelles technologies, le plan hydrogène, les lignes de chemin de fer, le fret, la filière recyclage, les biotechnologies, la rénovation thermique notamment pour les services publics. Une partie des 136 millions d’euros du volet « cybersécurité » devrait échoir aux collectivités territoriales et rajoutons 500 Mn€ pour l’espace. Notons la baisse attendue des impôts de production pour les entreprises, avec donc de la trésorerie et un essai d’ajustement avec l’Allemagne qui produit à moins de 30% avec ses PME et donc de la trésorerie, comme pour le CICE, ainsi que des allocations de rentrée scolaire, comme en Allemagne.

 

Il se rajoute à un fonds de solidarité focalisé sur les pertes de trésorerie, comme en 2008 avec des secteurs et conditions d’éligibilité évolutives au cours des mois, pour un montant fin février de 17 816,84 M€ pour 1 976 439 entreprises surtout en île de France, réparti  en 5,4 G€ dans l’hébergement et la restauration, 2,5 G€ dans le commerce, 1,5 dans les activités spécialisées techniques et scientifiques, 1,2 dans l’arts le spectacles et les activités récréatives, 1,2 dans les autres activités de service, 889,5 M€ ans la construction, 778,6 M€ dans les services administratifs, 610 dans l’enseignement et 520,3 M€ dans la santé humaine et l’action sociale.

 

Le Gouvernement communique également sur la baisse de 10 milliards des Impôts de production, la réduction de 50% de la CVAE avec suppression de la part régionale, la baisse du plafond de 3 à 2% de la contribution écologique, la réduction de 50% dès 2021 des taxes foncières, la baisse de l’impôt sur les sociétés, l’action exceptionnelle et inédite sur la formation et l’emploi des jeunes avec 4000 aides à l’embauche et 200 000 formations supplémentaires sur la santé et la transition écologique, la continuation sur l’apprentissage avec 16% en 2019, la volonté d’intéressement pour les salariés des PME.

 

Le plan allemand est également historique pour ce pays et parait à la fois un peu plus ambitieux mais est différent car inclut le fonds de solidarité. Avec 130 milliards répartis d’une part en 50 Md€ pour investir dans les transports, le numérique, la santé, la filière hydrogène et la voiture électrique et d’autre part en 80 Md€ pour le soutien aux ménages (300 € par enfant) et aux entreprises avec une baisse de TVA pour taux standards (19 à 16) et réduits (7 à 5) jusqu’en fin 2020, soit un manque à gagner à l’Etat mais qui peut vivre sur ses richesses acquises. Environ 24 G€ seront reversés par l’UE. L’Italie dépasse tous les records avec 223 G€ mais avec une redistribution de 65 G€, double de la France. Les redistributions par l’UE, en fonction de la population, du PIB et du taux de chômage, iront également d’environ 60 G€ pour l’Espagne, 23 pour la Pologne, 16 pour la Grèce, 13 pour la Roumanie et le Portugal 13, les autres étant en dessous de 10.

 

Dans les territoires, la Région Bourgogne Franche-Comté, en adéquation dans ses limites de responsabilité, a mis en place un « plan d’accélération » de 435 Mn€ avec 102 mesures pour créer de l’activité et soutenir l’emploi dont 237 M€ pour l’écologie. Il englobe un sous-plan de « reprise » notamment sur l’économie de proximité et l’industrie du futur avec notamment les projets hydrogènes, d’un plan de « relance » notamment pour la relocalisation, le renforcement du haut de bilan des entreprise et d’un plan « d’urgence » surtout tourné vers le tourisme et l’événementiel, en complément du plan de l’ADEME avec le fonds économie circulaire, le fonds chaleur, le fonds décarbonation entre autres thématiques. Tout cela vient en plus de celui de l’état et de l’Europe dont elle est responsable d’une partie de la mise en œuvre des 105 M€ lui revenant pour accompagner les projets.

 

Il conviendra de rapprocher cette avalanche de chiffres et d’actions aux autres mesures déjà prises auparavant au niveau institutionnel (voir article précédent) dès l’apparition de la crise et à certaines réalités dont certains constats à terme mériteront certaines décisions, sans doute non moins courageuses avec ou sans baguette magique, notamment sur le financement et les modes de remboursements prévus pour parler plutôt de stratégie et de tactique à la fois sur les flammes et le coupe-feu avec également un pilotage et un contrôle sérieux d’actions réalistes, réalisables et déterminées dans le temps avec une certaine prise de conscience collective pour éviter tout gaspillage, plutôt que de coups politiques.

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DES LIMITES DE LA PSYCHANALYSE

10 Décembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #philosophie

Après un ancien article où je m’étendais sur la façon de s’y retrouver entre les différentes formes de coaching, je trouve utile et nécessaire de compléter cet exercice par les liens avec la psychanalyse, sans forcément les opposer, mais en rappelant certaines réalités.

Par François CHARLES

Coach professionnel et conseil en management

fcharles@novialgroup.fr

Selon le Larousse, « la psychanalyse est une méthode d’investigation psychologique visant à élucider la signification inconsciente des conduites et dont le fondement se trouve dans la théorie de la vie psychique formulée par Freud ».  Elle est utile pour diagnostiquer ceci ou cela, mettant les patients en zone de confort, d’intouchabilité, voire d’irresponsabilité confortable,  délivrer une ordonnance, justifier les nécessaires changements de poste, influencer les tribunaux pour les réductions de peine voire les annuler comme avec le meurtrier de Jaurès, justifier les alibis personnels et ancrages de violences subies, les blâmes faciles en les écrivant parfois dans un cahier certes peut-être thérapeutique mais sans programme de travail à la clé, conservant l’individu dans des certitudes et des projections. Elle sert aussi à analyser les mauvais rêves souvent perturbateurs et destructeurs en oubliant les beaux qui le méritent aussi, mais à quoi bon si tout va bien. A quand les psys du maintien du bonheur ou des bonnes nouvelles qui devront être financés par l’Etat sous peine de faillite, comme l’étaient autrefois les médecins chinois pour maintenir en bonne santé et non soigner. Mais peut-être est-ce aussi cela quand on va chez son psy comme on va chez le coiffeur souvent simplement pour parler ? La psychologie nous sert aussi à décrypter l’histoire ou à comprendre les origines des guerres ou autres tensions d’origine humaine, voire comment les éviter afin de pouvoir vivre en paix ou plutôt en harmonie avec les besoins psychologiques revendiqués par les uns et des autres et très souvent différents.

Le coaching professionnel utilise la psychanalyse car il s’adresse à des individus afin de comprendre les personnalités, les réalités structurelles, individuelles et de groupe, pour faciliter les relations, les projets, les négociations ou autres process. En entreprise ou chez les clients, où nous passons la majorité de notre temps, en dehors des périodes de confinement, il s’agit souvent aussi de compenser un manque d’écoute, de compassion, d’estime de soi, comme peut le faire aussi le leader psychologique en entreprise ou le prêtre dans le confessionnal avec parfois un fardeau à partager voire à transmettre pour réduire la plaie, sauf à pardonner à son prochain ou absoudre la faute de comportement jusqu’à la prochaine séance ou la prochaine indulgence compensatrice. Parfois rien ne fera plus d’effet qu’une bonne hypnose consciente ou qu’une bonne fiole de potion magique en attente que le client puisse se réguler seul en trouvant les clés.

Nous orientons d’abord les clients, plutôt que les patients, les plus critiques vers un psy dont c’est le métier principal ou unique pour retrouver des bases reconstituées mais avec l’engagement de les libérer plutôt que le mettre dans un état de dépendance, sauf s’il le font en toute conscience et liberté, alors que souvent leur inconscient, qui est parfois la base de sauvegarde, comme quand vous conduisez, les invite à quitter leur siège.

Les « psy » chiatres, chologues, cothérapeutes, selon leur formation, devraient aussi parfois faire l’acte inverse quand ils sentent qu’ils ont atteint les limites de leur domaine plutôt que conserver un client devenu un patient et un revenu récurrent. Ils devraient le faire avant que certaines personnes, clients ou patients, qui n’avancent pas après 2 à 3 ans de psychanalyse, se tournent d’elles-mêmes avec résultats vers le coaching professionnel ou le coaching de vie et leurs méthodes à la fois globales et spécifiques, réalistes, réalisables et déterminées dans le temps, dont psychologiques, afin de sortir des ornières et comprendre enfin ce que signifie marcher sur ses deux pieds. Mais là aussi il faudra un certain nombre de séances.

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Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

18 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #europe

Réalités et perspectives de structuration du cloud franco-allemand et européen

Dans une délicate interdépendance avec les Etats-Unis et dans une difficile définition de son Cloud souverain, l’Union européenne semble encore jongler également en interne sur la gestion de ses données entre d’une part, un(e) Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) de conception française, certes bonne pour l’Europe mais qui en a eu besoin pour s’installer en France comme l’a dit son Président de la République devant le Parlement européen, et d’autre part la demande de quasi tous les autres pays, comme dans la défense et dans un grand nombre de domaines, de pouvoir également et ensuite monnayer les données, une sorte de label européen entre ceux qui voient un but et d’autres un stade mais qui doivent marcher ensemble sur leurs deux pieds avec des mots qui ont toute leur importance.

Reprenant sans doute certaines de nos propositions, réalités globales et orientations exprimées en juin 2019 à l‘ancienne commissaire européenne pour l’économie et la société digitale, transmises depuis à la Vice présidente et au commissaire en charge du numérique http://www.irce-oing.eu/2019/08/pour-un-fonds-europeen-sur-la-cybersecurite.html, ainsi qu’à travers une tribune sur la solidarité et la segmentation européenne http://www.irce-oing.eu/2020/06/intelligence-segmentation-imbrication-a-la-recherche-d-une-solidarite-et-d-une-certaine-autonomie-industrielle-et-economique-europee, et enfin en réponse au Cloud Act étasunien, non toujours bien compris, l’élaboration du Digital Service Act, comme du Digital Market Act, promis pour 2023 se doivent d’être à la fois contraignant et ouvert avec un cadre législatif et des mesures de sanction effectives à la façon d’un Buy European Act raisonné, affichant que tout le monde est le bienvenu avec ses savoirs et savoir faire, voire savoir être dans le respect des règles européennes, encore parfois à définir, afin d’offrir aux citoyens européens l'environnement le plus sûr et le plus compétitif du monde dans un respect, voire une concurrence intelligente comme rappelé par la récente escarmouche entre le Commissaire Breton et le dirigeant de Google.

Même si une certaine déception se fait ressentir chez certains acteurs qui se sont investis en comparaison d’efforts consentis, il est à constater certaines actions plus ou moins coordonnées mais qui, assemblées et bâties sur une approche globale de réalités même disruptives, peuvent montrer une certaine intelligence réactive au son du canon pour des objectifs spécifiques, mesurables, réalistes, réalisables, déterminées dans le temps.

Les actions et facilitations  institutionnelles, étatiques et territoriales :

Après la Cloud Initiative, les institutions doivent désormais également apparaitre plus structurantes que facilitatrices, sans décourager les bonnes volonté, dans une foison d’initiatives et de prises de position plus ou moins liées des états médiateurs, régulateurs, utilisateurs comme des entreprises, en évitant toute forme de cristallisations nationales, au profit d’une dynamique réellement européenne, certes unie dans la diversité avec un constat montrant que l’on retrouve encore une fois les Français, les Allemands et les autres, souvent avec ces derniers. Mais certains savent aussi faire valoir une certaine dynamique comme l’Estonie qui pourrait valoriser sa simplification administrative dans une dimension régionale mais aussi le Luxembourg avec sa volonté d’identité de nation numérique, dont cloud et PNR. Notons enfin une région Bretagne pilotant un projet Interreg avec plus d’une dizaine d’autres régions impliquées à travers l’Europe sur la sécurité.

Misons que ces imbrications puissent estomper la fragmentation constatée en agissant en segmentation comme pour Airbus, en confiance et répartition de capacité spécifiques, au-delà d’éléments nécessaires communs, dans une Europe unie en solidarité entre la politique de chaque état, pour lui-même ou pour le bienfait des autres, sans s’accrocher sur par exemple le « e » final de Concorde qui aurait aussi pu être mis entre parenthèses à la fin du mot pour mieux montrer ce label de coopération franco-britannique. La cybersécurité et le cloud peuvent aussi montrer l’exemple pour enfin comprendre le rôle des histogrammes montrant que chaque pays européen, pris individuellement, perdra peu à peu sa place dans le G8 à part peut-être l’Allemagne.

Mentionnons les efforts de la Commission européenne depuis la dernière législature et encore plus fortement depuis la nouvelle présidence avec uns vice-présidente et un commissaire chargés de l’ère digitale, ce dernier plus particulièrement des aspects industriels, jonglant entre  règlements et directives, avec une direction générale orientant son agence chargée de la sécurité des réseaux et de l'information (ENISA),  moins connue en France qu’EU-LISA, qui n’hésite pas à faire intervenir des agences gouvernementales étasuniennes, sans doute comme approche comparative lors de ses conférences ; sans oublier la très ancienne politique industrielle réalisée par la recherche européenne notamment avec le PCRD, puis H2020 et prochainement par Horizon Europe sur le thème de la sécurité avec parfois un décloisonnement entre points de contacts nationaux.

Mentionnons tous les groupes de travail nationaux dont interministériels, les agences nationales telles l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) en France et l’Office fédéral de la sécurité des technologies de l'information (BSI) en Allemagne avec chacune leur modèle et leur objectif de certification.

Les structurations industrielles :

Après l’impulsion des institutions par la constitution de consortia tels Cyber4Europe, Sparta, Echo, Concordia réunissant grands groupes, universités, organismes étatiques, laboratoires et PME http://www.irce-oing.eu/2020/03/cyber4europe-sparta-echo-concordia-les-grandes-plate-forme-cyber-europeennes.html,  après les travaux à l’intérieur du projet l’Important Project of Commun European Interest (IPCEI) avec notamment la participation du CEA, voici apparaître la création du cluster industriel GAIA-X, soutenu par les gouvernement français et allemand, avec une communication un peu plus européenne côté allemand, se définissant comme étant le Cloud européen, sorte de marquage CE demandant le respect de certains critères, surtout techniques sur le sol européen, pour soi-disant concurrencer les GAFA(M), dont il faut bien rajouter le M, en interdépendance interne avec des voix discordantes comme énoncées plus après.

Notons que GAIA-X invite également à travailler en interdépendance externe en invitant des entreprises non européennes, dont apparemment comme Google, du moment qu’elles partageant des objectifs de souveraineté et de disponibilité, comme pour la recherche européenne, sachant que la souveraineté numérique n’est pas encore officiellement affirmée par la Commission, ni par son agence exécutive dans ce domaine qui affiche ne pas pouvoir prendre position sur l’origine et la qualification des outils relationnels numériques largement utilisés désormais avec les restrictions de voyage liées à la crise sanitaire.

Peut-être s’agira-t-il aussi de définir si les GAFA(M) sont finalement apatrides ou s’ils sont liés aux Etats-Unis qui de toute façon n’apparaissent pas comme un ennemi ni même un concurrent déjà pour l’Allemagne, leader économique européen, ni pour l’Union européenne dans un lien transatlantique renforcé.

Peut-être faudra–il constater que le numérique et la cybersécurité ne sont pas des domaines stratégiques européens ou alors étasuno-européen pour faire face à la Chine, voire l’Inde, en passant par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et ses compétences que seule la France semble aussi vouloir ignorer. 

La coopération annoncée d’OVH avec Google, saluée par le secrétaire d’état français, désireux d’attirer sur le territoire français, et s’alignant avec l’Allemagne sur ce lien privilégié transatlantique n’est donc pas une surprise. Le ministre allemand initiateur du projet rappela néanmoins qu’il ne s’agira pas de concurrencer les super-espaces de stockage américains d'Amazon ou Microsoft tout en donnant un souhait d'offrir aux entreprises européennes une alternative aux fournisseurs de Cloud américains AWS, Google Cloud et Microsoft Azure, qui dominent très largement le marché du Cloud public, et de donner plus de visibilité aux offres européennes, rappelant les initiatives Juncker sur le Fond (de recherche industrielle) de Défense ne voulant surtout pas s'opposer à l'OTAN..

Mais peut-être faut-il constater que ces GAFA(M), plus forts de certains états, possèdent déjà une technologie trop en avance dont il faut profiter en interdépendance, comme le fait le moteur de recherche Qwant issu de l’open internet project dont le fondateur utilisait déjà la mémoire d’utilisation, luttant contre Google puis travaillant finalement avec pour éviter les luttes juridiques, certifié par les administrations françaises, repris par la Caisse des dépôts et Microsoft, se déclarant outil européen alors qu’il n’est que français pour l’Europe.

Par ailleurs, il est fait état de façon très fréquente du terme « fédéré » alors qu'un français et un allemand ne le comprennent pas de la même façon. Il en est de même avec le terme « souverain », sans doute connotation trop française et qui devrait être remplacé même s’il s’avance comme un bouclier national ou européen, voire plus large encore, ou une lance plus ou moins sacrée.

Au-delà de collaboration sur le même métier, GAIA-X vient de faire germer un partenariat entre le français OVHCLOUD a priori déclaré leader européen du cloud installé en France, dont le patron n’est d’ailleurs pas d’origine française, et l’allemand T-Systems pour proposer une offre cloud public ouvert et de confiance, dès 2021 en Allemagne et espérons en France offrant, aux clients de T-S de profiter de centre de données avec le réseau Deutsch Telekom, T-Syst fournissant son système de refroidissement par eau. Cette complémentarité est à saluer car d’une part elle aborde l’apport essentiel de l’énergie, sans la traiter entièrement avec un besoin également de source d’énergie pour éviter les pertes de données avec pourquoi pas Siemens ou Roll-Royce certes britannique, et d’autre part elle permet une possible connaissance mutuelle par segmentation, comme lors de la constitution de l’équipe d’Europe dans le programme ACCS de l’OTAN, en regardant les autres compétences nécessaires autres qu’électroniques pour les senseurs pour être complémentaires et plus forts ensemble. OVH doit par ailleurs consolider sa toile avec des participations européennes et non être un outil français pour l’Europe, comme nous le préconisions pour à Qwant avant d’être recapitalisé par la Caisse des dépôts et Microsoft.

S’agissant de la taxation financière des GAFA(M), qui ont multiplié leur chiffre d’affaires avec la crise, qui fonctionnent sans marges mais sur leur trésorerie comme les grands distributeurs alimentaires, qui divisent aussi les états européens avec toujours le même clivage, qui font aussi travailler de très nombreux libraires par des envois à coût réduit, la solution réside peut-être dans plus grande une incitation de solidarité financière même défiscalisée ou dans la recherche cyber, digitale et numérique sur le coup d’avance pour posséder immédiatement des remèdes aux attaques soudaines, d’autant plus avec l’euro numérique prochain.

Enfin, une réelle stratégie cyber et numérique pourrait faciliter et maintenir les relations entre entreprises et autres organisations. Ces structurations industrielles doivent enfin intégrer le couvage de projet comme le couvage de start up puis de PME par les groupes, et développer à la fois une approche de chasse en meute et de chasse en escadre. Les Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI), doivent pouvoir adapter leur modèle et leur politique générale stratégique, structurelle, identitaire et décisionnelle, et seront la pierre angulaire entre les modèles français et allemand qui ne doivent pas forcément se copier mais s’imbriquer avec des dispositions communes entre les deux pays.

Misons enfin désormais pour des présences européennes renforcées dans les salons ou événements français comme déjà en partie au salon FIC de Lille ou peut-être enfin avec le pôle cyber de Bretagne.

Labels et certifications

Les labels, d’initiative volontaire, ainsi que les certifications, représentent des avantages pour structurer, en qualité et confiance, en tamisant le bon grain de l’ivraie opportuniste, avec des processus d’attribution et de vérification, permettant souvent de façon sous-jacente d’aider également les entreprises et autres organismes à découvrir une vraie relation client et fournisseur.

Les inconvénients existent aussi pour des mêmes causes d’audit ou de processus détourné de leur bon sens ainsi que pour des labels souvent politiques et territoriaux dit d’excellence pouvant cacher certaines réalités négatives d’imposition plus qu’adhésion et donc souvent d’incompétence ou d’incohérence comme nous l’avons vu dans les pôles de compétitivité.

De même n’oublions pas que les marchés publics ne doivent pas discriminer les entreprises n’ayant pas choisi de certification, comme par exemple ISO 9001 ou 14001, qui elles-mêmes souvent sont allées au-delà des normes demandées qui mobilisent temps et argent, et qui doivent pouvoir faire valoir une possible équivalence. Dans ce domaine, les projets relatifs au digital et la cyber sécurité doivent s’inspirer des exemples dans les autres domaines plus anciens et peuvent aussi les faire avancer.

Des initiatives voient le jour par l’intermédiaire d’autres organisations facilitatrices telles ECSO avec le label d’origine géographique « Cybersecurity made in Europe » pour l’instant plus IGP qu’AOP sans notion de certification sur les produits ou services. Ceci ne doit pas remplacer une nécessaire présence permanente et notamment industrielle française dans les séminaires bruxellois de l’ENISA. L’industrie française et ses PME ou start up reconnaissent trop se reposer sur l’ANSSI dont ce n’est pas le travail, mais peut-être aussi par directive. Les agences nationales française et allemande contrôlent et verrouillent l’agence européenne avec une certaine  rivalité et confiance relative entre l’ANSSI française qui certifie sur les habilitations et les personnes et le BSI allemand qui certifie plutôt sur le process, les outils et installations. Les deux approches mixtes de certification peuvent aussi être valorisées sous une approche de label d’éléments complémentaires, pourtant affiché, mais qui ne parvient pas à être mis en œuvre, et dont les responsables, avec également leurs personnalités, ne veulent pas venir parler, avec les mêmes réalités que d’autres agences européennes dont l’EASA. Ceci pourrait pourtant montrer l’exemple dans le cloud mais aussi ses applications dont les données de dossiers passagers (PNR) différents terre, air mer, et qui justement devraient par ailleurs être traités de façon globale pour avancer,  mais aussi dans beaucoup d’autres domaines dont la fiscalité où les visions diffèrent entre les états qui ne doivent pas rester divisés pour autant. Peut-être faut-il porter une fois de plus cela au niveau européen pour le voir enfin aboutir.

La finance structurante qui sera abordée plus après pourra également prévoir un label éthique pour l’origine des fonds mais également pour leur utilisation qui ne doit pas non plus empêcher l’innovation qui elle-même peut aussi utiliser un label qualité de prise de considération des projets antérieurs en terme d’optimisation de temps et d’argent.

En terme d’optimisation des approches, nous pourrions aussi imaginer l’exemple des labels cloud en lien avec la santé, la notion de Partenariat Public Privé, le dual civil-militaire et/ou public-privé mais également le portage et/ou de couvage entre groupe et PME, qui ne sont pas obligées de vivre par des prises de participation mais trouver le lien bénéfique pour tous comme sait le faire par exemple Dassault System. Peut aussi se poser l’opportunité des liens labellisés avec l’usine du futur ou 4.0, la transformation digitale, le Smart Data et l’Intelligence Artificielle avec des structures et des moyens adaptés aux tâches voulues, que certains analysaient comme étant la base de GAIA-X, avec aussi un risque de mélange selon certains spécialistes.

S’agissant de certification qui reste également volontaire, il n’existe pas encore au sein de l’UE, de notion de fiabilité sur les outils et aucun regard sur le portage d’origine, désireuse de ne pas mettre de frontières donc en cohérence avec GAIA-X ou la recherche. Notons le règlement (UE) 2019/881 qui prévoit que l'UE fournira des programmes de certification à l'échelle de l'UE sous la forme d'un ensemble complet de règles, d'exigences techniques, de normes et de procédures. De tels systèmes, une fois adoptés au niveau de l'UE, pour des produits, services ou processus spécifiques, seront valables et également reconnus dans tous les États membres de l'UE. Comme dans d’autres domaines, actuellement, le paysage de la certification de cybersécurité des produits et services TIC dans l'UE est toujours assez dispersé car il existe un certain nombre d'initiatives nationales et également internationales, telles que les soi-disant critères communs (CC) pour l'évaluation de la sécurité des technologies de l'information. Notons aussi l’accord de reconnaissance mutuelle (ARM) sur la sécurité des systèmes d'information (SOG-IS) avec un prochain premier schéma à être rédigé dans le cadre du cadre de certification de cybersécurité de l'UE.

Les systèmes européens de certification de cybersécurité pourraient permettre à la fois des auto-évaluations de la conformité comme pour le marquage CE et des certifications, l'évaluation étant effectuée par des organismes d'évaluation de la conformité tiers. Suite notamment à nos recommandations, une « smart » certification à trois niveaux d'assurance est prévue et chacun d'eux fournira une rigueur et une profondeur correspondantes de l'évaluation du produit TIC, du service TIC ou du processus TIC sans forcément différencier la taille ni les capacités de l’entreprise. Grâce à l'auto-évaluation de la conformité, seul le niveau d'assurance de base peut être atteint, tandis que pour les certifications, un niveau d'assurance de base, substantiel ou élevé peut être atteint. Le processus de certification, contrairement à l'auto-évaluation de la conformité, respecte les dispositions du règlement (CE) 765/2008 qui définit les exigences en matière d'accréditation et de surveillance du marché.

Comme pour le marquage CE, dans le cadre du règlement susmentionné, chaque État membre nommera un organisme national d'accréditation (NAB), qui délivrera des certificats d'accréditation aux organismes d'évaluation de la conformité (OEC). L'accréditation peut être délivrée aux organismes d'évaluation de la conformité pour un ou plusieurs programmes de certification de cybersécurité spécifiques, pour une durée maximale de cinq ans et peut être renouvelée par la suite. Pour chaque système européen de certification, les autorités nationales notifieront à la Commission européenne les organismes d'évaluation de la conformité qui ont été accrédités. Compte tenu de la validation à l'échelle de l'UE du cadre de certification de cybersécurité de l'UE et des certificats délivrés, un producteur ou fabricant d'un produit TIC, d'un service TIC ou d'un processus TIC peut demander un processus d'évaluation par tout organisme d'évaluation de la conformité accrédité dans l'UE.


Pour autant, comme pour le marquage CE avec certains retours d’expérience négatifs dans le domaine de la santé, il conviendra d’éviter les risques d’impacts industriel, les failles de processus avec préjudices potentiels ou réels de certaines décisions institutionnelles pour les entreprises. Les agences nationales devront s’engager à aider leurs industriels à être orientés vers d’autres organismes ou à obtenir un délai de mise aux normes, sans annulation de l’historique, s’il se trouvent en difficulté notamment avec un organisme notifié choisi en Europe ailleurs que dans leur pays. En cas de problème, il conviendra de pouvoir s’adresser à l’ENISA en cas de litige. Il est néanmoins rappelé que dans le marquage CE, les industriels ou fournisseurs de services peuvent eux-mêmes certifier s’ils s’en pensent en capacité et que le marquage ne peut être apposé que s’il existe une réglementation ou une contrainte européenne sur le sujet.

Contractualisation européenne

Une politique de préférence européenne raisonnée pourrait se compléter d’un « buy-cyber-act » européen avec néanmoins prise en compte des limites juridiques de la certification et des labels énoncés plus avant et avec la création d’une agence de style OCCAR dans l’armement pour la gestion des grands projets, en relation avec l’ENISA. Avec un management fort, elle pourrait notamment passer des appels d’offre en réclamant un budget attribué directement aux PME, dont un quota minimal issu de pays différents du maître d’oeuvre. Concernant le marché, il pourrait être intéressant d'inclure l'offre cyber européenne dans les échanges de compensation, essentiellement à l'étranger, car théoriquement interdites en Europe, peut-être avec un traitement spécial pour les GAFA(M) comme exposé plus avant.

Finance structurante

Enfin, la partie financière de haut de bilan, et sans doute la plus importante, doit également intégrer tous ces éléments, voire en être aussi un élément structurant de l’écosystème au-delà de la pure notion de profit ou de gestion de risque.

Est apparue récemment l’ »European cybersecurity investment platform » regroupant des fonds comme ACE Management (France),  Adara Ventures (Lux), ecapital entrepreneurial partners ag (Allemagne), KPN Ventures (Pays Bas), P101 (Italie), Primomoglio SGR (Italie), TIIN Capital B.V (Pays Bas) et Vendep Capital (Finlande) qui peuvent être appréciés comme étant de véritables acteurs de politique industrielle avec leurs objectifs et réalités, notamment calendaires, qu’il convient d’encourager pour soutenir le tissu industriel européen.

Ils doivent tenter d’agir dans une recherche de segmentation, de solidarité et de relative autonomie industrielle et économique intelligente.

Cette approche financière doit aussi répondre à la dynamique de gouvernance actuelle avec la constitution d’un vrai fonds de fonds européen garanti, voire abondé par les institutions, désormais capable d’une signature unique européenne pouvant accompagner en garantie mais aussi en capital, comme le Conseil européen de l’Innovation (EIC) le fait dans le recherche sur des entreprises « non bancable » allant jusqu’à plus de 25% si stratégiques, avec qu’avec un taux de rentabilité réclamé plus bas, comme a su le faire la Caisse des Dépôts et de consignation. Les fonds doivent également intégrer la volonté des groupes de prises de participation dans des PME européennes.

 

François CHARLES

Président de l’I.R.C.E. www.irce-oing.eu

Président de NOVIAL CONSULTING, Conseil en stratégie, management intelligence économique www.novialgroup.fr

 

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Qu’est-ce donc qu’être gaulliste, social et libéral ?

9 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique

Article de 2012.  Ancien Officier de l’armement sans être certes général, après avoir servi dans la cavalerie en Allemagne, engagé politiquement au RPR dès l’âge de 17 ans, ayant été remarqué dans la défense ou les relations industrielles en bien ou en horreur par mon côté « remuant », soumis néanmoins au devoir de réserve, ayant suivi et enseigné dans l’enseignement militaire supérieur avec une vision globale s’opposant aux approches traditionnelles, protégé par de grands mentors étoilés, initié aux affaires de l’Etat dans des postes à la DGA lié au SGDN, à l’interministériel et aux cabinets ministériels, ayant été appelé pour initier ou remettre à plat certains sujets stratégiques dans l’armement, l’industrie et la maintenance aéronautique, ayant participé à l’analyse et la réflexion sur l’armée de métier dans le cadre de mon DESS de défense, conférencier, enseignant, éternel visionnaire, concepteur, appelé pour intervenir d’une façon globale et consensuelle voire diriger en leader responsable et de processus lors de crises, écrivain dans des revues nationales et militaires, davantage lu à l’étranger, ayant aussi traversé le désert, sachant mener de grands travaux et dire non dans les décisions de politique industrielle ou de politique locale mais sachant aussi me retirer, travaillant sur la politique européenne, ancien partenaire officiel euro, ayant veillé à la position française aux réalisations industrielles de l’OTAN face aux Etats Unis et aux britanniques, sachant parler à la gauche, avec une écoute sociale, avec une volonté de rassemblement tout en étant en réalité assez seul, anti communiste mais ouvert aux socialistes sans perdre mon pied d’appel à droite, j’ai apparemment et modestement de très nombreux points communs avec le général de Gaulle au cours de sa vie. Je n’ai pas fait de guerre (presque la 3e  en 89), mais j’ai été blessé en opération (comme lui en 14). Peut-être aurait-il aimé analyser l’Asie et y voyager, à faire des études de management, travailler dans de grandes entreprises.

 

 

Par François CHARLES

économiste, sociologue, conseil en stratégie et management, affaires européennes, animateur politique

 

L’histoire avait sans doute oublié certains points dans le coup de tamis des années. Bien entendu, avec son profil persévérant, il avait ses forces et ses faiblesses, déjà énoncées au début de l’article mais aussi pour avoir sous-estimé la révolte des étudiants en 1968. Par ailleurs il semblait très ancré sur ses réalités. Mais le général a également su évoluer en sachant néanmoins intégrer les autres une fois certains éléments démontrés et son avis demandé.

 

Ma bibliothèque contient ses mémoires, certains  livres écrits par d’autres mais aussi ses ouvrages vedettes comme « vers l’armée de métier » avec la phrase rajoutée dans la version de 1944 sur l’apport précieux de l’aviation (qu’il n’avait pas appréciée qu’en janvier 1940), « la France et son armée » et le « discours aux Français »  retrouvés dans le grenier de ma maison de ma famille déjà gaulliste.

 

Pour parler un peu du débat militaire, j’estime que ce n’est pas forcément à cause d’un cloisonnement stratégique entre armées  que la guerre a été perdue mais du fait d’avoir fonctionné de façon attentiste  avec la ligne Maginot défensive, nous sentant protégés par ces défenses redoutables qui ont d’ailleurs démontré leur efficacité. Nous aurions pu au contraire mieux passer à l’attaque et même détruire facilement les colonnes de chars allemandes prises au piège d’un embouteillage monstre en Belgique et montrant leur flanc. Les chars avaient aussi toutes leurs valeurs pour des actions en raid, comme le suggérait de Gaulle, mais au delà de la ligne. Par cette confiance, l’armée mécanisée n’était pas prête et l’aviation était presque inopérante déjà à cause de problème de maintenance !! Bien entendu Hitler lisait attentivement de Gaulle car sa stratégie était quant à elle davantage offensive.

 

Identifié à l’action française, monarchiste devenu républicain par mimétisme, homme d’action opportuniste faisant abstraction des idéologies pour des alliances face aux permanences géographiques et nationales, le général de Gaulle a réussi avec persévérance à atteindre ses deux objectifs : d’une part en 1940 , pour  libérer le territoire, restaurer la République, organiser des élections libres et démocratiques ainsi qu’entreprendre la modernisation économique et sociale ; et d’autre part avoir réussi à installer un Etat exécutif fort mais démocratique en 1958, non exclusivement soumis aux partis, comme il l’annonçait déjà le 20 janvier 1946 lors de son discours de politique générale sur l’organisation, mais qu’il n’avait pu mettre en route car alors sans soutien, la France n’étant plus en situation d’alarme.

 

De Gaulle a su entretenir l’élan des grands travaux de la 4e république à la sortie de la guerre, continuer les actions de rationalisation économiques et de dynamique industrielle, dont armement et aéronautique, lancées en quelques mois par Pierre Mendes France pour une France industrielle plus forte dans ses frontières qui se donne les moyens de son indépendance. Mais il a su également donner le droit de vote aux femmes.

 

J’aime m’identifier à cette personnalité notamment à travers le Chêne initié par Michèle Alliot-Marie. Je me qualifie volontiers de gaulliste social libéral ancré à droite pour justifier mon parcours politique et professionnel proche de la création de valeur, de la vision industrielle et économique en faisant moins d’Etat mais mieux d’Etat avec responsabilisation et surveillance mais en sachant utiliser l’effet de levier humain en consultant, motivant et donnant la parole à la population, surtout dans les grandes décisions, mais sans remettre en question l’organisation forte du système et de l’Etat.

 

En terme de positionnement, il serait injuste de ne pas reconnaitre que la RPR puis l’UMP ne dérivent pas du RPF né en 1947, anti communiste et luttant pour un régime exécutif et contre l’hégémonie des partis, puis de l’UNR fondée en 1958 pour soutenir l’action du général de Gaulle et notamment dirigée par un certain Robert Poujade jusqu’à sa refondation en UDR.

Mais chacun est libre d’apprécier le Gaullisme comme il l’entend, comme un tableau dont certains voient spontanément les détails alors que d’autres voient les images, l’essentiel étant que chacun se retrouve au milieu du gué. Tant mieux si tout le monde s’en réclame et si c’est un sujet d’unité, certaines personnes de gauche en oubliant même l’opposition de Mitterrand à De Gaulle.

 

C’est sans doute tout cela aussi être gaulliste mais j’en retiens pour ma part trois points : d’une part surtout un Etat fort, organisé et républicain qui sait prendre des décisions tout en consultant ; d’autre part une volonté d’affirmation d’un progrès économique et social liés plutôt ancré à droite dans un but d’intérêt national ; et c’est enfin dire non à toute ingérence étrangère contraire aux intérêts de la Nation mais en prenant en considération  les réalités du moment s’agissant notamment de l’Europe des Nations, toujours vraie, mais s’orientant désormais vers une gouvernance fédérale.

 

Quant à son sempiternel sentiment anti anglais, c’est sans doute à cause d’avoir été prévenu la veille du débarquement, de leur dépendance ou leur faiblesse face aux Etats-Unis ou d’avoir reconduit Churchill comme il l’a été. Mais c’est humain …

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ELECTIONS ETASUNIENNES 2020 - US ELECTIONS

8 Novembre 2020 , Rédigé par francoischarles Publié dans #politique

Il convient surtout de parler de dirigeants avec certains profils de personnalités, que le Covid aura perturbé les élections et aura peut-être eu raison de D. Trump qui a été élu par la même base que celle qui a voté deux fois pour le Brexit au Royaume-Uni ou l’ascension des partis nationalistes en Europe, voire national socialistes, qui aura finalement réalisé un bon bilan intérieur, avec des décisions courageuses comme G Bush junior réélu.

 that it is especially appropriate to talk about leaders with certain profiles of personalities, that the Covid will have disrupted the elections and may have been right about D. Trump who was elected by the same base as the one who voted twice for Brexit in the United Kingdom or the rise of nationalist parties in Europe, even National Socialists, which will have finally achieved a good internal record, with courageous decisions like G Bush junior reelected

Même si les discours de Trump et Biden semblent bien plus différents qu’il n’y parait en politique intérieure, on peut prédire qu’avec un président démocrate il n’y aura pas réellement de changements de discours ni d’action de fond envers l’Europe, paradoxalement oubliée mais surveillée et mal aimée telle un réel concurrent et un enfant adapté rebelle en quête d’identité propre, oubliant parfois que son histoire est surtout née d’un creuset européen. Il ne s’agira pas d’un retour de l’Europe dans la politique étrangère des Etats-Unis dans la continuité du grand vide du discours pour l’Europe de B.Obama.

Even if the speeches of Trump and Biden seem much more different than they appear in domestic politics, one can predict that with a Democratic president there will be no real changes of speech or substantive action towards Europe, paradoxically forgotten but watched and unloved like a real competitor and a rebellious child in search of their own identity, sometimes forgetting that its history was mainly born out of a European melting pot. It will not be about a return of Europe to the foreign policy of the United States in the continuation of the great vacuum of the speech for Europe of B. Obama.

Le fond sera consolidé, comme lors d’élections en France, par le maintien de l’administration, laissant peut-être liberté à la forme qui permettra sans doute un dialogue plus doux en terme de négociation. Sans imaginer un troisième mandat Obama, J. Biden, disposant d’une grande expérience des affaires étrangères et de la diplomatie internationale, effectuera peut-être un retour dans certaines relations multilatérales ou bilatérales voire dans certains accords comme celui du climat, le sujet de l’immigration, l’optimisation du numérique, les cyber-menaces ou le retour sur le nucléaire iranien, voire la solution de sortie mondiale à la crise sanitaire actuelle qui seront sans doute des vecteurs de lien apaisé avec l’Europe et le monde.

The substance will be consolidated, as in elections in France, by maintaining the administration, perhaps leaving freedom as to the form that will undoubtedly allow a gentler dialogue in terms of negotiation. Without imagining a third Obama term, J. Biden, with extensive experience in foreign affairs and international diplomacy, will perhaps make a comeback in certain multilateral or bilateral relations or even in certain agreements such as that of the climate, the subject of immigration, digital optimization, cyber threats or the return to Iranian nuclear power, or even the global solution to the current health crisis, which will undoubtedly be vectors of a peaceful link with Europe and the world.

La nature profonde isolationniste et protectionniste étasunienne restera présente et s’accentuera peut-être en repli stratégique de baisse d’influence mondiale pour renforcer son mode de vie de l’intérieur que l’UE, et ses pays en général, de façon bilatérale ou multilatérale, chercheront à apaiser dans une continuité des relations commerciales et diplomatiques normales tout en cherchant peut-être davantage de possibilité de juste réciprocité raisonnée, comme les Etats-Unis ont su le faire autrefois avec le Japon et tentent de le faire avec la Chine, qui elle aussi cherche des mesures adaptables à ses lunettes et son identité.

The deep isolationist and protectionist US nature will remain present and may be accentuated as a strategic retreat of declining global influence to strengthen its way of life from within the EU, and its countries in general, bilaterally or multilateral, will seek to appease in a continuity of normal trade and diplomatic relations while seeking perhaps more possibility of just reasoned reciprocity, as the United States knew how to do formerly with Japan and tries to do it with China, who is also looking for measures adaptable to her glasses and her identity.

L’énergie restera également un enjeu majeur d’autonomie que les Etats-Unis ne négligeront pas avec notamment l’utilisation de leur monnaie envers laquelle certains estiment qu’il convient de ne pas de lutter. Il en sera de même de la dynamique spatiale sur laquelle l’Europe devra également défendre sa différence, ses acquis, sa politique, ses capacités et ses ambitions

Energy will also remain a major issue of autonomy that the United States will not neglect, in particular the use of its currency, which some believe should not be tackled. The same will apply to the spatial dynamic on which Europe will also have to defend its difference, its achievements, its policy, its capabilities and its ambitions.

En matière de défense, rien n’a non plus évolué depuis longtemps ni ne changera sensiblement avec un nouveau président qui cherchera à rassurer les pays du centre Europe par transfert de troupes, voire apport mais en jonglant avec les retours programmés. Mais beaucoup de présidents ont finalement changé d’avis.

In terms of defense, nothing has changed for a long time either, nor will it change appreciably with a new president who will seek to reassure the countries of central Europe by transferring troops, or even bringing in but juggling scheduled returns. But many presidents have finally changed their minds.

Nul doute que les Etats-Unis continueront à miser sur une concurrence hélas non intelligente avec les produits européens plutôt que chercher un juste compromis, fort de la mention de l’OTAN dans les actes européens, voire presque dans le plan de recherche industrielle de défense et de son article 2 de solidarité économique, sans doute davantage que la solidarité militaire de l’article 5 garantissant une protection collective.

There is no doubt that the United States will continue to bet on unfortunately non-intelligent competition with European products rather than seek a fair compromise, supported by the mention of NATO in European acts, or even almost in the defense industrial research plan. and its article 2 of economic solidarity, undoubtedly more than the military solidarity of article 5 guaranteeing collective protection.

Il en sera de même au niveau opérationnel avec des reconnaissances de capacité mais une veille quant au leadership à ne pas laisser à certaines nations fortes européennes comme la France, qui ne sait d’ailleurs pas l’utiliser intelligemment. Ils chercheront à calmer les relations envers une Turquie au double jeu très risqué, mieux maitrisable à l’intérieur, avec notamment l’apparente fermeté de D. Trump qui avait fait oublier la mise en garde mais aussi finalement le laisser faire de B.Obama au-delà de la ligne rouge.

It will be the same at the operational level with recognition of capabilities but a watch as to leadership not to be left to certain strong European nations such as France, which does not know how to use it intelligently. They will seek to calm relations with a Turkey with a very risky double game, better controlled internally, with in particular the apparent firmness of D. Trump who had made the warning forget but also finally let B. Obama do it. beyond the red line.

 Ceux qui connaissent bien le fonctionnement de l’OTAN savent que les histoires de financement sont faussées et qu’il convient de rétablir des réalités saines d’interdépendance réalistes au-delà de réalisables sans doute plus favorisées avec un démocrate. Face aux multiples menaces, on peut penser que si l’on parle de retour de troupes, les Etats-Unis seront toujours prêts à intervenir en Europe et autour de la Méditerranée et surtout en Asie mais sans doute toujours et surtout si poussés à le faire, comme lors des deux guerres mondiales. Misons aussi pour que le nouveau président comprenne ce que peut signifier une gouvernance européenne au sein de l’OTAN et non simplement un pilier, qui ne sera pas là pour casser la structure mais l’imaginer autrement avec les réalités du moment.

Those familiar with how NATO works know that fundraising stories are skewed and that there is a need to re-establish healthy realities of realistic interdependence beyond what is arguably more favored with a Democrat. Faced with the multiple threats, we can think that if we talk about the return of troops, the United States will always be ready to intervene in Europe and around the Mediterranean and especially in Asia but undoubtedly always and especially if pushed to do so. , as in the two world wars. Let's also work so that the new president understands what can mean a European governance within NATO and not simply a pillar, which will not be there to break the structure but to imagine it differently with the realities of the moment.

Je complèterai qu’il convient de se souvenir qu’un démocrate aux Etats-Unis correspond à la droite traditionnelle en France et en Europe, que l’Europe unie dans la diversité, avec un tel brassage de politiques et de peuples, a toujours plus avancé avec une gauche modérée à l’intérieur qu’avec une droite plus identitaire mais peut-être plus avec des plus radicaux à l’extérieur pour la faire réagir et se renforcer forte de ses éléments communs et de ses complémentarités, voire de segmentations reconnues au-delà d’une simple démarche d’association volontaire et ne pas craindre de déplaire à l’oncle d’Amérique dans une nouvelle dynamique de gouvernance avec un chapeau fédéral désormais normal, sur une base franco-allemande labellisée mais également sur la force des autres groupes de cohérence de pays.

I will complete that it should be remembered that a democrat in the United States corresponds to the traditional right in France and in Europe, that Europe united in diversity, with such a melting pot of policies and peoples, always has more advanced with a moderate left inside than with a more identifiable right but perhaps more with the more radical outside to make it react and strengthen itself with its common elements and its complementarities, or even recognized segmentations beyond a simple voluntary association process and not being afraid of displeasing America's uncle in a new dynamic of governance with a now normal federal hat, on a labeled Franco-German basis but also on the strength other country consistency groups.

Il aurait pu être opportun aussi de raisonner à partir de la matrice sur les risques acceptables ou inacceptables mais misons plus sur une relation d’écoute active avec un meilleur dialogue entre les acteurs et une meilleure compréhension des problèmes et de leur environnement.

It could also have been appropriate to reason from the matrix on acceptable or unacceptable risks, but let us rely more on an active listening relationship with better dialogue between the actors and a better understanding of the problems and their environment.

Si les Etats-Unis ne changent pas le fond, l’Europe devrait sans doute quant à elle faire évoluer le fond et la forme et se mettre en ordre de marche non pas pour s’adapter mais faire en sorte que ce soient aux autres de le faire.

If the United States does not change the substance, Europe should undoubtedly change the substance and the form and put itself in working order not to adapt but to ensure that it is for others to do it.

François CHARLES - Economiste, expert en stratégie, management, affaires européennes, Ancien responsable d’affaires industrielles à la DGA - Président de l’I.R.C.E.

François CHARLES - Economist, expert in strategy, management, European affairs, Former industrial affairs manager at the DGA - President of I.R.C.E.

 

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